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Alessandro Piperno

Alessandro Piperno

Alessandro Piperno, né en 1972, vit à Rome. Il a consacré son premier essai à Proust et enseigne la littérature française à l'université. Avec les pires intentions, son premier roman (Prix Campiello Premier Roman et Viareggio Premier Roman), suscite une polémique en Italie. C'est avec un ton plus...

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Alessandro Piperno, né en 1972, vit à Rome. Il a consacré son premier essai à Proust et enseigne la littérature française à l'université. Avec les pires intentions, son premier roman (Prix Campiello Premier Roman et Viareggio Premier Roman), suscite une polémique en Italie. C'est avec un ton plus grave, mais sans se départir d'une féroce ironie, qu'il écrit Persécution, Prix du meilleur livre étranger 2011 en France, et Inséparables, second volet du diptyque « Le feu ami des souvenirs » couronné par le prix Strega 2012.

Articles en lien avec Alessandro Piperno (1)

Avis sur cet auteur (18)

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    Couverture du livre « Persécution » de Alessandro Piperno aux éditions Lgf

    Anita Millot sur Persécution de Alessandro Piperno

    Juillet 1986. Leo Pontecorvo, brillant pédiatre-cancérologue, juif romain, marié à Rachel dont il a eu deux garçons : Filippo et Samuel (Semi), voit sa vie basculer en un instant. Camilla, âgé de douze ans, qu’il avait emmenée en vacances pour faire plaisir à Semi, l’accuse de harcèlement....
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    Juillet 1986. Leo Pontecorvo, brillant pédiatre-cancérologue, juif romain, marié à Rachel dont il a eu deux garçons : Filippo et Samuel (Semi), voit sa vie basculer en un instant. Camilla, âgé de douze ans, qu’il avait emmenée en vacances pour faire plaisir à Semi, l’accuse de harcèlement. Preuve à l’appui, la correspondance de l’inconscient Leo. Sauf qu’il s’agirait du contraire semble-t-il … Malheureusement l’éminent médecin, totalement sidéré par la tournure des évènements, est incapable de réagir à ce coup du sort …
    Alors, vengeance d’une adolescente vexée d’avoir été éconduite ou stratégie machiavélique d’un entourage jaloux de sa réussite ?
    Leo, d’ordinaire (en tout cas aux yeux des autres) charismatique, sûr de lui, protecteur, admiré par ses amis et craint par ses enfants, perd le contrôle de sa vie exemplaire et va vivre le pire, en passant par la case prison …
    Un homme fort qui pourtant n’a jamais su défier sa mère. A toujours dû se montrer à la hauteur de la réussite sociale de ses hypocondriaques parents. Un mari constamment en conflit avec son épouse, qui la laisse toutefois diriger seule la bonne marche de la maison.
    L’auteur nous balade dans un récit complexe, parsemé de grandes considérations philosophiques, de flash-back sur sa jeunesse, qui nous éloignent parfois du sujet. Lecture un tantinet laborieuse pour ma part, pas certaine d’avoir envie de découvrir le second volet …

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    Couverture du livre « Inséparables » de Alessandro Piperno aux éditions Lgf

    GeorgesSmiley sur Inséparables de Alessandro Piperno

    C’est une addiction ! Je dois (me) l’avouer (le chemin de la guérison débutant à la prise de conscience de la maladie), après avoir été Pipernophile dès la première lecture, j’ai rejoint les rangs des Pipernodolâtres les plus virulents et aujourd’hui, les symptômes sont clairs, je suis...
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    C’est une addiction ! Je dois (me) l’avouer (le chemin de la guérison débutant à la prise de conscience de la maladie), après avoir été Pipernophile dès la première lecture, j’ai rejoint les rangs des Pipernodolâtres les plus virulents et aujourd’hui, les symptômes sont clairs, je suis Pipernomane dépendant. C’est stupéfiant l’effet que ses livres me font.
    Prenez le dernier, celui-ci, sur lequel vous attendez peut-être un avis (qui ne vient pas, je sais). Je l’ai acheté il y a plus d’un mois. Aussitôt, je l’ai enfoui dans un tiroir pour ne plus le voir et je me suis mis à lire autre chose. Du lourd, du quatre étoiles et demi de chez Lecteurs.com, du Roth Joseph et Philip, du Rash, de l’Atkinson, du Pérez-Reverte, du Russo, du Fante, de l’Echenoz, du Munoz Molina, enfin vous voyez : de quoi réussir une cure de désintoxication. Et puis hier, le temps, l’humeur, le manque sans doute, j’ai ouvert le tiroir. Rechute immédiate !
    Ne croyez pas que j’ai tout avalé en trois heures. Non, c’est tout le contraire parce je ne suis pas fou, je sais que c’est dangereux. Je n’ai pas envie de faire une overdose qui serait de très mauvais goût sur Lecteurs.com. Alors, je lis quelques pages, je note des citations à distiller au fil de ma lecture et c’est le déluge. Je n’ai pas lu les cent premières pages que j’ai déjà vingt-cinq citations à vous faire découvrir. C’est maintenant vous qui risquez l’overdose…
    Trois jours plus tard, vous êtes toujours là ?
    Si on parlait un peu du livre ? Revoici les frères Pontecorvo dont le père était l’objet central de Persécution (qu’on peut tout à fait lire après même si ce serait mieux de le faire avant). Vingt ans ont passé, Filippo est un dilettante, aujourd’hui on dirait un glandeur, qui ne fait pas grand-chose mais le fait avec élégance et sur lequel, sans qu’il l’ait vraiment cherché, s’abat soudain la réussite puis la célébrité et la reconnaissance médiatique.
    Samuel, son frère, ex golden boy, futur ex-courtier en coton, est à peu près tout ce que son frère n’est pas (et réciproquement) mais les deux frères sont unis comme ces perroquets qu’on appelle inséparables parce qu’ils vont toujours par deux. L’un est marié à une actrice de sitcom dont il tombé amoureux devant sa télé, l’autre va se marier avec la femme qu’il fréquente depuis quinze ans sans avoir réellement consommé leur union. Au centre, il y a leur mère qui serait parfaite dans le rôle de la mère juive possessive mais qui sait limiter au minimum ses intrusions pour éviter la caricature.
    On pense immédiatement au ton des comédies de Woody Allen, y compris les emballements amoureux, les hauts et les bas (surtout les bas, c’est plus amusant) de la vie conjugale ou familiale et les questions (d’aucun dirait obsessions) sexuelles. On traite ainsi de sujets sérieux voire graves avec une légèreté, une ironie et un humour enchanteurs. C’est distrayant, très bien écrit et toujours drôle. Les coups de griffe sont distribués avec élégance à un panel assez représentatif de personnages, d’institutions ou de situations qui ne l’ont pas vraiment volé. Actrices ou animateurs de télé, cuisiniers « nouvelle cuisine », architectes d’intérieur, dirigeants d’université à la recherche d’ intervenants « tendance », peu importe ce qu’ils ont à dire, businessmen vaniteux, fils à papa, réseaux sociaux « dopant l’amour comme la haine », foules hystériques, humanitaires progressistes aux convictions douteuses mais néanmoins attachants (« Il veut coopérer avec elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le jour il veut l’admirer comme Mère Teresa de Calcutta, la nuit la baiser comme une star du porno »)… et puis, bien sûr, les fondamentalistes, car il semblerait qu’ils aient pris Filippo en grippe…« le plus grand don de Dieu au fondamentaliste est de l’avoir créé obtus. »
    La marmite boue gentiment, l’orage va se déclencher et je ne vous dirai pas si les Inséparables y résisteront. J’adore cette histoire, la façon dont elle est racontée, la densité et les faiblesses de ses personnages et ce ton pétri d’humour qui alterne le sérieux, le burlesque et le tragique.
    Vous êtes toujours là ? Toujours pas décroché(s) ?... (j’ai ajouté un « s » entre parenthèses parce que j’ai un tempérament optimiste). Mais il va falloir y penser quand même, nous allons devoir nous séparer parce que ce n’est pas moi qui vais vous livrer Inséparables. Il faut aller l’acheter, puis le lire dans la foulée (maintenant, pas demain, pas plus tard, pas dans la PAL), parce qu’à mon avis c’est le meilleur des quatre que je trouve tous formidables. Surprenez-vous, sortez de votre zone de confort habituelle et faites-moi confiance. L’été approche, il est temps de déguster sans modération un Piperno bien frais.

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    Couverture du livre « Avec les pires intentions » de Alessandro Piperno aux éditions Liana Levi

    GeorgesSmiley sur Avec les pires intentions de Alessandro Piperno

    Pas facile l’adolescence, quand on y est coincé entre un Apollon et une nymphette, surtout lorsqu’on est inhibé, fétichiste et fervent onaniste.
    Le narrateur me fait penser à un Dustin Hoffman du Lauréat qui n’aurait pas eu la chance de se faire déniaiser par Mrs Robinson. Il y aurait bien la...
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    Pas facile l’adolescence, quand on y est coincé entre un Apollon et une nymphette, surtout lorsqu’on est inhibé, fétichiste et fervent onaniste.
    Le narrateur me fait penser à un Dustin Hoffman du Lauréat qui n’aurait pas eu la chance de se faire déniaiser par Mrs Robinson. Il y aurait bien la mère de son meilleur ami pour tenir le rôle d’Ann Bancroft : « Je ne me désintoxiquerais jamais complètement du cocktail aphrodisiaque dont je ne cessais d'énumérer intérieurement les ingrédients: quarante-deux ans, blonde, polyglotte, évaporée, snob, habillée haute couture, sujette aux sautes d'humeur, et absolument belle. » Mais hélas…
    « Je crains que la dame n'ait répondu à ma vénération par le détachement; ces années se distinguent dans ma mémoire par ma vocation à fréquenter des gens capables de faire ressortir mon inutilité, mais personne n'a réussi à m'offrir une impression aussi vive de mon insignifiance humaine que Karen Ruben. Dire qu'elle ne me considérait pas comme un interlocuteur possible est un euphémisme; je n'existais tout simplement pas. Je n'appartenais pas à cette planète.»
    Avant de nous livrer le fond de sa vie sentimentale, il nous offre la description réjouissante de sa famille et de son cercle d’amis, tous issus d’une bourgeoisie romaine très aisée. C’est brillamment réussi tant les portraits sont savoureux avec la généreuse dose d’acidité qui fait les bons cocktails : « Frivolité, sarcasme, effronterie, tendance au sophisme, aux faux-fuyants et au dépassement de crédit, imprudence, incapacité d’évaluer l’effet de ses actes, prodigalité, obsession sexuelle, désintérêt pour le point de vue d’autrui, réticence à reconnaître ses torts, force de caractère affichée qui n’est que faiblesse, et surtout une variété d’optimisme qui confine à l’irresponsabilité : ce n’est là qu’une dose infime du mélange avec lequel ils ont l’habitude de vous flouer et vous mettent le dos au mur, le microbe avec lequel ils intoxiquent votre organisme, mais aussi la cocaïne avec laquelle ils vous font planer. »
    Il y a le malicieux portrait du grand-père, flambeur, flagorneur, séducteur impénitent convoitant et empruntant les femmes des autres, de préférence celles de ses amis, banqueroutier sans scrupules ni remords. Il y a les parents. Le père toujours par monts et par vaux, toujours attendu avec impatience, toujours regretté sitôt parti, la mère attendant l’éternel retour de son Ulysse, l’oncle rebelle, l’associé et rival de son grand-père, les amis de collège et de lycée, les premiers émois amoureux et les premières désillusions qui vont avec.
    Pour rester dans l’analogie cinématographique, et puisque de la Via Condotti à Cinecitta il n’y a guère plus loin que du Capitole à la Roche Tarpéienne, osons dire que ce roman se situe quelque part entre Les Vitelloni et la Dolce Vita, trente ans plus tard, avec quelques années en moins pour les protagonistes et une bonne dose d’humour en plus. Avec un suicide à peine évoqué, un adultère supposé, deux enterrements, des rivalités, quelques mesquineries, des réceptions fastueuses, une jeunesse dorée, une flatulence malvenue, un amour platonique déçu et un petit scandale de rien du tout, on pourrait trouver le sujet bien mince. Sauf qu’il y a ce formidable talent de conteur, capable de vous faire feuilleter ce qui pourrait ressembler à un hebdomadaire de la vie mondaine sans photos avec le même ravissement que celui de votre première découverte de l’Iliade. C’est mon troisième « Piperno », les sujets sont voisins (la famille juive, l’adolescence, les amitiés de jeunesse, le grand-père ou le père indigne, les aléas de la fortune) le talent est toujours présent et le plaisir intact. Les pages se tournent, c’est drôle, inventif et caustique. Le ton général plein d’un détachement ironique, dont le narrateur est la première victime, rend la lecture aussi agréable que passionnante jusqu’à la chute finale qui, comment dire, est assez culottée !
    Comment résister à l’envie d’inciter ceux qui liraient ce billet sans avoir jamais ouvert un « Piperno » à franchir le pas (ou le Rubicon) ? Impossible. Alors terminons avec une dernière citation :
    « Voici l’histoire de la fête d’anniversaire de Gaia, entrée dans les annales – avec ma contribution déterminante – comme la plus désastreuse et la plus inoubliable. Voici l’histoire de ma fin. De ma révolution manquée. De mes démissions de fils à papa. Voici l’histoire du deuxième juif crucifié avec juste raison par une oligarchie de Romains. L’histoire de ma crucifixion, après laquelle je n’allais jamais pouvoir ressusciter. L’histoire de mon expulsion du jardin d’Eden, l’histoire que depuis le début je me proposais de raconter avant de m’égarer dans un labyrinthe de digressions inutiles. »

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    Couverture du livre « Persécution » de Alessandro Piperno aux éditions Lgf

    Anne Marie PHILIPPE sur Persécution de Alessandro Piperno

    Léo Pontecorvo est un brillant professeur de médecine, une belle famille... et un jour tout s'écroule. Une rumeur qui s'intensifie au fil des semaines, il est accusé par la petite amie de son fils, âgée de 12 ans d'avoir tenté de la séduire. Au lieu de se défendre, de prouver son innocence, il...
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    Léo Pontecorvo est un brillant professeur de médecine, une belle famille... et un jour tout s'écroule. Une rumeur qui s'intensifie au fil des semaines, il est accusé par la petite amie de son fils, âgée de 12 ans d'avoir tenté de la séduire. Au lieu de se défendre, de prouver son innocence, il fait l'autruche, se réfugie dans le sous sol, se coupe de sa famille...
    Un livre qui ne me laissera pas un grand souvenir, des passages trop longs, des répétitions...