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Scandale dans la principauté : Jean-Christophe Rufin part à la recherche de "La Princesse au petit moi"

C’est à Paris que l’on replonge, impatient, dans les aventures d’Aurel Timescu avec Jean-Christophe Rufin...

Scandale dans la principauté : Jean-Christophe Rufin part à la recherche de "La Princesse au petit moi"

Enfin, Aurel est à Paris !

Le héros des polars diplomatiques de Jean-Christophe Rufin se voit rappelé dans la capitale française, en attendant une prochaine nomination. C’est ainsi que commencent les quatrièmes aventures d’Aurel Timescu dans La Princesse au petit moi (Flammarion). Ce répit n’est que de courte durée : la principauté du Starkenbach fait bientôt appel à lui pour une affaire délicate. La princesse régnante a disparu depuis plusieurs jours.

Est-ce une fugue ? Un kidnapping ? Ou pire encore ? Son mari, le prince consort Rupert, fait appel aux talents d’Aurel et à sa discrétion pour retrouver son Altesse entre le Starkenbach, la Corse et Paris.

 

Pour la première fois, Aurel se trouve projeté dans un pays résolument fictif mais néanmoins européen. L’occasion pour son créateur, Jean-Christophe Rufin, de s’intéresser aux règles et fonctionnement des monarchies, surtout les toutes petites qui font aussi d’aguichants paradis fiscaux. Le Starkenbach est ainsi une principauté de 123 km2 située aux confins de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse. On pense évidemment au Lichtenstein, au Luxembourg ou à Monaco. Jean-Christophe Rufin n’a pas voulu circonscrire les aventures de son personnage à un pays spécifiquement nommé dans La Princesse au petit moi, mais passer au crible la vie d’un micro-état à l’époque contemporaine.

Le titre au parfum psychanalytique interroge la capacité qu’ont aujourd’hui des hommes et des femmes façonnés par une société bâtie sur l’ego et la satisfaction personnelle à être transcendés par le devoir. Quand le président mène son peuple, le prince l’incarne et la différence n’est pas mince : jusqu’où accepte-t-on aujourd’hui d’abdiquer de soi-même et d’une vie intime au nom du devoir ? La monarchie britannique en fait actuellement cuisamment les frais, et c’est plus largement autour de la question du pouvoir symbolique au temps de la mondialisation que tourne Jean-Christophe Rufin.

 

Dans La Princesse au petit moi, il y aura l’emprise, des manipulations, l’antagonisme belliqueux entre la princesse Hilda et la cheffe du gouvernement du Starkenbach, le trouble subtil et têtu d’Aurel pour la belle et forte conseillère Shayna. Et si la solution devra être trouvée dans l’urgence du moment présent, le levier de l’histoire se trouvera peut-être dans les souvenirs sales de la guerre au Kosovo.

Depuis quatre romans, on s’est attaché à Aurel Timescu, ce drôle de petit diplomate amoureux de la France, coincé dans une époque dont il se protège à coups de tokay, de piano et d’intrigues qui remplacent agréablement son travail en consulat. C’est donc avec un très grand plaisir qu’on le retrouve, dans la langue malicieuse, tendre, habile et fluide d’un Jean-Christophe Rufin qui a trouvé une excellente façon de faire profiter les lecteurs de son expérience d’ambassadeur, enrichie de son regard sur le monde tel qu’il va.

Un moment de lecture agréable, joyeux, neurones compris.

Karine Papillaud

 

Revivez la soirée "Un endroit où aller" : Jean-Christophe Rufin interviewé par Karine Papillaud

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Commentaires (4)

  • kryan soler le 02/05/2021 à 12h41

    Bonjour, merci pour chronique. Ce livre a l'air joyeux, plein de tendresse et fera certainement passer un très bon moment à ses électeurs et lectrices.
    Le titre est fort sympathique et aussi révélateur d'une époque et de certains personnages.

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  • frconstant le 01/05/2021 à 18h43

    Bien sûr, je suis très intéressé par ce livre dont je connais l'auteur et pour le titre, merveilleux jeu de mots avec un texte célèbre!

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  • Isabelle Anne le 01/05/2021 à 10h57

    Je ne connais que le "Collier Rouge" de Jean-Christophe RUFFIN et j'aimerais beaucoup embarquer en douce dans sa valise diplomatique pour me régaler de ses polars qui me semblent jubilatoires et découvrir ses pays, paysages pas si fictifs que ça.
    Je tente ma chance.

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  • danielle cubertafon le 28/04/2021 à 18h00

    M interesse beaucoup ,j aimerais bien le lire ,je connais l auteur mais je n ai pas lu ses livres , celui m attire le sujet me plaît vraiment a noter

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