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Soeur

Couverture du livre « Soeur » de Abel Quentin aux éditions L'observatoire
Résumé:

Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l'hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu'aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis-clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa... Voir plus

Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l'hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu'aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis-clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa chambre saturés de posters d'Harry Potter, la vie se consume en silence et l'horizon ressemble à une impasse.
La fielleuse Chafia, elle, se rêve martyre et s'apprête à semer le chaos dans les rues de la capitale, tandis qu'à l'Élysée, le président Saint-Maxens vit ses dernières semaines au pouvoir, figure honnie d'un système politique épuisé.
Lorsque la haine de soi nourrit la haine des autres, les plus chétives existences peuvent déchaîner une violence insoupçonnée.

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Avis (12)

  • Ce livre démontre admirablement bien le mécanisme de l’endoctrinement. Je parle d’endoctrinement et non de radicalisation car Jenny était mûre pour suivre n’importe quelle personne s’intéressant à elle.

    Ce livre démontre admirablement bien le mécanisme de l’endoctrinement. Je parle d’endoctrinement et non de radicalisation car Jenny était mûre pour suivre n’importe quelle personne s’intéressant à elle.

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  • Un livre très très intéressant à lire est à decouvrir comment ses ados peuvent etres tres influencables est finir par tuer c est incontrolable car même les parents n on pas pu la sortir de la un livre prenant jusqu à la fin

    Un livre très très intéressant à lire est à decouvrir comment ses ados peuvent etres tres influencables est finir par tuer c est incontrolable car même les parents n on pas pu la sortir de la un livre prenant jusqu à la fin

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  • J’avance sûrement dans mes chroniques et lectures pour les 68 premières fois. La session de janvier ne saurait tarder et je vous invite à vous inscrire à cette expérience si vous ne connaissez pas les bonnes fées des 68 premières fois !
    Voici une de mes dernières lectures de cette expérience :...
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    J’avance sûrement dans mes chroniques et lectures pour les 68 premières fois. La session de janvier ne saurait tarder et je vous invite à vous inscrire à cette expérience si vous ne connaissez pas les bonnes fées des 68 premières fois !
    Voici une de mes dernières lectures de cette expérience : il s’agit de Sœur d’Abel Quentin qui aborde un sujet fort, celui de la radicalisation chez les jeunes filles françaises.
    Voici la présentation de l’éditeur – éditions de l’Observatoire :
    Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l'hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu'aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis-clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa chambre saturés de posters d'Harry Potter, la vie se consume en silence et l'horizon ressemble à une impasse.
    La fielleuse Chafia, elle, se rêve martyre et s'apprête à semer le chaos dans les rues de la capitale, tandis qu'à l'Élysée, le président Saint-Maxens vit ses dernières semaines au pouvoir, figure honnie d'un système politique épuisé.
    Lorsque la haine de soi nourrit la haine des autres, les plus chétives existences peuvent déchaîner une violence insoupçonnée.

    Le sujet choisi par l’auteur n’est pas aisé. La radicalisation est en effet un sujet d’actualité et si on sent le travail documenté de l’auteur, il n’en reste pas moins que Sœur est un roman. Certes réaliste mais un roman dont l’implicite est de délivrer un message à ses lecteurs. Et je pense qu’Abel Quentin réussit cet exercice de style. En nous expliquant le mécanisme de la radicalisation d’une adolescente que rien ne devrait mener sur le chemin du terrorisme, il rappelle à chacun que personne n’est à l’abri de cette infernale machine de haine et que les responsabilités sont bien souvent partagées.
    Tableau glaçant de l’endoctrinement, ce roman est prenant. Malgré tout ce que l’on en a pu entendre sur le sujet, tous les reportages et émissions sur la radicalisation, j’ai lu ce livre avec intérêt car il porte un nouveau regard ou plutôt des regards multiples sur ce phénomène social.
    En croisant les regards, ceux de Jenny, de ses parents et des hommes politiques, il analyse les mécanismes, le rôle que chacun joue à son niveau et comment tout se met en place pour aboutir à la haine, la violence et la terreur.
    En résumé : un roman percutant et d’actualité.

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  • Dévoré en une journée, je n'ai cependant ni aimé ni pas aimé. Mes attentes étaient peut-être trop grandes...
    .
    Un livre sur la conversion à l'Islam puis sur la radicalisation d'une adolescente lambda, jusqu'à l'extrême...
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    Ce livre n'est rien de plus qu'une synthèse tout juste romancée de...
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    Dévoré en une journée, je n'ai cependant ni aimé ni pas aimé. Mes attentes étaient peut-être trop grandes...
    .
    Un livre sur la conversion à l'Islam puis sur la radicalisation d'une adolescente lambda, jusqu'à l'extrême...
    .
    Ce livre n'est rien de plus qu'une synthèse tout juste romancée de tout ce qui a déjà été dit dans les médias de même qu'une succession de clichés. J'ai eu le sentiment à sa lecture de ne lire qu'une succession froide d'énoncés de faits...
    .
    Ce n'est cependant pas mal écrit mais car oui il y a encore un mais, c'est comme si l'auteur avait voulu étaler sa culture verbale comme on étale de la confiture...

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  • "Le terrorisme commence par une explosion de mots,
    et finit dans une explosion de sang." - Oscar Consoli

    "On saisit une arme et les cartes sont rebattues d’un coup, l’amour propre restauré en une seconde, les événements cessent de vous échapper, votre sujet enfin maîtrisé."

    Autant passer...
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    "Le terrorisme commence par une explosion de mots,
    et finit dans une explosion de sang." - Oscar Consoli

    "On saisit une arme et les cartes sont rebattues d’un coup, l’amour propre restauré en une seconde, les événements cessent de vous échapper, votre sujet enfin maîtrisé."

    Autant passer aux aveux tout de suite, "Sœur" est un roman vers lequel je ne serais pas allée s’il n’avait pas fait partie de la sélection des #68premieresfois.

    Pour son 1er roman, Abel Quentin, avocat, a fait le choix courageux d’écrire sur un thème risqué en diable par les temps que nous connaissons : l’embrigadement d’une jeune Française de 15 ans. Embrigadement et non radicalisation : une nuance qui a son importance ici, car l’adolescente n’était auparavant ni pratiquante ni croyante.

    Jenny Marchand coule des jours mornes auprès de ses parents propriétaires d’un morne pavillon du morne Sucy-en-Loire et "ses rues étriquées qui tissent leur réseau en damier autour d’une église déserte, ses façades mal entretenues qui cachent des intérieurs confortables, bled impossible où l’on dit tranquillité pour parler d’ennui mortel, où la construction d’un dos-d’âne a divisé ses cinq mille habitants comme s’il s’agissait de l’affaire Dreyfus."

    En se plaçant à hauteur de son personnage, dans une écriture précise, brute et terriblement bien documentée il faut bien en convenir, Abel Quentin retrace le parcours mortifère qui conduit une fille banale que rien ne prédisposait à se convertir à l’islam, à commettre un attentat terroriste.

    Les 256 pages de "Sœur" répondent remarquablement, implacablement à la question au demeurant fort simple :

    "Comment devient-on Chafia Al-Faransi ?"

    La réponse, elle, est plus compliquée.

    La démonstration est habile et éclatante, d’autant qu’en multipliant et en diffractant les points de vue - celui de Jenny, de ses parents, mais aussi des personnes alors au pouvoir - Abel Quentin offre une mise en perspective pertinente et achevée de la situation.

    Tout est question de trouver la faille, puisque faille il y a, là où se tapit l’extrême mal-être de Jenny dont la vie, faute d’horizon, s’aigrit entre les quatre murs de sa chambre.

    "Croupir dans l’ombre des autres si doués pour l’existence, bien décidés à en retirer le maximum de plaisir, pleins d’allant, les gestes amples, prenant ce qui est à prendre, contournant les obstacles, assurant leurs arrières, s’accommodant du monde tel qu’il est, du vif-argent dans les veines et du plomb dans la tête, les jambes bien campées, parfaitement lestées, et vous si gourde, empêchée, planant comme un oiseau de mauvais augure au-dessus de vous-même."

    Une fragilité que sont formés à repérer les recruteurs de Daech pour faire irruption au moment le plus opportun, celui où l’adolescente se retrouve seule, s’étant peu à peu isolée tant de ses camarades de classe que de ses parents, un peu perdus eux aussi face à cette enfant qu’ils ne déchiffrent plus. Quand le travail de sape a fait son œuvre, ils savent qu’il suffit de quelques mots empathiques pour harponner leur proie qui ne sait plus quelle place est la sienne.

    "Jenny n’est pas exactement un souffre-douleur. […]
    Elle n’est pas non plus équipée pour tenir le haut de l’affiche […] la politique budgétaire des époux Marchand ne lui permet pas de faire l’acquisition d’un de ces artefacts qui asseyent une réputation et confèrent un insaisissable chic que la foule pubescente appelle le swag."

    Ce besoin d’exister, d’appartenir à un groupe sont autant de manques que va combler Dounia, rencontrée lors d’un chat sur Internet et vite basculé sur la messagerie cryptée Telegram. Dounia, cette meilleure amie que Jenny espérait sans plus l’attendre, Dounia qui va petit à petit mener une guerre d’usure en devenant "[…] la soul sister, l’épaule amie et la parole enveloppante, la grande sœur, le bureau des pleurs et surtout l’initiatrice, la maîtresse de cérémonie, le pygmalion, la chaperonne, l’accoucheuse et l’alma mater. Dounia, la Lionçonne du califat."

    À partir de là, il n’y aura plus de retour arrière possible, tout ne sera que fuite en avant, du port du voile, à la récitation des sourates du Coran jusqu’à l’ultime sacrifice pour la cause :

    "Prendre la vie d’autrui n’est pas une décision facile, mais elle fraye son chemin sans trop d’encombre dans cette cervelle d’étourneau. […] Tuer un de ces êtres, ce n’est pas se tuer soi-même : c’est supprimer l’absolu étranger, la créature d’une autre rive."

    Cependant, avant d’éclater au grand jour, la lutte à l’œuvre est avant tout intérieure et Abel Quentin développe habilement, sur plusieurs pages, ces deux faces d’une même personne,

    "Jenny la poltronne procrastinatrice ne serait pas contre un report sine die de l’apocalypse. Chafia voudrait en finir sans attendre."

    Il nous amène sans difficulté – et croyez bien que ça donne à réfléchir - à ce moment de bascule, à cette poussée incontrôlable de haine aussi épaisse envers soi-même qu’envers les autres, à cette ivresse qu’il y a à devenir quelqu’un au moment de disparaître pour connaître une gloire posthume :

    "Enfin elle est en charge de quelque chose, elle est tendue, elle est même espérée, apaisante sensation qui diminue un peu l’urgence de sa propre disparition."

    Quelques bémols toutefois à cette lecture concernent :
    - ces zones d’ombre que l’auteur n’a pas exploitées (intentionnellement ?) : quid de sa conversion ? De qui elle reçoit les instructions ? le Glock ? Qui a décidé quelle serait sa cible ? quel serait le jour ? ;
    - le contexte politique de l’histoire avec de fréquentes allusions à notre système épuisé, à bout de souffle, qui ont grossi le récit d’événements digressifs inutiles ;
    - une fin vite expédiée avec la référence de trop à Harry Potter (fil rouge tout au long du roman) dont je me serais passée.

    Il reste que "Sœur" est un 1er roman prenant de la 1re à la dernière page. Un roman saisissant, en ce qu’il dose au plus juste éléments de pure fiction et emprunts à une réalité avérée, et donc glaçant pour ce qu’il laisse entrevoir.

    "Elle a remarqué que lorsqu’il s’agit de s’envoyer dans le décor les astres s’alignent comme par magie, les obstacles s’évanouissent, et il y a quelque chose d’amer dans le constat de cette baraka autodestructrice."

    Combien de Jenny ?

    1er roman,
    Lu pour la session automne 2019 des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2019/12/01/soeur-abel-quentin-éditions-de-l-observatoire/

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  • «Radicalisation. Les journalistes répéteront ce mot à l’envi, ravis d’avoir trouvé un concept-talisman que ses six syllabes paraient d’une vague aura scientifique, sans se rendre compte qu’ils commettent ainsi une erreur manifeste d’appréciation. La «radicalisation» de Jenny aurait supposé une...
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    «Radicalisation. Les journalistes répéteront ce mot à l’envi, ravis d’avoir trouvé un concept-talisman que ses six syllabes paraient d’une vague aura scientifique, sans se rendre compte qu’ils commettent ainsi une erreur manifeste d’appréciation. La «radicalisation» de Jenny aurait supposé une phase transitoire de croyance apaisée qu’elle n’avait jamais traversée.» Dans son premier roman, Abel Quentin dresse le portrait saisissant d’une adolescente qui s’ennuie en province et bascule vers le terrorisme.

    Tout commence par une scène de polar. Dans un commissariat de police on interroge Chafia, encore mineure, pour tenter d’obtenir des informations sur Dounia Bousaïd, l’une des filles qui figurent avec elle sur une photo de groupe et qui a disparu sans laisser de traces depuis près d’une semaine.
    Puis on passe dans les bureaux lambrissés de la Présidence de la République pour assister à une conversation entre Saint-Maxens, le vieil homme qui dirige le pays et son conseiller Karawicz qui l’encourage à clarifier sa situation, c’est-à-dire à annoncer qu’il ne se représentera plus pour laisser la place à son ministre de l’intérieur.
    Nous voici enfin sur le terre de Djihadistes où Dounia vient d’arriver. Prise en charge sommairement, on lui explique qu’elle pourrait soutenir la cause en les aidant à fomenter un attentat contre Saint-Maxens. Trois scènes d’ouverture fortes qui posent les bases de ce roman qui va dès lors se concentrer sur le parcours d’une jeune fille «bien sous tous rapports».
    À quinze ans, Jennyfer mène une existence ordinaire dans la Nièvre, entouré de parents tout aussi ordinaires. Il est vrai que les perspectives ne sont guère exaltantes: «Sucy-en-Loire, ses rues étriquées qui tissent leur réseau en damier autour d’une église déserte, ses façades mal entretenues qui cachent des intérieurs confortables, bled impossible où l’on dit tranquillité pour parler d’ennui mortel, où la construction d’un dos-d’âne avait divisé ses cinq mille habitants comme s’il s’était agi de l’affaire Dreyfus.» Mais ce qui pèse encore davantage l’adolescente, c’est son corps qu’elle a de la peine à accepter et le regard des collégiens, les moqueries et le rejet dont elle va être victime. Alors elle se réfugie dans sa chambre. «Le soir, ce sont des séances de lecture solitaire, entre quatre murs saturés de posters. Harry Potter y fraye avec ses amis Ron Weasley et Hermione Granger, sous le chaperonnage inquiet de sir Albus Dumbledore, directeur de l’école de sorcellerie et ennemi juré du sinistre Voldemort. Leurs combats épiques étouffent le bruit de ses sanglots.» Si elle pouvait disposer de pouvoirs magiques…
    La première main qui va se tendre, attentive et secourable, sera la bonne. L’amie qui l’écoute est une guerrière avec laquelle elle prend confiance. Une maie rencontrée via internet et qui va lui offrir un nouveau monde. La radicalisation se fait insidieusement, le basculement vers l’islam radical est vécu comme une libération.
    La voilà en route pour Paris, laissant derrière elle son enfance et des parents désemparés. La voilà prête à passer à l’action, à se battre contre tous ces médiocres, ces pervers, ces mécréants.
    Saluons la construction de ce roman qui gagne en intensité au fil des pages, qui tisse des fils entre une jeune adolescente et un Président de la République, entre Sucy-en-Loire et le Califat, entre Harry Potter et un attentat terroriste, entre fiction et actualité brûlante. Et finit par nous sidérer face à cette logique implacable qui va entraîner Jenny à concevoir son attentat.
    Le jury du Prix Goncourt ne s’y est pas trompé en mettant ce roman dans sa première sélection. Sœur est en quelque sorte aussi le frère de Des hommes couleur de ciel d’Anaïs Llobet, publié dans la même maison d’édition, et qui retraçait aussi le parcours de terroristes. Tous deux ont cette vertu cardinale: nous obliger à regarder cette réalité en face, nous faire réfléchir à ces parcours, à ce qui pousse les gens à rejoindre les rangs de Daech, à notre responsabilité collective. Car Abel Quentin, qui en tant qu’avocat s’est occupé de jeunes radicalisés, a compris que si on ne naissait pas terroriste, on le devenait. Avec à chaque fois une histoire particulière: «La «radicalisation» de Jenny aurait supposé une phase transitoire de croyance apaisée qu’elle n’avait jamais traversée. Elle s’était convertie, voilà tout. Sans connaissance préalable de la religion, elle n’avait eu qu’une conscience diffuse d’en rejoindre une section dissidente.» La suite, effrayante, coule presque de source. 
    https://urlz.fr/bsdj

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  • Une erreur de jeunesse qui coûte cher
    *
    Lu dans le cadre des #68premièresfois
    *
    Ah la radicalisation, quel mot inquiétant. Actuellement quand les médias s'emparent d'un sujet si douloureux, le monde s'emballe et s'effraie. Et il y a de quoi!
    Je n'ai jamais lu de textes sur la question de...
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    Une erreur de jeunesse qui coûte cher
    *
    Lu dans le cadre des #68premièresfois
    *
    Ah la radicalisation, quel mot inquiétant. Actuellement quand les médias s'emparent d'un sujet si douloureux, le monde s'emballe et s'effraie. Et il y a de quoi!
    Je n'ai jamais lu de textes sur la question de l'embrigadement, de jeunes à la dérive qui s'engouffrent dans cet univers promettant la gloire posthume.
    L'auteur, pour ce 1er roman s'est essayé à cet exercice difficile de restituer toute la mécanique et les ressorts d'un acte terroriste. Car on le sait depuis le début, la protagoniste principale va tuer le Président au nom du Kouffar.
    *
    Le récit se joue sur trois niveaux. Trois voix qui s'alternent pour arriver à un final horrifique.
    Jenny, adolescente paumée, en détresse, brimée par ses pairs, étouffée par ses parents dans une ville de province et fan de Harry Potter.
    Ses parents aimants mais ne sachant pas comment enrayer et négocier avec les crises de Jenny.
    Et puis le pouvoir politique français. le Président vieillissant, abdiquant bientôt.
    Les menaces terroristes sont aux portes du pays, la guerre bat son plein en Syrie.
    *
    Comme la petite souris, on observe toute la mécanique de l'endoctrinement. Avec quelle facilité, on entre dans l'intimité de ce réseau. On entraperçoit les tactiques pour attirer ces jeunes en reconnaissance d'exister, on sent monter la colère en même temps qu'eux.
    C'est terriblement fascinant. Inquiétant également car malheureusement ces procédés existent au moment même où j'écris ces lignes. Peut-être quelque part, dans une ville française, un jeune se fait emmener dans cette spirale.
    *
    Ce qui m'amène à dire que nous sommes devant un problème collectif mais aussi individuel. Comment arriverons-nous à rassurer la jeunesse, à les laisser s'exprimer ? Comment faire pour éviter qu'ils se tournent vers des groupes sectaires ? (de tous genres, je ne vise aucun mouvement).
    *
    J'ai eu une empathie profonde pour Jenny mais aussi pour ses parents (la narration est faite de telle manière que l'on ne ressente aucun jugement d'un côté comme de l'autre).
    J'avoue aussi que le discours et l'histoire de l'équipe au pouvoir m'a agacé et ennuyé. (beaucoup de longueurs qui n'amènent rien à l'intrigue proprement dite)
    *
    Au final, il est difficile d'avoir un avis sur ce thriller/roman sociologique.
    Il informe, il ne laisse pas indifférent car il est calqué sur notre actualité mais surtout il prévient. Peut-être qu'il est encore temps de réagir.
    *
    Glaçant !

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  • Comment une gamine de 15 ans issue d'une famille aimante, bourgeoise peut-elle passer des films de Harry Potter au visionnage passif de décapitations, se rêver en meurtrière au nom d'Allah, et passer à l'acte?

    Cette histoire d'endoctrinement accéléré via internet comme réponse au mal-être...
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    Comment une gamine de 15 ans issue d'une famille aimante, bourgeoise peut-elle passer des films de Harry Potter au visionnage passif de décapitations, se rêver en meurtrière au nom d'Allah, et passer à l'acte?

    Cette histoire d'endoctrinement accéléré via internet comme réponse au mal-être puissant d'une ado paraît à la fois excessive et tellement plausible, c'est si simple, il faut juste laisser au vestiaire son intelligence, son libre arbitre, son esprit critique...

    Le contexte politique de l'histoire m'a agacée, entre le vieux président qui symbolise à lui tout seul le délitement de la société et son ministre dont les dents raclent le parquet, prêt à flirter avec les idées nationalistes pour gagner des voix et se faire élire à la place du Grand Vizir. Je déteste la politique et en dépit d'une belle écriture, je me suis ennuyée ferme sur ces passages là. Mais cela n'engage que moi. Je l'ai presque lu comme une histoire parallèle. Car il n'y a aucune conscience politique chez cette gamine, elle décide d'ailleurs de sa cible presque par hasard ...

    Ce qui est intéressant, c'est d'essayer de comprendre le mécanisme de la radicalisation. Jenny quand elle n'est pas transparente, essuie humiliations et rebuffades au collège. Sa jalousie inversement proportionnelle à sa confiance en elle la conduit à haïr ses congénères, ses parents et au final la terre entière. Évidemment quand elle trouve une oreille attentive sur internet, avec son pois chiche dans le cerveau elle gobe le salmigondis indigeste qu'on lui sert sans moufter.

    Les mouvements sectaires ont toujours visé des personnes fragiles. Les Islamistes radicaux intégristes n'agissent pas différemment. Un roman glaçant que j'ai ... détesté ! Peut-être parce que le scénario semble si crédible et que cela me met en colère d'imaginer que cela puisse réellement se passer comme çà ? Un roman inquiétant parce que si c'est le cas, notre société est mal barrée.
    En tout cas un premier roman qui ne laisse pas indifférent sur un sujet de société brûlant.

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