Manifesto

Couverture du livre « Manifesto » de Léonor De Récondo aux éditions Sabine Wespieser
Résumé:

Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, « manifesto », témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda... Voir plus

Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, « manifesto », témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda inlassablement intactes.
Deux narrations s'entrelacent, qui signent le portrait d'un homme dont la jeunesse fut marquée par la guerre civile espagnole et l'exil : celle de Léonor, envahie par les souvenirs et les émotions de la longue veille aux côtés de sa mère, Cécile ; et celle de Félix, dont l'esprit s'est échappé vers les contrées du passé.
Il y a rejoint l'ombre d'Ernesto (Hemingway), qu'il n'a jamais revu depuis les déjeuners du dimanche à Pamplona, alors que lui était encore un petit garçon, dans les années trente. L'écrivain, déjà auréolé de sa gloire, y suivait les courses de toros. Aujourd'hui, toute différence d'âge abolie, Félix se remémore ceux qu'ils ont connus, sa petite enfance à Gernika, les mystérieuses activités politiques de ses oncles dans la maison d'exil des Landes. Il en vient bientôt à évoquer la mort tragique de ses enfants nés avant sa rencontre avec Cécile, et con fie à son vieux complice combien sa nouvelle famille l'a aidé à continuer à vivre, dessiner et sculpter.
Ernesto, à son tour, lui raconte son besoin d'écrire, Martha et les femmes qu'il ne pouvait s'empêcher de séduire, sa propre fascination pour la mort, son suicide. Mais leur ultime conversation ne s'achèvera pas avant que Félix ait pu montrer à Ernesto le violon que, de ses mains, il fabriqua pour Léonor.
À son chevet, sa fille lui fait écouter une ultime fois leur sonata da Chiesa de Corelli... La musique a tant accompagné leur bonheur, leur pas de deux artistique, depuis que, élève précoce, Léonor apprenait à maîtriser son instrument. Cette même musique ponctue d'une déchirante douceur leur dernière nuit, dont le récit, magnifique tombeau poétique, donne à jamais vie au créateur et au père merveilleux que fut Félix.

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  • Autour d’un moment dramatique, la mort de son père, Léonor de Récondo a écrit son Manifesto qui se passe dans la nuit du 24 au 25 mars 2015. L’auteure est avec Cécile, sa mère, au chevet de Félix de Récondo qui agonise. C’est là qu’elle imagine ce père qu’elle adore en pleine discussion avec...
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    Autour d’un moment dramatique, la mort de son père, Léonor de Récondo a écrit son Manifesto qui se passe dans la nuit du 24 au 25 mars 2015. L’auteure est avec Cécile, sa mère, au chevet de Félix de Récondo qui agonise. C’est là qu’elle imagine ce père qu’elle adore en pleine discussion avec Ernesto, Ernest Hemigway, qui a connu les heures sanglantes de l’Espagne en pleine guerre civile et vécu au Pays basque dont est originaire la famille de Récondo.

    La discussion entre les deux hommes est entrecoupée par un retour régulier à la réalité, par l’angoisse de la fille qui, aux côtés de sa mère, trouve le temps très long, trop long et déborde en même temps d’amour.
    Ernesto évoque ses souvenirs d’enfance, la pêche à la mouche, alors que Félix parle du Pays basque, de Franco, de la guerre perdue, de Gernika et de cet arbre, un chêne défendu par une chaîne humaine. Ernesto aimait les toros, la corrida et c’est pour cela qu’il revenait en Espagne.
    Dans ce petit livre, Léonor de Récondo s’est livrée à un exercice difficile et l’a réussi. Son texte est plein d’amour, de sensibilité, d’humanité. Logiquement, Ernesto est plutôt en retrait mais sert de lien entre Félix et l’Espagne, la fuite de la dictature franquiste. Impossible, en lisant cela de ne pas penser, entre autres, à Leny Escudero. Dans Le début… la suite… la fin, livre paru hélas en auto édition en 2015, il raconte aussi son parcours et ses problèmes d’adaptation dans son pays d’accueil, le nôtre.
    Avec beaucoup d’émotion et de franchise, l’auteure parle de la fin de vie, de l’hôpital et du dévouement admirable du personnel soignant. Sans savoir si le mourant s’en rend compte, la présence des êtres chers à son chevet pour l’accompagner montre que l’essentiel c’est l’amour.

    Je n’oublie pas ce violon sculpté, fabriqué par Félix, violon si cher à Léonor de Récondo qui en joue admirablement. Par petites touches, la fille démontre tout ce qu’elle doit à ce père artiste qui aimait travailler en présence de Cécile. C’est une vie qui s’achève après tant de souffrances, de douleurs, de joies et de bonheurs partagés.
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2019/07/leonor-de-recondo-manifesto.html

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  • Léonor reçoit un appel de sa mère Cécile pour se rendre au chevet de Félix, à la Salpêtrière. Léonor va donc accompagner son père dans ses dernières heures de vie après une opération qui s'est mal passée.
    Ce huis clos de la chambre d'hôpital va laisser en alternance les esprits de Félix et...
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    Léonor reçoit un appel de sa mère Cécile pour se rendre au chevet de Félix, à la Salpêtrière. Léonor va donc accompagner son père dans ses dernières heures de vie après une opération qui s'est mal passée.
    Ce huis clos de la chambre d'hôpital va laisser en alternance les esprits de Félix et Léonor s'exprimer.
    C'est à la fois un récit autobiographique et imaginaire que Léonor de Récondo, auteure et violoniste, nous livre, un vibrant hommage à son père disparu en 2015.
    Elle imagine des retrouvailles entre son père et Ernesto (Ernest Hemingway). La communion entre ces deux esprits permet de revenir sur la vie de Félix et sur ses souvenirs d'enfance en Espagne. Ce sont des échanges sur les femmes, le plaisir, la vie de Félix et les tragédies qui l'ont traversée, notamment la mort de trois de ses enfants, la guerre, l'exil, le deuil, le suicide, deux destinées un peu parallèles.
    Elle évoque quant à elle, avec douceur et délicatesse, des souvenirs familiaux et se souvient de leur complicité, lui à ses pinceaux, elle à son violon. Félix, le sculpteur, raconte d'ailleurs avec émotion la fabrication du violon de sa fille. La musique a accompagné leur vie, leur bonheur et les dernières heures ensemble.
    Cette nuit de chagrin se transforme en un bouleversant hommage à son père où la vie et la mort s'entrelacent au coeur de ce Manifesto.

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  • Hospitalisé, Félix le père de l’auteure vit ses derniers moments dans le calme que lui procure la sédation. Son épouse et sa fille Léonor sont à son chevet. Comme le film d’une vie, le roman donne la parole à Felix, le met en relation avec Ernest. Ils se souviennent… de leur rencontre (imaginée...
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    Hospitalisé, Félix le père de l’auteure vit ses derniers moments dans le calme que lui procure la sédation. Son épouse et sa fille Léonor sont à son chevet. Comme le film d’une vie, le roman donne la parole à Felix, le met en relation avec Ernest. Ils se souviennent… de leur rencontre (imaginée ?), de la guerre d’Espagne, de l’exil, des femmes. Il ressent la douleur ineffaçable du décès de trois enfants, son amour pour l’art, la peinture, la sublime construction d’un violon pour sa fille Leonor.

    Construit sur un rythme d’alternance, Félix dialogue avec ceux qui ont marqué sa vie, amis ou famille. Quelques éclats de rire, le murmure des feuilles de l’arbre de Gernika, les odeurs, et sur le tempo du violon joué par Léonor, des mots feutrés et délicats évoquent des cascades de souvenirs.

    Sur la forme, ce roman a une force incroyable porté par des mots justes, une plume qui offre une grande douceur, beaucoup de sensibilité, la délicatesse et la pudeur nécessaires à l’évocation d’un moment intime et grave. Chaque ligne, chaque court chapitre mobilisent les émotions qui ont, pour ma part, instauré un état de mélancolie. Sans être inconfortable, j’ai parfois eu envie, comme Léonor de Recondo pendant les longues heures à accompagner la fin de vie de son père, que le rythme s’accélère. Finalement, si la nostalgie n’était pas réellement dans le livre, ce sentiment s’est installé en moi.
    Des douleurs à peine enfouies se sont réanimées. Manifesto m’a touchée droit au cœur, mais, en reconnaissant le talent de l’auteure, j’avais vraiment envie de tourner la page et ses fantômes pour me tourner vers l’avenir.

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