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Le passeur

Couverture du livre « Le passeur » de Stephanie Coste aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072904240
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l'espoir son fonds de commerce », qu'on est devenu l'un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu'on a le cerveau dévoré par le khat et l'alcool, est-on encore capable d'humanité ?
C'est toute la question qui se pose lorsque arrive... Voir plus

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, « de l'espoir son fonds de commerce », qu'on est devenu l'un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu'on a le cerveau dévoré par le khat et l'alcool, est-on encore capable d'humanité ?
C'est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l'embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l'emprisonnement, son amour perdu...
À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l'histoire d'un continent meurtri. Son écriture d'une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

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Articles (2)

Avis (12)

  • Seyoum, passeur abject qui considère ceux qu'il fait traverser comme de la marchandise, ces pauvres hères fuyant vers ce qu'ils espèrent être un monde meilleur.
    Seyoum, qui s'abrutit de khat et de gin, s'en embrouille le cerveau, et ne tient plus à rien qu'à sa drogue.
    Qu'a-t-il traversé,...
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    Seyoum, passeur abject qui considère ceux qu'il fait traverser comme de la marchandise, ces pauvres hères fuyant vers ce qu'ils espèrent être un monde meilleur.
    Seyoum, qui s'abrutit de khat et de gin, s'en embrouille le cerveau, et ne tient plus à rien qu'à sa drogue.
    Qu'a-t-il traversé, Seyoum, pour en arriver à être autant dépourvu d'humanité ?

    Petit à petit, nous allons remonter dans le passé de Seyoum, aller à la rencontre de celui qui a d'abord été un petit garçon, puis un jeune homme amoureux, les tortures et maltraitances dont il a été victime, pion anonyme dans une guerre qui ne laisse plus de place à la compassion et à l'entraide.

    Le Passeur est un roman qui prend aux tripes, qui présente une vision réaliste de ce continent meurtri qu'est l'Afrique, qui dénonce la déshumanisation, les guerres, les violences.
    C'est un premier roman dur et éprouvant mais aussi puissant, que je vais garder longtemps en tête.

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  • Que reste-t-il en soi d’humanité lorsque l’on a tout perdu, de l’espoir à la dignité ? À travers ce premier roman d’une force inouïe, Stéphanie Coste immerge le lecteur dans les affres des migrants à la destinée tragique. Dans » Le passeur « publié en 2020 aux éditions Gallimard, Stéphanie...
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    Que reste-t-il en soi d’humanité lorsque l’on a tout perdu, de l’espoir à la dignité ? À travers ce premier roman d’une force inouïe, Stéphanie Coste immerge le lecteur dans les affres des migrants à la destinée tragique. Dans » Le passeur « publié en 2020 aux éditions Gallimard, Stéphanie Coste signe avec pugnacité et humanité un premier roman percutant et féroce qui résonne longtemps…

    Seyoum est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne. En ce mois d’octobre 2015, il doit organiser la traversée d’un nouveau convoi de migrants. Anesthésié par sa consommation excessive de khat et de gin, Seyoum n’agit plus que par automatisme. Ne plus penser. Ne plus ressentir.

    p. 84 : » Je me demande quand exactement ma peur s’est transformée en résignation. À quel moment précis j’ai arrêté de me sentir humain. Je ne suis pas tout à fait une bête. Je suis une mécanique bien programmée, qui obéit aux ordres, qui apprend docilement ce qu’on lui inculque. L’amour de la patrie, la haine de l’Ethiopie notre ennemi de toujours. L’importance de nous protéger en militarisant au maximum notre pays. On est là avant tout pour ça, des futurs soldats prêts à partir au front pour défendre la sainte patrie en cas de troisième guerre. Au bout de ces quelques mois j’ai intégré cette doctrine comme mon mantra quotidien. Je suis en train d’oublier qui je suis. «

    A partir de quand Seyoum a-t-il perdu son innocence, ses ambitions et ses rêves ? Qu’est-ce qui peut pousser un jeune homme à devenir si inhumain et à jouer avec le destin des innocents ?

    p. 94 : » J’ai dû abandonner mes rêves d’université. A vingt ans. La résilience finit par capituler sous le poids des chagrins. «

    Au fur et à mesure que le jour J approche, le lecteur découvre le passé bouleversant de Seyoum, sous forme de flash back. Comme si chaque heure qui s’écoule écrase la possibilité d’un dénouement heureux.

    p. 36 : » Je me détourne de lui et examine vaguement la cargaison. Quarante-cinq zombies luisants me fixent du même regard suppliant. J’y vois passer les ombres d’épreuves inracontables. Leurs fringues en lambeaux sont maculées de déjections. Des mouches s’y vautrent sans qu’ils en soient conscients. Ils ont lourdé leur dignité quelque part dans le Sahara. «

    En effet, comment se relever de tous ces traumatismes ? Cette boule dans le fond des tripes de Seyoum n’est que le reflet d’une rage intérieure indicible, prédisposé dès l’enfance à un combat dont on ne maîtrise plus ni les tenants ni les aboutissants . Indéfectible héritage.

    p. 26 : » – Seyoum, tu es encore petit, mais tu dois comprendre que c’est important de se battre pour son pays, pour les valeurs de la liberté. Et l’Ethiopie nous empêche d’être libres depuis vingt-cinq ans. Voilà pourquoi il faut la combattre. […]

    – Moi je croyais que le plus important dans la vie c’était de protéger les gens qu’on aime. «

    » TOUTES LES CHOSES VRAIMENT ATROCES DÉMARRENT DANS L’INNOCENCE. « ERNEST HEMINGWAY

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  • Encore un premier roman percutant. Seyoum est un passeur en Libye qui ne voit plus les migrants que comme de la marchandise. Peu à peu il dévoile son histoire. On peut se demander s’il est bourreau ou lui aussi victime.

    Encore un premier roman percutant. Seyoum est un passeur en Libye qui ne voit plus les migrants que comme de la marchandise. Peu à peu il dévoile son histoire. On peut se demander s’il est bourreau ou lui aussi victime.

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  • Victime du contexte géopolitique de l’Erythrée et des pays, Seymoun est un passeur important du trafic de l’espoir qui est désormais son fonds de commerce. Sur la côte lybienne qu’il a rejointe, dans son paradis artificiel créé par le khat et l’alcool, il achète des rafiots craquants de la coque...
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    Victime du contexte géopolitique de l’Erythrée et des pays, Seymoun est un passeur important du trafic de l’espoir qui est désormais son fonds de commerce. Sur la côte lybienne qu’il a rejointe, dans son paradis artificiel créé par le khat et l’alcool, il achète des rafiots craquants de la coque au pont pour y faire s’entasser des familles qui, à n’importe quel prix, tentent de traverser les eaux bleues vers l’Europe, espérant poser les pieds à Lampedusa pour marcher vers un enfer différent.

    Stéphanie Coste n’accorde aucun répit au lecteur qui se trouve très vite aux côtés du passeur. Il faut dire que son roman est court, et qu’il n’est pas nécessaire de tergiverser pour raconter l’histoire d’un homme brisé par son passé : les sévices, l’emprisonnement, séparé de la femme qu’il aimait… et, dépouillé de toute humanité ?
    L’approche factuelle de ce roman assène une violence qui dérange forcément. Je me suis souvenue de « Encore » de Hakan Günday, écrivain turc, sur les mêmes sujets brûlants et dans lequel la cruauté était insoutenable.

    Il est essentiel que les écrivains s’emparent de cette actualité.
    Et si Stéphanie Coste avec « le passeur », était la prochaine lauréate du Prix Orange du Livre 2021 avec son premier roman, ce serait une belle récompense pour elle, et une occasion de plus pour communiquer sur les régimes politiques qui sont à l’origine de ces drames humains.
    Je recommande à tous (tes) la lecture de ce livre coup de poing, et dès qu’il sera possible, de voter …pour qui vous plaira !

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  • C'est la dernière traversée de l'année, puis il faudra attendre le printemps, les candidats sont nombreux, cantonnés sous de fortes chaleurs dans les entrepôts de Seyoum, sur la côte libyenne. Cette traversée est le dernier espoir de ceux qui tentent d'atteindre les côtes de l’Europe, pour...
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    C'est la dernière traversée de l'année, puis il faudra attendre le printemps, les candidats sont nombreux, cantonnés sous de fortes chaleurs dans les entrepôts de Seyoum, sur la côte libyenne. Cette traversée est le dernier espoir de ceux qui tentent d'atteindre les côtes de l’Europe, pour quitter cette terre d’Afrique devenue inhospitalière.
    Ils ont payé le prix fort à ceux qui les conduisent depuis l’Éthiopie, le Soudan ou l'Érythrée. Seyoum est comme tant d'autres, un passeur de vies, un de ces hommes qui font fortune sur la misère des autres. Sans hésiter, il use de violence pour se faire respecter. Est-il sans pitié, cet homme qui s'enrichit sur la peur et le désespoir de ses congénères ? D'où viennent les angoisses qu'il calme avec des doses de Khat et de gin dans la chambre où il traîne sa misère dans la profondeur et la noirceur de la nuit.

    Alors que le dernier chargement d'érythréens vient d'arriver, le passé de Seyoum se dévoile, sombre et meurtri. Il est arrivé voilà déjà dix ans. La famille heureuse à Asmara, son amour naissant pour Madiha, puis la révolution, la peur, les arrestations et les exécutions, l’embrigadement dans les camps de travail, les tortures, et la fuite, seul. Il se nourrit aujourd’hui de son propre passé, de ses peurs les plus profondes, de ses plaies à vif qui se réveillent en cette ultime nuit.

    En deux époques pour conter la vie et la misère de ses différents protagonistes, Libye 2015, Érythrée, de 1993 à 2005, Stéphanie Coste déroule une partie infime de l'histoire politique de l’Afrique. Le désespoir de ceux qui donnent tout pour quitter l’Afrique et vivre leur rêve de l'autre côté de la méditerranée. Cette mer devenue le tombeau de nombreux candidats à l’exil.

    Une lecture qui donne une vision de l'intérieur du monde des passeurs, de ces guerres d’intérêts financiers qui règnent sur ces rives pour emmener jusqu'à nos côtes les migrants et leurs rêves de vie meilleure.

    chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2021/04/19/le-passeur-stephanie-coste/

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  • Le passeur est l'histoire d'un type bien qui devient une crapule mais qui, par un geste rédempteur, pourrait redevenir un type bien. Ce type qui symbolise à lui tout seul la professionnalisation du trafic de migrants n'est rien d'autre qu'un esclavagiste et le récit de Stéphanie Coste par de...
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    Le passeur est l'histoire d'un type bien qui devient une crapule mais qui, par un geste rédempteur, pourrait redevenir un type bien. Ce type qui symbolise à lui tout seul la professionnalisation du trafic de migrants n'est rien d'autre qu'un esclavagiste et le récit de Stéphanie Coste par de très classiques allers-retours dans le temps, nous explique comment la bête est née. On sait malheureusement en Méditerranée qu'un passeur efficace peut stocker 850 migrants dans une embarcation de vingt mètres. Un sommet d'horreur assumé par le personnage principal, au nom de l'argent roi, seul et unique repère des pays dévastés par la guerre.
    Maîtrisé, le roman ne se disperse pas et identifie assez habilement le mécanisme de la violence: Celle sans pitié envers les migrants, mais aussi une violence autodestructrice du bourreau à grand renfort d'alcool frelaté et de Khat. On ne retrouve pas véritablement de contexte politique. Les salauds sont à peu près partout. De ce fait le récit n'est absolument pas inscrit dans une veine anthropologique ni politique mais bien dans le romanesque, avec un climax en forme de mélodrame qui rendrait jaloux les parrains du neo-réalisme italien.
    Court mais intense, sans être un roman d'une grande originalité, ce "passeur" mérite notre attention.

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  • Après avoir vécu l’emprisonnement en Erythrée, Seyoum est arrivé sur les côtes libyennes pour devenir passeur, il achète des bateaux de fortune pour la traversée des migrants tout en faisant payer le prix fort aux passagers. Ravagé par l’alcool et son addiction aux feuilles de khat, est-il...
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    Après avoir vécu l’emprisonnement en Erythrée, Seyoum est arrivé sur les côtes libyennes pour devenir passeur, il achète des bateaux de fortune pour la traversée des migrants tout en faisant payer le prix fort aux passagers. Ravagé par l’alcool et son addiction aux feuilles de khat, est-il encore possible de faire preuve d’humanité devant la misère du monde ? Un convoi l’amènera pourtant devant une réalité autre, celle d’un passé tragique qui surgit.

    Ce roman n’était, au départ, absolument pas un thème de prédilection. Je me suis donc lancée dedans avec beaucoup de curiosité, et peut-être un peu d’appréhension. Pourtant, j’ai été tout de suite happée par l’histoire de Seyoum et sa psychologie complexe. Loin d’être un simple personnage dépourvu d’humanité, Seyoum est la personnification du trauma des Erythréens et de toutes les victimes de la guerre. Après avoir vécu l’emprisonnement, l’embrigadement, mais aussi la dictature, un monde différent s’ouvre à lui. Un monde dans lequel les sentiments n’existent pas, peut-être par protection mais surtout par amertume de la vie. On déteste ce personnage et on ne peut pourtant qu’indéniablement le comprendre.

    Stéphanie Coste nous plonge dans cet enfer où le besoin d’argent et celui de refaire sa vie coûte que coûte prime sur tout. Son écriture est magnifique, jouant çà et là de figures de style très poétiques pour imager ce bateau qui tangue terriblement sur la mer impétueuse ressemblant fortement au déluge biblique. Cette arche de Noé humaine et complètement dystopique fait vibrer de tristesse. Elle vogue à travers les mots de l’auteure comme un espoir, pourtant minime, vers un jour et une terre meilleure pour tout reconstruire.

    Mieux que cela encore, Le passeur raconte l’indicible vérité, celle de millions de migrants qui tentent tout pour protéger leur famille de la misère. Il raconte les cris de détresse, les corps échoués sur le sable, la faim, la soif, mais l’espoir. Ce n’est pas toujours facile d’être devant une vérité criante à travers la fiction, même quand on la connaît déjà, car poétisée elle fait bien plus mal encore. Insoutenable et sublime à la fois, Le passeur narre l’humanité moderne comme jamais.

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  • Pour son premier roman, une agréable surprise avec un talent sur, un sujet difficile à abordé mais fait avec beaucoup d'émotion que je vous conseille de lire .C'est une réussite qui pour moi à raison de faire partie de la sélection.

    Pour son premier roman, une agréable surprise avec un talent sur, un sujet difficile à abordé mais fait avec beaucoup d'émotion que je vous conseille de lire .C'est une réussite qui pour moi à raison de faire partie de la sélection.

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