Francis Rissin

Couverture du livre « Francis Rissin » de Martin Mongin aux éditions Tusitala
  • Date de parution :
  • Editeur : Tusitala
  • EAN : 9791092159172
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d'un nom capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s'interroge, la police enquête, la population s'emballe. Et si Francis Rissin s'apprêtait à... Voir plus

De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d'un nom capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s'interroge, la police enquête, la population s'emballe. Et si Francis Rissin s'apprêtait à prendre le pouvoir, et à devenir le Président qui sauvera la France ?
Pour son premier roman, Martin Mongin signe un livre vertigineux. Un roman composé de onze récits enlevés, onze voix qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime ou encore le thriller politique, au fil d'une enquête paranoïaque sur l'insaisissable Francis Rissin. Avec une maîtrise rare, Martin Mongin tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur, au coeur de cette zone floue où réalité et fiction s'entremêlent.
Autant marqué par l'art de Lovecraft, de Borges ou de Bolaño que par la pensée de La Boétie ou d'Alain Badiou, Francis Rissin est un premier roman inventif et inattendu, au propos profondément politique.

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Avis (7)

  • "What I make of it, my dear brother, is that it is a wonderful story, and you are a wonderful storyteller, as we all know."
    "Arthur & George", Julian Barnes

    "Il y a les livres qui existent et les livres qui n’existent pas ; mais entre les deux, il y a encore la place pour certains livres...
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    "What I make of it, my dear brother, is that it is a wonderful story, and you are a wonderful storyteller, as we all know."
    "Arthur & George", Julian Barnes

    "Il y a les livres qui existent et les livres qui n’existent pas ; mais entre les deux, il y a encore la place pour certains livres d’un genre intermédiaire, qu’on serait bien en peine de classer dans l’une ou l’autre de ces deux catégories. Des livres qui existent à peine, des livres qui flottent dans les limbes de la thermosphère littéraire et qui se soustraient sans cesse à nos efforts pour les saisir. Des livres ontologiquement indécidables et qui subsistent pourtant à leur façon, comme une promesse, comme un rêve, comme un espoir."

    Vous allez voir, ça commence un peu comme une chronique littéraire, mais avant, je me dois de vous prévenir

    "[…] ça risque de durer encore un peu. Ensuite, je vous laisserai juger si ça répond ou non à vos questions – j’imagine que ça vous occupera un bon moment encore."

    Tout a déjà été écrit sur ce roman, qu’il est déroutant, ébouriffant, d’une ambition folle, audacieux, incroyable, labyrinthique, virtuose, jubilatoire, hypnotique, etc. (je cite de mémoire). Et tout cela est vrai, strictement vrai, tellement vrai que je m’autorise à penser que, même après une 2e lecture (eh oui !), je vais peiner à innover, à trouver d’autres mots, des mots qui ne soient pas épuisés, usés, polis à force d’avoir été écrits, à force d’avoir été lus.

    Comment rendre compte de et justice à ce 1er roman de Martin Mongin, publié par les jeunes éditions Tusitala (6 ans) spécialisées dans les traductions et qui ont fait un pas de côté (merci !) avec cet ouvrage reçu par la Poste ?
    "Francis Rissin", c’est un pavé – pas seulement à cause de ses 616 pages - dans la rentrée littéraire de septembre ; un pavé qui a le bon goût de venir rider la surface de la belle endormie qu'est, parfois, la production littéraire française.

    Ses onze chapitres d’une cinquantaine de pages chacun prennent diverses formes, ici un cours universitaire, là un compte-rendu d’enquête, ici un journal intime, là une biographie, ici un catalogue d'exposition, là une confession, ici encore un témoignage, nous baladent dans la France profonde, celle des villages et de leur clocher, et se jouent de plusieurs genres passant du polar à l’épopée, ne dédaignant pas de lorgner aussi du côté du roman fantastique, d'initiation, politique…

    Le roman (?) s’articule autour d’un pivot, le chapitre 6, qui dévoile le journal intime de Fr. Rissin. La force centripète à l’œuvre dans les 5 premiers chapitres nous a enfin amenés au plus près du bonhomme qui semble avoir finalement pris chair. Mais… Fr. est-il vraiment Francis ? Ce journal est-il une preuve suffisante et tangible de son existence ?

    "Chapitre 6 Journal de Fr. Rissin
    Entrée du vendredi 27 avril
    Moi, je n’ai jamais été qu’une idée abstraite, une force invisible, un principe directeur, une puissance secrète, mais qui les faisait avancer, qui les faisait regarder plus loin. Je les ai aidés à ma manière."

    À l’inverse, la force centrifuge des 5 derniers chapitres nous éloignent de lui, le dissolvent, le renvoient dans des limbes et on vient à douter qu’il n’en soit jamais sorti. C’est que F. R. (oui, ces initiales ne sont pas anodines) échappe au lecteur tout autant qu’à son créateur.

    Une chose est sûre, cette chasse à l’homme providentiel, singulier et multiple,

    "Quand je dis "Francis Rissin", je peux faire allusion à quelqu’un de particulier, mais je peux également faire allusion à quelqu’un d’autre, éloigné spatialement de celui-là. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Il n’y a pas qu’un seul Francis Rissin. Il y en a au moins deux, même si je crois qu’il y en a beaucoup plus que ça en vérité, qu’il y en a des dizaines, des centaines – même si je crois que Francis Rissin est une foule innombrable."

    dans un pays morose, au bord du découragement,

    "La France naviguait à tâtons dans le noir, elle naviguait dans les ténèbres, les yeux aveugles, errant à la surface de l'abîme. Et puis le bon Dieu avait eu la bonne idée d'allumer la lumière."

    est avant tout prétexte à une réflexion sur la frontière ténue, perméable, entre fiction et réel, une réflexion qui interroge également les modes de production de la fiction et ses effets sur le lecteur, grâce à l’intériorisation de commentaires sur l’écriture du texte littéraire lui-même et sur sa lecture.

    La création littéraire offre d’infinies possibilités et l’espiègle Martin Mongin semble avoir décidé d’en explorer tous les recoins de façon ludique. Ce roman est un espace mouvant, sans cesse redessiné, dont la vue d'ensemble du point de vue du grand architecte, peut encore échapper :

    "Plus haut, quelque part en lieu sûr, quelqu'un s'était chargé d'élaborer un plan, d'articuler les fins et les moyens. Plus haut, quelqu'un possédait la logique d'ensemble."

    On sera sages d’emprunter avec circonspection les pistes balisées pour sortir de ce labyrinthe sans fin qui nous empêche d'accéder à la vérité, si tant est qu'elle soit envisageable. L’auteur n’a pas son pareil pour induire une attitude de vigilance critique chez le lecteur car "Francis Rissin" est un roman qui affiche, revendique même, son caractère énigmatique tout en nous refusant les moyens de le décrypter. Habile, d’autant que la mise en récit constitue une sorte de piège.

    "What we need is not great works but playful ones... A story is a game someone has played so you can play it too" - Ronald Sukenick, "The Death of the Novel"

    Et donc, avec Nicolas Sirac, le lecteur peut légitimement se demander

    "[…] si Francis Rissin n’était pas en train de l’entraîner dans quelque chose qui le dépassait, quelque chose qui était beaucoup trop grand pour lui – si ce n’était pas Francis Rissin qui le traquait, depuis le départ."

    "Francis Rissin" est une vaste entreprise métafictionnelle, parfaitement maîtrisée, mettant en scène d’anciennes règles romanesques pour mieux les subvertir et produire de nouveaux (en)jeux déstabilisants. La dimension ludique du processus permet la mise en place d'une forme de questionnement qui vise à ébranler le lecteur, la France n’étant pas la seule à "naviguer à tâtons dans le noir", croyez-moi !

    L’élément qui m’a paru clair (il y en a au moins un... enfin j'espère !) est ce tacite contrat de lecture par lequel l'auteur et le lecteur s'adonnent au jeu littéraire

    "Il n’a évidemment plus jamais été question d’écrire un livre. Nous nous sommes seulement demandé ce que nous allions faire de ce nom que nous avions extirpé du néant, que nous avions fait descendre sur la Terre, et qui nous restait maintenant sur les bras – nous nous sommes demandé ce que nous allions faire de Francis Rissin."

    Que vais-je faire de "Francis Rissin" ?
    Je me le demande.
    C’est incontestablement un roman adroit mais bavard, ambitieux mais par trop démonstratif, bien construit mais trop digressif, bref ! un roman qui a les qualités de ses défauts. Un roman qui fait immanquablement penser au texte exigeant des 700 pages (tiens !?) de "House of Leaves", 1er roman (tiens !?) de Mark Z. Danielewski, superbement traduit par Christophe Claro ("La maison des feuilles", Denoël) il y a… vingt ans.

    Parce qu’il serait dangereux de conclure (et je ne m'y risquerai pas !), je résiste comme le biographe ou l’historien qui

    "[…] ne doivent pas céder à la tentation de devenir sinon des devins ou des voyants, du moins des visionnaires. S’ils connaissent le fin mot de l’histoire, s’ils connaissent le lieu et l’heure du crime, ainsi que le nom de l’assassin, ils doivent faire comme s’ils l’ignoraient, ils doivent se couler dans le présent de leur objet d’étude, c’est-à-dire faire comme si le temps qui les séparait de lui ne s’était pas encore écoulé. Mais c’est une exigence à laquelle il est bien difficile de se tenir. Parce qu’une fois qu’on a parcouru la dernière page du livre, comment se la sortir de la mémoire, et comment lire une seconde fois le roman en faisant abstraction de sa chute ? Quand on connaît le fin mot de l’histoire, on a l’impression de le voir écrit partout en lettres capitales, dès les premières pages du premier chapitre."

    Ou comme l’écrivait Julian Barnes dans "Arthur & George"

    "How can you make sense of the beginning unless you know the ending? It’s entirely logical when you reflect on it."

    Hilarant et saturé de références, en plus d’être la radiographie politique d’une certaine France, "Francis Rissin" est un roman où le fictif et l’historique sont confondus d’une manière qui franchit l’illusion du réel et où le lecteur doit accepter de se donner sans réserve, ne pas chercher à tout comprendre dans l’instant (voire même plus tard !), et bien au contraire, se réjouir qu’il reste des zones d’ombre dans ce récit car

    "Le monde n’est pas un roman expérimental. Le monde n’est pas la somme de ce que vous avez laissé sur les réseaux sociaux pendant les dernières vingt-quatre heures. La vie de Francis Rissin est un livre qui n’a jamais été écrit, un livre qui n’existe pas, une épopée qui n’a jamais eu lieu. C’est à peine si nous l’avons jouée dans nos têtes. C’est un nom de treize lettres, de quatre syllabes, c’est tout. Derrière, il n’y a rien."

    Même si

    "Il faut laisser les créatures imaginaires vivre leur vie de leur côté, sinon elles mêlent leurs pensées aux vôtres, elles prennent progressivement le contrôle de votre esprit. Le nom de Francis Rissin m'a poursuivi tout au long de mon existence."

    vous êtes prêts à tenter l'expérience ? à courir le risque ?

    1er roman,
    Lu pour la session automne des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2020/02/04/francis-rissin-martin-mongin-éditions-tusitala/

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  • « Francis Rissin » est un drôle de pari, un machin indescriptible, une prouesse littéraire comme on les ose rarement, un voyage dans lequel on s’embarque sans bien savoir où l’on va et pour lequel on regrette parfois de n’être pas mieux équipé en références historico-politico-romanesques qui...
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    « Francis Rissin » est un drôle de pari, un machin indescriptible, une prouesse littéraire comme on les ose rarement, un voyage dans lequel on s’embarque sans bien savoir où l’on va et pour lequel on regrette parfois de n’être pas mieux équipé en références historico-politico-romanesques qui auraient aidé à baliser le terrain et à progresser plus aisément parmi les récits touffus qui le composent. Onze récits, onze voix qui s’interpellent, se font écho, se superposent parfois pour tisser autour de ce nom, de ce vide, de cette idée, de ce fantasme une histoire, un mythe, une légende, nous hypnotisant jusqu’au vertige, jusqu’au dégoût parfois, jusqu’au malaise toujours. Martin Mongin – disparaissant derrière son personnage au point que, sûrement, on finira par croire que c’est son nom à lui –, en maître de la narration, ancre cette épopée aux échos polyphoniques dans une réalité exacerbée par une profusion de détails vérifiables, agaçant nos sens et notre mémoire, nous entraînant toujours plus loin à la poursuite de ce personnage qui, comme un mot que l’on aurait sur le bout de la langue, s’obstine à nous échapper. Son « Francis Rissin », c’est le joueur de flûte de Hamelin déguisé en homme providentiel, c’est la gueule de bois politique des lendemains de Grands Soirs, c’est un chœur unanime qui clame « Ah ! Ça ira ! », oubliant que, la veille encore, il murmurait « Plus jamais ça », c’est l’Histoire qui se mord la queue et qui s’en mord les doigts, un pavé de plus de 600 pages dans la mare de nos lectures peinardes dont on sort groggy, pas tout à fait convaincu d’avoir tout compris ni tout apprécié, mais sûr de ne pas l’oublier.

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  • Martin Mongin signe avec Francis Rissin l’un des ouvrages les plus originaux de cette rentrée. À l’image des affiches portant ce nom et qui vont couvrir tout le pays, il va réussir à imposer ce personnage pourtant très mystérieux.

    L’entreprise était aussi audacieuse que risquée: ne pas écrire...
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    Martin Mongin signe avec Francis Rissin l’un des ouvrages les plus originaux de cette rentrée. À l’image des affiches portant ce nom et qui vont couvrir tout le pays, il va réussir à imposer ce personnage pourtant très mystérieux.

    L’entreprise était aussi audacieuse que risquée: ne pas écrire un roman, mais une sorte de mille-feuilles présentant sous différentes formes l’histoire d’un personnage hors du commun baptisé Francis Rissin. Martin Mongin partait donc avec un a priori des plus favorables pour moi qui aime l’originalité et la création littéraire originale. Mais si j’ai été séduit par l’idée et même fasciné par la manière dont l’auteur joue avec son personnage, entraînant le lecteur dans des voies non balisées, il me faut bien reconnaître que l’enthousiasme suscité par les premiers chapitres a fini par s’éroder sur la fin. Mais revenons au chapitre initial qui nous permet au sens littéral du terme d’approcher Francis Rissin.
    Catherine Joule, professeur de littérature à la Sorbonne découvre dans ses recherches bibliographiques un titre énigmatique: Approche de Francis Rissin, signé d’un certain Pierre Tarrent. Si toutes ses recherches pour retrouver un exemplaire de l’ouvrage restent vaines, elle parvient très bien – outre un cours passionnant sur les bibliothèques invisibles – à instiller le doute. Après tout si l’on consacre un ouvrage à cet homme, c’est qu’il doit mériter cet honneur.
    On va alors se tourner du côté du polar et nous intéresser à ces «histoires de flics» qui tournent autour de notre homme. Mais leur enquête ne va pas non plus réussir à lever le voile sur Francis Rissin.
    Martin Mongin, qui ne manque ni de souffle ni d’imagination va alors convoquer le journal intime, le rapport officiel, l’exposition d’œuvres d’art, les affiches électorales, les témoignages de ceux qui ont côtoyé notre mystérieux héros ou encore le script d’un long métrage qui n’a jamais été réalisé.
    À travers ce kaléidoscope, le lecteur devrait finir par voir se dessiner les contours de Francis Rissin. D’autant qu’au fil des pages il apparaît comme celui que le pays attend. Et c’est là que réside la principale qualité de ce roman protéiforme, dans la belle leçon de marketing politique qui s’en dégage. Sur la façon d’imposer un nom, une image, sur l’ascension d’un homme encore inconnu de la population quelques mois auparavant, sur la manipulation des foules, sur ce besoin de figures providentielles, de construire un destin collectif: «Nous ne nous satisfaisions plus de nos vies minuscules, nous voulions bâtir quelque chose de grand et de rare, pour l’avenir. Dans ces moments-là, Dieu lui-même eût été bien en peine de satisfaire nos appétits de titans.»
    Le roman aurait à mon sens été plus efficace s’il avait été élagué d’un quart ou même d’un tiers de ses pages. Il aurait gagné en force et en efficacité, comme par exemple avec les 272 pages État de nature de Jean-Baptiste de Froment, un conte politique qui s’inscrit dans la même veine.
    https://urlz.fr/boS4

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  • C'est un premier roman, mais un premier roman atypique et absolument inclassable. Un OVNI littéraire !

    "Le roman possède une structure pyramidale, organisée autour du chapitre 6. Dans la première moitié du livre (chapitres 1 à 5), Francis Rissin, qui n’était qu’un nom sur des affiches...
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    C'est un premier roman, mais un premier roman atypique et absolument inclassable. Un OVNI littéraire !

    "Le roman possède une structure pyramidale, organisée autour du chapitre 6. Dans la première moitié du livre (chapitres 1 à 5), Francis Rissin, qui n’était qu’un nom sur des affiches électorales, prend peu à peu chair, il s’incarne, il vient progressivement à l’être. Du simple nom d’un illustre inconnu, on se rend compte rapidement que des gens l’ont vu, puis que certains même l’ont approché, puis une exposition est organisée en son honneur, même s’il reste dans l’ombre, puis on nous donne à lire une partie de sa biographie. Dans le chapitre 6 le lecteur a sous les yeux le journal intime de Francis Rissin en personne (à moins que…), et on peut sans doute difficilement être plus proche de l’intériorité d’un individu qu’au moment où on lit ses états d’âme. Et puis la deuxième partie du livre (chapitres 7 à 11), c’est le mouvement inverse. Ce qui avait pris corps, ce qui avait pris consistance, commence doucement à se déliter, pour s’évanouir lentement mais sûrement, pour rejoindre le néant dont il était sorti (à moins que…)" Martin Mongin in www.lamadeleinedelivres.com

    L'auteur est professeur de philosophie et son propos est éminemment politique, si bien que j'ai sûrement zappé certaines choses tant j'exècre la politique. J'y ai vu néanmoins une sacrée critique de la société française dans une construction étonnante utilisant divers styles narratifs. Cela va du cours magistral à une enquête policière en passant par un journal intime entre autres par exemple... Certains chapitres m'ont paru longs, mais j'ai pourtant toujours continué à lire tant j'avais envie de savoir où voulait aller l'auteur... Au final c'est un roman dont je suis bien incapable de vous dire si je l'ai aimé ou pas. C'était une expérience de lecture étonnante, malgré la sensation de me faire mener en bateau par l'auteur( il y a une interrogation constante du rapport entre fiction et réalité)que je ne regrette pas !

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  • Quelle étrange lecture ! Quel étrange personnage ! Quelle étrange construction !
    Quelque soit votre style de lecture préférée vous trouverez votre bonheur dans ce roman (?).
    Ce livre est construit comme un recueil de nouvelles, chacune ayant un style bien marqué et portant un regard nouveau...
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    Quelle étrange lecture ! Quel étrange personnage ! Quelle étrange construction !
    Quelque soit votre style de lecture préférée vous trouverez votre bonheur dans ce roman (?).
    Ce livre est construit comme un recueil de nouvelles, chacune ayant un style bien marqué et portant un regard nouveau sur un seul et même phénomène : Francis Rissin.
    Bien sur les 600 pages contiennent quelques longueurs, mais les éclairages variés sur une situation pour le moins insolite, des affiches au nom de Francis Rissin fleurissent sur tous les murs des villes de France, maintiennent le lecteur en alerte.
    On pourrait parfois penser à des évangiles tant la figure de Francis Rissin apparaît parfois totalement mystique.

    Pour un moi un OLNI pur, pas un grand coup de cœur mais la curiosité a fait son travail.

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  • Dans ce roman, tout étonne, et d’abord sa structure. En onze parties construites de façon fort différentes, tantôt un cours magistral d’université, tantôt une enquête de police, un rapport administratif, les délires d’un fan absolu ou encore les écrits des apôtres, tout y passe dans cette...
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    Dans ce roman, tout étonne, et d’abord sa structure. En onze parties construites de façon fort différentes, tantôt un cours magistral d’université, tantôt une enquête de police, un rapport administratif, les délires d’un fan absolu ou encore les écrits des apôtres, tout y passe dans cette dystopie totalement décalée. Y compris les mots et les délires du journal intime de Francis Rissin lui-même, excusez du peu. Mais en fait, qui est-il ? Qui le connait ? Qui a compris ses desseins ? C’est l’alerte générale dans tout le pays, qui est Francis Rissin ?

    De son existence supposée à son existence avérée. Des affiches fleurissent sur tous les murs en France et le plus fin limier suit ses traces de village en village. Mais Francis Rissin sillonne le pays et nul ne peut le suivre, le devancer ou même l’arrêter. Capable de soulever les foules par son seul charisme, ce nouveau messie des temps modernes est aussi totalement incompris du pouvoir en place. Pourtant tous ceux qui l’ont connu l’apprécient, et tels des apôtres, ils écrivent les évangiles de Francis Rissin.

    Car oui, en vérité, je vous le dis, dès sa jeunesse il savait qu’il lèverait une armée pour sauver la France… Tient, ça vous rappelle quelqu’un ?

    Stupeur, colère et inquiétude, voilà les sentiments qui dominent dans tout le pays… Comment peut-il être présent à différents endroits à la fois éloignés géographiquement et très proches dans le temps. Le mystère s’épaissit. Et si c’était Rissin versus Rissin ? Sont-ils nombreux ? Est-il un ? Est-il multiple ? En vérité, une fois encore, sachez-le, Francis est légion !

    Je ne vous en dis pas plus, j’en ai d’ailleurs déjà trop dit, car parler de ce roman tellement différent de tout ce qu’on lit habituellement n’est pas aisé.
    lire ma chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2019/10/14/francis-rissin-martin-mongin/

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  • Voici donc le roman le plus incroyable de l'année. Je l'ai lu en juin et il a bien failli polluer toute la suite de mon exploration de la rentrée littéraire. Déjà, pendant que je le lisais, j'avais du mal à le lâcher pour vaquer à d'autres occupations. Et depuis, il m'habite encore, au point de...
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    Voici donc le roman le plus incroyable de l'année. Je l'ai lu en juin et il a bien failli polluer toute la suite de mon exploration de la rentrée littéraire. Déjà, pendant que je le lisais, j'avais du mal à le lâcher pour vaquer à d'autres occupations. Et depuis, il m'habite encore, au point de trouver fades bon nombre de textes (qui le sont peut-être, allez savoir). C'est un véritable tour de force, une expérience singulière, une aventure dans laquelle on s'immerge en se laissant peu à peu prendre à un effet hypnotique. Un jeu de piste redoutablement intelligent. Une mécanique qui s'empare de votre cerveau et ne vous laisse aucun répit.

    Car vous n'avez plus qu'une obsession : savoir enfin qui est ce Francis Rissin dont le nom envahit petit à petit les murs des villages de la France entière sur ce qui ressemble à des affiches électorales. Il serait inutile de tenter de raconter ou de résumer l'intrigue, et puis cela gâcherait de façon certaine le plaisir du lecteur. Non, il faut entrer dans ce roman avec envie, curiosité et une totale désinhibition... Se laisser balader par l'auteur. Et ça, il sait faire. Chacune des onze parties qui constituent le récit est l'occasion d'un changement d'angle de vue, de style narratif et même de temporalité. Le lecteur avance à tâtons, surpris à chaque tournant, pris parfois à contre-pied au détour d'un chapitre ou déboussolé par une perte de repère temporel. Emporté dans un tourbillon vertigineux.

    Le récit est construit autour du thème de l'homme providentiel. A la fois politique, philosophique, il résonne terriblement avec l'actualité récente et interroge avec acuité l'inconscient de la France. Celle des villages, la France profonde, rurale, celle des lecteurs de la PQR dont le rôle est ici essentiel. Un territoire omniprésent et qui contribue à l'ancrage du personnage dans une réalité en opposition au fantasme qui habite peu à peu les esprits. L'auteur pousse très loin chacune des parties, utilise toutes les facettes de la création pour interroger le rapport entre fiction et réalité. C'est fichtrement bien fait.

    J'ai retrouvé avec Francis Rissin la même sensation de jubilation qu'à la lecture du précédent roman de Laurent Binet, La septième fonction du langage ou d'Antoine Bello (notamment Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet ou Roman Américain). Il y a ce côté ludique suprêmement intelligent. Mais ici, l'ambition est encore plus forte et les neurones grésillent de plaisir.

    Bref, pour moi c'est LA révélation de la rentrée, un premier roman qui provoque une fascination hypnotique. Alors, oubliez tout ce que vous avez lu sur les "romans les plus attendus de la Rentrée littéraire" et courrez chez votre libraire commander votre exemplaire. Après tout, vous aussi vous avez le droit de savoir qui est Francis Rissin.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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