Sylvain Prudhomme

Sylvain Prudhomme
Né en 1979, Sylvain Prudhomme est l'auteur de plusieurs romans, dont récemment "L'affaire Furtif" (éd. Burozoïque, 2010) et " Le Mwanza Project" (paru chez Léo Scheer en juin 2010).

Avis (7)

  • Couverture du livre « Légende » de Sylvain Prudhomme aux éditions Gallimard

    Régine Roger sur Légende de Sylvain Prudhomme

    La Crau. 30 kilomètres de désert au milieu de la Provence, recouvert de pierres comme des galets, balayé par le mistral. le vide, le silence quand les milliers de brebis qui composent ce paysage sont en estive les mois d'été. Je ne connaissais pas cet endroit avant de lire l'histoire et...
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    La Crau. 30 kilomètres de désert au milieu de la Provence, recouvert de pierres comme des galets, balayé par le mistral. le vide, le silence quand les milliers de brebis qui composent ce paysage sont en estive les mois d'été. Je ne connaissais pas cet endroit avant de lire l'histoire et l'écriture majestueuses de Sylvain Prud’homme.
    Maintenant, je rêve de fouler cette terre de légende et d'assister aux transhumances des troupeaux par les bergers qui mènent une vie âpre et solitaire sans avoir la reconnaissance qu'ils méritent.
    Je n'ai pas quitté ce livre, tenue en haleine par les vies fulgurantes et attachantes des personnages. Dont Nel, photographe, fils et petit-fils de berger qui continue à m'accompagner.
    Je vois ses photographies, je ressens son amitié pour Matt, un expatrié soucieux d'écologie à la tête d'une entreprise de toilettes sèches publiques.
    Passionné par la réalisation, Matt rêve de faire avec Nel un reportage sur "la chou", une boîte de nuit improvisée dans la Camargue où les musiques de tout horizon se mêlaient joyeusement dans une ambiance baba cool et attirait une foule de jeunes de plus en plus nombreux. Plus que "la chou", Matt veut raconter les gens qui l'ont fréquenté porteur d'une mode et d'une époque nouvelles, celles des années 1970-1980. Une jeunesse fébrile et libre quitte à se brûler dangereusement les ailes.
    Pourtant Nel se montre un peu plus réservé sur le projet de son ami en raison des imbrications avec son histoire familiale dont il ne souhaite peut-être pas rouvrir les plaies.
    Nel sans le savoir encore porte en lui le double héritage familial, celui d'un berger et d'un papillon. Matt contre toute attente sera le passeur de son histoire.

    C'est pour moi un très grand coup de cœur. Je tiens à souligner aussi la magnifique photo de la couverture qui est celle de Lionel Roux, un complice de Sylvain Prud’homme, dans la rédaction de "légende"

  • Couverture du livre « Légende » de Sylvain Prudhomme aux éditions Gallimard

    Nicole Grundlinger sur Légende de Sylvain Prudhomme

    Sylvain Prudhomme je l'ai découvert par hasard grâce au Prix des Lectrices de ELLE 2015. Avec Les Grands, il a réussi l'exploit de me capter et de m'émouvoir avec une histoire à mille lieux de mes centres d'intérêt, celle d'un groupe de musiciens en Guinée Bissau. Sa petite musique m'a longtemps...
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    Sylvain Prudhomme je l'ai découvert par hasard grâce au Prix des Lectrices de ELLE 2015. Avec Les Grands, il a réussi l'exploit de me capter et de m'émouvoir avec une histoire à mille lieux de mes centres d'intérêt, celle d'un groupe de musiciens en Guinée Bissau. Sa petite musique m'a longtemps trotté dans la tête, preuve de l'efficacité de sa plume. Ce fut sans conteste l'une des belles découvertes de cette aventure.

    Avec Légende, on retrouve la douce nostalgie qui guidait déjà la narration du précédent roman. Par contre, point d'exotisme cette fois. Le décor est parfois désertique certes mais au sud de la France, la plaine de la Crau, aux portes de la Camargue. Une des rares étendues où la nature a encore tous les droits. Le pays de Nel, fils d'une lignée de bergers, devenu photographe, un métier qui lui permet d'immortaliser ces paysages tant aimés. Légende est une histoire d'amitié. Celle de Nel et de Matt, un autodidacte britannique tombé amoureux de la région, entrepreneur et réalisateur de documentaires. C'est Matt qui le premier a l'idée de faire un reportage sur une boîte de nuit célèbre dans toute la région dans les années 80, La Chou, haut lieu de plaisirs et d'excès en tous genre. C'est ainsi qu'il en vient à enquêter sur deux cousins de Nel, aux destins tragiques. Fabien et Christian, deux frères dissemblables, dont les trajectoires se sont écartées pour mieux se rejoindre dans la mort.

    "En écoutant Toussaint hier je me suis rendu compte que c'est ça qui me touche, plus que tout : la trajectoire des uns et des autres. Ce qu'ils ont vécu. Je me focalise depuis le début sur La Chou, mais ce qui me plaît au fond dans ce lieu c'est toutes ces vies qui s'y sont rencontrées. Tous ces chemins qui s'y sont croisés."

    En remontant le cours de leurs vies, c'est toute une époque qui resurgit et pour Nel une plongée dans des sentiments enfouis depuis longtemps. La figure de Fabien, son influence marquante sur la vie de Nel encore aujourd'hui. Matt ne se rend pas tout de suite compte du trouble que ses recherches provoquent chez Nel et dont leur relation pourrait pâtir. A moins qu'elle n'en sorte renforcée ?

    C'est tout le charme de ce roman que de prendre son temps. Le temps du souvenir, le temps de l'introspection, le temps du partage. Un charme très différent de celui des Grands, plus subtil, plus rude aussi, en phase avec ce décor désertique et minéral. Et une portée beaucoup plus intime aussi, qui interroge sur le mystère des liens qui perdurent par-delà la mort.

    "Est-ce que c'est pas toujours un peu sa propre mort qu'on prépare en relisant la vie des autres. Est-ce que c'est pas surtout à ça que servent les histoires : nous tendre un miroir."

    Ce miroir, Sylvain Prudhomme le tend aussi à son lecteur qui voit s'y refléter le fantôme des années 80, sur fond de propagation du Sida. Et se voit offrir cette sensation étrange de faire corps avec Nel en épousant ses questionnements sur la façon dont se bâtit une vie, se forge une personnalité. On dirait bien qu'il touche une corde sensible.

    Voilà qui confirme tout l'intérêt de l'écriture de Sylvain Prudhomme. En deux livres très différents il parvient à transmettre des émotions particulières et à marquer les esprits de sa touche singulière et profondément attachée à l'humain. Rendez-vous pour le suivant.

  • Couverture du livre « Les grands » de Sylvain Prudhomme aux éditions Gallimard

    Anthony Descaillot sur Les grands de Sylvain Prudhomme

    Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur jusqu’au jour où je l’ai découvert sur le plateau de la grande librairie. Le thème de son livre ne m’attirait pas outre mesure mais la passion avec laquelle il en parlait m’a plutôt séduit.

    Et il est vrai que dès les premières pages, on ressent...
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    Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur jusqu’au jour où je l’ai découvert sur le plateau de la grande librairie. Le thème de son livre ne m’attirait pas outre mesure mais la passion avec laquelle il en parlait m’a plutôt séduit.

    Et il est vrai que dès les premières pages, on ressent la passion. Sylvain Prudhomme est un amoureux de l’Afrique et de sa musique et ça transpire dans son texte. L’ambiance, le paysage et les personnages sont bien représentés avec une écriture de très bonne qualité. On déambule en compagnie de Couto dans les ruelles du village, au contact de la population. On découvre le quotidien et les traditions de ce pays, qui délivrent des valeurs aux antipodes des nôtres. C’est donc un véritable dépaysement auquel j’ai assisté et j’ai compris pourquoi on peut être fasciné par ces endroits, où la vie est tellement différente.
    Mais en plus d’être un récit sur une culture, « Les grands » est aussi un petit ouvrage sur la nostalgie. La mort de Dulce (je ne dévoile rien, c’est la première page !) est le point de départ de la fin d’un cycle. Après cet événement, en se remémorant le passé, Couto réalise que le monde n’est plus le même et qu’avec lui les codes ont changé. Il constate alors que lui et ces acolytes de l’époque ne sont plus à leur place et qu’ils n’existent plus que dans les souvenirs. C’est un passage de témoins entre les générations mélancolique, à la limite de la tristesse. Heureusement que les tous les protagonistes rencontrés dégagent une humanité débordante et embellissent cette fable exotique.

    Mon pressentiment initial rejoint donc ma conclusion. La passion et le style de Sylvain Prudhomme donnent une musique avenante et une dimension humaine à une histoire dont le sujet ne fait pas partie de mes préférés.

  • Couverture du livre « Les grands » de Sylvain Prudhomme aux éditions Gallimard

    Florence Husson-Gomez sur Les grands de Sylvain Prudhomme

    Ce roman nous raconte l’histoire d’un guitariste, Couto, d’un groupe de Guinée-Bissau au nom de Super Mama Djombo, groupe très connu à la fin des années 70 qui suite à la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi sont 1er amour, il va faire défiler au fil des pages, les souvenirs...
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    Ce roman nous raconte l’histoire d’un guitariste, Couto, d’un groupe de Guinée-Bissau au nom de Super Mama Djombo, groupe très connu à la fin des années 70 qui suite à la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi sont 1er amour, il va faire défiler au fil des pages, les souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les portugais mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua aux 4 coins du monde.
    J’ai senti une sorte de chaleur et de sensualité dans les pages de ce livre mais j’ai également ressenti l’attachement et l’amour que le personnage porte à son pays. Un roman touchant et mélancolique qui devrait plaire aux amoureux de l’Afrique et des voyages.

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