Philippe Bouin

Philippe Bouin
Philippe Bouin est né en Belgique en 1949 de parents français, et vit en Bourgogne . Il a écrit de nombreux romans policiers à succès. Il est notamment l'auteur des enquêtes de S½ur Blandine et de Dieudonné Danglet.

Avis (5)

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    Couverture du livre « La Republique De Gus » de Philippe Bouin aux éditions A Contrario

    Texane 18 sur La Republique De Gus de Philippe Bouin

    C'est drôle, impertinent, et très agréable à lire.

    C'est drôle, impertinent, et très agréable à lire.

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    Couverture du livre « L'homme du paradis » de Philippe Bouin aux éditions Presses De La Cite

    Yves MABON sur L'homme du paradis de Philippe Bouin

    Revoilà Archi déjà rencontré dans Le vignoble du diable et Les chais des ambitieux. Toujours aussi bon vivant et impliqué dans le bien-être de ses administrés et de Xa. Le village est au complet avec ses différents habitants : des sympas, des drôles, des tête-de-cochon, des bigotes, des...
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    Revoilà Archi déjà rencontré dans Le vignoble du diable et Les chais des ambitieux. Toujours aussi bon vivant et impliqué dans le bien-être de ses administrés et de Xa. Le village est au complet avec ses différents habitants : des sympas, des drôles, des tête-de-cochon, des bigotes, des anticléricaux et même un curé africain, le père Goma qui me plaît bien, car loin d'être un dévot, il adapte les principes de l'Église aux situations et à l'évolution des mœurs ; il a connu et vécu des horreurs dans son pays d'origine et depuis, il relativise beaucoup, ce qui est une de ses grandes qualités. On est loin de Don Camillo et de Pepone, car là, le maire et le curé s'entendent pour tout et se comprennent à demi-mots. Par contre, les villageois ressemblent un peu à ceux du village du curé italien, c'est donc avec beaucoup d'humour que Philippe Bouin raconte son histoire.

    D'abord, je salue sa belle idée de commencer son roman par le numéro 1 de Villages en folies, qui lui permet de refaire le point sur tous les personnages principaux de sa série et donc de nous les remettre vite en mémoire ; on entre donc tout de suite dans le vif du sujet. sa langue est patoisante (?) et joue avec des effets de niveau, un mot parfois désuet -notamment certains dont j'use moi-même : "icelui, icelle"- ou d'un langage châtié émaille les phrases collant ainsi à Archi, qui est très ancré dans son village, mais très original, il s'habille avec des vêtements exotiques (Inde, Tibet) a un catogan et n'a jamais oublié son passé de juge puisqu'il s'en sert encore pour mener ses enquêtes. Atypique, il n'habite pas un superbe loft, mais un manoir assez moche, mal meublé et mal décoré auquel il ne peut rien changer tant que ses parent vivent encore. Bougonne la femme-à-tout-faire est fidèle à son surnom, mais surtout aux petits soins et Tirbouchon, le labrador d'Archi, eh bien il ne lui manque que la parole puisqu'il comprend tout et s'agace même qu'on puisse en douter.

    Et l'intrigue dans tout cela ? Elle tient jusqu'au bout, je devrais même dire, elles tiennent jusqu'au bout puisqu'il y en a deux. P. Bouin modernise le thème du corbeau en en faisant un animal connecté, parle de ce phénomène détestable qui a cours sur la toile qui autorise les propos infamants et diffamants et parfois franchement dégueulasses en toute impunité puisque les pseudos permettent l'anonymat.

    Un roman très bon, léger, drôle, bien ficelé, avec des personnages qu'on aime à retrouver, avec de la bonne bouffe, du bon vin -je suis plutôt amateur de ceux du sud-ouest, mais si un viticulteur du beaujolais me lit et qu'il veut me faire changer d'avis, il y a un onglet "contact" en haut de la page (à force de demander, on ne sait jamais...)- ; bref une série vraiment agréable, si vous le pouvez, commencez-la dès le début et dégustez sans modération

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    Couverture du livre « Les chais des ambitieux » de Philippe Bouin aux éditions Vdb

    Yves MABON sur Les chais des ambitieux de Philippe Bouin

    Philippe Bouin m'était inconnu jusqu'à ma lecture de l'enquête précédente d'Archibald Sirauton, Le vignoble du diable. Comme ce vignoble m'avait plu, j'étais partant pour la suite, du même tonneau si je puis m'exprimer ainsi. Même registre d'écriture entre français classique, argot, patois...
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    Philippe Bouin m'était inconnu jusqu'à ma lecture de l'enquête précédente d'Archibald Sirauton, Le vignoble du diable. Comme ce vignoble m'avait plu, j'étais partant pour la suite, du même tonneau si je puis m'exprimer ainsi. Même registre d'écriture entre français classique, argot, patois beaujolais ou lyonnais (lexique en fin de volume, auquel je n'ai eu que peu recourt, parce qu'on comprend aisément le sens global de la phrase, même émaillée de mots inconnus). Mêmes personnages : Archi, Xa son amie comédienne, Bougonne la gouvernante qui porte bien son nom, Hippolyte Goma le curé de la paroisse venu tout droit d'Afrique, Fernandez le gendarme qui travaille en étroite collaboration avec Archi, Filoche ex monte-en-l’air reconverti en second d'Archi, Poussin le commissaire lyonnais qui ne bouge pas surtout si les suspects ont des relations mais qui peut s'acharner sur un "petit" -la montée dans la hiérarchie se fait à ce prix selon lui- heureusement secondé par le capitaine Bordas et bien sûr Tirbouchon, le chien d'Archi qui ne peut pas parler à son grand désarroi : "Tirbouchon grogna en ut majeur. En langage canin, ce grognement était de l'ironie. Si Archi avait su qu'il comprenait ce qu'il disait, ce n'est pas étonné qu'il eût été, c'est ébloui." (p.264) Même plaisir de lecture légère, drôle. Un polar pour se détendre qui aborde néanmoins des points plus sérieux comme la succession des exploitants viticoles, la mauvaise réputation du beaujolais d'il y a plusieurs années lorsque des viticulteurs n'hésitaient pas à rajouter du sucre, la volonté des Chinois d'entrer dans le capital de certaines grosses entreprises et le marché chinois vu comme un eldorado par certains alors qu'il n'en est probablement pas un : "Désolé de te contredire, l'investissement doit être progressif. Or, à l'heure d'aujourd'hui, la demande est nébuleuse. Par conséquent, tout miser sur la Chine serait de la folie. Dans un pays qui peut vous virer du jour au lendemain, ou vous taxer lourdement pour protéger ses intérêts, on avance sur la pointe des pieds." (p.79). Très dialogué, cette technique permet de confronter les points de vue, mais bien sûr, Philippe Bouin ne creuse pas trop les sujets sérieux, ce n'est pas un essai sur les exportations viticoles ! Tout reste dans le domaine de la légèreté et de l'humour, l'auteur ne rechignant jamais à un bon mot ou à une répartie de l'un de ses personnages, comme cet échange entre le commissaire Poussin et son collègue le capitaine Bordas :
    "Vous n'imaginez quand même pas que cet idiot a commis ce crime ?
    - Croyez-en mon expérience, capitaine, il faut toujours se méfier d'un imbécile.
    Goguenard, Bordas riva son regard au sien.
    - Soyez tranquille, commissaire, c'est ce que je fais tous les jours." (p.183)
    Un polar-pinard (deux bons ingrédients) qui fleure bon la ruralité (aucune condescendance chez P. Bouin ou chez moi, au contraire), le plaisir de se retrouver entre amis de déboucher une bonne bouteille et de parler de ses souvenirs d'enfance. Un charme légèrement désuet et à la fois intemporel qui marche à fond, qui n'est pas sans rappeler les téléfilms Le sang de la vigne (qui passent sur France 3, avec Pierre Arditi, tirés des romans de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen, que je n'ai pas lus) avec un personnage principal, plus décalé et haut-en-couleurs, ex-juge, devenu vigneron, qui s'habille voyant aux quatre coins du monde.
    Une série qui a démarré et qui continue sous d'excellents augures, dans cette belle collection qu'est Terres de France.
    PS : dans mon billet Le vignoble du diable, je disais mon ignorance de cette région viticole qu'est le beaujolais, et invitais les éventuels professionnels qui me lisaient à m'envoyer des échantillons de leurs productions, histoire de juger. Mon appel n'as pas été entendu ou alors, les viticulteurs sont des gens timides, qui n'osent pas... Osez, osez me contacter, je renouvelle mon invitation, je goûterai bien volontiers...

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    Couverture du livre « Le vignoble du diable » de Philippe Bouin aux éditions Vdb

    Yves MABON sur Le vignoble du diable de Philippe Bouin

    Belle surprise que ce polar estampillé Terres de France. Il allie le sang des victimes à celui de la vigne, et même si le Beaujolais n'est pas ma région viticole favorite, disons que je ne la connais pas beaucoup, je suis plutôt sud-ouest (Madiran, ah un bon Madiran, ou un Irouléguy !) mais si...
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    Belle surprise que ce polar estampillé Terres de France. Il allie le sang des victimes à celui de la vigne, et même si le Beaujolais n'est pas ma région viticole favorite, disons que je ne la connais pas beaucoup, je suis plutôt sud-ouest (Madiran, ah un bon Madiran, ou un Irouléguy !) mais si un ou des viticulteurs passant par ici se trouvent fort dépourvus par ma méconnaissance de leur vignoble, je suis tout à fait prêt à recevoir et goûter de bonnes bouteilles (dans ce cas, je lâche très volontiers mes coordonnées), et promis, je reviendrai ici donner mes impressions de buveur (avec modération, évidemment). Par la même occasion, si d'autres vignerons d'autres régions veulent également faire partager leur travail, je ne suis pas sectaire, je goûterai tout avec grand plaisir (sur la droite de l'article cliquez sur "contact"). Bon, après cette parenthèse que j'espère fructueuse, revenons à nos raisins beaujolais. L'intrigue est assez alambiquée pour tenir jusqu'au bout, même si certains aspects sont très prévisibles. La belle surprise vient surtout du plaisir évident qu'a pris Philippe Bouin à écrire ce bouquin et celui qu'on prend à le lire : langage léger, décontracté, pas coincé ni du bulbe ni d'ailleurs ; un français fleuri mâtiné de patois beaujolais (glossaire en fin de volume dont on a à peine besoin, en fait, je ne l'ai pas consulté). Ajoutez à cela de belles réparties dans les dialogues, des jeux de mots, des blagues potaches :
    "- Aïe, aïe, aïe... Poussin n'est pas un poulet, c'est un courtisan.
    - On le sait tous, monsieur Sirauton, et j'ai peur qu'il s'en tienne à la version sectaire, plus médiatique que la trompe-couillon.
    - Je le crains aussi. Poussin noierait son poisson rouge pour passer à la télé." (p.64)
    De beaux personnages, hauts-en-couleurs et en premier Archi, ex-juge costard-cravate-cheveu-court, devenu vigneron barbu-chevelu-baba-cool, sans oublier Bougonne la gouvernante du manoir et Tirbouchon, le chien doté d'un sens de l'observation peu commun et à qui colle parfaitement l'expression "Il ne lui manque que la parole" : il nous fait d'ailleurs les honneurs de la visite du manoir dès les premières pages. Alouette, travesti qui arpente les routes du village au volant de son camping-car bénéficie d'un portrait dont je ne peux raisonnablement vous priver :
    "Coffrée comme un blockhaus, la tignasse babélienne, Alouette était du genre dodu. Des tonnes de rimmel couvraient ses yeux porcins. Des surcouches de poudre masquaient ses traits épais. Côtés fringues, les habitués des rues chaudes en voyaient peu de si professionnelles. Avec ses cuissardes dartagnesques, ses bas résille et son chemisier léopard, la consciencieuse respectait la tradition." (p.217/218)

    Je ne connaissais pas du tout Philippe Bouin, qui, ai-je appris a déjà écrit plusieurs romans policiers dont des enquêtes menées par Sœur Blandine et Dieudonné Danglet ; comme eux, je ne doute pas un instant qu'Archi revienne pour de nouvelles aventures joyeuses et policières.

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