Philip Roth

Philip Roth
Après une enfance passée à Newark, ville portuaire proche de Manhattan, dont est également issu l'écrivain Nick Tosches, Philip Roth étudie à l'université. Son mariage, qui tourne au désastre, est à l'origine des thèmes de ses premiers romans qui soulèveront la polémique, à cause de leur caractèr... Voir plus
Après une enfance passée à Newark, ville portuaire proche de Manhattan, dont est également issu l'écrivain Nick Tosches, Philip Roth étudie à l'université. Son mariage, qui tourne au désastre, est à l'origine des thèmes de ses premiers romans qui soulèveront la polémique, à cause de leur caractère cru et provocateur comme 'Portnoy et son complexe'. Malgré le scandale, Roth est très vite considéré comme un auteur influent. L'écrivain s'engage alors dans ce qu'il définit lui-même comme un combat avec 'les femmes, les rabbins, les hommes politiques, les psychanalystes et les critiques littéraires'. L'oeuvre de Roth, bien qu'essentiellement autobiographique, mélange les genres et passe sans retenue de la fiction à la confession, dans un style jubilatoire.

Articles en lien avec Philip Roth (7)

Avis sur cet auteur (50)

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    Couverture du livre « La tache » de Philip Roth aux éditions Gallimard

    Valérie971 sur La tache de Philip Roth

    Ce livre est plein de surprises et de rebondissements. Comment mentir, renier sa famille pour faire face à cette ségrégation raciale ne permettant pas au héros d'accomplir ses rêves et voir qu'au bout du compte tout s'effondre.

    Ce livre est plein de surprises et de rebondissements. Comment mentir, renier sa famille pour faire face à cette ségrégation raciale ne permettant pas au héros d'accomplir ses rêves et voir qu'au bout du compte tout s'effondre.

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    Couverture du livre « Un homme » de Philip Roth aux éditions Gallimard

    Dominique JOUANNE sur Un homme de Philip Roth

    Un homme dans sa plénitude atteint le grand âge.
    Loin de sa vie fastueuse et tumultueuse de publicitaire et homme à femmes, face à la retraite, la maladie et une immense solitude, il se trouve perdu devant une vie qui périclite. « A la dérive, la terreur s’insinuait ».

    Il sera seul, à...
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    Un homme dans sa plénitude atteint le grand âge.
    Loin de sa vie fastueuse et tumultueuse de publicitaire et homme à femmes, face à la retraite, la maladie et une immense solitude, il se trouve perdu devant une vie qui périclite. « A la dérive, la terreur s’insinuait ».

    Il sera seul, à discuter avec le fossoyeur qui travaille à creuser une tombe dans le cimetière dans lequel il a choisi de se faire inhumer.

    L’histoire de cet homme c’est notre histoire à tous face à la mort racontée avec talent.

    N’allez pas croire que la grande vieillesse est un long fleuve tranquille sur un rocking-chair. C’est une vacherie pleine de pontages et d’ennuis de santé divers et variés, un physique qui se dégrade et devient laid et souvent demande assistance, des jeunes filles qui ne vous calculent plus, une fatigue harassante, des projets qui ne tiennent plus la route, des pertes de goût et d’envies, des souvenirs de jeunesse qu’on ressasse et regrette. Un combat ! Ph. Roth écrit que « la vieillesse, c’est un massacre ».

    C’est le premier livre que je lis de cet auteur et j’ai bien aimé le style d’écriture, me faire porter sur ses souvenirs de vie brûlée par les deux bouts, le réalisme du très grand âge, et les descriptions imagées à l’atmosphère de vécu.

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    Couverture du livre « Indignation » de Philip Roth aux éditions Gallimard

    Michel Giraud sur Indignation de Philip Roth

    Marcus Messner, jeune homme de 19 ans, né de parents de confession juive, quitte Newark et le New Jersey pour fuir la domination de son père, boucher cacher. Il rejoint le Winesburg College, dans l'Ohio. Très bon élève, ambitionnant de terminer l'année major de sa promotion, il y entretient...
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    Marcus Messner, jeune homme de 19 ans, né de parents de confession juive, quitte Newark et le New Jersey pour fuir la domination de son père, boucher cacher. Il rejoint le Winesburg College, dans l'Ohio. Très bon élève, ambitionnant de terminer l'année major de sa promotion, il y entretient pourtant de mauvaises relations avec les autres étudiants et le doyen. Seule la belle Olivia, une jeune femme semble-t'il peu équilibrée, avec qui il s'initie aux relations sexuelles, semble trouver grâce à ses yeux. Hélas, elle disparaît brusquement, marquant la fin des espoirs de Marcus...

    Un roman que Philip Roth situe à une période cruciale de l'histoire des Etats Unis d'Amérique : la première année de la guerre de Corée. L'envie de transgresser tabous et frustrations sexuelles y est confrontée à la crainte d'être mobilisé pour partir au front.

    Centré sur son héros, et ses difficiles relations aux autres, Philip Roth nous fait partager une époque, celle où il était lui-même entre adolescent et jeune adulte.

    L'écriture est remarquable. Elle nous attache à une histoire finalement assez terne et sans relief, si ce n'est la chute, qu'on n'a pourtant jamais envie de quitter, qu'on lit vite. Elle efface la crédibilité incertaine du héros, pour laisser toute la place à la musique de la narration. Assurément une belle écriture !

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    Couverture du livre « Pourquoi écrire ? » de Philip Roth aux éditions Gallimard

    GeorgesSmiley sur Pourquoi écrire ? de Philip Roth

    Pourquoi lire Pourquoi Ecrire ? Pour quatre raisons principales.
    La première, pour prolonger encore un peu la fréquentation de ce grand écrivain et passer quelques heures en sa compagnie en balayant une œuvre de cinquante-sept ans dans une vie de quatre-vingt cinq, de 1933 (il rappelle que...
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    Pourquoi lire Pourquoi Ecrire ? Pour quatre raisons principales.
    La première, pour prolonger encore un peu la fréquentation de ce grand écrivain et passer quelques heures en sa compagnie en balayant une œuvre de cinquante-sept ans dans une vie de quatre-vingt cinq, de 1933 (il rappelle que c’est l’année de l’arrivée au pouvoir d’Hitler) à 2018.
    La seconde pour lire son admiration pour Kafka, l’influence de celui-ci sur son oeuvre et les commentaires tirés de ses cours et de son essai Regards sur Kafka.
    La troisième, pour l’écouter s’expliquer sur certains de ses livres les plus emblématiques, Portnoy et son Complexe, tout d’abord. Occasion, pour lui, de réfuter l’accusation d’avoir ainsi attisé l’antisémitisme. Ce reproche semble lui avoir été d’autant pénible qu’il l’estimait injuste et qu’il provenait, pour l’essentiel, de la communauté à laquelle il appartenait.
    Les lecteurs de Portnoy et son Complexe y glaneront de précieuses et enrichissantes précisions sur les intentions de l’auteur et la genèse du roman. Les lecteurs de Pastorale Américaine découvriront si oui ou non « le Suédois » a vraiment été inspiré par un de ses condisciples de Wheequahic, ceux de La Tache sauront qui a réellement inspiré le personnage principal et ceux du Complot contre l’Amérique saisiront le pourquoi du choix de Lindbergh pour cette uchronie. Quelques critiques et quelques articles de Wikipedia seront légèrement égratignés.
    La quatrième raison concerne les entretiens qu’il a eus dans la seconde moitié du vingtième siècle avec des écrivains du calibre de Primo Levi, Isaac B. Singer, Kundera, S. Bellow ou certains autres qui m’étaient inconnus comme Appelfeld, Klima, O’Brien ou Malamud et que ces entretiens donnent envie de découvrir.
    De Kundera, « Le romancier apprend au lecteur à appréhender le monde comme question. Il y a de la sagesse et de la tolérance dans cette attitude. Dans un monde construit sur des certitudes sacro-saintes, le roman est mort. Le monde totalitaire, qu’il ait pour base Marx ou l’islam, est un monde de réponses plutôt que de questions. Le roman n’y a pas sa place. En tout cas, il me semble qu’à travers le monde les gens préfèrent aujourd’hui juger plutôt que comprendre, répondre plutôt que demander, si bien que la voix du roman peine à se faire entendre dans le fracas imbécile des certitudes humaines. »
    De Klima, « A la question : « Pourquoi Kafka a-t-il été interdit par les régimes communistes ? » le héros de mon roman Amour et ordures répond en une phrase : « Le trait le plus saillant de la personnalité de Kafka, c’est son honnêteté. » Un régime fondé sur la tromperie, qui demande aux gens de faire semblant, qui exige leur aval de pure forme sans se soucier de leur intime conviction, un régime qui a peur de tous ceux qui s’interrogent sur le sens de son action, ne peut pas permettre à un auteur dont la véracité atteignait un absolu aussi fascinant, voire terrifiant, de s’adresser au peuple. »
    Ajoutons qu’au fil de cet ouvrage, on découvre aussi le regard qu’il porte sur son œuvre et son métier, la différence qu’il établit entre être politisé, ce qu’il était, et faire de la politique avec ses romans, ce qu’il n’a jamais voulu faire ; son souhait d’être considéré non pas comme un écrivain juif américain mais comme un écrivain américain et son regard acerbe sur la culture américaine et les lecteurs dont il déplore le nombre décroissant … « Je doute que la capacité d’appréciation de l’esthétique littéraire… ait beaucoup d’avenir dans ce pays. Dans deux décennies, le nombre de lecteurs amateurs capables de prendre plaisir à lire avec discernement des œuvres littéraires sera égal au nombre de ceux qui lisent aujourd’hui de la poésie écrite en latin. »… ainsi que de nombreuses anecdotes ou révélations comme celle concernant Eric Duncan, cet auteur qu’il a bien connu et dont la carrière ne fut pas ce qu’elle aurait pu être. On ressort de cette lecture avec l’impression de connaître un peu mieux Philip Roth et l’envie de lire ceux de ses romans qui nous sont encore étrangers. Même s’il la joue modeste en reprenant à son compte une des rares déclarations du modeste d’entre les modestes qu’était le champion de boxe Joe Louis « J’ai fait de mon mieux avec ce qui m’était donné », on referme ce dernier livre avec la pensée réconfortante qu’à travers ses quarante-quatre livres il a conquis une étincelle d’éternité.