Nina Bouraoui

Nina Bouraoui
Nina Bouraoui, née en 1967, est notamment l'auteur de La voyageuse interdite (prix du Livre Inter 1991), La vie heureuse, Mes mauvaises pensées (prix Renaudot 2005) et Nos baisers sont des adieux.

Articles en lien avec Nina Bouraoui (5)

Avis sur cet auteur (41)

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    Couverture du livre « Otages » de Nina Bouraoui aux éditions Lattes

    Anne Vacquant sur Otages de Nina Bouraoui

    Très court roman issu d’une pièce de théâtre. Un style tranchant au début qui se dilue un peu à la fin. Dommage. Des phrases courtes, comme des évidences, l’énonciation de vérités simples venant d’une femme simple qui finalement s’épanche tout en restant modeste. L’histoire banale d’une femme...
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    Très court roman issu d’une pièce de théâtre. Un style tranchant au début qui se dilue un peu à la fin. Dommage. Des phrases courtes, comme des évidences, l’énonciation de vérités simples venant d’une femme simple qui finalement s’épanche tout en restant modeste. L’histoire banale d’une femme dont les hommes ont détruit « le fil » (p 34), la dignité, le bonheur, à commencer par l’ami, puis son mari, puis son patron, enfin, les policiers.

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    Couverture du livre « Otages » de Nina Bouraoui aux éditions Lattes

    yves MONTMARTIN sur Otages de Nina Bouraoui

    Ce roman est porté par la voix d’une femme ou plutôt son cri. Elle s’appelle Sylvie, elle a cinquante-trois ans, deux enfants, elle est séparée de son mari depuis un an. Elle ne connaît pas la violence, la violence que l’on porte en soi et que l’on réplique sur les autres lui est étrangère. La...
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    Ce roman est porté par la voix d’une femme ou plutôt son cri. Elle s’appelle Sylvie, elle a cinquante-trois ans, deux enfants, elle est séparée de son mari depuis un an. Elle ne connaît pas la violence, la violence que l’on porte en soi et que l’on réplique sur les autres lui est étrangère. La violence va arriver en elle après le départ se son mari, elle porte un nom, le silence. Elle a toujours aimé le travail, l’effort, la rigueur et la ponctualité. Ce dont se félicite Victor Andrieu son patron. Un matin elle glisse un couteau dans son sac et tout va basculer.
    L’histoire banale d’une femme ordinaire, l’habitude qui s’installe dans un couple, un mur qui se construit peu à peu jusqu’à ne plus se voir. Le mari qui s’en va.

    « Ce sont les hommes qui partent, rarement les femmes, à cause des enfants sans doute, de ce fameux cordon que l’on n’aura jamais le courage de couper. Les hommes sont plus libres, dès le début. Ils n’ont pas cette histoire de chair qui les lie à tout jamais à leur progéniture. C’est cela qui fait la différence entre nous. »

    Devenue une femme seule elle n’a plus beaucoup d’amis.

    « Une femme seule est une menace pour les autres femmes. C’est la loi du troupeau. La brebis égarée on ne va pas la chercher, on l’abandonne. Finies les petites balades du dimanche. Finies les confidences aussi. »
    J’ai été un peu dérouté par ce récit, comme si je ne voyais pas où Nina Bouraoui voulait amener ses lecteurs. Et puis soudain, l’adolescence qui refait surface et tout s’éclaire.

    Un roman sur la condition des femmes dans notre société, sur leur grande vulnérabilité face aux hommes, sur la violence subie et qu’on essaye d’oublier sans y parvenir et qui emporte tout avec elle.
    « Je parle de la grande peur, celle qui ne nous quitte pas, nous les femmes, dès l’enfance : la peur du viol. La peur de cette salissure-là. Elle est dans notre histoire de femmes. Elle nous relie les unes aux autres, quel que soit le pays, le milieu social. Les femmes sont sœurs dans la peur du viol. »

    Résumer ce livre à un manifeste féministe serait, à mon avis une erreur, car dans tout extrémisme il y a de l’exagération et une fois ce roman refermé, je n’ai ressenti que l’expression réaliste, à travers l’histoire de Sylvie qui un matin décide de ne plus se taire, de la place faite encore aujourd’hui aux femmes dans notre société, malheureusement.

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    Couverture du livre « Otages » de Nina Bouraoui aux éditions Lattes

    Les livres de K79 sur Otages de Nina Bouraoui

    Au fond de mon fauteuil, assis confortablement, bien au chaud, je me délectais de commencer le nouveau Nina Bouraoui. En effet, retrouver sa plume délicate, un dimanche après-midi, est un plaisir des plus réconfortants. Non pas que ces romans soient à l’eau de rose ou faits de bons sentiments...
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    Au fond de mon fauteuil, assis confortablement, bien au chaud, je me délectais de commencer le nouveau Nina Bouraoui. En effet, retrouver sa plume délicate, un dimanche après-midi, est un plaisir des plus réconfortants. Non pas que ces romans soient à l’eau de rose ou faits de bons sentiments mais cette auteure a le don de traiter des thèmes difficiles avec humanité et douceur. Elle crée du plaisir de lecture en passant des messages forts et c’est toujours agréable.

    Dans ce court roman, elle nous emmène dans les pas de Sylvie, femme sans histoires, dont le destin bascule le jour où elle décide de ne plus subir. Elle sort complétement de son quotidien banal, pour mettre fin à une spirale destructrice. Le livre traite donc des différentes violences que subissent les femmes et de la situation d’infériorité dans laquelle elles se retrouvent assez souvent, dans leurs relations aux hommes. La société, les mœurs, les mentalités, tout tend à mettre la gente féminine sous l’emprise du sexe opposé.

    Grâce à cette histoire intime, on explore aussi l’impact du passé sur la vie des gens. Tout élément traumatique de notre jeunesse peut devenir un acteur important de notre vie d’adulte. Alors que la mémoire s’étiole avec le temps, le corps, lui, ne semble pas pouvoir véritablement oublier. Et il suffit alors d’une étincelle, pour rallumer le feu qui sommeillait en nous.

    L’écriture de Nina Bouraoui est toujours aussi belle et lui permet d’être incisive sans être jamais hystérique. Elle utilise cette poigne de fer dans un gant de velours pour marquer les esprits. L’exagération ne sert pas forcément le propos et elle l’a très bien compris. Elle continue son exploration de l’âme humaine face aux obstacles qui façonnent son identité. Encore un beau roman de cette auteure qui ravit à chaque fois mes yeux, avec son talent d’écrivaine, engagée mais bienveillante !

    http://leslivresdek79.com/2020/02/11/525-nina-bouraoui-otages/

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    Couverture du livre « Otages » de Nina Bouraoui aux éditions Lattes

    Claudia Charrier sur Otages de Nina Bouraoui

    Un roman social qui emmène le lecteur au cœur de la souffrance des femmes.

    De tous les temps, la vulnérabilité et la fragilité des femmes en font des proies.

    Hier ou aujourd'hui, ce sont toujours les mêmes peurs et les mêmes souffrances, les mêmes avilissements qu'elles subissent maintes...
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    Un roman social qui emmène le lecteur au cœur de la souffrance des femmes.

    De tous les temps, la vulnérabilité et la fragilité des femmes en font des proies.

    Hier ou aujourd'hui, ce sont toujours les mêmes peurs et les mêmes souffrances, les mêmes avilissements qu'elles subissent maintes fois.

    Nina Bouraoui nous dresse magistralement le portrait d'une femme de
    53 ans, qui un jour, va dire STOP à toutes ces violences accumulées.


    Syvie Meyer est comme une bombe à retardement !
    L'accumulation d'humiliations va déclencher chez elle, une révolte sourde mais absolue.

    Le prix à payer pour enfin se sentir libre et vivante.


    Dans Otages, c'est précisément l'histoire d'une femme soumise qui "pète les plombs" !
    Cette fameuse expression que l'on entend de plus en plus autour de nous...


    Sujet universel sur les femmes d'aujourd'hui qui doivent faire preuve d'une endurance à toutes épreuves et d'une posture irréprochable.

    Seulement, lorsque les douleurs, les souffrances, les humiliations s'accumulent, le passage à l'acte d'un geste malheureux se produit alors.

    L'auteure nous raconte un monologue tragique d'une femme qui nous montre combien il est difficile de "tenir debout", quand les épreuves de la vie ne l'ont jamais épargnée et dont elle n'a eu droit qu'à un bonheur médiocre !


    Un roman court, déstabilisant et terriblement humain.

    D'une réalité effroyable, une lecture marquante qui questionne véritablement sur notre société.
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2020/02/otages.html