Margaret Atwood

Margaret Atwood

Née à Ottawa dans l'Ontario en 1939 d'un père zoologue et d'une mère nutritionniste, Margaret Atwood est une romancière, poète, essayiste et critique littéraire canadienne. Elle vit aujourd'hui à Toronto au Canada. Elle est l'auteur de trente-sept livres traduits en plus de cinquante langues, don...

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Née à Ottawa dans l'Ontario en 1939 d'un père zoologue et d'une mère nutritionniste, Margaret Atwood est une romancière, poète, essayiste et critique littéraire canadienne. Elle vit aujourd'hui à Toronto au Canada. Elle est l'auteur de trente-sept livres traduits en plus de cinquante langues, dont Captive (1998), Oeil-de-chat (1991) ou Le Tueur aveugle (2002, Booker Prize 2000). Elle doit notamment son succès planétaire à des ouvrages de science-fiction et de fantastique, mais son œuvre inclut également des recueils de nouvelles, de poèmes et des essais.

Son roman dystopique La Servante écarlate (1987, vainqueur prix Arthur C. Clarke), dont le titre original est The Handmaid's Tale, est adapté sous forme de série TV en 2017. Il avait déjà été transposé au cinéma en 1990 par le réalisateur Volker Schlöndorff sur un scénario de Harold Pinter.

Récemment, Margaret Atwood a également publié MaddAddam (2014) qui conclut la trilogie entamée avec Le Dernier Homme (2005) et poursuivie avec Le Temps du déluge (2012).

Articles en lien avec Margaret Atwood(4)

Avis sur cet auteur (100)

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    Couverture du livre « Les testaments » de Margaret Atwood aux éditions Robert Laffont

    Eireval sur Les testaments de Margaret Atwood

    Une suite et à la fois un roman singulier.
    Les testaments sont en effet un roman à part entière. À portée de tout lecteur, qu’il ait lu ou non La Servante écarlate, qu’il ait vu ou non une ou deux ou trois et bientôt quatre saisons de l’adaptation télévisée. Les Testaments est avant tout un...
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    Une suite et à la fois un roman singulier.
    Les testaments sont en effet un roman à part entière. À portée de tout lecteur, qu’il ait lu ou non La Servante écarlate, qu’il ait vu ou non une ou deux ou trois et bientôt quatre saisons de l’adaptation télévisée. Les Testaments est avant tout un roman qui, avec la même acuité que son immense prédécesseur, sait nous parler de notre monde, de ces sociétés qui irrésistiblement semblent vouées, époque après époque, passée, présente, (future ?) à reproduire les mêmes erreurs et mêmes aberrations, un roman qui sait nous alerter sur et nous avertir du sort que la femme s’est vu, se voit si souvent réserver. #METOO, Matzneff, Weinstein, le sort que les religions réservent aux femmes au fil des millénaires, siècles, décennies, ne sont que de pâles illustrations des travers de cette humanité sur laquelle Margaret Atwood porte une fois encore un regard lucide, dénonçant toujours la condition de son sexe et donnant à ce nouvel opus la puissance d’un lauréat du Booker Prize.
    La construction à trois voix, à trois voies, offre à l’intrigue une richesse supplémentaire et permet d’accéder mieux que dans La Servante Ecarlate à la complexité des différentes couches de ce monde que l’on voudrait bien pouvoir se rassurer en ne le qualifiant que de dystopie, mais dans lequel on doit se résoudre pourtant à ne voir que d’horribles touches de réalisme.

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    Couverture du livre « Les testaments » de Margaret Atwood aux éditions Robert Laffont

    Lisa_D sur Les testaments de Margaret Atwood

    35 ans après la Servante Écarlate, Margaret Atwood nous livre une suite qui n’en est pas vraiment une.
    L’action se déroule quinze ans après les faits de la Servante Écarlate. Retour dans la république de Galaad ( nouvelle traduction discutable de Gilead), théocratie plus que jamais corrompue...
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    35 ans après la Servante Écarlate, Margaret Atwood nous livre une suite qui n’en est pas vraiment une.
    L’action se déroule quinze ans après les faits de la Servante Écarlate. Retour dans la république de Galaad ( nouvelle traduction discutable de Gilead), théocratie plus que jamais corrompue dont l’un des membres fondateurs est bien décidé à en précipiter la fin en plaçant ses pions : deux jeunes filles à première vue très différentes. L’une est la fille d’un commandant de haut rang et l’autre vit au Canada sous la protection de Mayday, le mouvement de la Résistance.

    La Servante Écarlate est devenue un classique contemporain, redécouvert à l’occasion de son adaptation en série TV. Les Testaments s’inscrit davantage dans l’atmosphère de la série que dans l’esprit du chef d’œuvre originel. Pour ma part il m’a manqué la profondeur et la finesse psychologique de la Servante Écarlate.
    Je pense qu’on peut lire Testaments sans avoir lu La Servante Écarlate et qu’il pourra plaire à ceux qui avaient été rebutés par le style et le rythme « lent » de ce dernier. Margaret Atwood adopte un style moins travaillé dans les Testaments. Pour plaire davantage aux Millennials (génération Y) ?

    En résumé, les deux livres sont très différents l’un de l’autre. L’un est un classique à conserver dans sa bibliothèque, l’autre un sympathique divertissement.

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    Couverture du livre « La servante écarlate » de Margaret Atwood aux éditions Robert Laffont

    Aliénorane sur La servante écarlate de Margaret Atwood

    Cette dystopie est puissante, dense, angoissante, absolument dérangeante !
    Et comme le déclare M. Atwood, rien de ce qu'elle a écrit qui n'ait été déjà fait, quelque part, à un moment donné de l'histoire, dans un pays ou un autre...

    Cette dystopie est puissante, dense, angoissante, absolument dérangeante !
    Et comme le déclare M. Atwood, rien de ce qu'elle a écrit qui n'ait été déjà fait, quelque part, à un moment donné de l'histoire, dans un pays ou un autre...

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    Couverture du livre « Les testaments » de Margaret Atwood aux éditions Robert Laffont

    Marie Kirzy sur Les testaments de Margaret Atwood

    D'une exceptionnelle puissance, La Servante écarlate est un des romans les plus géniaux que j'ai lus. Amen. Une fois ce constat fait, je n'avais bizarrement aucune attente surdimensionnée avant d'aborder sa suite, 35 ans après ... tout simplement parce que cela me semblait impossible de réitérer...
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    D'une exceptionnelle puissance, La Servante écarlate est un des romans les plus géniaux que j'ai lus. Amen. Une fois ce constat fait, je n'avais bizarrement aucune attente surdimensionnée avant d'aborder sa suite, 35 ans après ... tout simplement parce que cela me semblait impossible de réitérer un telle déflagration , quel que soit l'immense talent de la grande Margaret Atwood, d'autant plus après les images indélébiles créées par l'excellentissime série télé. Soyons clair, Les Testaments n'ont pas l'envergure de la Servante écarlate mais ce fut un grand bonheur de lecture.

    Nous sommes 15 ans après le premier volet. C'est avec beaucoup d'habileté et de savoir-faire narratif que Margaret Atwood a évacué les dangers inhérents à une suite. Elle a intelligemment décidé de se passer de June / Offred ( qui fera juste une apparition sur la fin ) pour exploser son récit en trois témoignages narrant les derniers moments de la terrible théocratie totalitaire de Gilead désormais traduit par Galaad ( pas fan de ce changement onomastique, je n'y vois aucune réelle pertinence ), juste avant sa chute.

    Finie l'étude psychologique , fini le regard claustrophobe d'une femme séquestrée, violentée qui rêve de liberté. Place à une brillante étude sociologique du monde dystopique créé par Atwood à travers les regards panoramiques de ces trois femmes : Tante Lydia, une jeune fille des hautes sphères de Gilead / Galaad sur le point d'être mariée et une jeune fille vivant au Canada, dont , forcément, les parcours vont finir par se croiser jusqu'à ce que tout soit éclairé sur les liens qui les unissent.

    Les chapitres les plus passionnants sont clairement ceux dédiés à la fascinante Tante Lydia, personnage emblématique de la Servante écarlate, dont on découvre le parcours et comment cette juge aux affaires familiales de 53 ans a accepté de collaborer avec les instances dirigeantes de Gilead / Galaad, jusqu'à instiguer la chute du régime. le personnage du premier volet était monochromement méchant, il dresse avec mille nuances de gris le portrait d'une femme puissante. Tante Lydia interpelle un hypothétique lecteur et le pousse à réfléchir sur ses propres choix, si lui aussi avait été confronté à cette collaboration infâme. Passionnant.

    Les pages se tournent toutes seules, avec avidité, même si les derniers chapitres, purement dans l'action pour parvenir à un dénouement clair, m'ont nettement moins intéressé, je les ai presque survolés car le principal n'était pas là mais dans la description de la décadence de Gilead / Galaad qui derrière ses apparences vertueuses et puritaines cachent les pires turpitudes. On retrouve des pages terrifiantes, à vous glacer le sang, sur la pédocriminalité instituée, notamment au travers du personnage de Jemina Agnès, même pas 13 ans, qui doit épouser le commandant Judd, la cinquantaine.

    « Le Commandant s'est avancé, a organisé son visage autour d'un sourire flasque et collé sans bouche sur mon front en un chaste baiser. Ses lèvres étaient désagréablement chaudes et elles ont produit un bruit de succion en se retirant. J'ai visualisé sa bouche en train d'aspirer un petit bout de mon cerveau à travers la peau de mon front. Mille baisers plus tard, il ne me resterait plus rien dans le crâne.
    Je sentais son haleine, où s'emmêlaient des relents d'alcool, de bain de bouche à la menthe pareil à celui de chez le dentiste et de caries. M'est venue alors sans que je l'aie voulu l'image de la nuit de noces : une énorme masse informe blanc opaque avançant sur moi à travers la pénombre d'une chambre inconnue. Elle avait une tête mais pas de visage : juste un orifice rappelant la bouche d'une sangsue. de quelque part à côté de son nombril un troisième tentacule s'agitait en tous sens. Elle est arrivée devant le lit où j'étais allongée, paralysée d'horreur, et nue. Et ensuite ? J'ai fermé les yeux pour repousser cette scène intime, puis je les ai rouverts. »

    Si on retrouve donc ces passages effrayants à forte puissance d'évocation, Les Testaments sont comme un antidote à La Servante écarlate : le premier était profondément pessimiste, terriblement sombre, là où le second voit des lueurs d'espoirs s'allumer jusqu'à la couverture qui perd l'écarlate pour se nimber de vert. La force du premier résidait dans des ambiguïtés ambitieuses, dans son refus farouche d'élucider au point de laisser June / Offred à la toute fin sans connaître son sort à venir. Dans Les Testaments, les contours ne sont plus flous, tout est expliqué, ce qui fait peut-être au récit son élasticité et son mystère, tout en suscitant moins d'émotions pour le lecteur qui sait dès le départ que ce cauchemar a pris fin.