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Marc Villemain

Marc Villemain
Marc Villemain est un écrivain français. Il est également éditeur aux éditions du Sonneur. Il est l'auteur de : - Monsieur Lévy, Plon, 2003 - Et je dirai au monde toute la haine qu'il m'inspire, Maren Sell Editeurs, 2006 - Et que morts s'ensuivent, Le Seuil, 2009 - Le Pourceau, le Diable ... Voir plus
Marc Villemain est un écrivain français. Il est également éditeur aux éditions du Sonneur. Il est l'auteur de : - Monsieur Lévy, Plon, 2003 - Et je dirai au monde toute la haine qu'il m'inspire, Maren Sell Editeurs, 2006 - Et que morts s'ensuivent, Le Seuil, 2009 - Le Pourceau, le Diable et la Putain, Quidam, 2011 - Ils marchent le regard fier, Les Éditions du Sonneur, 2013 Après avoir lancé Les 7 Mains, il a lancé en janvier 2011, avec Éric Bonnargent, le blog littéraire L'Anagnoste...

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « Ceci est ma chair » de Marc Villemain aux éditions Les Peregrines

    Elobooks sur Ceci est ma chair de Marc Villemain

    Doigts caramélisés, orteils cannellisés, testicules meringués, mousse de fœtus, sans oublier la fameuse cervelle du sage... tels sont les mets préparés à base de chair humaine dont se délectent les habitants du duché de Michao, qui se rassemblent régulièrement lors de festins...
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    Doigts caramélisés, orteils cannellisés, testicules meringués, mousse de fœtus, sans oublier la fameuse cervelle du sage... tels sont les mets préparés à base de chair humaine dont se délectent les habitants du duché de Michao, qui se rassemblent régulièrement lors de festins gargantuesques !

    Leurs ancêtres, qui ont fondé 150 ans auparavant une communauté baptisée « les Restaurés », ont réalisé la « révolution cannibale », partant du principe que le cannibalisme était la solution idéale et moderne pour réguler la population humaine et préserver les ressources naturelles de la Terre.
    Dans cette communauté, être mangé par ses pairs constitue un honneur : « Le cannibalisme est l'apogée de l'humanisme, le stade avancé d'une civilisation qui, pour la première fois dans l'Histoire, offre à ses membres une sépulture digne de ce nom et ne les livre pas sans honte aux lombrics et à la putréfaction. »
    Mais les attentats perpétrés par la mouvance anti-cannibalisme menacent l'équilibre de cette civilisation...

    Dans ce livre au thème très particulier, l'auteur suscite une réflexion intéressante et manie savamment l'humour et l'absurde dans une écriture assez improbable et loufoque. Ce style « astérico-rabelaisien », pour reprendre les termes de la quatrième de couverture, permet de se détacher en partie de certaines scènes plutôt écœurantes et dérangeantes, mais nécessite un temps d'adaptation et rend la lecture assez difficile au début.

    Ce roman est très original, certainement un peu trop pour moi, et même si j'apprécie être surprise dans mes lectures et sortir parfois de ma zone de confort, je n'ai pas vraiment accroché. Sans doute car le sujet en lui-même me rebute trop, et car les personnages, grotesques voire parfois vulgaires et bestiaux (bien que l'auteur ait volontairement forcé le trait) m'ont souvent inspiré du dégoût et de l'agacement.

    Les explorateurs de la rentrée littéraire 2021

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    Couverture du livre « Ceci est ma chair » de Marc Villemain aux éditions Les Peregrines

    Raphaël Trujillo sur Ceci est ma chair de Marc Villemain

    Avis de la page 100 - Les Explorateurs de la Rentrée littéraire 2021

    En couverture, le squelette d'un tronc humain. En quatrième de couverture, l'annonce d'un livre sur le cannibalisme érigé en mode de vie. Dans la dit-cité de Marlevache, dans le dit-duché de la Grande Lumière, dans le duché...
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    Avis de la page 100 - Les Explorateurs de la Rentrée littéraire 2021

    En couverture, le squelette d'un tronc humain. En quatrième de couverture, l'annonce d'un livre sur le cannibalisme érigé en mode de vie. Dans la dit-cité de Marlevache, dans le dit-duché de la Grande Lumière, dans le duché de Michão, on s'amuse comme des petits fous. Avec un style volontairement ampoulé, très contrasté, allant de la préciosité à la vulgarité, en passant par le calembours et la blague érudite, je découvre une œuvre à cheval entre le roman et la pièce de théâtre (des didascalies précèdent certains dialogues, le nom des personnages apparaît avant qu'ils ne s'expriment ; mais le narrateur est à la troisième personne, les tableaux cinq à dix sont purement descriptifs), entre Sade et Rabelais. Une œuvre étonnante donc, qui après dix tableaux sur les vingt huit que compte l'ouvrage, donne envie de s'y attabler pour reprendre une petite portion de "rondelles de foie dans leur jus naturel".

    Critique

    Bon… Qu’est-ce que je viens de lire… Pour éclairer ma lanterne, laissez-moi prendre mon dictionnaire poussiéreux qui traîne dans un coin obscur de la pièce.
    Dystopie : “Récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre”. Non, ce n’est pas une dystopie, c’est beaucoup trop fringant.
    Uchronie : “Récit d'évènements fictifs à partir d'un point de départ historique”. Ce n’est pas une uchronie non plus, l’événement donné comme point de départ, “La Troisième Restauration” (p.30) est lui aussi fictif.
    Utopie : “1. Description d’une société idéale. 2. Genre littéraire s'apparentant au récit de voyage mais ayant pour cadre des sociétés imaginaires”. Ah bah, c’est totalement une utopie en fait.

    Oui, je n’ai pas rêvé, je viens de lire une utopie sur une société cannibale. Certes, l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard cannibale (un cadre simple, un événement perturbateur, une enquête, sa résolution, une fin en apothéose qui n’est pas sans rappeler “Le Parfum” de Patrick Süskind). Mais si c’est un simple fond de sauce, c’est un fond de sauce d’être humain.

    A ma grande surprise, Marc Villemain fait cela avec beaucoup de bon goût (sans mauvais jeu de mot). D’abord, il emploie une langue précieuse à l’extrême, d’un premier abord difficile mais qui, passée la page 100 et les très beaux chapitres “Silence” I à VI, emporte notre adhésion. A mes yeux, un quasi sans-faute stylistique, qui donne de la chair à l'œuvre, la charpente et lui donne du corps. Je pense notamment aux tableaux 14 et 16, qui nous font quitter le ton jusqu’ici ironique de l'œuvre pour s’épanouir dans de belles descriptions poétiques. Seul petit bémol sur l’usage des “dit” devant certains mots (“Bon dit-Dieu” (p.105), “dit-citoyens” (p.105), “dit-familles” (p.109)), qui bien que justifiée comme étant une pratique culturelle de la société Marlevachienne, finit par être un peu usant à la longue. “Mais précisément, ce ne sont que des maladresses, autrement dit l’expression confuse d’une pensée pas forcément mal intentionnée" (p.144).

    Il fait de nombreux calembours et jeux de mots qui font mouche “ledit accroissement démographique conduit à une impitoyable érosion des pâturages, seconde mamelle des hommes (c’est une image, ne prenez pas ça au pis de la lettre)” (p.120). Il s’amuse constamment avec la langue et avec les références culturelles, que ce soit en parodiant les paroles de certaines chansons ou de poèmes “Songe à la douceur d’aller là-bas forniquer ensemble, lui avait-il dit en substance, et c’est de bon coeur qu’elle avait agréé son invitation au voyage” (p.59). Certaines références me sont même restées obscures, ce qui ajoute au plaisir de la lecture le plaisir de la recherche. Il use aussi très souvent d’un ton parodique qui vient adoucir l’aspect sadien de l’ouvrage et lui apportant un peu de légèreté. Par exemple, en proposant des alternatives à l’EHESS qui devient “l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences de la Subsistance” (p.106) ou à la DRAC (normalement “Direction Régionale des Affaires culturelles”, dans l’ouvrage “Direction Régalienne des Arts Cannibales” (p.107)).

    Ensuite, il nous propose une oeuvre hybride, à cheval entre le roman et la pièce de théâtre, sans jamais tomber dans le vil vaudeville, et qui étonnamment fonctionne très bien. Un extrait illustratif de didascalie rigolote : “Loïc d’Iphigénie, rictus d’écrivain romantique après deux strophes d’inspiration mallarméenne”. A posteriori, je me suis même dit que l’ouvrage ferait une excellente pièce de théâtre parisienne ;

    Enfin, son œuvre prend à bras le corps la question de la surpopulation humaine, du système industriel de consommation de la viande. Arrivé à la cent-cinquantième page, je me suis même questionné sur la pertinence de cette société, qui retrouve une forme de spiritualité, qui retrouve un rapport fusionnel au corps humain, placé au centre de toutes les attentions.

    Vous aimerez ce livre si vous aimez : les parties fines de Sade dans “La Philosophie dans le Boudoir”; les ripailles rabelaisiennes ; Assurancetourix ; les noms de personnages improbables et à rallonge (Ségolène de l’Abdel de la Jacquette) ; sortir de votre zone de confort.
    Vous n’aimerez pas ce livre si vous n’aimez pas : les descriptions un peu crues ; l’idée d’une utopie cannibale ; avoir le cœur un peu retourné ; les références littéraires un peu pointues ; les parodies musicales de mauvais goût.

    Une œuvre guillerette et déroutante, qui rejoint immédiatement mon top des meilleurs livres qui parle de nourriture, aux côtés du Maître des Chrecques de Walter Moers et de Gargantua de Rabelais.

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    Couverture du livre « Ceci est ma chair » de Marc Villemain aux éditions Les Peregrines

    augustin sur Ceci est ma chair de Marc Villemain

    Les explorateurs de la rentrée 2021




    Gauloiserie un peu (trop ?) trash qui nous fait réfléchir sur notre propre société, ses excès et ses absurdités.


    En 2100, 16 milliards d’humains peuplent la Terre. La famine et la misère sévissent en tout lieu. En réaction à l’inaction...
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    Les explorateurs de la rentrée 2021




    Gauloiserie un peu (trop ?) trash qui nous fait réfléchir sur notre propre société, ses excès et ses absurdités.


    En 2100, 16 milliards d’humains peuplent la Terre. La famine et la misère sévissent en tout lieu. En réaction à l’inaction générale, une communauté fait sa « Révolution », et instaure le cannibalisme comme solution sur un petit territoire « d’irréductibles carnivores ».


    Les problématiques abordées en creux dans ce récit sont très contemporaines et éminemment pertinentes : Surexploitation de la planète par les humains, surconsommation en tout genre et particulièrement de viande animale, inégalités endémiques, appétit insatiable des humains et bien sûr le prétendu volontarisme actuel.


    L’angle sous lequel elles sont abordées est pour le moins déroutant et dérangeant mais force à la réflexion. Les arguments avancés pour justifier ce cannibalisme s’entendent : civisme (très poussé certes puisque il s’agit du sacrifice de sa personne), antispécisme (pourquoi consommer de la viande humaine serait plus répréhensible que consommer de la viande animale ?), hygiéniste (la chair humaine est d’excellente qualité nutritive).


    L’écriture de Marc Villemain est un pastiche détonant de Rabelais, Desproges, Devos, Audiard parfois. On peut se demander pourquoi il utilise une telle langue : pour mieux faire passer l’absurdité du système en place ? Pour montrer le contraste entre ce langage daté et la soi-disant modernité du projet ?


    L’égalité et la démocratie s’arrêtent où commencent les privilèges des dirigeants et des « mâles », de ce côté-là, la civilisation cannibale n’apporte rien de novateur. La foi est également un des piliers de cette société, et justifie l’injustifiable par une relecture très libre des Evangiles ou de Saint Augustin. Cette croyance doit être sans faille et est également particulièrement intolérante : […personne n’a le droit de tergiverser avec ces saloperies d’enfoirés de barbares dégénérés bouffeurs d’animaux…]


    Cette civilisation se croit bien entendu détentrice de la vérité et semble totalement fermée au dialogue. Cette peuplade d’irréductibles cannibales est affublée de tous les clichés « gaulois » : amour immodéré de l’alcool , lubricité, rapport aux femmes, bonne bouffe, impossibilité de s’extraire de leur état carnassier.


    Il m’est arrivé à plusieurs occasions d’avoir la nausée, pas seulement métaphoriquement mais physiquement, et je me demande si ce n’était pas l’effet attendu. Est-ce qu’il n’est pas également écoeurant de voir les humains se gaver de viande animale et d’autres nourritures jusqu’à s’en rendre malades et par la même occasion détruire la Terre petit à petit ? Et que dire du fait qu’il est aussi difficile de changer de modèle de société (en Occident pour le moins) même si on sait bien qu’il conduit à notre perte?

    A moins que ce livre soit une satire des bons sentiments, des bien-pensants, d’une certaine forme un peu extrême de la protection animale et de la planète ?

    Je m’interroge toujours sur la forme de ce livre. Je n’ai vraiment pas accroché à cette langue simili-rabelaisienne et certains jeux de mots m’ont semblé plus ridicules que comiques.

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    Couverture du livre « Mado » de Marc Villemain aux éditions Joelle Losfeld

    Nicolemotspourmots sur Mado de Marc Villemain

    "J'ai la nostalgie de notre animalité. Du temps où nous pouvions griffer, mordre, ronger, dépecer. Où nous pouvions, savions nous défendre. Quitte à en mourir. Où nous n'avions pas besoin d'expliquer, de justifier, de convaincre. Où les règles étaient claires et où celui qui trahissait acceptait...
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    "J'ai la nostalgie de notre animalité. Du temps où nous pouvions griffer, mordre, ronger, dépecer. Où nous pouvions, savions nous défendre. Quitte à en mourir. Où nous n'avions pas besoin d'expliquer, de justifier, de convaincre. Où les règles étaient claires et où celui qui trahissait acceptait la mort".

    C'est l'histoire d'une passion, d'un amour incandescent qui naît sur un terrain encore vierge et consume les dernières traces d'innocence de l'enfance. Une histoire de peaux, de soleil, de sel et d'embruns. De plaisir mêlé de souffrance. De sentiments bruts, violents, primaires, comme ils peuvent l'être à quinze ans. C'est l'histoire d'une passion qui, quinze ans plus tard continue à hanter Virginie. Ses souvenirs se font encore plus pressants lorsque se profile l'anniversaire de sa fille, Emilie. Neuf ans. C'est l'âge qu'avait Virginie lorsque Mado a commencé à prendre possession de ses pensées. Mado, lumineuse, radieuse, aventureuse, provocante. Tout le contraire de la timide et peureuse Virginie. Un jeu qui tourne mal, des échanges de regards, une amitié de plus en plus tactile et sensuelle. Les deux jeunes filles grandissent, leurs sens s'éveillent, l'amitié se transforme en passion amoureuse. Un apprentissage douloureux, forcément.

    "On devrait tous mourir à quinze ans. Cela accroitrait considérablement nos chances d'être heureux à vie et diminuerait d'autant notre propension à tout foutre en l'air".

    Quel pari fou que celui de Marc Villemain ! Se glisser dans la peau d'une adolescente et la faire vivre avec autant de puissance, ce n'était pas gagné d'avance. Ce texte brûle. Il irradie d'une sensualité lumineuse. Le lecteur est transporté dans ce décor de bord de mer où vivent les protagonistes de cette histoire ; une nature omniprésente, dont on respire les parfums, dont on goûte les arômes, dont on ressent la puissance des courants marins. Tous les sens sont sollicités dans une succession d'éblouissements tantôt visuels, tantôt charnels. Mais sa force ultime c'est de parvenir à saisir cet état très particulier des moments d'éveil qui président à l'apprentissage et, se succédant, conduisent à l'âge adulte. Comme il est facile de se perdre, de se méprendre, de faire mal. Les sentiments sont alors comme des cordes tendues à l'extrême, qu'un geste trop violent peut briser d'un coup. C'est tout cela que parvient à nous faire ressentir l'auteur. Ces instants qui sont joie et souffrance mêlées. Et qui vous marquent à jamais.

    J'avais déjà goûté à l'écriture de Marc Villemain avec son précédent recueil de nouvelles "Il y avait des rivières infranchissables" et ce roman en est en quelque sorte le prolongement, dans le temps et l'espace, et bien sûr dans l'exploration du sentiment amoureux. Il y gagne en force, en percussion, en profondeur, en complexité. Roman d'amour, roman d'apprentissage mais aussi récit d'une libération et d'un possible pardon. Roman qui réveille en chacun de nous le ou la "Mado" enfoui dans les tréfonds de sa mémoire, de son cœur ou de ses sens. Puissant, vous dis-je.