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Jim Thompson

Jim Thompson
Jim Thompson est né le 27 septembre 1906 à Anadarko, Oklahoma et mort le 7 avril 1977 à Los Angeles, Californie.  Il a écrit plus de trente romans, la plupart entre la fin des années 1940 et la moitié des années 1950, sa période faste. Peu reconnu pendant sa vie, la notoriété de Thompson s'est ... Voir plus
Jim Thompson est né le 27 septembre 1906 à Anadarko, Oklahoma et mort le 7 avril 1977 à Los Angeles, Californie.  Il a écrit plus de trente romans, la plupart entre la fin des années 1940 et la moitié des années 1950, sa période faste. Peu reconnu pendant sa vie, la notoriété de Thompson s'est accrue dans les années 1980 avec la réédition de ses livres et l'adaptation de certains au cinéma. Sa propre vie est presque aussi colorée que ses oeuvres de fiction. Beaucoup de ses romans sont en partie autobiographiques. Le père de Jim Thompson était un sheriff en Oklahoma. La famille émigra ensuite au Texas où Jim se mit à écrire et à publier des nouvelles dès son adolescence. Il travailla comme groom dans un hôtel de Fort Worth pendant la prohibition et fournissait aux clients de l'hôtel de l'alcool et même de l'héroïne ou de la marijuana. Il travaillait à l'hôtel la nuit et continuait à aller à l'école le jour. Pendant plusieurs années, Thompson écrit pour de nombreux magazines à scandales, racontant les affaires criminelles à la première personne. Il rejoint le Parti Communiste en 1935 et le quitte dès 1938. En 1942 paraît son premier roman Ici et Maintenant, un récit semi autobiographique inspiré par sa courte période passée dans une usine d'aviation dans les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale. En 1955 il est appelé par James Harris et Stanley Kubrick pour écrire le scénario de The Killing (L'Ultime Razzia), tiré d'un court roman de Lionel White. Kubrick s'attribuera l'écriture du scénario ne laissant à Thompson que les « dialogues additionnels ». Cette polémique autour du « crédit » se règlera à l'amiable avec l'assurance pour Thompson d'être le scénariste du prochain film de Kubrick, Paths of Glory (Les sentiers de la gloire). C'est aussi ce projet qui l'incitera à déménager à Hollywood. Il restera en Californie et mourra à l'âge de 71 ans après une série d'attaques cardiaques, sa santé fragile étant aggravée par son alcoolisme chronique.

Avis sur cet auteur (9)

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    Couverture du livre « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson aux éditions Rivages

    Kateginger63 sur Pottsville, 1280 habitants de Jim Thompson

    Tromperies et tracasseries dans un bled bien tranquille
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    Un livre acquis depuis un assez bon bout de temps. D'ailleurs je le possède également par sa version antérieure, nommée 1275 âmes.
    La nouvelle version (celle-ci) a été retraduite au plus près des mots, de la conjugaison, du style bien...
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    Tromperies et tracasseries dans un bled bien tranquille
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    Un livre acquis depuis un assez bon bout de temps. D'ailleurs je le possède également par sa version antérieure, nommée 1275 âmes.
    La nouvelle version (celle-ci) a été retraduite au plus près des mots, de la conjugaison, du style bien particulier de Jim Thompson. J'ai comparé plusieurs chapitres et je préfère de loin celle-ci. Avez-vous remarqué que le chiffre du nombre d'habitants diffère de 5 personnes. Vous allez comprendre cette différence à la fin de mon résumé, hé!hé!
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    Nous avons ici un anti-héros tellement loin de l'image du shérif débonnaire des petites bourgades poussiéreuses des USA.
    Nick Corey est tellement futé qu'il pourrait concurrencer Columbo. A l'exception près qu'il est fainéant, retors, et menteur.
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    Focus sur une période troublée dans les années 20, où la ségrégation raciale bat son plein. Dans la bourgade tranquille il passe son temps à monter des machinations, à faire le ménage autour de lui. Egalement à trousser des jeunes dames. Les élections approchent, Nick va tout faire pour les gagner. Quitte à tuer. Mais rira bien qui rira le dernier.
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    "Je dis pas que vous avez tort, mais je dis pas que vous avez raison non plus" , voilà bien ce que Nick clame à qui veut bien l'entendre, ou qui lui cherche des noises.
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    Un très bon roman noir, célébré en son temps. D'un humour corrosif, cynique, car ne l'oublions pas, ce personnage est amoral. L'auteur a réussi - avec brio- à se tenir sur deux narrations : l'une où Nick raconte, commente et juge après-coup et l'autre où il est dans l'action et de ce fait ne réfléchit pas beaucoup. Je dirais que c'est ce qui fait le style, la "patte" de l'auteur.
    Cette façon d'utiliser la conjugaison de manière habile est subtile et jouissive. L'auteur s'est bien amusé avec sa galerie de personnages.
    C'est mordant, caustique et noir.
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    Alors, vous savez pourquoi il manque 5 âmes à Potts? Ils sont morts, pardi!
    Juste la fin qui me paraît trop "ouverte". Est-ce au lecteur d'imaginer le destin de Nick?

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    Couverture du livre « La cabane du métayer » de Jim Thompson aux éditions Rivages

    AsmoStark sur La cabane du métayer de Jim Thompson

    Oklahoma, années 50. Carver est propriétaire de 5 hectares de terre qu'il cultive en plus de 20 autres comme métayer pour le compte de Ontime riche propriétaire terrien amérindien. Il semblerait que du pétrole attende bien sagement d'être exploité sous ses terres, or celles-ci étant encerclées...
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    Oklahoma, années 50. Carver est propriétaire de 5 hectares de terre qu'il cultive en plus de 20 autres comme métayer pour le compte de Ontime riche propriétaire terrien amérindien. Il semblerait que du pétrole attende bien sagement d'être exploité sous ses terres, or celles-ci étant encerclées par celles de Ontime, il ne peut signer aucun contrat avec les compagnies pétrolifères si ce dernier n'accepte pas que ses terres soient également forées ce qu'il refuse catégoriquement. Carver est fou de rage de voir cet argent facile lui passer sous le nez. Tommy son fils adoptif qu'il a élevé à la dure en le faisant trimer aux champs et en jouant de la ceinture ainsi que Mary, la fille qu'il a adopté pour s'occuper de Tommy bébé et qui le craint tellement qu'elle n'est que soumission, sont impuissants, ils ne peuvent l'empêcher d'aller chez Ontime pour s'expliquer. Pa demande à Tommy de l'accompagner. Tommy entretient une relation secrète et passionnée avec Donna la fille de Ontime, ils sont fous l'un de l'autre. Cependant quand la discussion va dégénérer et que son père va être bousculé, Tommy impulsif va s'en prendre physiquement à Ontime, prenant le risque de tout gâcher avec Donna... Et quelques jours plus tard Ontime est retrouvé mort et Tommy est accusé du meurtre.
    Ce roman rural noir est une petite merveille. le récit est dense, aucun temps mort, les révélations et les rebondissements s'enchaînent entraînant Tommy dans une spirale infernale qui ne fait que s'accélérer et où il semble n'y avoir aucune issue. Les personnages sont forts, Tommy est extrêmement touchant et attachant, Mary est pitoyable, Pa est buté, perfide et lâche et l'avocat est drôle et manipulateur. L'histoire est écrite du point de vue de Tommy, c'est lui qui nous raconte, nous faisant ainsi ressentir l'injustice, la colère, l'impuissance, la douleur qui le submergent, le tout sous fond de pauvreté, de racisme et de violence.

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    Couverture du livre « La cabane du métayer » de Jim Thompson aux éditions Rivages

    Myriam Veisse sur La cabane du métayer de Jim Thompson

    Voilà un auteur que je ne connaissais pas, et bienheureuse de faire sa connaissance via le PicaboRiverBook, d’autant que les excellentes éditions du Rivage viennent de proposer une nouvelle traduction d’un livre paru en France en 1970.
    A première vue, on pourrait craindre un ″ouvrage passé de...
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    Voilà un auteur que je ne connaissais pas, et bienheureuse de faire sa connaissance via le PicaboRiverBook, d’autant que les excellentes éditions du Rivage viennent de proposer une nouvelle traduction d’un livre paru en France en 1970.
    A première vue, on pourrait craindre un ″ouvrage passé de mode‶, ou du moins ayant mal vieilli comme cela arrive souvent. Que nenni !
    Dans la tradition sudiste, La cabane du métayer est un excellent roman noir ; plutôt contemplatif qu’actif ; j’entends par -là (sans y voir de ma part d’arrière- pensée négative) qu’il ne faut pas s’attendre à de l’action démesurée, ni un suspense intense, mais plutôt un tableau social de l’époque, et surtout un livre d’atmosphère noire, et poisseuse, un peu (toute proportion gardée) à la Faulkner.

    Il ne fait pas bon vivre sur ces terres du sud (en tout cas du centre-sud) au milieu des champs de coton, être pauvre venir de nulle part, et de surcroit s’éprendre de la fille du riche propriétaire qui vous loue les quelques arpents de terre où vous logez.

    Le destin de Tommy semble tout tracé, malgré la bonne volonté d’une institutrice dévouée. Le pauvre Tommy n’a pas les cartes en mains pour se défendre, ni même pour s’en remettre à l’homme de loi résolu à le tirer d’une sale affaire.

    Il y a, c’est vrai assez peu de suspense ; mais l’intérêt réside dans l’atmosphère et les personnages poisseux. Peut -être que ces derniers auraient mérité un peu plus de profondeur et d’épaisseur. Il est vrai aussi que la fin ouverte n’est pas forcément celle que j’aurais souhaitée ou attendue.

    Il n’empêche que j’ai apprécié cette première ‶mise en bouche″, et que je reviendrai avec plaisir vers cet auteur.

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    Couverture du livre « La cabane du métayer » de Jim Thompson aux éditions Rivages

    L'atelier de Litote sur La cabane du métayer de Jim Thompson

    Tommy Carver 19 ans à peine, vit sous le joug d’un père raciste qui résout les problèmes à coup de ceinturon. Il endure cela au côté de sa belle-mère Mary, une femme au passé trouble qui n’a pas une once d’instinct maternel. Il est l’amant secret de Donna Ontime, fille du plus gros propriétaire...
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    Tommy Carver 19 ans à peine, vit sous le joug d’un père raciste qui résout les problèmes à coup de ceinturon. Il endure cela au côté de sa belle-mère Mary, une femme au passé trouble qui n’a pas une once d’instinct maternel. Il est l’amant secret de Donna Ontime, fille du plus gros propriétaire terrien, Amérindien, qui s’entête à cultiver son coton plutôt que d’exploiter le pétrole qu’elle contienne. Le père de Tommy au bout du rouleau souhaiterait vendre son terrain de 10 acres perdu au milieu des milliers d’acres d’Ontime mais aucune société pétrolière ne voudra acheter si peu de terrain. Tommy est un élève brillant, ce qui ne l’empêche pas de trouver des problèmes à l’école.
    J’ai beaucoup aimé ce roman qui sort des codes du roman policier et penche plutôt pour un roman noir rural, parce que l’Oklahoma y est grandement évoqué et les aperçus de la politique raciale sont juste excellents. L’auteur brosse un tableau assez précis de ce qu’on peu trouver comme pauvreté, racisme, sexe, communauté, famille, amour et haine. J’ai été bouleversé par l’histoire de Tommy, j’ai eu le sentiment qu’il devait grandir rapidement pour faire face à son propre père, au père de Donna ainsi qu’ à la loi. Certains passages sont très durs de ce qu’il peut endurer et je supporte toujours mal l’injustice. La première partie du roman est plutôt lente et elle est là pour planter le décor en nous faisant découvrir le quotidien imparfait de ce jeune homme. Puis un drame arrive qui fait prendre au roman un autre chemin sombre sur lequel nous allons découvrir un côté plus introspectif du personnage. Une lecture intense remplie de souffrance, de coups et de chevilles tordues, un côté tragique et touchant et une fin inattendue pour ne pas dire inespérée dans le genre noir que j’ai trouvé brillante et poétique. Je découvre cet auteur et je ne pense pas en rester là. Bonne lecture.