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Javier Cercas

Javier Cercas
Javier Cercas est né en 1962 à Cáceres et enseigne la littérature à l’université de Gérone. Il est l’auteur de quatre romans et de recueils de chroniques et de récits.
La Vitesse de la lumière connaît un succès phénoménal en Espagne (le tirage initial de 110 000 exemplaires a été écoulé en cinq j... Voir plus
Javier Cercas est né en 1962 à Cáceres et enseigne la littérature à l’université de Gérone. Il est l’auteur de quatre romans et de recueils de chroniques et de récits.
La Vitesse de la lumière connaît un succès phénoménal en Espagne (le tirage initial de 110 000 exemplaires a été écoulé en cinq jours) et, à l’instar des Soldats de Salamine, l’engouement international est constant. Le livre est en cours de traduction dans une vingtaine de langues.
Du même auteur, Actes Sud a publié Les Soldats de Salamine (2002 et Babel n° 621) et A petites foulées (2004).

Articles en lien avec Javier Cercas (3)

Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « Terra Alta » de Javier Cercas aux éditions Actes Sud

    yves MONTMARTIN sur Terra Alta de Javier Cercas

    Pour sa sécurité personnelle, afin d'éviter de possibles représailles, Melchor a été rattaché à l'unité d'investigation de la Terra Alta, il fait parfois des cauchemars liés à son autre vie. En Terra Alta il ne se passe jamais rien, c'est une terre inhospitalière, très pauvre. Une terre de...
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    Pour sa sécurité personnelle, afin d'éviter de possibles représailles, Melchor a été rattaché à l'unité d'investigation de la Terra Alta, il fait parfois des cauchemars liés à son autre vie. En Terra Alta il ne se passe jamais rien, c'est une terre inhospitalière, très pauvre. Une terre de passage, où ne restent que ceux qui n'ont aucun autre endroit où aller. Une terre de perdants.
    Deux morts à l'intérieur d'un mas, deux personnes âgées, deux amas de chair ensanglantés, mélange de sang et de viscères qui ont aussi éclaboussé les murs. le mari était un homme d'affaires de premier rang. La chambre du couple a été mise à sac, la domestique roumaine tuée elle aussi, d'une balle dans la tête. Un boulot d'experts.

    Un récit noir, qui nous raconte une haine qui empoisonne une vie jusqu'à la moelle pendant plus de soixante-dix ans. le récit alterne l'enquête sur ces sordides meurtres avec le passé de Melchor : son enfance, son arrivée en Terra Alta, sa rencontre avec Olga. Javier Cercas nous raconte minutieusement cette enquête en nous plongeant dans la vie d'un commissariat. Melchor, le personnage central est une sorte de cow-boy solitaire, complexe, séduisant et attachant dont le lecteur se doute bien qu'il traîne un lourd passé, qui sera révélé peu à peu. Tout au long de ce roman plane l'Histoire de l'Espagne en général et de la Catalogne en particulier avec une référence permanente aux « Misérables » de Victor Hugo.

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    Couverture du livre « Terra Alta » de Javier Cercas aux éditions Actes Sud

    Matatoune sur Terra Alta de Javier Cercas

    Javier Cercas laisse l’autofiction notamment sur l’histoire contemporaine de l’Espagne pour investir le domaine du polar avec Terra Alta pour lequel il a reçu le prix Planète 2019.
    Melchor Marin, surnommé l’Espagnolard par ses collègues policiers, est arrivé depuis quatre ans en Terra Alta....
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    Javier Cercas laisse l’autofiction notamment sur l’histoire contemporaine de l’Espagne pour investir le domaine du polar avec Terra Alta pour lequel il a reçu le prix Planète 2019.
    Melchor Marin, surnommé l’Espagnolard par ses collègues policiers, est arrivé depuis quatre ans en Terra Alta. Marié à Olga, la bibliothécaire, ils ont une fille qui s’appelle Cosette.
    Finissant son service de nuit, il reçoit l’appel d’une domestique sud-américaine qui prévient du double meurtre de ses patrons. Meurtres stupéfiants de violence sur cette terre aride, sèche et brulée à plus de deux heures de Barcelone où d’habitude il ne se passe jamais rien !
    Avec ce flic de polar, Javier Cercas retrouve les sujets vers lesquels il aime s’aventurer : la guerre civile qui a séparé les frères, familles et amis d’un même village, le pouvoir capitaliste qui écrase les plus petits, le déterministe social inéluctable qui contraint, et enfin, la liberté de chacun de construire sa vie de la manière qu’il choisit.
    Pourtant, Terra Alta est aussi une ode à la littérature.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/07/03/javier-cercas/

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    Couverture du livre « Terra Alta » de Javier Cercas aux éditions Actes Sud

    Dominique Jouanne sur Terra Alta de Javier Cercas

    Un bon polar soigné qui se lit avec plaisir.

    Trois meurtres sordides à Terra Alta.

    L’investigation minutieusement détaillée et méticuleusement agencée est principalement dirigée par Melchor Marin, un policier au passé de délinquant, ex-garde du corps pour le compte de cartels mafieux et...
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    Un bon polar soigné qui se lit avec plaisir.

    Trois meurtres sordides à Terra Alta.

    L’investigation minutieusement détaillée et méticuleusement agencée est principalement dirigée par Melchor Marin, un policier au passé de délinquant, ex-garde du corps pour le compte de cartels mafieux et ancien détenu qui, après lecture des Misérables en prison où il apprend l’assassinat de sa mère prostituée des bas-fonds de Barcelone, décide de suivre des études pour devenir enquêteur. Son avocat, un homme secrètement puissant que connaissait sa mère, devenu un père spirituel, va mettre tout en œuvre pour ce faire.

    Dès ses premiers pas dans la profession, Melchor va se montrer héroïque lors des attentats islamistes de Barcelone et Cambrils mais ensuite, pour le protéger, il sera muté dans un commissariat de Terra Alta, un territoire aride et inhospitalier au sud de la Catalogne, où il ne se passe jamais rien d’extraordinaire.

    Les images de l’environnement de cette région espagnole sont superbement dépeintes. Cinématographique.

    Avec Olga, la bibliothécaire de la ville, qui deviendra son épouse et lui donnera une petite fille prénommée Cosette, Melchor coule des jours tranquilles et heureux avec la passion de la lecture.
    ‘Les Misérables’ restera son livre culte et s’il est assimilable à un Jean Valjean, il ne cessera de tenir Javert comme une image de référence. « … à la droiture hallucinée de Javert, à l’intégralité de Javert, à son mépris pour le mal, au sentiment de la justice de Javert, à l’idée que Javert ne permettrait jamais que l’assassinat de sa mère reste impuni. »

    Ses recherches personnelles sur le meurtre de sa mère le conduiront à retrouver l’amie de cette dernière qui l’éclairera sur ce qui s’est alors passé.

    Puis, soudain, à Terra Alta, la découverte du triple meurtre épouvantable de Paco Adell et son épouse, un couple âgé, et une de leur domestique, va venir tout bousculer.

    Dur et détestable, Paco Adell était le patron de la cartonnerie Adell qui donnait du travail à tout le monde comme une bénédiction. Il gérait les membres de sa famille et ses employés avec une autorité sans complaisance et avait une main mise sur le fonctionnement de cette région catalane très pauvre, surtout connue pour son triste passé avec l’apocalypse de la bataille de l'Èbre et les terreurs populaires qui s’ensuivirent.

    L’enquête aux nombreux rebondissements, est menée tambour battant avec ses aléas et nombreux soupçons tout en faisant face à des forces juridiques et politiques contre lesquelles Melchor ne s’avouera pas vaincu. Il ira jusqu’au bout de son héroïsme et là est la question du roman : Qu’est-ce que l’héroïsme sinon une forme d’excellence morale? Quelle limite entre injustice et justice ? La vengeance et le pardon…
    Ce serait mal connaitre le romancier, de penser que le présent ne tient pas de solides racines empoisonnées par le passé …

    Captivant et remarquablement bien écrit, Javier Cercas situe son polar là où il a laissé, «Le monarque des ombres », son dernier livre remarquable.

    En attente des tomes suivants…

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    Couverture du livre « Terra Alta » de Javier Cercas aux éditions Actes Sud

    Marie S. sur Terra Alta de Javier Cercas

    A la suite de plusieurs parutions proches du documentaire, Javier Cercas, l’auteur hispanique qui puise son inspiration dans les stigmates de la guerre d’Espagne, revient ici avec un roman plus narratif. Si Terra Alta s’inscrit dans le genre du polar, il ne déroge pas aux habitudes de l’auteur...
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    A la suite de plusieurs parutions proches du documentaire, Javier Cercas, l’auteur hispanique qui puise son inspiration dans les stigmates de la guerre d’Espagne, revient ici avec un roman plus narratif. Si Terra Alta s’inscrit dans le genre du polar, il ne déroge pas aux habitudes de l’auteur en s’approchant au plus près de l’âme humaine et en évoluant dans les secousses politiques du pays.

    Melchor, le personnage principal n’a de roi mage que le nom. Il n’apporte pas vraiment la paix à son entourage. Né de père inconnu et d’une prostituée, l’enfant pourtant doué, perd vite pied dans les bas-fonds de Badalona, ville ouvrière limitrophe de Barcelone. A treize ans, il se mit à boire,à fumer et à se droguer. Très vite, l’adolescent, devenu garde du corps des chefs de cartel se retrouve à la prison de Quatre Camins près de Barcelone.

    Défendu par Domingo Vivales, un avocat payé par sa mère qui deviendra plus tard son plus fidèle allié, il purge une peine de quatre ans. Un temps qu’il met à profit pour découvrir la littérature du XIXe siècle et surtout Les Misérables de Victor Hugo. Ce roman devient son livre de conduite, surtout après l’assassinat de sa mère. Il se retrouve en Jean Valjean, gardant toujours en lui le moteur de la haine et il admire Javert pour son intégrité. D’ailleurs, il entame des cours pour devenir policier.
    A sa sortie de prison, il devient enquêteur criminel à Nou barris, un quartier d’immigration situé au nord de Barcelone. Secrètement, il mène son enquête pour retrouver l’assassin de sa mère. Devenu un héros et une cible pour avoir abattu quatre terroristes lors de l’attentat de Cambrils, Melchor est envoyé au vert au commissariat de Terra Alta.

    Commence alors pour lui une autre vie, peut-être celle de M. Madeleine, le versant paternel et humain de Jean Valjean. Quatre ans après son installation, il mène une vie tranquille avec sa femme Olga et leur fille Cosette. Pourtant, l’assassinat sauvage des Adell, patron richissime des Cartonneries qui font vivre tout le village, fait ressurgir son besoin de justice. Le couple a été atrocement mutilé. Leur femme de maison est aussi retrouvée morte à l’étage. Dans cette comarque où il ne se passe jamais rien, ce triple assassinat défraie la chronique et mobilise toutes les brigades de police. Melchor ne lâchera pas l’affaire avant de trouver le coupable. Il brave les semonces de ses chefs et les conseils amicaux de son mentor et ami, le caporal Salom.

    Melchor est façonné par ses origines. La violence du milieu de sa mère lui a inculqué une haine profonde pour tous ceux qui ne respectent pas les femmes. Sa lecture infinie des Misérables confirme que le seul moteur qui puisse tenir debout un homme meurtri est la haine. Mais il admire aussi Javert, ce policier aux yeux de rapace pour son intégrité. La haine sera son moteur et le besoin de justice son étendard. Mais ne va-t-il pas parfois trop loin?

    Aussi, ne pas respecter les formes de justice revient à ne pas respecter la justice.
    Javier Cercas, non plus, n’oublie pas ses racines. Sous les apparences d’un roman noir bien rythmé, classique mais humain, l’auteur pose les questions de la vengeance, du pardon et de la justice. Bien évidemment, une partie du dénouement puise ses racines dans la guerre espagnole. Terra Alta est un lieu historique d’une des batailles les plus cruelles de la guerre d’Espagne entre les forces républicaines et les nationalistes en 1938.

    Mais les vraies blessures, ce ne sont pas celles-là. ce sont celles que personne ne voit. Celles que les gens conservent secrètement. Ce sont elles qui expliquent tout.
    En cette période troublée de referendum sur l’indépendance de la Catalogne ( octobre 2017) et d’attentats terroristes, Melchor Marin s’érige en justicier plutôt sanguin mais terriblement humain et paternel. Un Jean Valjean des temps modernes…Et nous n’en avons pas fini de le suivre puisque Terra Alta est le premier tome d’une série qui devrait en comporter « quatre ou cinq ».