Franck Balandier

Franck Balandier

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Avis (28)

  • Couverture du livre « Apo » de Franck Balandier aux éditions Castor Astral

    Dominique Sudre sur Apo de Franck Balandier

    APO, un roman que l’on ne peut pas lâcher tant l’envie est forte de suivre Apollinaire à deux moments de sa vie, dans ses frasques, ses amours, son écriture, mais aussi sa guerre, sa mort.
    Il y a trois Zones dans APO, trois époques, trois tranches de vie.
    De la vie d’Apollinaire d’abord. En...
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    APO, un roman que l’on ne peut pas lâcher tant l’envie est forte de suivre Apollinaire à deux moments de sa vie, dans ses frasques, ses amours, son écriture, mais aussi sa guerre, sa mort.
    Il y a trois Zones dans APO, trois époques, trois tranches de vie.
    De la vie d’Apollinaire d’abord. En 1911, sans doute sur l’impulsion de Picasso, Apollinaire et Géry décident d’aller de nuit au Louvre pour tenter de rapporter au peintre les statuettes qu’il leur a demandé… de rapporter allez-vous dire ? Enfin, de voler, ou d’emprunter bien sûr. Au hasard des galeries passant sans vergogne devant les gardiens endormis, ils trouvent leurs statuettes et décident d’emporter également le tableau le plus célèbre du musée, La Joconde de Léonard de Vinci… Mais les enquêteurs ont tôt fait de remonter jusqu’au poète, et APO va passer quelques jours dans la cellule 5 de la déjà sordide prison de La Santé à Paris sous le numéro de matricule 123 216, du 7 au 12 septembre 1911.
    Et l’auteur nous régale avec un juge comme on n’en fait plus, des policier enquêteurs amateurs de catch, des photographes de prison qui n’ont rien d’artistique. Il restitue également les états d’âme d’un Guillaume Apollinaire qui pense si fort à sa Marie (Laurencin) et au ciel par-dessus les toits, même en captivité son imagination et son talent s’expriment, même pour dire le vide, l’ennuie ou l’absence. Cette expérience le marquera, y compris dans sa créativité.
    Des derniers jours de la vie d’Apollinaire ensuite, quand en 1918, revenu du front, survivant des horreurs de cette guerre, il se meurt à Paris de cette grippe espagnole qui a décimé tant d’hommes en Europe. Le poète se remémore ses amours enfuis, les prénoms de ses belles, leurs caresses et celles du soleil sur sa peau, mais il sait aussi que sa fin est proche, inéluctable.
    Enfin, l’auteur nous entraine en 2015 dans la cellule d’Apollinaire, dans cette prison de La Santé insalubre qui va enfin être rénovée. En conservant toutefois le mur extérieur classé monument historique (on a les monuments qu’on peut dans certains quartiers !). Il fait entrer en scène la belle Elise.
    Lisez ce livre, et peut-être comme moi allez-vous suivre le poète, ses vers, sa folie douce, ses espoirs et ses aventures, apprécier la langue et les mots de Franck Balandier, denses, mordants, et tellement réalistes dans leur démesure.
    Chronique complète sur le blog Domi C Lire : https://domiclire.wordpress.com/2018/08/23/apo-franck-balandier/

  • Couverture du livre « Apo » de Franck Balandier aux éditions Castor Astral

    Chantal LAFON sur Apo de Franck Balandier

    Cet opus est découpé en trois zones.
    Zone est le premier poème écrit par Apollinaire dans Alcools. Ce poème est la quintessence de son auteur, sans ponctuation ni métrique donc sans entraves, ces vers libres chantent la mélancolie de celui qui écrit pour exister. Les vers sont irréguliers ainsi...
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    Cet opus est découpé en trois zones.
    Zone est le premier poème écrit par Apollinaire dans Alcools. Ce poème est la quintessence de son auteur, sans ponctuation ni métrique donc sans entraves, ces vers libres chantent la mélancolie de celui qui écrit pour exister. Les vers sont irréguliers ainsi que la strophe mais les images ainsi véhiculées sont abondantes, disparates entre monde ancien(mythologie) et monde moderne. Le rythme est celui de l’imagination qui vagabonde comme l’eau coule dans une rivière et parfois en déborde.
    Zone 1 :
    Regard en retrait de ce qui arrive lorsque 3 trentenaires Picasso, Guillaume Apollinaire et Géry Pieret se mettent en tête de voler la Joconde. L’instigateur Picasso, fait faux bond aux deux autres pour cause de conquête amoureuse, mais nos deux lascars iront.
    Le musée de nuit, l’errance qui s’en suit, la sortie victorieuse avec le trophée.
    Regard affectueux, Franck Balandier s’amuse de cette situation avec toute la tendresse qu’il a pour son Apo. Tel un père qui raconterait les frasques de son fiston.
    Puis c’est la prison « Il pose. Cette ardoise entre les doigts. Il aime bien l’identification, le numéro. Il réalise que, peut-être, cette image restera la seule, au plus profond de cette petite mort. Il faut sourire. Faire semblant. Il se demande à qui il devrait mourir, maintenant. Il se trompe de mot. Il a voulu dire sourire. La mort ne serait-elle qu’une affaire de sourire ? »
    Incarcéré le jeudi 7 septembre 1911 à la maison de correction de Paris la Santé, il en sortit le mardi 12 septembre 1911, faute de preuves tangibles retenues contre lui.
    Regard coloré voire bigarré pour nous faire vivre l’époque à travers les personnages : le gardien de musée aussi à l’étroit dans sa vie que dans sa cabine de fonction, la concierge qui voit la vie et les autres par le prisme de sa vie uniquement la sienne, les enquêteurs qui eux ont d’autres distractions que cette enquête. Pour le juge chargé de l’affaire un certain Joseph-Marie Dray, l’auteur a eu raison de changer son patronyme, car son portrait page 44 est un exemple pour illustrer la liberté du romancier face à la réalité, et combien l’imaginaire peut être ardent.
    Dans cette zone souffle le comique d’un Chaplin, du grand art qui va du registre de la tendresse à celui de la bouffonnerie comme un fil tendu au-dessus de la réalité.
    Zone 2 :
    La mort. « Il n’avait pas si peur de mourir, Wilhem, il craignait seulement une mort trop ordinaire pour lui, trop triviale pour correspondre à l’idée qu’il se faisait de ses funérailles. Lui, qui avait mis tant d’années et consenti tant d’efforts pour devenir un « garçon bien », un « bon Français », pour effacer l’image du Russe émigré qui lui collait à la peau, pour obtenir enfin ses papiers, en bonne et due forme, Wilhem Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, homme de lettres, de nationalité française acquise par naturalisation, ce n’était déjà pas si mal, allait mourir français, emporté par la grippe espagnole. »
    Apo s’éteint, Paris est fébrile, la guerre se termine, les rues bruissent des flots de Bretons qui arrivent pour s’installer dans la capitale.
    Franck Balandier nous peint cela, en tableaux colorés et sensuels à la manière de Renoir.
    Zone 3 :
    L’auteur sait de quoi il parle « Les murs quand ils sont suffisamment hauts, sont des pansements. Ils cachent. Il en va ainsi des hôpitaux, des prisons et des cimetières. »
    Là l’imaginaire l’emporte, le poète se réveille, telle une amazone chevauchant sa monture, sous les traits d’Elise, la cellule d’Apo est visitée une dernière fois, avant la démolition de la Santé, un poème reste écrit sur le mur… ?
    Les poètes meurent mais leurs poèmes vivent, pour nous faire exsuder les bons et moins bons souvenirs. Ainsi voguent les réminiscences sur lesquelles se construisent les adultes que nous sommes, consentants ou pas.
    Une lecture comme je les aime, d’un opus inspiré, porté par une écriture poétique et des flamboyances stylistiques que n’aurait pas renié Apollinaire lui-même.
    Un poète qui est depuis longtemps le compagnon de route de l’auteur.
    Franck Balandier commence sa partition en soliste virtuose et entraîne dans le sillage de ses mots tout l’orchestre des lecteurs.
    Chantal Lafon-Litteratum Amor 15 aout 2018.

  • Couverture du livre « Ankylose petite musique de nuit pour les gens inutiles » de Franck Balandier aux éditions Serpent A Plumes

    Gisele Marchand-Magagnotti sur Ankylose petite musique de nuit pour les gens inutiles de Franck Balandier

    J'ai aimé le début, ensuite je me suis perdue comme le cinquantenaire dans un dédale de questions pas dans un cimetière parmi des tombes, ou plus rien que de la poussière des ossements mêlée aux débris des pierres tombales, drôle de balade pour un rendez-vous et ça m'a un peu décontenancé,...
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    J'ai aimé le début, ensuite je me suis perdue comme le cinquantenaire dans un dédale de questions pas dans un cimetière parmi des tombes, ou plus rien que de la poussière des ossements mêlée aux débris des pierres tombales, drôle de balade pour un rendez-vous et ça m'a un peu décontenancé, peut-être à cause de la banlieusarde trentenaire complètement paumée, qui poursuit son rêve de l'Antarctique, ce pourrait être un autre rêve, mais lui il s'en fou, il poursuit un autre rêve. Ce livre nous met les pieds dans le plat de l'ennuie, tout est gris, et sans espoir de rien, mais dans le fond, ce récit nous donne un avant goût de l'ère dans laquelle nous vivons, et Internet qui invente tout pour que chacun reste dans son coin à crever d'un mortel ennuie, comme une mort annoncée ou l'imagination et la création foutent le camp, il est là pour anéantir ce qui reste de notre cerveau, si nous ne prenons pas garde. Le triste cinquantenaire désabusé qui attend qui? Pas La pauvre fille jeune et sans charme, qui terminera son voyage, mais comme elle ne l'avait pas imaginé au départ. Le rebondissement de l'histoire est sans doute un peu déroutant pour deux destins totalement opposés, mais avec un identique mal de vivre créant un veritable malaise, un sentiment d'insécurité. Un livre que je taxerais d'avant gardiste, c'est dans cette logique que je l'ai déchiffré, Franck Balandier pensait déjà aux désenchantements qui en résulterait, alors que le monde en 2000, portait au Pinacle sociétal une consommation dîte de culture virtuelle et individualiste, ouverte sur une permissive gratuité corrosive. Aujourd'hui nous sommes noyés dans un marasme cruel et solitaire développé par les réseaux sociaux, il faut bien en reconnaître les faits.

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