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David Lodge

David Lodge
David Lodge est issu d'une famille catholique modeste, d'une mère secrétaire et d'un père professeur de danse.
Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il fut particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, afin de voir sa tante qui travaillait au ... Voir plus
David Lodge est issu d'une famille catholique modeste, d'une mère secrétaire et d'un père professeur de danse.
Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il fut particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, afin de voir sa tante qui travaillait au quartier général de l'armée américaine, en constatant les différences entre l'Angleterre en reconstruction et l'Allemagne en plein essor économique.
Il a fait ses études à Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 avant de se consacrer à l'écriture.
Plusieurs de ses romans dépeignent avec humour les milieux universitaires et littéraires. La société de l'Angleterre contemporaine en général, se trouve sous la critique de sa plume.

Articles en lien avec David Lodge (2)

Avis sur cet auteur (20)

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    Couverture du livre « Jeux de maux » de David Lodge aux éditions Rivages

    Bernard Viallet sur Jeux de maux de David Lodge

    À Londres à la fin des années 50, un groupe de jeunes étudiants tente de vivre sa foi en respectant les préceptes de l’Eglise Catholique. Des amours s’esquissent timidement voire douloureusement, Dorothy et Adrian, Tessa et Edward, Miriam et Michaël, Angela et Dennis alors que quelques autres...
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    À Londres à la fin des années 50, un groupe de jeunes étudiants tente de vivre sa foi en respectant les préceptes de l’Eglise Catholique. Des amours s’esquissent timidement voire douloureusement, Dorothy et Adrian, Tessa et Edward, Miriam et Michaël, Angela et Dennis alors que quelques autres s'avèrent un peu déséquilibrés comme Violet ou sont tentés par les ordres, la prêtrise ou l’homosexualité. Les filles ne se donnent pas facilement. Les garçons sont maladroits et souvent frustrés. La norme est d’arriver vierge au mariage pour fonder de bonnes familles chrétiennes. Mais au fil des années et surtout avec le concile Vatican II et la révolution de mai 68, tout se délite et s’effiloche peu à peu. Les virginités se perdent, des enfants naissent, la peur de l’enfer disparaît, le culte évolue. Certains s’évadent, se trompent, se séparent, changent de cap. Et les prêtres ne sont pas les derniers à jeter aux orties soutanes et rigidités…
    « Jeux de maux » est un roman social très proche du thème de la « Chute du British Museum », mais en moins drôle. David Lodge ne s’intéresse plus à un seul couple mais à toute une cohorte de gens, tous jeunes catholiques, tous inhibés par les contraintes imposées par l’Eglise de l’époque. Il décrit très intelligemment et très finement comment le carcan s’est peu à peu desserré et comment toute une société a basculé dans un libéralisme libertaire au niveau des mœurs et comment tout un monde ancien a disparu progressivement. Cette fois, David Lodge, apparemment très concerné par la problématique catholique, en voulant faire œuvre de sociologue, a un peu perdu de son humour si charmant et si british. On ne peut que le regretter.

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    Couverture du livre « La chute du British Museum » de David Lodge aux éditions Rivages

    Bernard Viallet sur La chute du British Museum de David Lodge

    À Londres, au début des années 60, Adam Appleby passe ses journées au British Museum pour y préparer une thèse de troisième cycle de littérature anglaise. Avec son épouse Barbara, ils ont bien essayé de réduire leur fécondité en pratiquant la méthode des températures, mais ce fut un échec total....
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    À Londres, au début des années 60, Adam Appleby passe ses journées au British Museum pour y préparer une thèse de troisième cycle de littérature anglaise. Avec son épouse Barbara, ils ont bien essayé de réduire leur fécondité en pratiquant la méthode des températures, mais ce fut un échec total. Leurs trois enfants, Clare, Dominic et Edward furent tous le résultat d’accidents de parcours ou de calculs donc de grossesses non désirées. Adam et Barbara, catholiques pratiquants, tenaient à respecter les préceptes de l’Eglise d’avant Vatican II. Mais ceux-ci leur pèsent d’autant plus que Barbara semble devoir être enceinte une quatrième fois alors que leur appartement est déjà trop petit pour quatre sans parler de difficultés financières insurmontables…
    « La chute du Britih Museum » est un roman d’auto-fiction amusant construit sur le mode des pastiches et des parodies. Un lecteur averti pourra s’amuser à y retrouver les mânes d’auteurs prestigieux comme Franz Kafka, Graham Greene, Virginia Wolfe et de quelques autres. Tel fut le cahier de charges que s’imposa ou se permit David Lodge. C’est particulièrement bien réussi en ce qui concerne Kafka avec le renouvellement de la carte de bibliothèque de l’auteur qui bascule dans l'étrange et le fantastique. Quelques scènes cocasses, une certaine dose d’humour anglais et d’auto-dérision. Mais quand même pas le meilleur titre de ce charmant auteur.

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    Couverture du livre « Changement de décor » de David Lodge aux éditions Rivages

    GeorgesSmiley sur Changement de décor de David Lodge

    Attention, profs en vacances ! Pas en vacances scolaires ou universitaires, tellement banales et si vite revenues qu’on finirait (enfin j’imagine) par s’en lasser. Non, de vraies vacances de six mois, bien dépaysantes, exotiques à souhait puisqu’il s’agit pour Philip Swallow, l’Anglais, de s’en...
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    Attention, profs en vacances ! Pas en vacances scolaires ou universitaires, tellement banales et si vite revenues qu’on finirait (enfin j’imagine) par s’en lasser. Non, de vraies vacances de six mois, bien dépaysantes, exotiques à souhait puisqu’il s’agit pour Philip Swallow, l’Anglais, de s’en aller enseigner sur la mythique Côte Ouest et pour Morris Zapp, l’Américain, d’aller s’enterrer au cœur des Midlands, dans un de ces échanges universitaires aussi réjouissants que fructueux (au moins pour ceux qui en profitent), grandioses témoignages d’ouverture au monde et de partage d’expérience.
    Autant le dire tout de suite, on sort très vite des brochures en papier glacé et de leurs slogans lénifiants pour découvrir les vraies motivations de cet échange d’enseignants en littérature anglaise. David Lodge écrit avec beaucoup d’humour et ses lecteurs en profitent tout au long de ce récit sur lequel l’ombre de Feydeau plane assez fréquemment. Les portes ne claquent pas mais les couples se font, se défont, s’échangent sur un rythme assez soutenu. Tandis que Philip découvre les joies de la révolution sexuelle des seventies et les heurts de la contestation étudiante dans une cité qui ressemble beaucoup à San Francisco, Morris entreprend, à sa façon, de moderniser les pratiques de la grise université de Rummidge où sa grande expérience des conflits estudiantins fait l’admiration et le profit de ses collègues anglais lorsque commencent à déferler sur la sage Angleterre… «les cheveux longs des garçons, les jupes courtes des filles, la promiscuité sexuelle, les Rapports, les crayons à bille - en somme presque tout ce qui constitue le monde moderne. »
    Tout cela est fort réjouissant, les situations et les dialogues sont remplis de cet humour pince-sans-rire qui fait une bonne partie du succès des auteurs anglais de ce côté-ci du Channel. On ne s’ennuie jamais et c’est très bien écrit.
    Mais il serait regrettable de négliger les apports intellectuels de nos deux professeurs, car, après tout, s’ils échangent leurs postes (et beaucoup d’autres choses), c’est également pour enseigner la littérature. Autant que le lecteur en profite pour enrichir une culture générale déjà conséquente (merci) mais tout de même pas encore encyclopédique.
    Prenez Morris, par exemple, grand spécialiste de Jane Austen (il a même caressé un temps l’idée d’ « une série de commentaires sur Jane Austen qui prendrait en compte toute la littérature sur le sujet, examinant chaque roman l'un après l'autre et disant absolument tout ce qu'on pouvait en dire…Le but de l'exercice, comme il l'avait souvent expliqué avec toute la patience dont il était capable, était non pas d'aider le lecteur à mieux aimer et à mieux comprendre Jane Austen, encore moins à célébrer la gloire de la romancière elle-même, mais de mettre un terme une fois pour toutes au tas de conneries que l'on pourrait être tenté d'écrire sur le sujet.) »
    Il a reculé devant l’ampleur de la tâche d’autant que sa femme, ayant appris qu’il serrait de trop près une de ses étudiantes, s’en était émue (je parle de l’étudiante serrée, pas de Jane Austen), entraînant… des complications… assez chronophages…enfin, vous voyez.
    A la réflexion, ça ne doit pas être facile tous les jours d’être un auteur classique… Revenons à la grande Jane Austen, dont Morris est toujours Le spécialiste :
    « Aux yeux de Morris Zapp… la vie était transparente, la littérature opaque. La vie était composée de choses, la littérature de mots. Avec la vie, il fallait s’en tenir aux apparences…avec la littérature, il ne fallait jamais s’en tenir aux apparences… Cette incapacité à maintenir la vie et la littérature dans deux catégories distinctes conduisait à toutes sortes d’hérésies et d’absurdités : à dire que l’on puisse « aimer » ou « ne pas aimer » certains livres, par exemple, ou à déclarer que l’on préfère tel auteur plutôt que tel autre et toutes ces fariboles qui, comme il ne cessait de le rappeler à ses étudiants, ne présentaient absolument aucun intérêt pour personne, sauf pour eux (parfois, il les scandalisait en déclarant qu’…il trouvait personnellement Jane Austen totalement chiante.) »
    Pauvre Jane !
    « Tout ce qu’il savait de l’Angleterre… les innombrables repères concrets qui foisonnaient dans le pays et qui constituaient autant de preuves historiques de l’existence des grands auteurs : les registres de baptême, les plaques commémoratives, les faux lits, les cabinets de travail reconstitués, les pierres tombales gravées et tout ce genre de niaiseries. Il y avait au moins une chose qu’il n’allait pas faire pendant qu’il était en Angleterre, c’était aller sur la tombe de Jane Austen.
    Il a dû exprimer cette pensée à haute voix, car Mary Makepeace (sa voisine dans l’avion) lui demande soudain si Jane Austen est le nom de son arrière-grand-mère. Il dit que c’est peu probable. »
    Cela me fait réaliser avec effroi que j’ignore tout de Jane Austen, mis à part, ce qui me place tout de même nettement au-dessus de Mary Makepeace, le fait qu’elle n’est pas l’arrière-grand-mère de Morris Zapp. Je n’ai rien lu d’elle. Vous pensez qu’il faudrait que je m’y mette ? Je demanderais bien conseil à Zapp pour savoir par où commencer, mais j’ai un peu peur des complications (et aussi de ce qu’il raconte à ses étudiants), alors je compte sur vos suggestions. Quant à ceux d’entre vous qui ne connaitraient pas encore David Lodge, débuter avec ce Changement de décor me semble une excellente et réjouissante idée.

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    Couverture du livre « Jeu de société » de David Lodge aux éditions Rivages

    GeorgesSmiley sur Jeu de société de David Lodge

    Deux personnages bien campés et que tout oppose, c’est, en général et pour peu que l’auteur ait du talent, une excellente idée de scénario ou de roman. Autant dire que celui-ci est une réussite.
    Puisque, comme le dit l’auteur dans sa préface, il s’agit d’un « roman universitaire », partons...
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    Deux personnages bien campés et que tout oppose, c’est, en général et pour peu que l’auteur ait du talent, une excellente idée de scénario ou de roman. Autant dire que celui-ci est une réussite.
    Puisque, comme le dit l’auteur dans sa préface, il s’agit d’un « roman universitaire », partons donc d’un théorème, valable, me semble-t-il, des deux côtés de la Manche, qu’on pourrait énoncer de la façon suivante : « le corps enseignant est, à priori, hostile à toute entreprise à but lucratif au motif principal qu’elle serait inégalitaire et aliénante pour les salariés contraints d’y travailler. » Théorème qui a son corollaire : «Tout responsable d’une entreprise confrontée à l’économie de marché s’interroge naturellement sur ce qu’étudiants et professeurs d’université peuvent bien faire de concret pendant qu’eux-mêmes et leurs employés « mouillent la chemise ».
    Pour l’exprimer trivialement, les entreprises sont des bagnes où quelques profiteurs exploitent sans scrupules une multitude exploitée, et les universités sont un refuge de pantouflards qui n’ont qu’une idée très théorique du mot travail et dont la productivité minimaliste amène inévitablement la question qui tue : Qui paye (tout ça) ?... ainsi que la réponse immédiate : nos impôts !
    Deux mondes qui s’ignorent tout en se vilipendant. Vous n’êtes pas le premier à vous dire qu’il serait sans doute profitable à tous de rapprocher (un peu) ces deux points de vue antagonistes. De nombreux politiciens y ont pensé et c’est dans le cadre de « L’Année de l’Industrie » sous le patronage du Ministère que Vic va recevoir une fois par semaine une stagiaire prénommée Robyn.
    Vic dirige une fonderie où (dixit Robyn, vous l’aurez compris) « On avait l'impression que l'établissement était moins fait pour produire des marchandises destinées au monde extérieur que pour fabriquer de la misère pour ceux qui y vivaient. Ce que Wilcox avait appelé l'atelier des machines ressemblait à une prison, et la fonderie était l'image même de l'enfer. »
    Robyn, quant à elle, maître de conférences en littérature anglaise, est spécialisée dans le « roman industriel féminin du XIXème siècle », « Ce que Robyn aime par-dessus tout, c’est déconstruire des textes, sonder les béances et les absences qui s’y dissimulent, découvrir ce qu’ils ne disent pas…, exposer leur mauvaise foi sur le plan idéologique, pratiquer une coupe à travers les réseaux enchevêtrés de leurs codes sémiotiques et de leurs conventions littéraires. » Et, bien entendu, elle est engagée dans le mouvement syndical.
    Le roman est donc basé sur cette opposition, le propos et la réflexion sur le sujet sont pertinents et le tout est traité avec cet humour qui offre en permanence des situations ou des dialogues très amusants. Nos deux bull-dogs feront-ils un pas vers l’autre, ou un pas de côté ? Qui sait ? On ne s’ennuie jamais, le sourire est présent en permanence, mais Robyn, si elle en avait le temps, vous dirait que ce livre est très sérieux et que son sujet principal porte sur le cloisonnement et l’incommunicabilité entre groupes socioculturels.
    « Sur une des pelouses, un jeune Noir en salopette verte, va et vient avec une tondeuse à gazon, en passant avec précaution autour des parterres de fleurs et entre les étudiants allongés. Lorsque ceux-ci se rendent compte qu’ils le gênent, ils se lèvent, prennent toutes leurs affaires et vont se poser comme une bande d’oiseaux sur un autre coin d’herbe. Le jardinier est presque du même âge que les étudiants, mais aucune communication ne s’établit entre eux – pas un mouvement de tête, pas un sourire, pas une parole, ni même un regard, ne sont échangés. Il n’y a pourtant aucune arrogance de la part des étudiants, aucune rancœur de la part du jeune jardinier, seulement un refus spontané et réciproque d’établir tout contact. Malgré cette proximité physique, ils habitent des mondes séparés. »
    Ca vous parle ? Oui, sans doute…mais, attendez… pardon ? Robyn vient d’arriver, que dit-elle ? Que j’écris des bêtises ? Comment, je n’ai rien compris au code sémiotique ? Il faut déconstruire le texte pour en savoir plus ?...
    Bon, désolé, je suis déjà en retard, faut que je file, je vous laisse avec elle…