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Christine De Mazieres

Christine De Mazieres
christine de mazières , franco-allemande, née en 1965, est haut fonction- naire et vit dans la région parisienne. Pendant dix ans, de 2006 à 2016, elle a été la déléguée générale du syndicat national de l'édition.

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « La route des Balkans » de Christine De Mazieres aux éditions Sabine Wespieser

    Zabouille sur La route des Balkans de Christine De Mazieres

    C’est un livre sur l’exil aux multiples visages. Où tous ont cette destinée commune : partir, fuire, là-bas. Quelles que soient les conditions de voyage, ils doivent quitter leurs proches, leur terre.
    Ce n’est ni une aventure ni une épopée. C’est une quête d’une vie meilleure. Quitter le connu...
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    C’est un livre sur l’exil aux multiples visages. Où tous ont cette destinée commune : partir, fuire, là-bas. Quelles que soient les conditions de voyage, ils doivent quitter leurs proches, leur terre.
    Ce n’est ni une aventure ni une épopée. C’est une quête d’une vie meilleure. Quitter le connu pour atteindre l’inconnu incertain. Ce qui les attend ne peut être que meilleur… tentent-ils de s’en convaincre ! La dure réalité sera tragique pour bon nombre d’entre eux… Quoiqu’il leur en coûte, ils suivent leurs chemins. Envers et contre tout.
    « Asma et Lefana ont retrouvé la condition précaire de migrantes. Déracinées, invisibles, fugitives. Une vie entre deux, suspendue entre deux vies. »

    Et puis parfois des petites touches magiques se produisent, deux regards qui se croisent, une rencontre sans échange, que la brutalité de la situation brise en mille morceaux…
    « Comme si elle avait verrouillé la porte qui mène à son âme et jeté la clé dans un puits. Qu’ils prennent mon corps, ils n’auront pas mon âme. »

    Alors il reste l’écriture comme exutoire, la plus fidèle compagne d’infortune, où les mots viennent et sont couchés sur ses quelques pages d’un carnet, dans lequel elle se raconte, elle se réfugie, elle espère encore le temps d’un temps pour elle et pour les siens…
    « Et l’enfant Asma a commencé à tracer des lettres sur un cahier rouge. Pour son père. Pour leurs fous rires, pour les chansons qu’il lui apprenait. Elle cherchait le mot juste pour chaque chose. Les mots venaient et se posaient sur la page comme ça, sans effort. En s »assemblant, ils créaient des images nouvelles, qui la surprenaient. Elle écrivait et la lumière sortait des mots. C’était comme une musique dans sa tête. »

    Un roman très documenté, il nous rappelle l’existence de faits réels, passés ou encore et toujours d’actualité. Il s’agit là d’un avantage incontestable de lire des romans écrits par une auteure dont l’histoire reste son coeur de cible.

    Comme il fut bon de vous relire, très chère Christine De Mazieres. Notre première rencontre à travers votre inoubliable roman « Trois jours à Berlin », j’ai retrouvé dans « La Route des Balkans », la même sensation, celle d’être avec vos personnages. De les suivre. De courir avec eux. De les entendre. C’est ça, votre force et la puissance de vos mots, nous faire vivre ce que vous raconter. Et vous racontez si bien… Et comme pour le précédent, une nouvelle petite graine a été semée dans ma forêt de coups de coeur littéraires. Alors un grand merci pour cette lecture coup de poing !

    https://littelecture.wordpress.com/2020/06/15/la-route-des-balkans-de-christine-de-mazieres/

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    Couverture du livre « La route des Balkans » de Christine De Mazieres aux éditions Sabine Wespieser

    Henri-Charles Dahlem sur La route des Balkans de Christine De Mazieres

    «Combien sont-ils au juste, entassés, engouffrés, encore et encore, contents malgré tout de grimper dans ce véhicule qui les emmène à la fin de la nuit de ce coin perdu de Hongrie…» Un camion qui va devenir leur tombe. Christine de Mazières s’appuie sur un fait divers qui a coûté la vie à plus...
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    «Combien sont-ils au juste, entassés, engouffrés, encore et encore, contents malgré tout de grimper dans ce véhicule qui les emmène à la fin de la nuit de ce coin perdu de Hongrie…» Un camion qui va devenir leur tombe. Christine de Mazières s’appuie sur un fait divers qui a coûté la vie à plus de 70 migrants pour raconter le destin de ces personnes qui fuient la guerre et dont l’Europe ne veut pas.

    C’est une histoire d’aujourd’hui, un drame qui a bouleversé l’Europe quelques temps avant que l’actualité ne fasse passer ces dizaines de morts dans l’oubli. Comme le rappelle FranceInfo, le 27 août 2015, «dans un camion stationné dans l'est de l'Autriche, plus de 70 cadavres ont été découverts asphyxiés.» C’est à partir de ce terrible fait divers que Christine de Mazières a construit un roman bouleversant autant que très documenté.
    La route des Balkans raconte en particulier le parcours de deux migrants, Asma la Syrienne et Tamim l’Afghan, qui se retrouvent au moment de monter dans ce camion qui part vers la mort. Deux destins particuliers parmi les centaines de milliers qui se sont jetés dans cette aventure très risquée, mais qui permettent de parfaitement comprendre qu’ils n’ont guère le choix. Asma a fui l’armée islamique qui a tué son père et lui réservait un sort peu enviable, d’autant que son frère avait rejoint la rébellion. Tamim a lui aussi vu son père mourir. Les talibans ont réservé ce même sort à ses frères, le poussant à quatorze ans sur les routes de l’exil. Cela fait de longs mois qu’il erre, car les passeurs ne lui font pas de cadeaux, loin de là. Pour lui comme pour ceux qui traversent la Méditerranée, cette économie souterraine a tout de l’exploitation de l’homme par l’homme, humiliation et violences comprises. Une condition précaire parfaitement détaillée ou tout geste de solidarité est vécu comme un miracle.
    Les Syriens, Irakiens, Afghans et Érythréens qui se retrouvent dans cette forêt hongroise entrevoient désormais le bout de leur errance et la fin de cette «vie entre deux, suspendue entre deux vies.» La chancelière allemande a en effet, contrairement aux gouvernants des autres pays de l’Union européenne, choisi d’accueillir ces réfugiés en nombre. Après les atermoiements et les calculs sur le nombre «raisonnable», le ministre de l’intérieur – qui n’a rien d’un tendre – affirme haut et fort que «chaque réfugié qui arrive en Allemagne doit être accueilli et hébergé de manière digne, sûre et correcte…»
    Christine de Mazières, dont on sait depuis Trois jours à Berlin, sa parfaite connaissance de l’Allemagne, donne une dimension historique à son roman en racontant le parcours d’Helga qui s’est elle-même retrouvée sur les routes dans les années quarante, lorsqu’il fallait fuir devant l’avancée de l’armée rouge. En racontant son odyssée à sa fille Alma et à sa petite-fille Johanna, elle tire un fil jusqu’à ces personnes qui, comme elle, fuient la guerre.« Sauver sa peau, c’est la seule chose qui comptait alors. Le pays était effondré et les gens aussi. Cette génération de femmes a dû reconstruire sur des ruines. Elles méritaient leur surnom de Trümmerfrauen».
    De par son histoire elle ressent parfaitement la détresse des migrants et, à l’image de dizaines de milliers de ses concitoyens, veut tendre la main à ces réfugiés. À ceux qui ne seront pas morts en route. Car en ce 28 août caniculaire, le camion frigorifique délaissé sur le bord de l’autoroute, va livrer la cargaison de l’horreur. Des dizaines de réfugiés, en grande partie syriens, morts à quelques kilomètres de la délivrance. Asma est l’une des victimes que Tamim a vu monter dans le camion en pensant qu’elle est partie sans lui, qu’elle a eu de la chance.
    En mettant un visage sur ce drame, la romancière nous le rend encore plus insupportable. En nous faisant découvrir le contenu de son petit cahier rouge, elle nous touche au cœur. Et en nous rappelant que c’est de Hongrie que le rideau de fer s’était ouvert vers l’Autriche 26 ans auparavant, elle nous fait toucher du doigt les contradictions de ces politiques qui s’empressent désormais de construire un nouveau mur… de la honte. Souvenons-nous aussi de la réponse des pays européens à l’appel d’Angela Merkel réclamant «une décision exceptionnelle face à une situation d’urgence» : une fin de non-recevoir.
    Après Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert, voici un second livre fort et documenté sur la tragédie des migrants. Un roman bouleversant d’où émerge un peu d’humanité. Une petite flamme qu’il est essentiel d’entretenir.
    https://urlz.fr/dohT

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    Couverture du livre « Trois jours à Berlin » de Christine De Mazieres aux éditions Sabine Wespieser

    HEIM sur Trois jours à Berlin de Christine De Mazieres

    La chute du mur de Berlin vue à travers plusieurs personnages. Certains se connaissent, d'autres pas. Certains sont joyeux de l'événement, d'autres le vivent avec plus de crispation ou de nostalgie. Les autorités est-allemandes semblent elles-mêmes subir l'inexorable événement avec la...
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    La chute du mur de Berlin vue à travers plusieurs personnages. Certains se connaissent, d'autres pas. Certains sont joyeux de l'événement, d'autres le vivent avec plus de crispation ou de nostalgie. Les autorités est-allemandes semblent elles-mêmes subir l'inexorable événement avec la convergence de milliers de gens vers les postes frontières de la ville. Un cafouillage géant bien restitué dans le livre.
    Christine de Mazières dresse de multiples portraits d'hommes et de femmes sans avoir le temps de laisser au lecteur le temps de s'attacher à tel ou tel personnage pour mieux montrer que c'est l'événement qui illumine le livre, que tous les habitants de Berlin se confondent et que désormais leur existence ne sera plus jamais tout à fait la même.
    Un beau roman fruit de la rencontre entre l'auteure et la ville de Berlin mais qui est aussi une pièce d'histoire avec ces divers témoignages d'anonymes ou de gens plus connus qui ont vécu l'événement.

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    Couverture du livre « Trois jours à Berlin » de Christine De Mazieres aux éditions Sabine Wespieser

    Zabouille sur Trois jours à Berlin de Christine De Mazieres

    Éditions Sabine Wespieser
    Parution le 07/03/2019
    Coup de coeur des lectrices Femina Mai 2019

    Je me souviens très précisément de ce soir, historique, dont ma jeunesse ne me permettait pas de me rendre compte de l’ampleur de ce qui se passait sous nos yeux. En direct. Le jour de la chute du...
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    Éditions Sabine Wespieser
    Parution le 07/03/2019
    Coup de coeur des lectrices Femina Mai 2019

    Je me souviens très précisément de ce soir, historique, dont ma jeunesse ne me permettait pas de me rendre compte de l’ampleur de ce qui se passait sous nos yeux. En direct. Le jour de la chute du mur de Berlin. Nous étions en famille, agglutinés tous les quatre sur notre canapé, à des kilomètres de ce lieu où se jouait, là, le chamboulement de ces nombreuses vies.
    « D’habitude, j’évite les abords du mur et de tout ce qui rappelle que je ne pourrai jamais y aller, de l’autre côté. Pourtant, j’avais cru y arriver, une autre nuit. »

    Un peuple en mouvement, secouant et brisant les chaînes qui les ont trop longtemps divisés.
    « Miradors, barbelés, le mur les toise. Le mur est une scie qui déchire la chair. »

    « Ici, à la frontière, à la place du Peuple résigné et soumis de la RDA, se tiennent des personnes qui clament leur désir de liberté. Ils sont venus fuir un pays muselé et ils rencontrent un peuple en train de secouer ses chaînes. Une onde de joie illumine les visages et allume de minuscules étincelles dans les regards. »
    Ce court roman retrace les trois jours passés à Berlin, par plusieurs personnages donnant ainsi l’angle de vue de chacun d’eux. Et Anna en est le centre. La pièce commune à tous.
    On vit cet événement, on y est, dans la foule qui se masse devant ce mur, d’abord dans le calme, pacifique. Parce qu’on leur a promis l’ouverture. La libération. L’unification. Une promesse qu’ils attendent d’être tenue. Depuis si longtemps.
    « Ils ont annoncé qu’ils vont ouvrir le mur, comme ça, tout à coup, c’est incroyable, quel espoir ! Allez-y donc, Fraulein, et revenez nous raconter. »

    A travers ces pages, on assiste à leur stupéfaction, ils sont comme subjugués par ce qui est en train de se produire.
    « La RDA leur promettait l’Égalité, ils voulaient la Liberté, ils trouvent la fraternité. »

    Et leur sidération devient la nôtre, nous lecteurs, en plein coeur de ce roman bref et puissant, tranchant et bouleversant. On se sent faible devant une telle force, ce cri d’un peuple, son espoir.
    Un très grand coup de coeur !

    « Quand la vie tourne au ralenti comme dans une salle d’attente, quand les hommes finissent par se taire par dégoût du mensonge, lire est un refuge. »

    « Toutes ces heures passées à oublier l’Etat des ouvriers et des paysans en lisant, toutes ces heures à s’évader par l’imagination. Dans nul autre pays au monde, on ne lit autant. La République démocratique allemande a mérité le surnom de LeseLand, pays de lecteurs. »

    https://littelecture.wordpress.com/2019/04/29/trois-jours-a-berlin-de-christine-de-mazieres/

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