Christian Guay-Poliquin

Christian Guay-Poliquin
Christian Guay-Poliquin est né au Canada, en 1982. Il élabore actuellement un projet de thèse sur le récit de chasse et travaille par ailleurs dans la rénovation. Le crayon sur son oreille lui sert autant à marquer ses mesures qu'à noter ses idées. Le Fil des kilomètres est son premier roman. Voir plus
Christian Guay-Poliquin est né au Canada, en 1982. Il élabore actuellement un projet de thèse sur le récit de chasse et travaille par ailleurs dans la rénovation. Le crayon sur son oreille lui sert autant à marquer ses mesures qu'à noter ses idées. Le Fil des kilomètres est son premier roman.

Avis (18)

  • Couverture du livre « Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin aux éditions L'observatoire

    Madame Tapioca sur Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

    Immense roman.
    À la fois oppressant et poétique. Les mots me manquent pour décrire l’ambiance et l’esprit de cette histoire. C’est parfaitement maîtrisé, on ne peut pas décrocher dès que l’on commence la lecture. Lu sous le soleil estival, j’ai ressenti la morsure du froid, l’angoisse de la...
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    Immense roman.
    À la fois oppressant et poétique. Les mots me manquent pour décrire l’ambiance et l’esprit de cette histoire. C’est parfaitement maîtrisé, on ne peut pas décrocher dès que l’on commence la lecture. Lu sous le soleil estival, j’ai ressenti la morsure du froid, l’angoisse de la survie.
    Je découvre cette année la littérature québécoise et après « Taqawan », « Le poids de la neige »
    est un second coup de cœur.

  • Couverture du livre « Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin aux éditions L'observatoire

    Mes échappées livresques sur Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

    Alors qu’il venait rendre visite à son père dans son village natal, le narrateur est victime d’un grave accident de voiture qui l’oblige à être immobilisé durant plusieurs mois. Il va finalement être recueilli par Matthias, un vieil homme qui n’a qu’une seule idée en tête, quitter le village...
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    Alors qu’il venait rendre visite à son père dans son village natal, le narrateur est victime d’un grave accident de voiture qui l’oblige à être immobilisé durant plusieurs mois. Il va finalement être recueilli par Matthias, un vieil homme qui n’a qu’une seule idée en tête, quitter le village pour rejoindre sa femme.

    Seulement voilà, l’hiver s’est déjà installé et la neige tombe sans discontinuer, isolant les deux hommes pour le reste de la saison. D’autant plus qu’une panne générale d’électricité frappe les habitants et que la pénurie de nourriture commence à se faire sentir.

    On va suivre la relation entre nos deux protagonistes à travers ce récit qui prend peu à peu des allures de fin du monde. Dans ce décor glacial, les deux hommes vont devoir s’entraider, se faire confiance, affronter la faim et le froid ainsi que la solitude. Au fil des pages, la tension monte et le piège se referme doucement sur eux.

    Les descriptions de Christian Guay-Poliquin sont d’un réalisme bluffant. Tout au long de ma lecture, j’ai ressenti ce froid par tous les pores de ma peau. J’ai également été impressionnée par la beauté des paysages ainsi que par toute cette neige qui n’en finit pas de tomber jusqu’à ce que l’atmosphère devienne plus lourde, plus oppressante.

    C’est un roman où les actions se font rares mais les chapitres courts donnent du rythme au récit. De plus, la plume sobre et poétique de l’auteur m’a charmée et captivée. Mention spéciale à l’originalité des numéros de chapitres correspondant à l’épaisseur de la neige accumulée. Mon seul bémol, c’est un petit sentiment de frustration en refermant ce livre qui m’a laissée avec de multiples interrogations en suspens.

    Un huis-clos envoûtant et haletant, qui nous entraîne dans un hiver d’une rudesse extrême, en compagnie de deux hommes que tout oppose mais qui vont devoir cohabiter ensemble pour survivre.

  • Couverture du livre « Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin aux éditions L'observatoire

    Mumu Dans le Bocage sur Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

    Comme souvent avec cette maison d'éditions, la couverture est souvent très représentative de ce que l'on va trouver ensuite avec les mots.... Et ce n'est pas toujours le cas !
    Quel beau roman et pourtant un huis clos entre deux hommes, un sujet qui peut se révéler ennuyeux : le narrateur,...
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    Comme souvent avec cette maison d'éditions, la couverture est souvent très représentative de ce que l'on va trouver ensuite avec les mots.... Et ce n'est pas toujours le cas !
    Quel beau roman et pourtant un huis clos entre deux hommes, un sujet qui peut se révéler ennuyeux : le narrateur, gravement blessé sur la route qui le mène au village de son enfance après un accident de voiture qui l'oblige à l'immobilité et Matthias, homme plus âgé, qui s'est lui aussi retrouvé coincé dans cette nature hostile, tous les deux contraints à se réfugier, ensemble, sous une véranda dont le toit se couvre de neige suite à une panne d'électricité générale qui dure et qui contraint l'ensemble de la population et eux deux à vivre en retournant à l'essentiel : manger, avoir chaud, survivre en un mot.
    Le climat et la nature sont omniprésents : chaque chapitre fait état de la hauteur de neige extérieure et comme le climat du livre : elle progresse, elle monte en poids psychologique puis elle fond avec l'arrivée de la fin de l'hiver. La relation entre les deux hommes passent par différents stades de l'indifférence, du mutisme au dialogue, ils forment un couple contraint à une vie à deux qu'ils n'ont pas choisie.
    La co-habitation entre les deux hommes est très bien rendue : elle passe par des moments de tension extrême mais également par des accalmies entre un homme d'expérience, de bon sens, rude parfois mais révélant un coeur tendre quand il évoque sa femme avec qui il est marié depuis 57 ans, ayant des réflexes de survie essentiels pour la guérison de l'autre, plus jeune, observateur, en recherche ses racines, de son devenir.
    La force de cette narration tient à la façon de traiter le sujet : on entre à pas feutrés dans l'histoire, découvrant peu à peu les raisons de leurs présences, leurs passés, les caractères se dessinent, leur environnement prend forme (je me suis très bien représenté leur refuge, la nature environnante) tout cela d'une écriture nette, concise, puissante. Tout est dit, sans développement inutile laissant le lecteur se représenter le décor, les acteurs et les tensions qui s'installent.
    C'est cette subtilité que j'aime dans les romans quand l'auteur nous laisse faire le chemin près de lui, sentir la progression du récit venir à nous et se rendre compte que nous intégrons, et dans ce cas précis, le refuge, nous sentons le froid, le poids de la neige, la nature feutrée enveloppée dans la gangue de l'hiver, les tensions entre les personnages, j'ai très bien imaginé les regards échangés, les rapprochements etc.
    La solitude et l'isolement des deux naufragés est ponctuée par le passage d'autres habitants, personnages secondaires, mais sources d'informations sur l'extérieur, de soins ou de comportements.
    La construction du récit est originale : tout n'est pas révélé : pourquoi une panne si longue mais ce n'est pas primordial ni indispensable pour la lecture : elle n'est que le prétexte de la révélation des personnalités : certains se révéleront égoïstes et lâches, d'autres prendront une décision capitale pour la suite de leurs vies.
    Voilà une très jolie découverte, couronnée par un prix (mérité) pour une oeuvre originale, qui aurait pu être ennuyeuse de par le sujet, majoritairement un huis clos entre deux hommes, mais qui se révèle être passionnante, bien écrite, une ode à la nature, la plus forte, toujours, et qui est surtout une étude de caractères et de comportement parfaitement réussie.

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