Boubacar Boris Diop

Boubacar Boris Diop
Né à Dakar, auteur d'une dizaine de romans et d'essais, Boubacar Boris Diop écrit en français et en wolof. Il a notamment publié Murambi, le livre des ossements (Zulma,2011), Les petits-fils de la guenon (Philippe Rey, 2009). Il est installé depuis deux ans à Saint-Louis du Sénégal.

Avis (6)

  • Couverture du livre « Murambi, le livre des ossements » de Boubacar Boris Diop aux éditions Zulma

    Emmanuelle matoussowsky sur Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop

    Rwanda, Ecrire par devoir de mémoire : c'est sur ce thème que l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop s'est attaché à écrire un roman sur le génocide tutsi au Rwanda.
    Comment parler d'un génocide ? Comment raconter l'indicible ?
    Cornelius, exilé depuis de nombreuses années à Djibouti rentre...
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    Rwanda, Ecrire par devoir de mémoire : c'est sur ce thème que l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop s'est attaché à écrire un roman sur le génocide tutsi au Rwanda.
    Comment parler d'un génocide ? Comment raconter l'indicible ?
    Cornelius, exilé depuis de nombreuses années à Djibouti rentre au Rwanda, 4 ans après le génocide. A Murambi, plus exactement, où, dans l'enceinte d'une école, son père, le Dr Karekesi a fait regrouper tous les Tutsis des collines environnantes sous prétexte de les protéger : environ 50000 personnes qu'il a fait massacrer, y compris sa femme et ses 2 enfants.
    Cornelius, avec l'aide du vieux sage Simon Habineza, tente de comprendre cet effroyable massacre.
    Dans un récit extrêmement sobre et nuancé, l'auteur nous fait découvrir les tenants et aboutissants du génocide et réussit à saisir l'indicible, réhabilite la mémoire des morts, espérant poser les bases d'un possible futur pour ce pays exsangue.
    J'ai été encore plus passionnée par l'excellente postface de l'auteur qui met en lumière le rôle trouble qu'a joué la France.

  • Couverture du livre « Murambi, le livre des ossements » de Boubacar Boris Diop aux éditions Zulma

    Sandy Lafosse sur Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop

    Un roman dont on ne sort pas indemne" expression souvent employée au sortir d'un roman qui nous a marqués, qui a laissé quelques traces, expression parfois galvaudée tant il nous est parfois difficile à nous, ceux qui modestement proposons notre regard sur un livre, d'exprimer l'étendue et le...
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    Un roman dont on ne sort pas indemne" expression souvent employée au sortir d'un roman qui nous a marqués, qui a laissé quelques traces, expression parfois galvaudée tant il nous est parfois difficile à nous, ceux qui modestement proposons notre regard sur un livre, d'exprimer l'étendue et le bouleversement que les mots de l'auteur ont provoqué. Utiliser cette expression presque devenue banale serait faire offense à Murambi, le livre des ossements tant il beaucoup plus que cela.

    Ici l'auteur utilise son art, l'écriture pour donner ne serait-ce qu'un peu de sens à ce qui fût le dernier génocide du vingtième siècle. Murambi, le livre des ossements est né après que Boubacar Boris Diop ait accepté de se rendre au Rwanda dans le cadre d'une résidence d'auteurs "Rwanda : écrire par le devoir de mémoire", parti avec l'idée d'écrire un récit de voyage, il en est revenu avec ce roman dont la moelle est constituée de tous les témoignages, de tous ces mots pour dire l'indicible des Rwandais qu'il a rencontrés.

    Ainsi Cornélius, l'enfant rwandais réfugié à Djibouti pendant des années orphelin de mère, frère et sœur massacrés lors du génocide comme 800 000 Tutsis et qui revient pour mieux comprendre et peut être retrouver son père dont il sans nouvelle, Jessica la résistante engagée qui a survécu, Siméon l'oncle plein de sagesse de Cornélius, sont incarnés par les témoignages recueillis par Boubacar Boris Diop. Des personnages tellement vivants, tellement incarnés que le lecteur s'attendrait presque à, lorsqu'il relève les yeux, les retrouver face à lui, racontant leur histoire, l'horreur vécue.

    Si l'auteur s'efface avec une humilité saisissante derrière ses personnages, il n'en dénonce pas moins avec force, le désintérêt des occidentaux trop occupés par la coupe du monde de football qui se déroulait aux Etats Unis pour n'accorder ne serait-ce qu'un regard à ce génocide, alors que tous avaient crié plus jamais en découvrant les camps de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale. Boubacar Boris Diop, n'en reste pas là il revient également de manière claire et précise sur le jeu nauséabond de la France qui savait tout de ce génocide et dont les soldats de l'opération turquoise ont eu un comportement au minimum inexcusable et inhumain au pire criminel.

    Impossible alors de ne pas ressortir exsangue de ce roman qui bien que décrivant l'horreur du génocide, le crime de masse est paradoxalement emplit d'humanité. Murambi, le livre des ossements donne du sens à ces images que tous nous avons vu il y a aujourd'hui vingt ans sur nos écrans de télévision. J'avais vingt ans à l'époque, et je ne comprenais pas ces enchevêtrements de corps mutilés au bord des routes, je ne comprenais pas ce qui était pour moi la folie de ces Rwandais.

    À l'issue de cette lecture aussi éclairante que bouleversante, je comprends davantage ce qui s'est joué là-bas au Rwanda. Tous ces corps enchevêtrés vus dans les journaux télévisés n'en sont plus, le roman de Boubacar Boris Diop leur a redonné leur statut d'humain, ils sont redevenus des femmes, des hommes, des enfants. Des êtres de chair qui avant, qu'on ne les massacre et les laisse pourrir sur le bord des chemins ont vécu, aimé, désiré... rêver.

    Murambi, le livre des ossements et un roman d'une puissance et d'une humanité rare. Dans la vie d'un lecteur, il y a fatalement un avant et un après Murambi, le livre des ossements...

  • Couverture du livre « Murambi, le livre des ossements » de Boubacar Boris Diop aux éditions Zulma

    Stéphanie Fontaine de FURET DU NORD sur Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop

    Attention, ne prenez pas ce roman si vous n'êtes pas prêts à recevoir une claque... Boubacar Boris Diop n'explique pas dans son livre le génocide des Tutsi au Rwanda. On ne peut pas expliquer la folie humaine. En revanche, il déroule les événements des massacres, les horreurs vécues par ses...
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    Attention, ne prenez pas ce roman si vous n'êtes pas prêts à recevoir une claque... Boubacar Boris Diop n'explique pas dans son livre le génocide des Tutsi au Rwanda. On ne peut pas expliquer la folie humaine. En revanche, il déroule les événements des massacres, les horreurs vécues par ses personnages sont en fait celles de tout un peuple. Il n'épargne pas son lecteur, qui à la fin du livre est hanté par une question : l'emploi du mot «génocide» est-il si galvaudé que tout en connaissant l'ampleur de la tragédie rwandaise, je sois bouleversé par ce livre si salutaire qui remet les pendules à l'heure et qui me «force» à intégrer les détails d'une horreur si loin d'un France surprotégée, et en même temps si proche de nous, car se massacre a eu lieu en 1994, à notre époque, quasiment à notre porte. Comment peut-on être si imperméable aux échos du monde ? Comment peut-on vivre normalement en sachant ce qui se passe juste à côté de nous ? Surtout l'auteur évoque très clairement l'attitude plus qu'équivoque de la France et de ses gouvernements successifs. «La patrie des Droits de l'Homme» semble oublier bien facilement ses principes quand il s'agit de défendre ses intérêts en Françafrique. L'auteur cite cette phrase terrible de Mitterrand «dans ces pays-là, un génocide ce n'est pas important» Édifiant...

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