A découvrir sans tarder, "Les miroirs de Suzanne"

mercredi 19 juin 2019

Un livre empreint d’une grande humanité

A découvrir sans tarder, "Les miroirs de Suzanne"

Avec Les miroirs de Suzanne aux éditions Allary, Sophie Lemp nous montre tout ce que l’on doit aux mots et à l’écriture de sa plume fine et délicate par un texte émouvant.

Régine Roger, membre de notre Cercle livresque nous fait découvrir ce livre.

 

C’est un roman au bon goût sucré de bonbons chamallow et de menthe à l’eau. Avec des souvenirs à fleur de peau d’un amour de jeunesse durable et sincère de la fin des années 90 qui ne s’est pas éteint. De belles phrases rondes, diluées et élégantes comme des bulles qui se posent délicatement.

 

A 40 ans, Suzanne n’est pas seulement une épouse et une mère comblée. Elle est aussi une femme sortie de l’adolescence très vite quand elle rencontre Antoine, un homme marié de 50 ans. Son fulgurant amour. Fascination et admiration pour l’homme et l’écrivain. Un amour caché consigné dans le journal intime de son adolescence et fermé à clé dans un coffret depuis plus de 20 ans. Scellés les extraits de chansons, de poésie, la lumière d’un regard et la pose d’une voix.

Ses carnets traversent les années comme Hugh Grant traverse les saisons dans le film Coup de foudre à Notting Hill.

 

Quand Suzanne perd ses carnets lors d’un cambriolage, une part d’elle-même s’en va, celle qui reste est complètement dévastée. Sans trembler, sans faillir, enfin agir. Alors, Suzanne décide de se remettre en mouvement par nécessité, de recoller les morceaux manquants en écrivant un livre à partir des souvenirs qui lui restent de son premier amour. Toujours vivant et au risque de mettre son couple en péril.

 

Ce beau roman mélancolique raconte son écriture et avec lui affluent les sons, les odeurs, les gestes et les regards, la présence d’un homme passionnément aimé.

Ecrire pour retrouver peut-être un peu de légèreté  comme regarder « la fin d’un film dramatique pour se défaire d’une tristesse qui ne se dissipait pas autrement ». Écrire, c’est aussi peut-être pour Suzanne la plus belle manière de tourner la dernière page de son histoire.

 

Pendant ce temps, et sans que Suzanne le sache, ses journaux intimes sauvent la vie de Martin, un adolescent d’aujourd’hui. Martin vit une autre histoire mais les peines sont les mêmes. Le récit alterne entre Suzanne et Martin, les carnets de Suzanne guidant Martin dans sa guérison affective. Un pont solide reliant les deux rives.

 

J’ai aimé le regard tendre  et généreux de Sophie Lemp sur nous, les gens ordinaires. Il y a de l’amitié entre jeunes, de la fraternité entre cultures différentes comme par exemple entre Ousmane, qui vient du Mali et Martin. C’est simplement dit et j’ai été touchée : « en les écoutant, Martin se demande ce que deviendront les mots qui ce soir entre eux circulent ».

 

Je me suis abreuvée de la douceur des mots comme le ferait un chocolat bien chaud saupoudrée d’une pointe de tristesse mais sans aucune lourdeur. Je me suis surprise à chantonner Tombé du ciel de Jacques Higelin et les refrains d’Alain Souchon. La chanson de Fugain, une belle histoire.

C’est un texte émouvant dont la douce beauté surannée m’a fait fondre le cœur.

 

(c) Régine Roger

 

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