La critique des lecteurs pour "Le Zeppelin" de Fanny Chiarello

lundi 10 octobre 2016

Rentrée littéraire 2016 éditions de l’Olivier

La critique des lecteurs pour "Le Zeppelin" de Fanny Chiarello

Pour cette rentrée littéraire 2016, les éditeurs vous proposent plus de 500 romans. Mais alors, que lire et comment ne pas passer à côté de belles découvertes ?  Cette année, Lecteurs.com a choisi d’explorer 50 romans français. Pendant tout l’été, les Explorateurs les ont lu en avant-première.

Ils ont relevé le défi, ils ont aimé ou détesté, mais dans tous les cas ils ont chroniqué pour vous avec leur passion de lecteurs.

 

Dans une ville nommée La Maison, les habitants semblent être plongés dans un ennui abyssal dont rien ne peut les sauver. Ils se sont habitués depuis longtemps à ses bizarreries, aux étranges phénomènes qui les frappent dès qu'ils longent le canal Saint-Divan ou remontent la rue Canard-Bouée. Aussi, le survol de la ville par un énorme dirigeable arrive-t-il à point nommé. Ils sont douze, douze narrateurs dont les activités insignifiantes, celles qui remplissent leur quotidien et forgent leur existence, se trouvent soudainement interrompues par le passage du zeppelin qui les précipite dans la panique, les pousse à la prière, les paralyse ou les prive de voix. Corrosifs, loufoques, absurdes, drôles, émouvants, tous leurs récits construisent un roman farfelu à la Brautigan, une galerie de portraits où la poésie se nourrit d'infime et d'anodin.

 

 

Découvrez l’avis de Christophe Robert pour Le Zeppelin de Fanny Chiarello :

 

Le Zeppelin, comme un ovni que l’on scrute dans le ciel de cette rentrée littéraire 2016, bouleverse toute nos croyances en matière de roman, nous ébranle, nous secoue, et nous fait douter de ce que nous avons lu.

Ce livre est simplement prodigieux, phénoménal, exceptionnel, donc forcément indispensable, et occupera résolument une place à part dans la littérature et une bibliothèque.

Coté histoire, Fanny Chiarello nous embarque dans une ville qui n’existe pas, à la rencontre de douze habitants qui vont nous faire vivre leur journée, ce long 26 juillet, ou tout bascule, ou un Zeppelin vient projeter son ombre sur le centre historique de la ville. Conçu comme un «livre chorale », ou à tour de rôle chacun prend la parole pour, au détour du récit, venir compléter le tout que forme le roman. Chaque chapitre se présente comme une pièce d’un puzzle que le lecteur doit assembler s’il veut comprendre l’avancée de l’histoire (hé oui, lecteur, il faut un peu bosser, un peu se creuser la tête, et faire marcher ses neurones, c’est pas du populo-demago, c’est pas du produit formaté pour une morale de bas étage). 

Ce zeppelin est vécu, comme un film catastrophe (l’auteur cite le film Tremblement de terre de 1975) tant dans le récit que dans la forme, avec ses entrées multiples qui toutes convergent vers le point culminant du roman. La construction par chapitre est exploitée avec une maitrise parfaite, transforme la lecture en jeu de piste, en ricochet, et chausse trappe, jusque dans le formalise des lignes coupées, des paragraphes tronqués.

Et là, le talent de Fanny Chiarello vient s’en mêler et transforme une «simple» histoire en cyclone. C’est drôle, c’est féroce, c’est cruel, c’est de l’humour noir au compte goute et bien plus encore, porté par une écriture exquise, juste, précise et forcement redoutable. L’auteur est là où on ne l’attend pas et nous surprend pages après pages. On est très loin de ces précédents romans ce qui prouve toute l’étendue de son art.

On louche vers le non-sens le plus absolu, vers ce que Woody Allen a pu écrire de plus percutant dans les dialogues, vers ce que les Monthy Python peuvent mettre en scène ou même Lewis Carroll. C’est Alice de l’autre côté du miroir pour adulte. On se met même à penser quel film cela ferait si ce roman tombait entre les mains d’un François Ozon !!!

 

Alors si vous aimez la devinette du Chapelier Fou «Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ?», si vous aimez les années qui se comptent en frigidaire, si vous mangez des millefeuilles alors que vous préférez les croissants, si vous pensez être victime du syndrome canard-bouée, ou que le prénom Valérie ne commence décidément pas par un S, que vous vous inquiétez du sort d’un poulet plumé, que vous n’avez pas peur de vous embarquez dans un zeppelin ou dans une histoire folle racontée avec un talent fou, ce livre est fait pour vous ! ! !

 

© Christophe Robert

Retrouvez la riposte de Fanny Chiarello à ses lecteurs à lire ICI

 

Retrouvez les 50 romans français et les Explorateurs de la rentrée littéraire 2016

Les chroniques :

Mais également les chroniques :

"Où la lumière s’effondre" Guillaume Sire (Plon)

"Chanson douce" Leila Slimani (Gallimard)

"Une bouche sans personne" Gilles Marchand (Aux Forges de Vulcain)

"Les lois de l’apogée" Jean Le Gall (Robert Laffont)

"Anguille sous roche" Ali Zamir (Le Tripode)

"Police" Hugo Boris (Grasset)

"Ma part de Gaulois" Magyd Cherfi (Actes Sud)

"Une fille et un flingue" d’Ollivier Pourriol (Stock)

"Celui-là est mon frère" de Marie Barthelet (Buchet-Chastel)

"Marcher droit, tourner en rond" Emmanuel Venet (Verdier)

"Le Zeppelin" de Fanny Chiarello (L’Olivier)

"Crépuscule du tourment" Léonora Miano (Grasset)

"Comment tu parles de ton père" de Joann Sfar

 

Les Pour ou Contre :

"Beaux rivages" de Nina Bouraoui (Lattès)

"L’Année la plus longue" de Daniel Grenier (Flammarion)

"L’innocent" de Christophe Donner (Grasset)

"Le Garçon" de Marcus Malte (Zulma)

"Les sorcières de la république" de Chloé Delaume (Seuil)

"La sainte famille" de Florence Seyvos (Editions de l’Olivier)

 

Pour aller plus loin :

Livres

Auteurs

Où trouver « Le zeppelin » en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Les dernières discussions

Il n'y a pas encore de discussion sur cet article
Soyez le premier à en lancer une !

Afficher plus de discussions

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !