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Canoës

Couverture du livre « Canoës » de Maylis De Kerangal aux éditions Verticales
  • Date de parution :
  • Editeur : Verticales
  • EAN : 9782072945564
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, «Mustang», et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une... Voir plus

« J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, «Mustang», et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d'échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s'use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer. J'ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d'un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes - des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l'espace. Surtout, j'ai eu envie d'aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un «je», au plus proche. ».
(M. de K.)

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Avis (4)

  • Fervente admiratrice de l'auteure,fascinée par la qualité de l'écriture,ne me suis pourtant pas laissée embarquer à bord de ce "Canoës"...Serait-ce parce que j'avais écouté avec attention la romancière à la Grande Librairie avant,l'univers de ces nouvelles m'avait été dévoilé? DOMMAGE!

    Fervente admiratrice de l'auteure,fascinée par la qualité de l'écriture,ne me suis pourtant pas laissée embarquer à bord de ce "Canoës"...Serait-ce parce que j'avais écouté avec attention la romancière à la Grande Librairie avant,l'univers de ces nouvelles m'avait été dévoilé? DOMMAGE!

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  • Maylis de Kerangal, c'est une première rencontre majestueuse avec "Naissance d'un pont". Puis, il y a eu un autre rendez-vous tout aussi merveilleux et en couleurs avec le roman "Un monde à portée de main". Alors, j'ai cru au troisième avec ces nouvelles "Canoës" mais la rencontre s'est...
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    Maylis de Kerangal, c'est une première rencontre majestueuse avec "Naissance d'un pont". Puis, il y a eu un autre rendez-vous tout aussi merveilleux et en couleurs avec le roman "Un monde à portée de main". Alors, j'ai cru au troisième avec ces nouvelles "Canoës" mais la rencontre s'est seulemente faite in extremis, avec l'ultime histoire de ce recueil "Ariane espace". Déçue.

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  • Chère Maylis,
    Il faut que je vous confie un secret : vous savez, nous lecteurs, nous ne sommes pas comme les éditeurs, nous ne vous réclamons pas à cor et à cri un livre tous les deux/trois ans, nous savons patienter, nous ne sommes pas pressés… On peut même attendre cinq ans, dix ans s'il le...
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    Chère Maylis,
    Il faut que je vous confie un secret : vous savez, nous lecteurs, nous ne sommes pas comme les éditeurs, nous ne vous réclamons pas à cor et à cri un livre tous les deux/trois ans, nous savons patienter, nous ne sommes pas pressés… On peut même attendre cinq ans, dix ans s'il le faut (pas tellement plus parce qu'on est un peu vieux, hein…)
    Je dis ça, parce qu'entre nous, cette nouvelle « Mustang » page 33 à 102, elle est vraiment très forte, elle m'a beaucoup touchée, moi qui, comme vous, suis de la même année que la Ford Mustang vert forêt, intérieur skaï vert amande. Je vous ai suivie le long des contreforts des Rocheuses, dans les prairies rose poussière, j'ai chiné dans le magasin de pierres « Colorado Magical Stones », j'ai senti le sol, les matières, j'ai touché les cendres, le grès, le schiste, le granit, j'aime la sensualité de ce qui compose la roche, la falaise, la montagne, moi aussi je peux nager en piscine en mer dans les lacs, partout, j'aime aussi partir d'un coup quand j'en ai ma claque et la poterie pourquoi pas, rien que pour faire comme elle dit, Ursula K.Le Guin, dans sa « théorie de la fiction-panier », j'adore ce qu'elle dit, Ursula K.Le Guin, et j'en ai un peu marre des récits de mecs poilus qui tuent (même si je peux aimer les mecs poilus qui tuent.) Je suis entrée à pieds joints dans votre « infra-fiction » secrète, je m'y suis vautrée. Moi, je suis toujours prête pour les « infra-fictions secrètes », je démarre vite, je me fais des films, je suis très très douée pour ça. Bref, j'ai marché, j'ai roulé, j'ai pris la poussière et l'odeur du gazoil. Je me suis débrouillée seule, moi aussi, et mes écarts se sont faits de plus en plus fréquents. Oui, je les ai aimées vos virées en Mustang et me perdre me va très bien. Vous voyez comme je l'ai habitée, cette nouvelle, comme je la sens encore vibrer en moi.
    Mais, honnêtement, les autres autour, c'était pas la peine. Et ce truc du canoë, cette référence, ce soi-disant « écho » qui revient dans chaque nouvelle, on sait pas bien pourquoi. Bof.
    Votre voix, je ne l'ai entendue clairement que dans « Mustang », le reste, il fallait peut-être le garder pour plus tard, pour un autre roman. Pour être sûre de ne pas risquer de brouiller la fréquence de « Mustang »...
    Prenez votre temps, Maylis, on sera patients.
    « Mustang » dans la tête et dans le corps, j'ai à manger pour tout l'été et pour l'hiver aussi. Mes rêves ont de quoi se nourrir, je vous en remercie.
    Prenez votre temps, Maylis, n'écoutez pas votre éditeur. Faites-nous un bon gros roman, parlez-nous encore des dinosaures aux longs cils, des scanners temporo-mandibulaires et des macaques rhésus. Laissez tomber les canoës. Pas de rafistolage, de rapiéçage, de patchwork. On veut du blindé, du massif, du brut.
    On veut du Maylis de Kerangal...

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  • Le recueil comprend huit nouvelles de taille différente. La troisième nouvelle, Mustang comporte soixante-neuf pages. Sept nouvelles courtes gravitent autour de ce noyau. Dans chaque nouvelle, vous trouverez le mot « canoë » . Un bateau qui permet aux femmes, personnages principaux de ces...
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    Le recueil comprend huit nouvelles de taille différente. La troisième nouvelle, Mustang comporte soixante-neuf pages. Sept nouvelles courtes gravitent autour de ce noyau. Dans chaque nouvelle, vous trouverez le mot « canoë » . Un bateau qui permet aux femmes, personnages principaux de ces nouvelles, de glisser sur les eaux troubles pour trouver leur voie.

    Maylis de Kerangal écrit ce recueil au début du confinement. L’obligation de porter un masque couvre alors les bouches, déforme les voix. Pourtant, le lien social se maintient par la voix, cette voix immatérielle et pourtant physique. Elle est au cœur de chaque nouvelle. Des voix qui changent, s’adaptent, se font entendre encore et toujours au-delà de la mort.

    Une jeune parisienne et son fils quittent leurs habitudes de vie pour rejoindre Sam parti étudier au Colorado. Cette région au décor grandiose la déstabilise. Elle ne reconnaît plus la voix de son mari. Très vite, la jeune femme se retrouve confrontée à tous les clichés : passé minier, éradication des Indiens, armes à feu, évangélisme et loisirs des « housewives ». Pour l’aider à trouver sa place, son mari lui achète une Mustang vert forêt et elle prend des cours de conduite avec Martina, une femme qui se démène avec des petits boulots pour payer le loyer d’une caravane dans un quartier défavorisé.
    Flanquée du mal du pays, elle sait qu’elle doit s’adapter pour ne pas disparaître comme les dinosaures..
    Mais il faut parfois une sortie de route pour trouver sa voie.

    La première nouvelle se passe chez le dentiste. Pour débuter, la bouche est ici ramené à sa mandibule. Par contre , la voix est au centre de la seconde nouvelle. La narratrice ne retrouve plus la voix tant aimée de son amie Zoé. Celle-ci l’a forcée à être plus grave pour son nouveau boulot à la radio. Une voix aiguë, féminine est perçue comme fragile.

    « la voix des femmes avait baissée depuis une cinquantaine d’années, depuis qu’elles avaient commencé à rallier les lieux de pouvoir : c’est scientifiquement prouvé. »
    Dans la quatrième nouvelle, les sœurs Klang choisissent des voix, pure matière acoustique pour l’enregistrement de poèmes. Elles peuvent devenir un cri libérateur pour de jeunes bacheliers ou peinaient à sortir pour un jeune bègue. Elles sont parfois tout ce qui reste d’un être cher disparu. La voix des morts a une présence, une réalité à laquelle un père et une fille ne peuvent renoncer dans la très sensible nouvelle, Un oiseau léger.

    Maylis de Kerangal a cette particularité de fondre la technicité dans la narration. Elle semble maîtriser tout domaine abordé. Ses descriptions sont précises, techniques sans jamais nous perdre dans le détail. Car tout est équilibré avec un flux narratif sensible et des personnages à fleur de peau. En 1997, Maylis de Kerangal a fait un séjour au Colorado. Elle connaît ce dépaysement, cette mise en danger parfois nécessaire pour trouver sa voie. Une fois de plus, au milieu de ces voix de femmes, elle poursuit son chemin, fait entendre sa voix si singulière comme « un canoë clair sur un océan sombre.

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