Tim Willocks

Tim Willocks
Tim Willocks est né en 1957. Grand maître d’arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. Scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann. Souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, il est l’auteur de six romans, parmi lesquels Bad City Blues (... Voir plus
Tim Willocks est né en 1957. Grand maître d’arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. Scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann. Souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, il est l’auteur de six romans, parmi lesquels Bad City Blues (Éditions de L’Olivier, 1999). Il vit en Irlande.

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Avis (36)

  • Couverture du livre « La mort selon Turner » de Tim Willocks aux éditions Sonatine

    Miss Marple sur La mort selon Turner de Tim Willocks

    Je suis cardiaque..mais en fait le palpitant tient le coup..C'est un roman !
    Cependant quoi qu'on dise , les romans dont l’action se déroule en Afrique du sud, qu'ils soient qualifiés de «  polars, thrillers ou romans » sont toujours une épreuve d'effort.. de souffle et de résistance ! Tant...
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    Je suis cardiaque..mais en fait le palpitant tient le coup..C'est un roman !
    Cependant quoi qu'on dise , les romans dont l’action se déroule en Afrique du sud, qu'ils soient qualifiés de «  polars, thrillers ou romans » sont toujours une épreuve d'effort.. de souffle et de résistance ! Tant l'horreur et la violence sont omniprésentes.

    C'est bien sur le cas ici, dès les toutes premières pages, puisqu'on commence presque par la fin ! Et qu'on fait connaissance de Turner, homme bien, aux valeurs de générosité et d'abnégation qui iront presqu'à la mort.. la sienne s'entend, car celle des autres, il en fait son affaire.

    Cet homme noir, dans un pays où la ségrégation a régné en maître pendant des décennies et qui a laissé des traces, de la haine et des rancœurs encore présentes depuis 1992 et la fin de ce système, policier de surcroît, admiré, craint, respecté et détesté tout à la fois de ses supérieurs, blancs ou noirs, parce qu'il est différent, qu'il enquête à la régulière dans un pays ultra corrompu et qu'il doit ce respect à un comportement inhabituel justement puisqu'il refuse d’être acheté ou vendu.

    Il se lance donc à la recherche de l'assassin d'une jeune femme noire, accidentellement écrasée par une énorme voiture rouge contre une poubelle où elle était venue fouiller pour retrouver un hamburger jeté par un jeune homme blanc éméché, venu s'encanailler dans un lieu inconnu de lui !

    Cet homme blanc, accompagné de blancs et de noirs de « bonne famille » est le fils d'une richissime femme d'affaires dont le passé et le présent ne sont pas exempts de taches ni de vies violentées, tout un contexte familial et sociétal qu'il faut prendre en ligne de compte !
    Je ne vous raconte pas l'histoire, mais vous avez affaire à des hommes, des vrais, pleins de testostérone qu'ils s'injectent pour certains !!, des muscles, des armes, des morts, du sang, beaucoup de morts et de sang, des trahisons là où on ne les attend pas, de l’amour heureusement et
    j’oubliais, une chaleur !! non pas humaine !! inhumaine !! un désert où personne ne survit une demi journée, surtout pas en plein jour, surtout pas à pied, surtout pas sans eau à moins de…

    à moins de pratiquer une philosophie bien précise, de s’être formé en médecine chinoise.. et là, c'est personnel mais j'ai adoré toutes les citations de qi gong, de tai chi chuan , tous les conseils pour bien utiliser les méridiens au point précis où le coup va porter et la possibilité d'utiliser l'énergie et non pas la force brute!

    Franchement un magnifique livre, de l'action, du suspense, de la philosophie, quelques bons sentiments, une fin qui laisse une porte ouverte à un tout petit peu d'espoir et Shakespeare !!

    Bravo !

  • Couverture du livre « La mort selon Turner » de Tim Willocks aux éditions Sonatine

    Nicole Grundlinger sur La mort selon Turner de Tim Willocks

    Je lis peu de thriller, c'est vrai. Mais lorsque c'est Tim Willocks qui s'y colle, le Tim Willocks du génialissime La Religion, impossible de résister. Et même si l'auteur a ici abandonné la veine historique, nulle déception à l'horizon. La force est là, sèche, brute, d'une efficacité sans...
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    Je lis peu de thriller, c'est vrai. Mais lorsque c'est Tim Willocks qui s'y colle, le Tim Willocks du génialissime La Religion, impossible de résister. Et même si l'auteur a ici abandonné la veine historique, nulle déception à l'horizon. La force est là, sèche, brute, d'une efficacité sans faille. La puissance d'évocation également. J'avais écrit en parlant de La Religion que c'était Alexandre Dumas revisité par Tarentino. Cette fois, les références cinématographiques sont à piocher du côté du western. Avec un héros redresseur de torts digne des personnages immortalisés par Clint Eastwood à sa grande époque.

    En guise de Far West, l'Afrique du Sud synonyme de violences, de corruption, de ségrégation et de ghettos. Les pauvres arpentent les rues à la recherche de quelques restes dans les poubelles tandis que les riches vivent dans des vastes propriétés à la sécurité plus étudiée qu'à Fort Knox. C'est dans ce contexte qu'un soir, au Cap, une jeune fille SDF est accidentellement écrasée par le 4x4 d'une bande de copains venus s'encanailler dans les quartiers chauds. Ivre, le chauffeur n'a rien vu. Il se trouve être le fils de Margot Le Roux, l'une des femmes les plus puissantes du pays, propriétaire de mines de manganèse qui rapportent des milliards et offrent du travail à des milliers d'individus. De toute façon, une pauvre SDF noire tuée par un riche blanc, qui en a quelque chose à faire ? Personne. Sauf Winston Turner, inspecteur à la brigade criminelle. Noir mais surtout épris de justice et marqué à jamais dans sa chair par les atrocités dont il a été témoin dans les affrontements qui opposent depuis tant d'années les communautés. Rapidement sur les traces de Dirk Le Roux, Turner va se trouver confronté à un mur de violence et de cruauté de la part d'individus prêts à tout pour sauvegarder le moindre pouce de leur territoire.

    La réussite de ce thriller est d'abord à mettre au crédit de sa justesse de ton. Immédiatement, tout sonne bien. On s'y glisse sans peine, pas de décalage horaire ni choc thermique (enfin pas encore). J'ai avalé d'un coup les 150 premières pages, complètement captée par l'atmosphère installée tranquillement par Willocks et immédiatement en empathie avec ce Turner, dernier rempart d'une justice équitable qui n'oublierait personne. Le contexte sociétal et politique apparait par bribes, bien présent en toile de fond et à l'origine des situations des uns et des autres, mais ce sont les caractères qui intéressent l'auteur. Leurs forces et leurs failles. La sensation d'impunité de certains. L'égoïsme et le cynisme de quelques autres. A commencer par la hiérarchie policière. L'affrontement entre Turner, isolé dans son entêtement à vouloir rendre justice et le clan Le Roux va être terrible, sur un territoire aux conditions inhumaines, dans le nord du pays, un désert à l'aridité extrême. Heureusement, notre héros bénéficie des connaissances de l'auteur, grand maître d'arts martiaux et également psychiatre (ceci expliquant cela) ... et nous enseigne au passage comment survivre en plein désert là où n'importe qui devrait mourir en quelques heures, un moment d'anthologie dont on n'a certainement pas fini d'entendre parler.

    On appréciera dans tout ce noir, la petite touche de romantisme qui offre une minuscule lueur d'espoir pour l'avenir du monde. Je suis vraiment impressionnée par la maîtrise de Tim Willocks qui livre des scènes magistralement cinématographiques, sublimées par la puissance de l'étude psychologique des personnages. Dans le genre c'est tout simplement grandiose.

  • Couverture du livre « La mort selon Turner » de Tim Willocks aux éditions Sonatine

    Marie-Laure VANIER sur La mort selon Turner de Tim Willocks

    41° à l'ombre, ça vous dit ? Alors départ pour l'Afrique du Sud où une pauvre gamine des rues de Nyanga, township du Cap (Afrique du Sud), vient d'être renversée par une grosse voiture, un Range Rover rouge, modèle pas très courant dans le coin ! Le gars très alcoolisé qui la conduit, Dirk, ne...
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    41° à l'ombre, ça vous dit ? Alors départ pour l'Afrique du Sud où une pauvre gamine des rues de Nyanga, township du Cap (Afrique du Sud), vient d'être renversée par une grosse voiture, un Range Rover rouge, modèle pas très courant dans le coin ! Le gars très alcoolisé qui la conduit, Dirk, ne s'est même pas rendu compte qu'elle était au sol et qu'il lui fallait des soins de toute urgence. Non, lui n'a rien vu… En revanche, on ne peut pas tout à fait dire la même chose des autres types présents dans les voitures : Jason, Mark, Chris, Hennie, Simon. Certains d'entre eux ont vu mais préfèrent se taire car le chauffeur est le fils d'une richissime femme d'affaires du Cap-Nord, une certaine Margot Le Roux et elle ne supportera certainement pas que l'on compromette l'avenir de son fils chéri qui s'apprête à embrasser le métier d'avocat. Cette femme a tous les pouvoirs, elle fait peur. Alors, les compagnons de beuverie préfèrent se taire… Avec un peu de chance, le fils de Margot Le Roux aura tout oublié le lendemain (la gnôle à soixante degrés, c'est efficace!) et puis, il faut bien le dire, une fille des rues, malade et dénutrie, zonant dans « la capitale du meurtre du continent », tout le monde s'en fout… elle peut bien crever ! On ne va pas remettre en cause la carrière d'un futur avocat pour une pauvre fille qui n'avait qu'à ne pas fouiller les poubelles à ce moment-là !
    Oui mais… c'est sans compter sur l'arrivée d'un certain Turner, flic noir de la Crim, pro des arts martiaux et des armes à feu, qui ne va absolument RIEN laisser passer et qui décide de se rendre sur place et d'affronter celle que tout le monde craint : la fameuse Margot Le Roux. Et cette dernière fera TOUT pour empêcher l'inculpation de son fils. Elle a de l'argent donc du pouvoir. « Vous savez bien que personne n'ira en prison pour ça » souffle Mokoena, le flic local, lucide sur les magouilles qui régissent le pays. Et puis, cette Margot a sauvé la région de la faillite en découvrant dans le sol des traces de minerai de manganèse. Elle a fait creuser des mines et a sorti toute cette province de la mort économique. Elle a fait bâtir une école, des maisons, elle a créé des centaines d'emplois. « Ce sont des gens bien » ajoute Mokoena pour tenter de convaincre Turner de lâcher cette affaire qui n'aura de toute façon aucune issue. Cette femme, c'est une reine ici. Tous lui obéissent et sont à ses pieds.
    Tous sauf Turner.
    L'affrontement va être terrible.
    Alors là, je vous le dis tout net, on se retrouve dans la pire des tragédies : dans ce monde où la corruption règne, Turner a une très très haute idée de la justice. C'est sa conscience qui le mène. Et autre chose peut-être... Il ne pliera pas, ne fera aucune concession et n'écoutera que lui-même et son intime conviction. Il se mettra en tête d'arrêter le meurtrier coûte que coûte pour les quatre chefs d'accusation suivants : homicide involontaire, conduite en état d'ivresse, délit de fuite, non-assistance à personne en danger. Pas un de plus, pas un de moins. La justice. C'est tout ce qu'il veut. Il ne lâchera rien. Absolument RIEN. Mais à quel prix ? On dit parfois que le mieux est l'ennemi du bien…
    Terrible ! Je vous préviens : cette confrontation entre deux clans déterminés prêts à regarder la mort en face sans aucune crainte et dans un lieu quasi désertique - on est aux portes du désert du Kalahari - qui ressemble à l'enfer est TERRIBLE et mes mots sont faibles ! Il faut même parfois avoir l'estomac bien accroché (certaines scènes sont quasi insoutenables...) ! Quelle force, quelle violence, quelle puissance narrative ! Impressionnant ! Les analyses psychologiques des personnages sont telles que l'on comprend presque les raisons de chacun.
    Comme je vous le disais, c'est digne des grandes tragédies grecques et des plus grands westerns.
    Avec une écriture coup de poing et un rythme haletant…
    Du bon, du très bon même !

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