La mort selon Turner

Couverture du livre « La mort selon Turner » de Tim Willocks aux éditions Sonatine
  • Date de parution :
  • Editeur : Sonatine
  • EAN : 9782355846724
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern... Voir plus

Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s'annonce brillante à cause d'une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s'en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu'il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu'hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l'Afrique du Sud tout le souffle et l'ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d'empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d'une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d'effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons. »

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  • 41° à l'ombre, ça vous dit ? Alors départ pour l'Afrique du Sud où une pauvre gamine des rues de Nyanga, township du Cap (Afrique du Sud), vient d'être renversée par une grosse voiture, un Range Rover rouge, modèle pas très courant dans le coin ! Le gars très alcoolisé qui la conduit, Dirk, ne...
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    41° à l'ombre, ça vous dit ? Alors départ pour l'Afrique du Sud où une pauvre gamine des rues de Nyanga, township du Cap (Afrique du Sud), vient d'être renversée par une grosse voiture, un Range Rover rouge, modèle pas très courant dans le coin ! Le gars très alcoolisé qui la conduit, Dirk, ne s'est même pas rendu compte qu'elle était au sol et qu'il lui fallait des soins de toute urgence. Non, lui n'a rien vu… En revanche, on ne peut pas tout à fait dire la même chose des autres types présents dans les voitures : Jason, Mark, Chris, Hennie, Simon. Certains d'entre eux ont vu mais préfèrent se taire car le chauffeur est le fils d'une richissime femme d'affaires du Cap-Nord, une certaine Margot Le Roux et elle ne supportera certainement pas que l'on compromette l'avenir de son fils chéri qui s'apprête à embrasser le métier d'avocat. Cette femme a tous les pouvoirs, elle fait peur. Alors, les compagnons de beuverie préfèrent se taire… Avec un peu de chance, le fils de Margot Le Roux aura tout oublié le lendemain (la gnôle à soixante degrés, c'est efficace!) et puis, il faut bien le dire, une fille des rues, malade et dénutrie, zonant dans « la capitale du meurtre du continent », tout le monde s'en fout… elle peut bien crever ! On ne va pas remettre en cause la carrière d'un futur avocat pour une pauvre fille qui n'avait qu'à ne pas fouiller les poubelles à ce moment-là !
    Oui mais… c'est sans compter sur l'arrivée d'un certain Turner, flic noir de la Crim, pro des arts martiaux et des armes à feu, qui ne va absolument RIEN laisser passer et qui décide de se rendre sur place et d'affronter celle que tout le monde craint : la fameuse Margot Le Roux. Et cette dernière fera TOUT pour empêcher l'inculpation de son fils. Elle a de l'argent donc du pouvoir. « Vous savez bien que personne n'ira en prison pour ça » souffle Mokoena, le flic local, lucide sur les magouilles qui régissent le pays. Et puis, cette Margot a sauvé la région de la faillite en découvrant dans le sol des traces de minerai de manganèse. Elle a fait creuser des mines et a sorti toute cette province de la mort économique. Elle a fait bâtir une école, des maisons, elle a créé des centaines d'emplois. « Ce sont des gens bien » ajoute Mokoena pour tenter de convaincre Turner de lâcher cette affaire qui n'aura de toute façon aucune issue. Cette femme, c'est une reine ici. Tous lui obéissent et sont à ses pieds.
    Tous sauf Turner.
    L'affrontement va être terrible.
    Alors là, je vous le dis tout net, on se retrouve dans la pire des tragédies : dans ce monde où la corruption règne, Turner a une très très haute idée de la justice. C'est sa conscience qui le mène. Et autre chose peut-être... Il ne pliera pas, ne fera aucune concession et n'écoutera que lui-même et son intime conviction. Il se mettra en tête d'arrêter le meurtrier coûte que coûte pour les quatre chefs d'accusation suivants : homicide involontaire, conduite en état d'ivresse, délit de fuite, non-assistance à personne en danger. Pas un de plus, pas un de moins. La justice. C'est tout ce qu'il veut. Il ne lâchera rien. Absolument RIEN. Mais à quel prix ? On dit parfois que le mieux est l'ennemi du bien…
    Terrible ! Je vous préviens : cette confrontation entre deux clans déterminés prêts à regarder la mort en face sans aucune crainte et dans un lieu quasi désertique - on est aux portes du désert du Kalahari - qui ressemble à l'enfer est TERRIBLE et mes mots sont faibles ! Il faut même parfois avoir l'estomac bien accroché (certaines scènes sont quasi insoutenables...) ! Quelle force, quelle violence, quelle puissance narrative ! Impressionnant ! Les analyses psychologiques des personnages sont telles que l'on comprend presque les raisons de chacun.
    Comme je vous le disais, c'est digne des grandes tragédies grecques et des plus grands westerns.
    Avec une écriture coup de poing et un rythme haletant…
    Du bon, du très bon même !

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  • Un scénario en trois actes digne des plus grands westerns transposé en Afrique du Sud, avec toute l’histoire de ce pays qui même sortit de l’apartheid continue à vivre avec ce lourd passé et un présent à peine esquissé. Turner est notre empêcheur de tourner en rond, il est le justicier fait...
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    Un scénario en trois actes digne des plus grands westerns transposé en Afrique du Sud, avec toute l’histoire de ce pays qui même sortit de l’apartheid continue à vivre avec ce lourd passé et un présent à peine esquissé. Turner est notre empêcheur de tourner en rond, il est le justicier fait homme, policier incorruptible, il mènera sa mission jusqu’au bout peut importe les conséquences, il reste droit dans sa ligne de conduite et intransigeant. Il part du Cap pour retrouver et arrêter l’assassin d’une jeune femme, SDF prise en étau entre un container de poubelles et un 4x4. Le conducteur était complètement saoul et ne se souvient plus de rien. Ce jeune Afrikaner appartient à une famille ayant fait fortune dans les mines de manganèse, c’est sa mère Margot Le Roux qui gère d’une main de fer l’entreprise, les mineurs, la région et même la Police locale. Et ce que Margot veut, Margot l’obtient… elle mettra tout en œuvre pour sauver son fils d’une inculpation avec l’aide de son compagnon Hennie et de Simon son chef de la sécurité. Deux camps vont s’opposer, on assiste à des confrontations écrites comme des duels où la valeur et la force des personnages est évaluées, chacun d’entre eux persuadés de détenir la vérité et aucun ne déviera d’un iota sa position.



    Le personnage de Turner porte littéralement cette œuvre épique, même si on ne sait pas grand-chose sur lui, on sait qu’il est noir, pratique les arts martiaux (tient comme son auteur, il n’y a pas de coïncidence) il sait garder son calme en toute circonstance et mettre à genoux du bout des doigts ses ennemis. Un véritable maître zen qui nous montrera de quoi il est capable lorsqu’il s’agit de survie en plein désert. Sa force intérieure ne peut qu’entraîner empathie et admiration.



    Ce thriller est féroce et très rapidement, nous voilà pris à compter les morts, le sang coule, la poussière l’absorbe et le soleil le fait craqueler. Les pages se tournent à un rythme endiablé sur des moments de suspense intense. Les descriptions deviennent de plus en plus gore, on rentre dans des détails quasi graphiques un peu comme dans The Religion avec Tannhauser. On en apprend beaucoup sur les différents styles d’armes à feu, de couteaux de chasse, techniques de survie etc. J’ai aussi beaucoup aimé l’authenticité des paysages désertiques, moi aussi j’avais envie de brancher la clim. On se dirige imperceptiblement vers un final inoubliable. J’espère pouvoir lire encore la plume de Tim Willocks et si Turner y apparaît encore cela ne sera pas pour me déplaire parce que bon, quel homme ! Bonne lecture.

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  • Outch, j'ai été percutée par Turner, un mec comme on en voit peu dans les romans. Ça fait très longtemps que je n'avais pas rencontré un personnage aussi surpuissant , à la fois testostéroné et porteur de valeurs fortes.

    « T'es un homme qui sait comment sont les choses. Ce qui se résume à...
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    Outch, j'ai été percutée par Turner, un mec comme on en voit peu dans les romans. Ça fait très longtemps que je n'avais pas rencontré un personnage aussi surpuissant , à la fois testostéroné et porteur de valeurs fortes.

    « T'es un homme qui sait comment sont les choses. Ce qui se résume à juste de la merde. Rien n'a de sens. C'est un putain de chaos. Mais quelque part dans ce gigantesque océan de merde pure, l'homme qui voit comment sont les choses doit choisir les merdes qui semblent le plus de valeur et les défendre. C'est peut-être une femme qui te donne l'impression de mesurer trois mètres. Ça peut être le drapeau d'un pays qui t'enterrera sans y penser plus qu'un chat qui enfouit sa merde dans sa litière. C'est peut-être une fille sans nom allongée morte dans la rue. Mais c'est surtout de savoir que si tu refuses de le faire, si tu prends le fric et que tu te barres, tu ne serais plus qu'un le fantôme de toi-même. Tu ne seras rien. C'est ce sentiment que tu as dans le sang, quand tu sais qu'il foncer, jusqu'à ce que tu t'écrases. » lui dit un de ses adversaires.

    Ce mec qui sait comment sont les choses, c'est Turner. Il a le regard d'un psychopathe mais est devenu flic et jette toute ses forces obstinées pour arrêter celui qui a tué involontairement lors d'une nuit de beuverie une jeune SDF noire puis a fui. Un jeune blanc friqué couvé par maman. Et il est prêt à s'écraser pour que justice soit faite, refusant la corruption qui gangrène l'Afrique du Sud et sa police.

    Une bombe dégoupillée qui m'a fait penser au Nicholaï Hel ( du fabuleux Shibumi, de Trevanian ), capable de tout, y compris de survivre dans un désert de sel. Incroyable scènes de survie ... juste parce que ceux qui s'opposent à lui ont commis la petite erreur de le balancer là en compagnie d'un cadavre, et qu'un cadavre tout frais, c'est 60% d'eau ... hum je vous laisse deviner la suite ...

    On est là en plein western ( sud-africain ) avec tout le décor, des mines de manganèse, le désert, le poor lonesome cow-boy, des desperados mandatés pour tuer le gêneur dont la tête est mise à prix, des morts qui s'empilent, des affrontements musclés et une boss d'anthologie.

    Mais on est surtout en pleine tragédie gréco-shakespearienne. La Boss, c'est une Lady Macbeth mais sans roi, contrôlant toute la région grâce à sa fortune. Son fils, c'est un Hamlet en puissance, protégé de tout jusqu'au jour où, même pas au courant qu'il a tué tellement il était bourré, on lui cache tout et lorsque ces yeux se décillent, les dilemmes cavalent dans sa tête. Il y a même une Juliette black qui l'aime cet Hamlet-Roméo mais qui a cédé sous la pression de la mère en le quittant quelques temps avant. Décidément, il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Lady Macbeth.

    Tout cela est emballé par une écriture précise et rock'n roll, furieuse, qui te tient en haleine, collé aux basque de ce Turner qui connait si bien la mort. Ça dépote, ça pétarade ça pulse, bref je me suis éclatée.
    Brillant, magistral, jouissif !

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  • Un western sud-africain.
    *
    Je connaissais l'auteur Tim Willocks par son roman sur la prison « L'odeur de la haine » lu il y a une vingtaine d'années. Son style scénaristique et très fluide me plaisait déjà.
    Ni d'une, ni deux,j'embarque en Afrique du Sud pour une aventure centrée sur la...
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    Un western sud-africain.
    *
    Je connaissais l'auteur Tim Willocks par son roman sur la prison « L'odeur de la haine » lu il y a une vingtaine d'années. Son style scénaristique et très fluide me plaisait déjà.
    Ni d'une, ni deux,j'embarque en Afrique du Sud pour une aventure centrée sur la corruption et l'ultra-violence.
    *
    Tout commence dans une sordide rue d' un ghetto noir du Cap. Un de ces quartiers post-Apartheid où règne la misère et le désespoir. Et terriblement dangereux. Une pauvre jeune fille de couleur va se faire écraser par un gros Range Rover rutilant. Des Afrikaners du Nord riches et puissants sont au volant. Plus précisément un jeune héritier minier, Dirk. Complètement saoul et inconscient.
    Turner, flic noir pétri de principes et honnête est sur l'affaire. Il sent bien l'entourloupe. Il n'a pas envie que Margot la mère paie ses avocats pour protéger son fils d'une peine de prison.
    Ce policier déterminé va donc essayer de récupérer le témoignage/aveu de son rejeton.
    Langkopf, au nord du Cap : quand le feu aux poudres est allumé, la guérilla peut commencer ….et s'achever en massacres.
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    Ici , le héros c'est Turner. Il était venu dans ce coin pour faire régner la loi, pour faire un travail honnête, la jouer « régulier ». Et cette communauté de Blancs nantis l'a forcé à devenir un monstre.
    En face de lui, Margot. La mère sur-protectrice. Elle ne lâchera pas le morceau, quitte à y laisser des plumes (enfin, des hommes de main!). Dans un monde aussi petit dans lequel elle vivait, se livrer n'aurait fait que le réduire encore.
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    La tension est textrême, tendue comme un string. Les doigts sur la gâchette, un coup part plus vite que le fil de la pensée. L'hémoglobine coule à flots sans que cela gêne quelqu'un.
    En tant que touriste je n'ai pas été confrontée à la violence directe mais j'ai senti comme une atmosphère d'insécurité dans les villes et villages. Par exemple les barbelés et les panneaux annonçant la présence de port d'armes dans les habitations. La corruption des institutions ainsi que les horreurs subies par le peuple noir sont bien réels malheureusement.
    Bien sûr, dans le récit, l'accumulation des meurtres est un peu « too much » mais l'auteur a parfaitement restitué l'ambiance générale de mal-être et d'insécurité.
    *
    Le rythme est addictif, les actions s'enchaînent parfaitement ; le style est fluide et le suspense est insoutenable. L'auteur nous a habitué à des « gros pavés » qui se lisent d'une manière haletante et divertissante. A quand une adaptation en film ?
    J'ai lu que l'auteur était médecin et passionné d'arts martiaux et cela se ressent dans sa maîtrise de ces thèmes : avec quelles précisions il nous offre la plongée d'un corps humain éventré ou d'une technique de combat en tai-chi-chuan. Et bien dans son temps également avec l'utilisation technologique des médias : USB, wi-fi, réseau.... D'ailleurs, à ce propos, le titre original en VO est « Mémo from Turner ». Et il est TRES approprié.
    *
    En conclusion, je vous dirais que j'ai passé un bon moment dans ce désert où rien ne survit (!). Attention tout de même aux estomacs sensibles. Et au palpitant bien accroché !

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