San-Antonio

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Frédéric Dard (1921-2000) publie son premier livre en 1940, mais c'est neuf ans plus tard, avec la création de son personnage-pseudonyme San-Antonio qu'il connaîtra la fortune et la gloire : 400 romans publiés, 250 millions de livres vendus. Des succès sans précédent comme : L'Histoire de France ...

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Frédéric Dard (1921-2000) publie son premier livre en 1940, mais c'est neuf ans plus tard, avec la création de son personnage-pseudonyme San-Antonio qu'il connaîtra la fortune et la gloire : 400 romans publiés, 250 millions de livres vendus. Des succès sans précédent comme : L'Histoire de France vue par San-Antonio (1964) et La Vieille qui marchait dans la mer (1988). L'oeuvre colossale de Frédéric Dard se complète de collaborations au théâtre, à la télévision et au cinéma.

Avis sur cet auteur (34)

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    Couverture du livre « San-Antonio ; la vieille qui marchait dans la mer » de San-Antonio aux éditions Pocket

    Fantomas 57 sur San-Antonio ; la vieille qui marchait dans la mer de San-Antonio

    On ne retrouve pas la gouaille habituelle des San Antonio, et pour cause. C'est bien un polar made in Dard plus posé et moins outrancier mais tout aussi brillant. Ceux qui n'aiment pas les aventures de San Antonio pourrons le lire sans problème.

    On ne retrouve pas la gouaille habituelle des San Antonio, et pour cause. C'est bien un polar made in Dard plus posé et moins outrancier mais tout aussi brillant. Ceux qui n'aiment pas les aventures de San Antonio pourrons le lire sans problème.

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    Couverture du livre « Viva Bertaga ! » de San-Antonio aux éditions Fleuve Noir

    jml38 sur Viva Bertaga ! de San-Antonio

    C'est toujours un plaisir pour moi de relire un San-Antonio.
    Certains opus ont une importance particulière, marquant l'apparition d'un personnage qui deviendra incontournable par la suite, comme «Des clientes pour la morgue» pour Béru et «Deuil express» pour Pinaud.
    Dans «Viva Bertaga»...
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    C'est toujours un plaisir pour moi de relire un San-Antonio.
    Certains opus ont une importance particulière, marquant l'apparition d'un personnage qui deviendra incontournable par la suite, comme «Des clientes pour la morgue» pour Béru et «Deuil express» pour Pinaud.
    Dans «Viva Bertaga» apparaît Marie-Marie, nièce des Bérurier, orpheline de 8 ans, alias «miss Tresses», alias «la Musaraigne», qui fera ensuite partie de l'aventure de façon épisodique mais dont l'importance pour le commissaire ne cessera de grandir.

    Et c'est un pur bonheur que cette môme, au langage coloré, au culot monstre, qui tient la dragée haute à tous les adultes, son oncle, San-a et même «le Vieux», le patron de la PJ, rétorquant elle-même à un San-Antonio médusé que c'est normal, vu que «du coté à Berthe y sont presque aussi intelligents que chez les Bérurier».

    L'intrigue est plutôt classique puisqu'il s'agit de pénétrer au Rondubraz, petit pays d'Amérique du sud qui possède une réserve de sulfocradingue, minerai important sur lequel les chinois ont fait main basse, afin d'opérer une mission de sabotage.

    Le plus pire, pour utiliser une expression béruréenne, c'est que, Béru justement, ayant une fois de plus joué au con et gagné - n'ayant pas beaucoup d'adversaires de sa valeur - doit prendre la place d'un technicien Tchèque pesant 60 kilos de moins que lui et donc... perdre 60 kilos. Heureusement Marie-Marie, qui n'en rate pas une, aide un peu à l'amincissement du «Gros» en l'enfermant quelques heures dans le sauna.

    Pour le valeureux Béru, c'est certainement la plus belle façon de montrer son esprit patriotique, le reste n'étant que formalités pour empêcher une guerre atomique.

    Certaines imprécisions dans le plan initial - comme l'oubli que les cours d'eau de ce pays abritent des populations de Piranhas et ne se traversent pas à la nage - vont entraîner quelques improvisations pour échapper à des chinois belliqueux à l'image de leur chef Sin Jer Min En Laĩ.

    Si on rajoute la situation instable d'un pays soumis à des révolutions à répétitions, des indiens Livaros que la miniaturisation de la tête de Béru réjouirait fortement, et Berthe Bérurier mystérieusement évaporée de chez son coiffeur préféré - disparition que même David Copperfield n'aurait pas osé tenter -, les péripéties hilarantes se succèdent à un rythme effréné dans cet excellent épisode des aventures du célèbre commissaire.

    Ce qui est bien avec San-Antonio, c'est l'impressionnante richesse culturelle dont le lecteur profite pour pas cher. Il pourra ainsi positionner sur une carte Santa-Maria Kestuféla et San Kriégar, les principales villes du Rondubraz, la propriété décafouilleuse-inductrice du sulfocradingue et son utilisation dans l'industrie nucléaire n'aura plus de secret pour lui, et le chinois il maîtrisera en sachant que «Tôn ri ki kui se ra trô bou yi» signifie «Conduisez cet homme au bâtiment 14 bis».

    Comme d'habitude, surtout avec les San-Antonio de ma période préférée des années soixante : une bonne grosse marrade.

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    Couverture du livre « Cocottes-minute » de San-Antonio aux éditions Fleuve Noir

    Yves MABON sur Cocottes-minute de San-Antonio

    Dans la famille de Francine de Saint-Braque on se dévoue corps et âmes -surtout corps-, de mère en fille, pour réinsérer des petits voyous dans la société. Lorsque la sus-nommée vient voir le commissaire San-Antonio, son histoire n'est pas banale : l'un de ses protégés, Riton, lors d'une...
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    Dans la famille de Francine de Saint-Braque on se dévoue corps et âmes -surtout corps-, de mère en fille, pour réinsérer des petits voyous dans la société. Lorsque la sus-nommée vient voir le commissaire San-Antonio, son histoire n'est pas banale : l'un de ses protégés, Riton, lors d'une intrusion inopinée dans la pharmacie du village a ouvert un frigo et y a trouvé une dizaine de phallus découpés sur de l'humain, sous sacs plastique. Le commissaire se dérange mais ne trouve rien, sauf, un peu plus tard, le malheureux Riton, mort et... émasculé.

    Eh bien voilà, on retrouve le commissaire San-Antonio en grande forme, quoique, pour être exact, ce serait, une fois n'est pas coutume, plutôt Béru qui péterait la forme, sous toutes les acceptions du verbe. L'intrigue est classique, mais ce n'est sans doute pas pour cela qu'on lit du Frédéric Dard. L'écriture est comme d'habitude, colorée, fleurie, surtout lorsque le Gros bavasse. En pleine fornication, il ne peut s'empêcher de monologuer -lorsque, évidemment, la position et la pratique adoptées lui en laissent la possibilité-, et c'est alors un déluge de néologismes, de proverbes, adages et expressions détournés. On rit souvent, on ne comprend pas tout, mais peu importe, on se laisse emporter par le flot.

    Un peu plus "osé" que les autres San-Antonio récemment chroniqués ici, c'est la faute au priapisme de Béru, ce volume même s'il ne restera pas dans les annales (et oui, même Béru obsédé doit se reposer), distrait et change les idées. Mission réussie.

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    Couverture du livre « San-Antonio ; ma langue au Chah » de San-Antonio aux éditions Pocket

    Yves MABON sur San-Antonio ; ma langue au Chah de San-Antonio

    Revoilà le commissaire San-Antonio, toujours affublé d'Alexandre-Benoît Bérurier. Cette fois-ci, ils sont à Téhéran, ils filent un cador du cambriolage français venu sans aucun doute, pense leur patron, y faire ses emplettes.

    Evidemment, rien ne se déroule comme prévu et certaines...
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    Revoilà le commissaire San-Antonio, toujours affublé d'Alexandre-Benoît Bérurier. Cette fois-ci, ils sont à Téhéran, ils filent un cador du cambriolage français venu sans aucun doute, pense leur patron, y faire ses emplettes.

    Evidemment, rien ne se déroule comme prévu et certaines rencontres, notamment féminines, vont révéler aux deux hommes les faces cachées du royaume d'Iran. Les milles et Une nuits, version San-Antonio.

    A l'occasion des soixante-dix ans de San-Antonio, Pocket réédite certains titres. J'ai déjà eu la chance de lire San-Antonio chez les Gones, je renouvelle donc avec cette aventure datée de 1970. Datée, c'est un peu le cas, depuis le régime du pays à changé et certaines exagérations de l'auteur en matière de sexe, puisqu'ici, il faut bien le dire, on en arrive au viol, presque consenti, sont gênantes. Bien que non bégueule -j'ai lu cette histoire avec décalage, car avec San-Antonio il faut toujours y être et avec l'idée que ce livre est écrit il y a presque cinquante ans-, il reste néanmoins que certaines scènes ne passeraient plus aujourd'hui. Est-ce mieux, est-ce moins bien ? Je ne sais pas, je ne juge pas, surtout aujourd'hui une histoire écrite en 1970 et qui plus est une histoire de genre san-antoniesque.

    Ceci étant dit, ce n'est pas le meilleur livre de San-Antonio, c'est un peu long malgré les réparties drôlissimes de Bérurier qui ne s'encombre ni de grammaire ni de syntaxe :

    "Bon, je manque à toutes mes inconvenances, déclare le radieux, que je te présente Mistresse Caroline Bitalaviock, dont j'ai eu l'honneur de rencontrer dans l'avion. C't'une femme charmante, veuve en tant que surcroît, et qu'a accepté qu'on fasse chambre commune pour écraser les frais." (p.83).

    Sans oublier les géniales descriptions de Frédéric Dard qui a torturé, trituré, personnalisé, san-antonié la langue française comme pas deux : "On s'écarte devant moi. Y'a un sillage précédateur, ce qu'est extrêmement rare chez les sillages. Je tournevire avec plus d'aisance. Je périscope mieux à loisir. Tant et si bien que je finis par renoucher mon trio fantôme. Il est au bout d'un étroit boyau au long duquel se succèdent des ateliers de batteurs de cuivre." (p.40) Recopier un extrait de San-Antonio, c'est prendre le risque que le correcteur d'orthographe s'affole, et encore là, j'ai choisi l'un des moins douloureux pour lui.

    Mitigé donc, mais sur la production incroyable de San-Antonio, il y a forcément des titres moins bons. De l'utilité de rééditer celui-ci comte-tenu de mes remarques de début de recension ?