Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Marion Fayolle

Marion Fayolle
Née en 1988, Marion Fayolle a grandi en Ardèche. Inscrite en dernière année de l'école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, c'est au sein de l'atelier d'illustration qu'elle a rencontré Matthias Malingrëy et Simon Roussin, avec lesquels elle a fondé en 2009 la revue «Nyctalope».

Avis sur cet auteur (19)

  • add_box
    Couverture du livre « Du même bois » de Marion Fayolle aux éditions Gallimard

    Sophie Gauthier sur Du même bois de Marion Fayolle

    Quelle merveille que ce court récit de Marion Fayolle ! Je remercie vivement les éditions Gallimard de m'en avoir offert la lecture par l'intermédiaire de Lecteurs.com.

    Une ferme tout en longueur dans la montagne. Une ferme au milieu de nulle part, au milieu de nul temps mais de tout temps....
    Voir plus

    Quelle merveille que ce court récit de Marion Fayolle ! Je remercie vivement les éditions Gallimard de m'en avoir offert la lecture par l'intermédiaire de Lecteurs.com.

    Une ferme tout en longueur dans la montagne. Une ferme au milieu de nulle part, au milieu de nul temps mais de tout temps. Une ferme qui concrétise le chemin de la vie (autre titre de L'Âge mûr, sculpture de Camille Claudel). "Le côté gauche pour les jeunes, ceux qui reprennent la ferme, le droit pour les vieux. On travaille, on s'épuise, et un jour, on glisse vers l'autre bout." (p.11) et les bêtes dans l'étable entre les deux. Cette étable réunit les générations : ceux qui sont en pleine charge de la ferme, les "petitous" qui peu à peu s'imprègnent de leurs tâches futures et les anciens, dont le corps bistourné garde la mémoire des gestes mille et mille fois répétés, des ouvrages mille et mille fois accomplis.

    La mère, la gamine, la mémé, le pépé, l'orphelin, la tante, l'oncle, le frère du pépé et les cousins. Parfois l'ombre du père, puis son fantôme tapi dans les racines du pin maritime égaré au creux des montagnes. Aucune autre identification que leur place dans la famille et leur rôle au sein de la ferme. Les personnages ne restent pourtant pas anonymes mais s'incarnent sous le regard de la gamine, définis par l'espace qu'ils occupent, par leur façon d'être au monde dans cet espace et par des ramifications solides quoique non identifiables. Tous issus "du même bois". Celui dont on fait les arbres généalogiques. Même si "la gamine" apporte une note dissonante : en refusant de manger la viande, "c'est toute sa famille qu'elle dissèque, qu'elle décortique dans l'assiette. Le travail de toute une vie qu'elle abîme, qu'elle recrache, qu'elle n'arrive pas à déglutir, tout cet amour qu'elle refuse d'avaler." (p.19). Pourtant ces ébranlements font aussi partie d'une transmission. Du père ? Du grand-oncle ? De la mère ? Ou bien de toutes les vies qui se sont succédées dans la ferme et qui ont inscrit des filaments de leur identité dans chaque membre de la famille ?

    En ce si court mais si intense récit, Marion Fayolle dessine la succession des générations, ni tout-à-fait pareilles, ni tout-à-fait différentes, jusqu'à la fin du temps. Jusqu'au moment où ne subsistent plus que les paysages. Jusqu'au moment où les humains s'effacent, emportant avec eux leur mémoire, leurs activités ancestrales et jusqu'à l'empreinte de leur existence. L'histoire se déroule en de très brefs chapitres, comme un regard qui met à nu chaque détail du tableau, écorçant le point de vue, dévoilant les fêlures par une écriture à la violence feutrée. Réalisme et poésie s'épousent pour raconter cette mémoire familiale, intime et universelle.

    "Du même bois" participe du roman psychologique, réaliste, d'apprentissage, de la poésie, du récit légendaire, de l'autobiographie. Cette lecture fut, pour moi, une expérience un peu hypnotique. Le rythme des phrases, le choix des mots, la construction du récit ont produit un sidérant effet visuel et sensoriel. Il m'a semblé être posée devant cette ferme "trop longue pour tenir dans le regard" (p.106) et y voir vivre ses habitants, y voir défiler les saisons, les travaux et les jours, la vie, la mort. Il m'a semblé sentir la chaleur des bêtes, leurs odeurs enveloppantes et entendre les froissements de la paille sous leurs sabots. Oui, le livre de Marion Fayolle enferme et ranime un monde, celui des paysans, de leurs semences, de leurs paysages et de leurs rêves souterrains. C'est tellement beau.

  • add_box
    Couverture du livre « Du même bois » de Marion Fayolle aux éditions Gallimard

    Catherine Giry-Deloison sur Du même bois de Marion Fayolle

    Immersion dans un monde paysan en disparition, « Du même bois » offre aux lecteurs une succession de courts chapitres qui traversent le temps pour mieux souligner le déclin d'un mode de vie où les générations vivent sur la même propriété.
    Seule une étable sépare la bâtisse de gauche pour les...
    Voir plus

    Immersion dans un monde paysan en disparition, « Du même bois » offre aux lecteurs une succession de courts chapitres qui traversent le temps pour mieux souligner le déclin d'un mode de vie où les générations vivent sur la même propriété.
    Seule une étable sépare la bâtisse de gauche pour les jeunes de celle de droite réservée aux anciens. Après s'être épuisé à la tâche, « on glisse vers l'autre bout » et on attend la fin.
    C'est le cas de la formidable « mémé », reléguée à droite, qui nourrit tout son petit monde pour lui prouver son amour, incapable qu'elle est de montrer ou de dire autrement son affection.
    De l'autre côté, il y a « la gamine » qui souffre des mêmes « fragilités » que les membres de la branche paternelle.
    Et puis, il y a tous les autres : la mère de « la gamine » qui tente tant bien que mal de sortir son enfant de son mal-être ; les enfants qui parcourent la campagne et construisent des cabanes en jouissant d'une liberté que leurs alter egos de la ville ne pourront jamais savourer ; le beau-frère qui ne tourne pas rond et qui vit terré dans sa chambre auprès de la « mémé » ; les « bêtes » qui nourrissent la famille...
    Avec une grande justesse, par petites touches rappelant que Marion Fayolle est une dessinatrice de talent, dans une écriture à l'os mêlant rudesse et tendresse, « Du même bois » est une ode à tous les invisibles qui vivent de et dans la nature et pour lesquels la vie et la mort, celle des hommes et des animaux, sont intimement liées.
    Il y a du Marie-Hélène Lafon chez cette autrice, et c'est un compliment.

    http://papivore.net/litterature-francophone/critique-du-meme-bois-marion-fayolle-gallimard/

  • add_box
    Couverture du livre « Du même bois » de Marion Fayolle aux éditions Gallimard

    Isa Pouteau sur Du même bois de Marion Fayolle

    Les bêtes sont là, dans l’étable, les vaches et leurs veaux, entre le logement des jeunes et celui des anciens, depuis des générations.

    Un cycle de vie immuable, où les savoirs paysans se transmettent aux enfants dès leur plus jeune âge, pour qu’ils prennent un jour la place de leurs parents,...
    Voir plus

    Les bêtes sont là, dans l’étable, les vaches et leurs veaux, entre le logement des jeunes et celui des anciens, depuis des générations.

    Un cycle de vie immuable, où les savoirs paysans se transmettent aux enfants dès leur plus jeune âge, pour qu’ils prennent un jour la place de leurs parents, qu’ils deviennent à leur tour des fermiers comme c’est la tradition dans la famille.

    La Gamine n’est pas comme les autres, elle a « cette petite tâche en dedans » que certains ont déjà eue dans la famille et qui la rend coléreuse, parfois, incontrôlable. Alors tous font avec, parce que qu’ils l’ont toujours fait et qu’ils connaissent cette folie qui touche, de temps en temps, un des leurs.

    Mais contrairement à ceux qui vont fuir la ferme pour partir à la ville, parce que c’est dans l’air du temps, elle se sent bien au milieu des bêtes, habitée par cet esprit rural que lui ont transmis les siens.

    L’authenticité du regard, la justesse de la démarche, la poésie des mots, tout contribue à faire de ce roman une ode à un monde paysan que l’on voit s’effriter sous nos yeux, emporté dans le tourbillon du modernisme mais qui restera gravé dans le cœur et dans l’âme de ceux qui sont faits de ce bois.

    Marion Fayolle nous dépeint l’image d’un monde sur le déclin et elle nous offre, avec ce roman d’une grande beauté, le saisissant constat de la fin d’une agriculture ancestrale qui se meurt.

  • add_box
    Couverture du livre « Du même bois » de Marion Fayolle aux éditions Gallimard

    YvonneF sur Du même bois de Marion Fayolle

    beau livre. J'aime la façon d'écrire de cette auteure. Son écriture mène à la réflexion, c'est beau comme un poème qui se lit et se relit

    beau livre. J'aime la façon d'écrire de cette auteure. Son écriture mène à la réflexion, c'est beau comme un poème qui se lit et se relit

Récemment sur lecteurs.com