Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

John Le Carre

John Le Carre
John le Carré est né en 1931. Après avoir étudié à Oxford, il enseigne à Eton, puis travaille pendant cinq ans pour le Foreign Office. L'Espion qui venait du froid, lui vaut la célébrité. La consécration vient avec la trilogie : La Taupe, Comme un collégien et Les Gens de Smiley. John le Carré vi... Voir plus
John le Carré est né en 1931. Après avoir étudié à Oxford, il enseigne à Eton, puis travaille pendant cinq ans pour le Foreign Office. L'Espion qui venait du froid, lui vaut la célébrité. La consécration vient avec la trilogie : La Taupe, Comme un collégien et Les Gens de Smiley. John le Carré vit en Cornouailles.

Articles en lien avec John Le Carre (3)

  • Rentrée 2016 : la mort à l’œuvre, si si !
    Rentrée 2016 : la mort à l’œuvre, si si !

    La revue de presse d’Abeline Majorel

  • Opération Sweet Tooth de Ian McEwan
    Opération Sweet Tooth de Ian McEwan

    Concis et gentiment provocateur, Ian McEwan ne fait pas perdre son temps au lecteur. Dès le premier paragraphe d’« Opération Sweet Tooth », il pose les bases de son histoire : quarante ans plus tôt, l’héroïne Serena Frome a été envoyée en mission par les services secrets britanniques, et ça ne s’est pas très bien terminé. Plongée immédiate dans l’Angleterre du début des années 1970, perturbée par la Guerre Froide, la crise économique naissante, les débuts de l’IRA et même l’émergence du terrorisme palestinien.

  • Une Vérité si délicate de John le Carré
    Une Vérité si délicate de John le Carré

    Parmi les grands noms du roman d'espionnage, Gérard de Villiers, disparu il y a quelques semaines à 83 ans, excellait dans la description brute et parfois même visionnaire quand il imaginait, un an avant l'opération Serval, les colonnes de 4x4 déferler sur le Nord Mali. John le Carré fascine, lui, par sa capacité de déconstruction des grands rouages géopolitiques.

Avis sur cet auteur (48)

  • add_box
    Couverture du livre « Retour de service » de John Le Carre aux éditions Seuil

    Ju lit les Mots sur Retour de service de John Le Carre

    L’intrigue débute en 2018, juste avant le référendum sur le Brexit et la visite de Trump, sous un gouvernement conservateur, dont le ministre des Affaires étrangères (Boris Johnson) est, selon Nat, aussi ignorant qu’un âne. Nat et Ed, après chaque match de badminton, discutent politique, enfin,...
    Voir plus

    L’intrigue débute en 2018, juste avant le référendum sur le Brexit et la visite de Trump, sous un gouvernement conservateur, dont le ministre des Affaires étrangères (Boris Johnson) est, selon Nat, aussi ignorant qu’un âne. Nat et Ed, après chaque match de badminton, discutent politique, enfin, c’est surtout Ed qui parle en ardent défenseur de l’Europe. Il donne libre cours, à sa haine de Trump, de Poutine, et « des profiteurs bourrés de fric se faisant passer pour des hommes du peuple qui mènent le pays vers le précipice« . Ils, veulent saboter l’Union européenne, tandis que la Grande-Bretagne, s’est définitivement résolue à n’être plus que le « toutou » d’un président américain fasciste, lié aux fondamentalistes religieux. Voilà, on est rapidement dans le bain et dans la tonalité de cette lecture.

    Je connaissais John Le Carré de réputation, et j’étais donc très heureuse de pouvoir découvrir son 25ème livre. Il a une carrière prolifique et sa renommée n’est plus à faire dans le domaine du roman d’espionnage. À l’heure de la consommation « fast-food » et de la digestion rapide, lire un John Le Carré, conduit nécessairement à prendre son temps ! Ce n’est pas une lecture qu’on ingurgite à la va-vite. Non pas par l’intrigue, première couche qui ne dévoile pas grand-chose, mais bien par la construction et la profondeur du propos.

    John Le Carré, sait de quoi il parle, il prend le temps de poser les jalons avant de divulguer ses cartes. Comme il a certainement dû le faire du temps de la guerre froide, puisqu’il a lui-même été espion au service de sa majesté. À l’image des espions du bureau des légendes, John Le Carré, dresse un portrait, bien réel de l’espionnage, loin des scènes explosives, que l’on peut retrouver dans certaines lectures.

    Ici point de surenchère, il prend le temps de poser les bases, mais surtout de les coller à la réalité. Ce qui pourrait être un handicap pour le lecteur actuel, plus habitué à l’action, a été pour moi une plongée dans ce flegme tout britannique, qui prend le temps d’analyser les situations, d’observer avant d’agir.

    Sous couvert de roman d’espionnage, John Le Carré nous plonge en plein Brexit, avec des ramifications géopolitiques insoupçonnables, à l’actualité déroutante des relations internationales biaisées par la « folie » de Trump et la paranoïa de Poutine.

    Europhile convaincu, il ne prend pas de pincettes, à travers son personnage principal, pour dire ce qu’il pense du Brexit et de ces hommes politiques qui dirigent le monde, notamment à travers des dialogues d’une grande vivacité et à l’humour qui m’a vraiment séduite.

    John Le Carré tire habilement les ficelles pour diriger le lecteur dans un imbroglio d’intrigues, l’obligeant ainsi à ne pas baisser la garde, notamment grâce aux pistes trompeuses, et aux personnages obscurs. C’est du bon polar d’espionnage, c’est jouissif et jubilatoire.

  • add_box
    Couverture du livre « Retour de service » de John Le Carre aux éditions Seuil

    jml38 sur Retour de service de John Le Carre

    Pas spécialement adepte des romans de John le Carré et de l'espionnage en général, je me suis laissé tenter par cet opus qui me semblait aborder le sujet de façon originale.

    Nat est un agent traitant en fin de carrière qui passe beaucoup de temps sur un terrain de badminton depuis son retour...
    Voir plus

    Pas spécialement adepte des romans de John le Carré et de l'espionnage en général, je me suis laissé tenter par cet opus qui me semblait aborder le sujet de façon originale.

    Nat est un agent traitant en fin de carrière qui passe beaucoup de temps sur un terrain de badminton depuis son retour en Angleterre, après de nombreuses missions à l'étranger. Russophone distingué, il a recruté nombre d'espions de l'est, dont il avait en charge l'activité et la sécurité, et a également participé au retournement d'agents installés sur le territoire britannique pour en faire des agents doubles.

    Il est le narrateur, et sa vision du milieu des services secrets de Sa Majesté est plutôt cynique. Il y a parmi les vétérans comme un regret de l'époque très manichéenne de la guerre froide où les méchants se trouvaient à l'Est et les gentils à l'Ouest. Avec la Russie ingérable de Poutine - « ex-espion de cinquième zone devenu despote europhobe » -, et les États-Unis de la « catastrophe ambulante » Trump, l'ambiance après la « grosse bêtise » du Brexit n'est pas des plus sereines dans le petit monde de l'espionnage. Steff, la fifille rebelle qui a longtemps considéré son père comme un loser du Foreign Office, appuie où ça fait mal quand elle ironise en lui demandant si cela ne le gêne pas de pousser des gens à trahir leur pays pour l'amour du sien, pour lequel il avoue « avoir de grosses réserves ».

    Du placard appelé Refuge, où l'ont gentiment installé ses supérieurs, deux événements viennent perturber le nouveau quotidien de Nat. Tout d'abord une stagiaire idéaliste démissionne de son poste à la suite du rejet d'une de ses opérations qui interférait avec des intérêts financiers supérieurs. Puis, c'est l'inattendu réveil d'un agent dormant qui secoue le bocal dans lequel s'assoupissent les différentes branches du renseignement. Heureusement pour Nat, il peut se ressourcer en affrontant régulièrement un jeune homme – fervent opposant au Brexit et à Trump -, qui a osé défier en lui le champion de badminton du club.

    L'auteur met doucement en place une intrigue astucieuse, dans un style très agréable teinté d'un humour d'une grande finesse. J'ai découvert un auteur que j'avais franchement laissé de côté malgré sa grande réputation.

  • add_box
    Couverture du livre « Le miroir aux espions » de John Le Carre aux éditions Points

    JuanGarciaMadero sur Le miroir aux espions de John Le Carre

    Second roman du maître John Le Carré que je lis, et étrange impression à la lecture, comme un « déjà-lu »… Alors soit il existe un livre à l’intrigue similaire, soit il s’avère qu’un pur espion n’était pas le premier livre de Le Carré que je lisais. Bref... L’intrigue est simple : Taylor meurt...
    Voir plus

    Second roman du maître John Le Carré que je lis, et étrange impression à la lecture, comme un « déjà-lu »… Alors soit il existe un livre à l’intrigue similaire, soit il s’avère qu’un pur espion n’était pas le premier livre de Le Carré que je lisais. Bref... L’intrigue est simple : Taylor meurt dans de curieuses circonstances lors de la récupération de photographies en Finlande. Avery est envoyé par le Service pour ramener le corps et si possible en savoir plus. Pendant ce temps, Leclerc, le chef du Service, se monte déjà la tête et croit à la réalité d’une base de missiles soviétiques installée à proximité de la frontière ouest-allemande, sur la base des indices qui lui sont parvenus. Tout est alors mis en œuvre par Leclerc pour redonner au Service son prestige d’antan et damner le pion au Cirque de Smiley. L’agent Leiser est alors retrouvé et remis au niveau avant d’être envoyé derrière les lignes ennemies, dans une périlleuse mission d’infiltration.

    Il n’y pas là l’ampleur romanesque d’un pur espion, mais dans une forme plus simple, plus épurée, M. Le Carré arrive à nous faire ressentir la tension permanente des agents, de ces membres des services secrets qui mettent leur vie en péril pour une cause qui souvent les dépasse, pour défendre un intérêt national dont ils n’ont que faire, cherchant peut-être juste à se sentir vivant en faisant ce qu’ils font… Toujours une grande justesse psychologique, et une finesse d’analyse de certaines situations et de certains comportements. Et même si, là encore, le style n’atteint pas la maturité de celui d’un pur espion, il est déjà très sûr, et possède même cette touche d’humour pince sans rire si propre aux britanniques, qui convient ici parfaitement à ce monde feutré de l’espionnage, où l’on quitte le bureau pour aller à son club, et où l’on traite entre gentlemen d’enjeux diplomatiques considérables.

    Au final, peu d’actions, et une intrigue resserrée, mais de capitales interrogations sur le sens à donner à ce que l’on fait, sur ce à quoi on peut se résoudre au nom d’un intérêt supérieur, comme sacrifier un agent, et sur les attitudes diverses des hommes qui auront à prendre cette décision. Un bon roman, à la simplicité d’une tragédie.

  • add_box
    Couverture du livre « Retour de service » de John Le Carre aux éditions Seuil

    Nicolemotspourmots sur Retour de service de John Le Carre

    Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plongée dans les labyrinthes du Renseignement britannique dont John Le Carré est sans aucun doute le meilleur guide. Mais, faute de nouvel épisode de James Bond terrassé comme tout le monde par le virus, ce Retour de service m'a semblé...
    Voir plus

    Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plongée dans les labyrinthes du Renseignement britannique dont John Le Carré est sans aucun doute le meilleur guide. Mais, faute de nouvel épisode de James Bond terrassé comme tout le monde par le virus, ce Retour de service m'a semblé particulièrement approprié pour terminer en beauté le mois anglais. Et je ne me suis pas trompée. Comme d'habitude, c'est subtil et addictif avec une réelle portée politique et sociétale, ce que j'aime chez Le Carré ; j'ai encore en mémoire les dénonciations des abus des laboratoires pharmaceutiques dans La constance du jardinier. Ici, l'auteur interroge avec brio la notion de patriotisme, sur fond de Brexit, de Trumpisme et de réorganisation politique en Europe. Le point de vue qu'il nous offre sur le monde, par l'intermédiaire d'un vétéran des services secrets qui le contemple comme il le ferait d'un jeu d'échecs est à la fois instructif et glaçant. Heureusement, l'ironie, si chère aux esprits anglais est là pour nous rappeler que nous pouvons encore peut-être garder le contrôle.

    C'est Nat qui a la parole. A quarante-sept ans, le voici de retour à Londres après de multiples postes sous couverture et sur le terrain ; alors qu'il s'attend à être mis sur la touche, on lui confie la direction du Refuge, une sorte de dépendance du département Russie, pas très reluisant. Ce qui lui laisse du temps pour s'adonner à son passe-temps favori, le badminton (ce qui n'est pas anodin : "Le badminton, c'est de la subtilité, de la patience, de la vitesse, des remontées impensables. (...) Les badistes sont généralement des solitaires qui ne cultivent guère la convivialité. Pour les autres sportifs, nous sommes un peu bizarres et sans amis"). C'est d'ailleurs à son club qu'il est un soir abordé par Ed, un jeune homme qui tient absolument à jouer avec lui. Après quelques parties, une relation se noue, Ed, très remonté contre son époque déverse ses sarcasmes anti-trump, anti-brexit, Nat l'écoute d'une oreille amusée tout en s'investissant dans une opération initiée par l'un de ses agents, Florence qui semble avoir levé un lièvre au cours de la surveillance d'un agent dormant. De manière inexplicable, les trois vont se trouver pris dans un enchaînement d'événements dont ils étaient loin d'avoir perçu les véritables enjeux ; et il faudra tout le savoir-faire de Nat et l'ingéniosité de sa femme, Prue pour s'extraire de la nasse.

    Tiens, Prue. Je crois que c'est mon personnage préféré. Elle est étonnante, avocate spécialisée dans les actions contre les laboratoires pharmaceutiques (décidément...) elle a d'abord séjourné avec Nat lors de ses premières missions avant de préférer s'installer à Londres. Très aguerrie aux méthodes des services de renseignements, peut-être plus espionne qu'une vraie, intelligente, pleine d'humour (rien que cette répartie lorsque Nat lui propose d'inviter Ed à la maison pour lui présenter : "J'ai comme l'impression que vous vous faites beaucoup de bien l'un à l'autre, mon chéri. Garde-le donc pour toi et laisse-moi en dehors de tout ça"), elle forme avec Nat un couple équilibré comme on aimerait en voir plus souvent. Un vrai bonheur. Au-delà des personnages et de l'intrigue, tout est dans le ton qui oscille entre la chronique d'un monde devenu fou et la satire alors qu'une pointe d'humour et de flegme irrigue chaque page. Le maître-mot de ce texte est le patriotisme, un mot que Le Carré semble placer sur le volant de son jeu de badminton, un mot qui sort de ce livre complètement essoré par les coups de raquettes. Quant au lecteur, il termine plutôt essoufflé par la tension qui va crescendo jusqu'aux dernières lignes. Et un peu inquiet aussi, de la façon dont on lui a montré le monde.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)