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Retour de service

Couverture du livre « Retour de service » de John Le Carre aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021433197
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une... Voir plus

À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une dernière mission : diriger le Refuge, une sous-station du département Russie où végète une clique d'espions décatis. À l'exception de Florence, jeune et brillante recrue, qui surveille de près les agissements suspects d'un oligarque ukrainien.

Nat n'est pas seulement un agent secret. C'est aussi un joueur de badminton passionné. Tous les lundis soir dans son club il affronte un certain Ed, grand gaillard déconcertant et impétueux, qui a la moitié de son âge. Ed déteste le Brexit, déteste Trump et déteste son travail obscur. Et c'est Ed, le plus inattendu de tous, qui mû par la colère et l'urgence va déclencher un mécanisme irréversible et entraîner avec lui Prue, Florence et Nat dans un piège infernal.

Avec Retour de service, John le Carré, en éminent chroniqueur de notre époque, livre un portrait du monde que nous habitons, glaçant, délicatement satirique et porté de bout en bout par une tension constante.

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Avis (8)

  • Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plongée dans les labyrinthes du Renseignement britannique dont John Le Carré est sans aucun doute le meilleur guide. Mais, faute de nouvel épisode de James Bond terrassé comme tout le monde par le virus, ce Retour de service m'a semblé...
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    Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plongée dans les labyrinthes du Renseignement britannique dont John Le Carré est sans aucun doute le meilleur guide. Mais, faute de nouvel épisode de James Bond terrassé comme tout le monde par le virus, ce Retour de service m'a semblé particulièrement approprié pour terminer en beauté le mois anglais. Et je ne me suis pas trompée. Comme d'habitude, c'est subtil et addictif avec une réelle portée politique et sociétale, ce que j'aime chez Le Carré ; j'ai encore en mémoire les dénonciations des abus des laboratoires pharmaceutiques dans La constance du jardinier. Ici, l'auteur interroge avec brio la notion de patriotisme, sur fond de Brexit, de Trumpisme et de réorganisation politique en Europe. Le point de vue qu'il nous offre sur le monde, par l'intermédiaire d'un vétéran des services secrets qui le contemple comme il le ferait d'un jeu d'échecs est à la fois instructif et glaçant. Heureusement, l'ironie, si chère aux esprits anglais est là pour nous rappeler que nous pouvons encore peut-être garder le contrôle.

    C'est Nat qui a la parole. A quarante-sept ans, le voici de retour à Londres après de multiples postes sous couverture et sur le terrain ; alors qu'il s'attend à être mis sur la touche, on lui confie la direction du Refuge, une sorte de dépendance du département Russie, pas très reluisant. Ce qui lui laisse du temps pour s'adonner à son passe-temps favori, le badminton (ce qui n'est pas anodin : "Le badminton, c'est de la subtilité, de la patience, de la vitesse, des remontées impensables. (...) Les badistes sont généralement des solitaires qui ne cultivent guère la convivialité. Pour les autres sportifs, nous sommes un peu bizarres et sans amis"). C'est d'ailleurs à son club qu'il est un soir abordé par Ed, un jeune homme qui tient absolument à jouer avec lui. Après quelques parties, une relation se noue, Ed, très remonté contre son époque déverse ses sarcasmes anti-trump, anti-brexit, Nat l'écoute d'une oreille amusée tout en s'investissant dans une opération initiée par l'un de ses agents, Florence qui semble avoir levé un lièvre au cours de la surveillance d'un agent dormant. De manière inexplicable, les trois vont se trouver pris dans un enchaînement d'événements dont ils étaient loin d'avoir perçu les véritables enjeux ; et il faudra tout le savoir-faire de Nat et l'ingéniosité de sa femme, Prue pour s'extraire de la nasse.

    Tiens, Prue. Je crois que c'est mon personnage préféré. Elle est étonnante, avocate spécialisée dans les actions contre les laboratoires pharmaceutiques (décidément...) elle a d'abord séjourné avec Nat lors de ses premières missions avant de préférer s'installer à Londres. Très aguerrie aux méthodes des services de renseignements, peut-être plus espionne qu'une vraie, intelligente, pleine d'humour (rien que cette répartie lorsque Nat lui propose d'inviter Ed à la maison pour lui présenter : "J'ai comme l'impression que vous vous faites beaucoup de bien l'un à l'autre, mon chéri. Garde-le donc pour toi et laisse-moi en dehors de tout ça"), elle forme avec Nat un couple équilibré comme on aimerait en voir plus souvent. Un vrai bonheur. Au-delà des personnages et de l'intrigue, tout est dans le ton qui oscille entre la chronique d'un monde devenu fou et la satire alors qu'une pointe d'humour et de flegme irrigue chaque page. Le maître-mot de ce texte est le patriotisme, un mot que Le Carré semble placer sur le volant de son jeu de badminton, un mot qui sort de ce livre complètement essoré par les coups de raquettes. Quant au lecteur, il termine plutôt essoufflé par la tension qui va crescendo jusqu'aux dernières lignes. Et un peu inquiet aussi, de la façon dont on lui a montré le monde.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • « Retour de service » est un peu aux thrillers modernes ce que « Le bureau des légendes » est aux séries télévisées actuelles. C’est un roman qui traite de l’espionnage avec un grand classicisme. L’auteur ne cherche pas nous impressionner mais se concentre plutôt à coller au maximum à la...
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    « Retour de service » est un peu aux thrillers modernes ce que « Le bureau des légendes » est aux séries télévisées actuelles. C’est un roman qui traite de l’espionnage avec un grand classicisme. L’auteur ne cherche pas nous impressionner mais se concentre plutôt à coller au maximum à la véracité des faits. Alors bien sûr, le rythme est lent, on ne croise pas de course poursuite, d’échanges de tir, de rebondissements mais seulement la réalité d’un métier de l’ombre.

    De par son ancien métier d’espion, John Le Carré possède toutes les connaissances nécessaires pour nous plonger au cœur du quotidien du renseignement britannique. Malgré son âge avancé, l’écrivain a su gardé son humour anglais avec lequel il lance certaines attaques. Derrière cette histoire d’agents doubles, il s’en prend à la politique d’aujourd’hui et à ses représentants. Il n’a pas sa langue dans sa poche lorsqu’il faut critiquer le Brexit ou Donald Trump. A travers ses personnages, il donne sa vision de notre monde.

    Il en profite aussi pour parler du côté personnel de ces serviteurs de l’état. Il veut nous montrer la face cachée de ces missions souvent fantasmées par la littérature et le cinéma. On découvre alors le un agent qui doit constamment jongler entre son devoir et sa famille. Une vie de mensonges est parfois lourde à porter.

    A l’heure de la surenchère artistique, je conçois que ce roman puisse déplaire à certain.e.s lecteur.rice.s. J’ai pour ma part pris un grand plaisir avec le réalisme des situations et du scénario. L’écriture de haut niveau de John Le Carré et sa maîtrise de la narration font de ce livre une lecture exigeante et fascinante à la fois. J’ai eu l’impression de lire une histoire intelligente, vraie, en dehors des standards actuels, avec pour seul objectif : la littérature.

    http://leslivresdek79.com/2020/06/22/563-john-le-carre-retour-de-service/

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  • https://colorandbook.blogspot.com/2020/06/retour-de-service-de-john-le-carre.html?m=1

    Je suis vraiment passée à coté de ce livre. Je m'attendais à autre choses en fait. Je pensais que ce serait un roman avec beaucoup plus d'action et de rebondissements, vu que l’on était sur un roman avec des...
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    https://colorandbook.blogspot.com/2020/06/retour-de-service-de-john-le-carre.html?m=1

    Je suis vraiment passée à coté de ce livre. Je m'attendais à autre choses en fait. Je pensais que ce serait un roman avec beaucoup plus d'action et de rebondissements, vu que l’on était sur un roman avec des agents secrets. Mais au final, c'est le côté politique qui prend le dessus sur tout et cela me passionne beaucoup moins. Mais si vous aimez la politique, foncez.


    Les + :


    * Les personnages de Ed et de Nat sont super intéressants à découvrir. J'ai particulièrement apprécié voir l'évolution de leur relation, et les conséquences que cela a eu sur leur vie.

    * J'ai apprécié la plume de John le Carré. C'était agréable à lire, bien écrit et surtout bien documenté.


    Les - :


    * Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire. C'est long, lent et poussif. Je me suis beaucoup ennuyée dans ces histoires de politique et ce manque d'action.

    * Le dernier quart était passionnant, mais a manqué énormément de consistance. Une fin trop abrupte. Il me reste beaucoup de questions sans réponses.

    * Beaucoup trop de personnages secondaires avec plusieurs identités, qui n'ont aucune consistance. Je me suis totalement perdue, pour me rappeller qui est qui et leurs rôles.

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  • Eminent spécialiste en la matière, John Le Carré a travaillé pour les services de renseignement anglais durant la Guerre Froide. Depuis plus de 50 ans, il se consacre à l’écriture. Mieux vaut tard que jamais pour que je me plonge dans l’un de ses bouquins. C’est donc chose faite et cette lecture...
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    Eminent spécialiste en la matière, John Le Carré a travaillé pour les services de renseignement anglais durant la Guerre Froide. Depuis plus de 50 ans, il se consacre à l’écriture. Mieux vaut tard que jamais pour que je me plonge dans l’un de ses bouquins. C’est donc chose faite et cette lecture m’a beaucoup plue.

    « Retour de service » est le parfait roman d’espionnage. Certains lecteurs n’adhèreront pas à ce domaine si particulier et à ce style d’écriture tout à fait singulier. Pour ma part, j’ai adoré. Je m’y suis retrouvée très vite en plein dans cette atmosphère secrète à peine quelques pages lues. Même si l’action se déroule à notre époque, c’est entouré d’une aura très révélatrice des films et livres d’espionnages qu’on a pu voir ou lire se déroulant du temps de la Guerre Froide.

    C’est une plongée dans les arcanes de la géopolitique mondiale. Ce sont des couloirs cachés aux communs des mortels où très peu de gens y ont accès, tant la culture du secret doit y être maintenue. Doté d’un humour très british, le héros principal Nat est un dandy sur le retour, élégant par son style mais n’ayant pas sa langue dans la poche. Chacun des personnages trouve sa place.

    Ce que j’ai trouvé très appréciable dans ce livre, ce sont les questions si actuelles que traite l’auteur puisque l’on est en plein Brexit où les deux camps (pro et anti) se font encore face. Trump et Poutine se partagent l’échiquier mondial. Autre sujet présent qui n’est pas laissé pour compte : les lanceurs d’alerte. Et tout cela est finement analysé.

    Agréable à lire par sa justesse et sa crédibilité, ce thriller d’espionnage m’a projetée au coeur de la City, en compagnie de Nat, Prue, Ed et Florence. Habilement écrit et décrit, ce milieu si particulier vous électrisera même si vous n’êtes pas un féru, voire un adepte de la politique. Le final est peut-être un peu commode à mon goût mais il n’a en rien entaché mon plaisir de lecture.

    Je remercie les éditions Seuil et BePolar.fr pour l’envoi de ce livre.

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  • Pas mal à decouvrir les renseignements britanniques est autres bien sur un peu de polar avec sa mais a decouvrir tout ses secrets qui nous passent parfois invisible un tres bon sujet qui m interesse beaucoup a decouvrir

    Pas mal à decouvrir les renseignements britanniques est autres bien sur un peu de polar avec sa mais a decouvrir tout ses secrets qui nous passent parfois invisible un tres bon sujet qui m interesse beaucoup a decouvrir

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  • John le Carré, 88 ans, fait preuve d'une endurance imaginative absolument remarquable avec ce roman dopé à l'esprit du temps, pimenté de références ultra-contemporaines de l'ère post-Brexit.

    Nat, quinqua vétéran des services secrets britanniques, se voit proposer une alternative à sa possible...
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    John le Carré, 88 ans, fait preuve d'une endurance imaginative absolument remarquable avec ce roman dopé à l'esprit du temps, pimenté de références ultra-contemporaines de l'ère post-Brexit.

    Nat, quinqua vétéran des services secrets britanniques, se voit proposer une alternative à sa possible fin de carrière : prendre la direction du Refuge, une sous-station du département Russie, à la fois moribonde et bizarre avec ses espions rebuts qui semblent inutiles. Peut-être une dernière chance pour Nat de laisser sa marque sur le MI6 auquel il a consacré une grande partie de sa vie. Sauf que sa rencontre avec Ed, un grand gus dégingandé et déstabilisant avec lequel il joue au badminton tous les lundis, va l'entraîner dans un enchaînement de péripéties surprenantes jusqu'à un complot géopolitique d'ampleur.

    Le scénario est excellent, construit en poupées russes qui recèlent toutes des surprises, avec un virage dans le dernier tiers vraiment ingénieux et très inattendu. C'est d'une fluidité parfaite, sur les pas de Nat, sa narration à la première personne créant une proximité et un attachement immédiats avec le lecteur. Tous les personnages sont formidablement campés et leurs interactions, heureuses ou pas, priment presque sur l'action à proprement parler.

    Bien sûr, les services secrets britanniques sont toujours chez John le Carré en pleine déchéance, rongé par de petites rivalités entre collègues et services, sur-promouvant les médiocres ou les corruptibles, gaspillant les talents. Bien sûr, les thématiques obsessionnelles de l'auteur sont bien présentes : manigances et secrets d'Etat, trahison et loyauté, idéaux politiques soumis à rudes épreuves face aux fragilités humaines.

    Mais ce qui ressort de ce roman, c'est sa truculence et sa mélancolie.
    Sa truculence, car John le Carré régale le lecteur d'une plume pleine de verve, très ironique pour dire la crise de foi politique de notre époque, entre désespoir et incrédulité face au Brexit. Cette verve explose dans les dialogues, tous formidables, crépitants d'énergie et de drôlerie. Par exemple cette diatribe sur Trump qui sort de la bouche d'Ed, le personnage exutoire :

    « Trump, c'est le balayeur de chiottes de Poutine. Il fait tout ce que le petit Vlad ne peut pas faire lui-même : il pisse sur l'unité européenne, il pisse sur les droits de l'homme, il pisse sur l'OTAN. Il nous assure que la Crimée et l'Ukraine appartiennent au Saint-Empire russe, que le Moyen-Orient appartient aux Juifs et aux Saoudiens, et merde à l'ordre mondial ! Et vous, les Britiches, vous faites quoi ? Vous lui taillez une pipe et vous l'invitez à boire le thé avec votre reine. Vous prenez notre argent et vous le lavez pour nous. Vous nous accueillez uniquement si on a assez d'envergure en tant qu'escrocs. Vous nous vendez la moitié de Londres. Vous vous lamentez quand on empoisonne nos traîtres et vous dites s'il vous plaît, s'il vous plaît, chers amis russes, faites du commerce avec nous. »


    Sa mélancolie aussi. Il n'est pas beau, donc le nouveau Monde post-Brexit avec les agissement glaçants du trio Johnson-Trump-Poutine. Tout l'enjeu pour Nat, dans ce monde-là, est de trouver un moyen pour conserver son intégrité morale alors qu'il a perdu toute illusion sur le MI6 qu'il sert. En fait ce roman est profondément désenchanté au-delà de ses saillies satiriques drolatiques. Désenchanté mais qui trace une ligne morale, une droiture, celle de la force du choix individuel, de la liberté dont chacun soit s'emparer pour ne pas laisser le pessimisme le plus sombre gangréner ce monde. Les derniers chapitres sont très intéressants, mettant en scène la force de cette liberté individuelle lorsqu'elle s'allie à une autre ou plusieurs.

    Lu dans le cadre du Club VIP Bepolar.com

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  • Après avoir passé la majorité de sa carrière d’agent secret à l’étranger, Nat rentre à Londres à la plus grande joie de Prue sa femme. Pourtant les perspectives d’avenir sont réduites au sein du Service pour les anciens comme lui. On lui offre la direction du Refuge, une extension du département...
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    Après avoir passé la majorité de sa carrière d’agent secret à l’étranger, Nat rentre à Londres à la plus grande joie de Prue sa femme. Pourtant les perspectives d’avenir sont réduites au sein du Service pour les anciens comme lui. On lui offre la direction du Refuge, une extension du département Russie où sont remisés d’anciens agents, seule la jeune Florence apporte la fougue dans sa surveillance d’un oligarque ukrainien. Nat pratique le badminton dans un club et c’est là qu’un jeune homme va croiser son chemin, ils vont jouer ensemble et bientôt c’est le début d’une amitié avec Ed. Les romans d’espionnage, ce n’est généralement pas ma tasse de thé et pourtant j’ai dévoré celui-ci avec avidité, je vous explique pourquoi. Tout d’abord le sujet abordé est brulant d’actualité avec les ravages de la politique Trump, les manipulations de Poutine et le Brexit comme toile de fond. Mais surtout l’auteur possède l’art et la manière de nous parler d’espionnage, dont il maîtrise tous les codes. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est sa façon de nous rendre les personnages accessibles, il ne s’agit pas ici de James Bond mais plutôt d’un homme un peu blasé qui redécouvre au travers du regard d’Ed sur la société et la politique, la flamboyance de la jeunesse. Un roman qui nous donne un aperçut de la nature humaine tout en nuances et en subtilités. A 88 ans l’auteur nous livre un roman où transparaissent ses opinions politiques mais peu importe notre clivage, je pense que tout le monde peut se passionner pour ce roman d’espionnage. La politique contemporaine vue par la lorgnette Le carré, d’une étonnante simplicité et d’une redoutable efficacité. Même si la fin peut sembler trop belle pour être vraie, cela fait du bien de temps à autre d’avoir ce type de final dans un livre plutôt sombre. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2020/06/07/38333312.html

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  • Je tiens à remercier les éditions du Seuil pour l'envoi de ce roman.

    Talentueux auteur de romans d'espionnage, John le Carré revient à l'âge de 88 ans avec  " Retour de service " publié en ce mois de mai 2020 aux éditions du Seuil. Né en 1931, David John Moore Cornwell, dit John le Carré, est...
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    Je tiens à remercier les éditions du Seuil pour l'envoi de ce roman.

    Talentueux auteur de romans d'espionnage, John le Carré revient à l'âge de 88 ans avec  " Retour de service " publié en ce mois de mai 2020 aux éditions du Seuil. Né en 1931, David John Moore Cornwell, dit John le Carré, est un romancier britannique. Durant les années 1950 et 1960, Cornwell a travaillé pour le MI5 et le MI6 pendant la guerre froide et a commencé à écrire des romans sous le pseudonyme de « John le Carré ». Dans son nouveau roman, l'auteur nous plonge au cœur des services du renseignement de Sa Majesté, à l'heure du Brexit, au moment où la Grande-Bretagne cherche de nouveaux alliés entre les manipulations de Trump d'un côté et les agissements souterrains de Poutine de l'autre.

    p. 67 : " - [...] pour la Grande-Bretagne comme pour l'Europe et la démocratie libérale dans le monde entier, le Brexit pendant l'ère Trump et la dépendance totale que la Grande-Bretagne va avoir envers les Etats-Unis , qui sont entrain de plonger dans le racisme institutionnel et le néofascisme, c'est un méga boxon à tous points de vue. "

    À 47 ans, Nat est un ancien membre des services de renseignement britanniques et champion de badminton à l'Athletic Club de Battersea. Marié à Prudence, une ancienne spécialiste de la contre-surveillance, elle s'est reconvertie et traque désormais les agissements des grandes multinationales pharmaceutiques dans un cabinet d'avocats à Londres. 

    p. 23 : " Pendant plus de deux décennies, d'abord avec Prue puis sans elle, j'ai servi ma souveraine sans couverture diplomatique ou consulaire à Moscou, Prague, Bucarest, Budapest, Tbilissi, Trieste, Helsinki et dernièrement Tallinn, pour recruter et gérer toutes sortes d'agents secrets. "

    Comme tous les lundis soir depuis son retour à Londres, Nat se bat pour conserver son titre de champion de badminton, pendant que Prue consacre cette soirée au bénévolat. Mais lorsqu'un certain Ed lui propose de se confronter à lui, Nat pourtant formé à l'analyse et la détection de comportements suspects, ne sait quoi penser de lui. 

    p. 12 : " Je vous ai regardé jouer, ok ? Et j'ai battu un ou deux types que vous avez battus et aussi un ou deux qui vous ont battu. Je crois bien que je pourrais vous donner du fil à retordre. Sérieusement. Très sérieusement, voilà. "

    Dans le même temps, Dom - son ancien chef de station à Budapest et nouveau directeur du Central de Londres lui propose une nouvelle mission. 

    p. 32 : " - Tu as bien dit " station externe russe basée sur notre sol et restée trop longtemps dans l'ombre " ? La seule que je connaisse, c'est le Refuge, et ce n'est pas une station externe, c'est une station annexe moribonde sous l'égide du Central Londres qui sert de dépotoir pour les transfuges sans valeur qu'on a réinsérés et les informateurs de cinquième zone qui partent en vrille. Aux dernières nouvelles, le Trésor était sur le point de le fermer, mais ils ont dû oublier. C'est vraiment ça que tu es en train de me proposer ? "

    Mais aucune rencontre n'est hasardeuse ni les faits un simple concours de circonstance. Tous ont une couverture qu'ils prennent tant à cœur qu'elle se confond avec leur réelle identité ; le mensonge est omniprésent. Les espions  sont à la merci des services de surveillance du  contre-espionnage. Tout est lié. Personne n'est à l'abri. Personne n'est innocent. C'est une bataille intérieure incessante entre la conscience et le devoir.

    John le Carré exploite les failles d'un Brexit à venir, profitant de cette instabilité politique et économique pour y construire son intrigue. L'auteur  s'amuse avec  son lecteur en usant de nombreux  indices trompeurs, de personnages obscurs et tout cela sur fond d'espionnage. Sans contexte, la mayonnaise prend, ses astuces narratives sont efficaces et l'intrigue soignée. L'utilisation du badminton comme métaphore est très astucieuse ! Tout au long du roman, John le Carré s'en sert pour comparer les qualités nécessaires à la pratique de ce sport tout comme elles sont nécessaires à un bon espion : réflexe, patience, stratégie, feinte et réactivité. " Retour de service " s'est révélée une lecture passionnante !

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