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Jean Giono

Jean Giono

Jean Giono, né le à Manosque et mort le dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de...

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Jean Giono, né le à Manosque et mort le dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.

Articles en lien avec Jean Giono (1)

Avis sur cet auteur (51)

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    Couverture du livre « Les grands chemins » de Jean Giono aux éditions Folio

    LALIE.01 sur Les grands chemins de Jean Giono

    De l’écrivain français, provençal, Jean Giono (né et décédé à Manosque : 1895-1970), parmi ses nombreux ouvrages, j’ai choisi « Les Grands Chemins », pas un gros livre (environ 256 pages) et très vite lu, évidemment…

    Il a beaucoup écrit sur la ruralité modeste et piémontaise.
    Cet ouvrage est...
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    De l’écrivain français, provençal, Jean Giono (né et décédé à Manosque : 1895-1970), parmi ses nombreux ouvrages, j’ai choisi « Les Grands Chemins », pas un gros livre (environ 256 pages) et très vite lu, évidemment…

    Il a beaucoup écrit sur la ruralité modeste et piémontaise.
    Cet ouvrage est un « livre de chemins » - un livre écrit à la première personne – une tranche de vie où l’on trouve de la marche, des petits boulots et des rencontres.

    On pourrait dire que « Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route. »

    C’est la fin de l’été et le héros vagabond, mène sa vie sans lendemains - parcourt les étendues en quête d'une chambre - d'un travail et d'un peu de tabac. Il croise le chemin de "l'Artiste", compagnon de route et joueur de cartes. On ne connaît pas leurs noms, sauf celui de l’Artiste » dévoilé tout à la fin.

    Tous les deux ont du mal à tenir en place mais par contre, ils ont une grande différence : l’un veut travailler tandis que l’autre, non. J’ai envie de dire qu’ils ont « la bougeotte » (un terme familier., pour dire : besoin de se déplacer sans cesse - de voyager - incapacité de rester en place.)
    Ins nouent une amitié équivoque, sans concessions et qui vaut pour les deux dernières pages éclatantes et grotesques.

    Un livre où l’on ne trouve pas de larmoiements – peu communicatif – un récit écrit à la première personne.
    C'est bien un de ces grands livres en forme de point d'interrogation qu'il faut apprendre à aimer. Jamais le point ne se fait explicite et il aurait grand mal tant le sens réduit pourrait se résumer à quelques mots : une marche partagée - une amitié rude - des scènes de silences - une œuvre errante comme la vie - comme une évidence – grande simplicité – de la poésie.

    Un grand roman comme la vie que « Les Grands Chemins » de Jean Giono.

    "C'est beau l'amitié !"

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    Couverture du livre « L'homme qui plantait des arbres » de Jean Giono et Olivier Desvaux aux éditions Gallimard-jeunesse

    Fanny C. sur L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono - Olivier Desvaux

    Un beau récit écologique d'avant -garde écrit en 1953 par Jean Gioni illustré par les peintures à l'huile d'Olivier Desvaux pour l'édition Gallimard de 2018.
    Le narrateur , un jeune homme, rencontre sur les hauts plateaux arides et désolés de Haute -Provence ,un berger solitaire qui lui offre...
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    Un beau récit écologique d'avant -garde écrit en 1953 par Jean Gioni illustré par les peintures à l'huile d'Olivier Desvaux pour l'édition Gallimard de 2018.
    Le narrateur , un jeune homme, rencontre sur les hauts plateaux arides et désolés de Haute -Provence ,un berger solitaire qui lui offre l'hospitalité.L'homme trie des glands puis les met en terre. Il a entrepris de reboiser le plateau et fera pousser des milliers de chênes ,des bouleaux et des hêtres plus tard.L'humble berger est un humaniste , animé par un savoir ancestral , un philosophe détaché des contraintes matérielles habituelles , un sage .Dans ce pays devenu moins hostile, la vie renaît, il y a de l'eau, des fermes.
    Giono signe là un texte puissant, une fable visionnaire.

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    Couverture du livre « Regain » de Jean Giono aux éditions Lgf

    Chantal Lafon sur Regain de Jean Giono

    Dans chaque âme le regain est là, tapi prêt à surgir…
    Terminer cette trilogie par le regain, n’est-ce pas une belle image, regardez, vous la voyez cette herbe qui repousse après la première fauche, c’est l’herbe qui a le plus de vigueur.
    Aubignane est un hameau désertifié. Il n’y reste que...
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    Dans chaque âme le regain est là, tapi prêt à surgir…
    Terminer cette trilogie par le regain, n’est-ce pas une belle image, regardez, vous la voyez cette herbe qui repousse après la première fauche, c’est l’herbe qui a le plus de vigueur.
    Aubignane est un hameau désertifié. Il n’y reste que trois âmes.
    Le vieux Gaubert, ancien charron qui est octogénaire et qui va aller s’installer chez le fils.
    La Mamèche, cette femme qui est arrivée autrefois avec son homme, puisatier, ils venaient du Piémont. Il y a longtemps que le mari et le fils, sont morts, au fond, pour l’eau.
    Elle reste seule.
    Le troisième c’est Panturle, la quarantaine, il crève de solitude.
    Quand Gaubert est parti, un soir au coin du feu la Mamèche a dit à Panturle qu’elle allait lui cherchait une femme qui accepterait de vivre dans ce désert. Un jour la Mamèche a rangé sa maison et elle n’est jamais revenue.
    Panturle est au désespoir, il vit de plus en plus comme un sauvage.
    « Il y a une maison qui s’est comme décollée, qui a coulé du haut en bas, toute seule, qui est venue s’arrêter, les quatre fers d’aplomb, au bord du ruisseau, à la fourche du ruisseau et de ce qu’ils appelaient la route, là, contre un cyprès. »
    Panturle est plantureux, une morphologie qui ressemble à un arbre qui en impose, à lui aussi ses racines sont dans la terre.
    Pour arriver jusqu’au hameau, il faut finir la route à pied, les charrettes n’y passent plus, les effondrements l’ont rendue impraticable.
    Il parle seul, vit de la chasse et de peu.
    Un jour, Gédémus le rémouleur et Arsule, arrivent. Arsule ne repartira pas avec Gédémus.
    Panturle qui dormait sur une paillasse, allumait du feu comme autrefois les Cro-Magnon, voit sa masure se transformer. Arsule est aimante et habile. Il va retrouver le goût de cultiver la terre et de parcourir quelques lieux pour y retrouver la civilisation.
    Il renaît, renoue avec ses connaissances. Il y trouvera l’entraide, la bienveillance.
    Il n’oubliera pas de rendre visite au vieux Gaubert qu’il trouvera figé, au coin de l’âtre, dans la gangue de la vieillesse. C’est une scène magnifique et émouvante.
    « Je vois que la terre d’Aubignane va repartir. L’envie du pain, la femme, c’est ça, c’est bon signe. Je connais ça, ça ne trompe pas. Ça va repartir de bel élan et ça redeviendra de la terre à homme. »
    La vie revient.
    Un couple arrivera avec ses trois enfants, ils fraternisent immédiatement.
    Le regain c’est cela.
    Ce livre est sorti tout droit de la terre, de ses terres qui ne demandent qu’à offrir.
    Giono la raconte d’une façon très charnelle, la poésie est dans chaque geste, chaque mot, chaque image.
    « Il y avait un beau jour gris, doux comme le pelage d’un chat. Il coulait par la fenêtre et par la porte et il baignait tout dans sa douceur. Le feu dans l’âtre soufflait et usait ses griffes rouges contre le chaudron de la soupe, et la soupe mitonnait en gémissant, et c’était une épaisse odeur de poireaux, de carottes et de pommes de terre bouillies qui emplissait la cuisine. On mangeait déjà les légumes dans cet air-là. »
    Et si nous repeuplions les campagnes ?
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/05/20/regain-jean-giono/

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    Couverture du livre « Un de Baumugnes » de Jean Giono aux éditions Lgf

    Chantal Lafon sur Un de Baumugnes de Jean Giono

    L’accordeur d’âmes.
    Dans ce deuxième livre de la trilogie de Pan, la beauté réside dans l’emploi du Je.
    Je, c’est Amédée, tout un vieux journalier qui loue ses bras aux fermes alentours. L’expression qui me vient dès les premières lignes le concernant : un accordeur d’âmes.
    Comme les...
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    L’accordeur d’âmes.
    Dans ce deuxième livre de la trilogie de Pan, la beauté réside dans l’emploi du Je.
    Je, c’est Amédée, tout un vieux journalier qui loue ses bras aux fermes alentours. L’expression qui me vient dès les premières lignes le concernant : un accordeur d’âmes.
    Comme les accordeurs de piano, Amédée lui sait écouter ceux qui en ont besoin, il est attentif et bienveillant, un sage qui n’hésite pas à trouver les mots qui réconfortent et à agir pour améliorer ce qui peut l’être.
    Alors, après une dure journée de labeur, à la buvette il repère tout de suite l’âme en peine qui se nomme Albin, il est de Baumugnes, mais cela fait trois ans qu’il n’y est pas retourné.
    Car un drame s’est noué un soir et lui a laissé un désespoir qu’il traine d’un endroit à l’autre.
    Il était en compagnie de Louis, une petite frappe, quand ils ont vu passer une belle jeune fille Angèle. Louis a tout de suite vu le potentiel de la demoiselle, il l’a séduit et puis…
    Angèle est la fille unique de Clarius et Philomène Barbaroux qui ont la ferme de la Douloire.
    Amédée échafaude un plan, il envoie Albin dans une ferme de sa connaissance et lui promet de revenir vers lui dès qu’il en saura plus sur Angèle.
    « Ne va pas tout de suite sur la route de ton pays. Écoute : les batailles avec les mauvaises choses, garçon ça dure toujours longtemps, mais, même quand on a touché des deux épaules, on ne doit pas dire : c’est fini. On se relève et on recommence ; à la fin, c’est le malheur qui reste dans la poussière. »
    Lui se rend à la Douloire, s’il est mal accueilli par Clarius, il est adopté par Philomène, il va être chargé des gros travaux.
    Il découvre que le couple n’est plus ce qu’il était. Peu à peu, il découvre qu’Angèle, fille « gâchée » est revenue à la ferme mais que les parents la cachent.
    Reste à découvrir où est cachée Angèle.
    Il rejoint Albin, comme promis.
    Dans ce roman, Giono prend l’habit d’Amédée et donne une humanité qui s’est bâtie sur la terre, celle que l’on cultive, contemple, nourrit , qui nous a vue naître et nous verra mourir.
    Un pan de vie qui s’inscrit dans le grand cercle de la vie.
    Il raconte l’époque avec ses us et coutume, ses failles.
    De la folie des gens de la terre à la sagesse.
    Comme pour une récolte il faut du temps au temps, pour murir et s’épanouir.
    Jean Giono y déploie tout son art de la métaphore au lyrisme et surtout des dialogues qui sonnent clairs et justes.
    Un livre qui se lit avec les yeux mais aussi l’ouïe et tous les sens en éveil.
    C’est un art rare.
    Et j’ai adoré le dénouement qui lui aussi sonne comme le final d’une symphonie.
    Un enchantement qui se renouvèle à chaque lecture. De l’émotion autant pour les personnages que pour cette Provence.
    Traduire en mots le regard, une belle illustration :
    « Je regardais, chaque midi, un petit épi de soleil qui, d’entre les rideaux, s’en venait farauder sur le nickel de la machine à coudre. »
    Je crois fermement que le bonheur est niché là !
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/05/20/un-de-baumugnes-jean-giono/