Jean Giono

Jean Giono

Jean Giono, né le à Manosque et mort le dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de...

Voir plus

Jean Giono, né le à Manosque et mort le dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.

Articles en lien avec Jean Giono (1)

Avis sur cet auteur (36)

  • add_box
    Couverture du livre « Le chant du monde » de Jean Giono aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Le chant du monde de Jean Giono

    Le chant du monde, le chant de la nature, une ôde au végétal où l'homme se trouve imprégner, immerger dans sa quête humaine...... Ici et je crois que c'est le cas dans tous les romans de cet auteur, la nature tient le premier plan. C'est finalement elle qui donne le rythme et le ton au...
    Voir plus

    Le chant du monde, le chant de la nature, une ôde au végétal où l'homme se trouve imprégner, immerger dans sa quête humaine...... Ici et je crois que c'est le cas dans tous les romans de cet auteur, la nature tient le premier plan. C'est finalement elle qui donne le rythme et le ton au récit.

    Deux hommes partent pour retrouver le fils de l'un d'entre eux, ils ont en commun le fleuve sur lequel ils naviguent ou pêchent. Les deux hommes, taiseux, l'un âgé, Matelot, l'autre plus jeune, Antonio, vigoureux et à sa manière beau-parleur d'où son surnom de "Bouche d'Or", vont se lancer dans un voyage à la recherche de Danis, le besson (jumeau), seul fils survivant de Matelot, qui a disparu alors qu'il devait convoyer du bois sur le fleuve lors du dernier été.

    C'est une sorte de voyage révélateur et initiatique des deux hommes que nous conte Jean Giono, mais aussi et surtout un chant d'amour de la nature et des saisons. De l'automne au printemps, l'auteur s'en fait le chantre à travers les paysages traversés par les deux hommes mais aussi d'une épopée où les rencontres vont se succéder et bouleverser leurs vies.

    Il y aura les rencontres positives :  Clara, jeune femme aveugle découverte en forêt en train d'accoucher et qui va bouleverser Antonio, il y aura Toussaint le nain difforme aux pouvoirs de guérison, allié et protecteur et puis il y aura ceux qui représentent le mal, la violence : Maudru et ses bouviers, éleveurs de taureaux (double représentation de la force) représentant la puissance, la force, Maudru qui ne peut supporter que le besson enlève Gina, sa fille alors qu'elle était promise à un autre homme de sa famille.

    C'est avec une écriture d'une grande richesse et lyrique, avec mille détails qui plantent le décor, installant une bande de sonore, olfactive et parfois sensuelle du monde environnant, où l'homme apparaît finalement comme bien humble durant les trois saisons que durera le voyage.

    "C'était le grand désordre de printemps. Les forêts de sapins faisaient des nuages à pleins arbres. Les clairières fumaient comme des tas de cendres. La vapeur montait à travers les palmes des feuillages ; elle émergeait de la forêt comme la fumée d'un feu de campement. Elle se balançait et, au-dessous de la forêt, mille fumées pareilles se balançaient comme mille feux de campement, comme si tous les nomades du monde campaient dans les bois. C'était seulement le printemps qui sortait de la terre. (p259)"

    Les caractères de chacun des personnages se révèlent peu à peu car dans cet environnement rural on ne s'épanche pas, c'est plus par les actes que les hommes apparaissent et en particulier Clara se fera l'initiatrice de ce que les autres ne voient pas ou plus et qu'elle a découvert avec ses autres sens.

    "Je me demande, dit Clara, ce que ça peut être ce que vous dites : voir ! puisque, chaque fois, ça vous trompe.(p270)"

    C'est également une histoire  de vengeance, de combat, de justice, des plus faibles contre les puissants, de rivalité amoureuse qui finira dans le sang et la destruction. Comment ne pas y retrouver la trame de nombreux récits où chacun défend son droit, sa possession et où le personnage de Toussaint le guérisseur apporte bonté, sagesse.

    C'est une écriture très imagée, vous partagez avec les personnages les sentiers, les bords du fleuve, vous gravissez les montagnes, vous subissez les assauts de la nature, de ses habitants, vous humez les odeurs de la terre, des plantes, vous découvrez avec eux la beauté et la richesse du monde à qui sait la regarder, l'écouter, la sentir. 

    A lire quand on a besoin de se déconnecter du quotidien, de la ville, pour retrouver des sensations champêtres, pour réapprendre à regarder, à écouter Le chant du monde .....

  • add_box
    Couverture du livre « Regain » de Jean Giono aux éditions Lgf

    Jean-Paul Degache sur Regain de Jean Giono

    Le régal est à nouveau au rendez-vous car lire Jean Giono, c'est retrouver une simplicité et une beauté dans le style comme dans les décors et les personnages qu'il campe. Tant pis si je ne lis pas dans l'ordre La Trilogie de Pan (Colline, Un de Baumugnes, et Regain) puisque le troisième opus me...
    Voir plus

    Le régal est à nouveau au rendez-vous car lire Jean Giono, c'est retrouver une simplicité et une beauté dans le style comme dans les décors et les personnages qu'il campe. Tant pis si je ne lis pas dans l'ordre La Trilogie de Pan (Colline, Un de Baumugnes, et Regain) puisque le troisième opus me tombait sous la main, je n'ai pas hésité et je ne l'ai pas regretté.

    La description très vivante de ce village d'Aubignane, pas très loin de Manosque, quelque part du côté de Banon, rend vite nostalgique d'une période pas si lointaine mais, à la réflexion, que la vie y était dure ! D'ailleurs, le village se meurt. Gaubert, le vieux forgeron, s'en va chez « l'enfant ». le Panturle a perdu sa mère, « victime du mal » et la Mamèche qui a vu son homme enseveli au fond du puits qu'il creusait pour fournir de l'eau au village, est un peu folle…
    Pourtant, le Panturle est encore jeune et plein de vie, à quarante ans. Aussi, la Mamèche promet de lui trouver une femme, avant de disparaître mystérieusement. Pendant ce temps, Giono nous présente Gédémus, un rémouleur. Il part de Sault avec une jeune femme, Arsule, connue auparavant sous le nom de Mademoiselle Irène. Comme par hasard, c'est elle qui tire la carriole… enfin, quand c'est son tour !
    L'auteur nous gratifie alors de scènes magnifiques sur le plateau, en plein vent avec des apparitions bizarres jusqu'à ce qu'on se retrouve près d'Aubignane mais là, il ne faut plus rien dire afin de ne pas divulgâcher la fin de l'histoire, les moments les plus savoureux de lecture.
    Son roman étant divisé en deux parties, la seconde est formidable d'espoir, c'est le Regain ! j'ai adoré ces scènes de travail dans les terres remises en culture, celles de la foire de Banon et les remarques concernant ce blé d'Inde imposé par certains conseillers agricoles bien intentionnés, blé qui ne supporte pas le climat sec et chaud de ce qu'on appelle aujourd'hui les Alpes de Haute-Provence. Je pense que ce qu'écrit Jean Giono entre les deux guerres mondiales devrait bien faire réfléchir aujourd'hui.
    L'auteur gratifie même son lecteur d'un retour improbable d'un certain Gédémus et d'une fin très morale. Je le répète, lire Giono est un véritable délice car il raconte si bien, faisant revivre une époque où l'homme vivait en harmonie avec la nature, souffrait avec elle mais savait la respecter pour en obtenir la nourriture indispensable à sa subsistance.

    Formules savoureuses, expressions d'autrefois donnant une langue ô combien moderne et chantante qui charme toujours le lecteur près d'un siècle plus tard, c'est Giono !
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2019/09/jean-giono-regain.html

  • add_box
    Couverture du livre « Un roi sans divertissement » de Jean Giono aux éditions Gallimard

    Elizabeth Neef-Pianon sur Un roi sans divertissement de Jean Giono

    Paru en 1948, ce livre ne date pas d’hier.
    Et pourtant l’écriture n’a pas vieilli et le charme opère toujours.
    Je n’ai pas très bien compris quand ça se passait, certainement début du siècle.
    Je n’ai pas très bien compris qui racontait cette histoire, à part quand elle était reprise par un...
    Voir plus

    Paru en 1948, ce livre ne date pas d’hier.
    Et pourtant l’écriture n’a pas vieilli et le charme opère toujours.
    Je n’ai pas très bien compris quand ça se passait, certainement début du siècle.
    Je n’ai pas très bien compris qui racontait cette histoire, à part quand elle était reprise par un des personnages principaux.
    Je n’ai pas très bien compris le comportement de Langlois
    Bref, je n’ai pas compris grand-chose, mais je me suis complue dans cette ambiance de villageois mêlés à de bien étranges histoires pas toujours très claires (enfin, pour moi du moins)
    Je me suis laissée portée par les mots, par l’atmosphère, par la poésie, par l'imaginaire.....et ce fut bien agréable.

  • add_box
    Couverture du livre « Un roi sans divertissement » de Jean Giono aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Un roi sans divertissement de Jean Giono

    Avec Jean Giono, dans Un roi sans divertissement, il y a les arbres, la nature, plus des hommes et des femmes qui vivent dans des contrées montagnardes au climat rude, tentant de comprendre des événements dramatiques : meurtres, disparitions…

    C’est un hêtre, très vieux, dans un village de...
    Voir plus

    Avec Jean Giono, dans Un roi sans divertissement, il y a les arbres, la nature, plus des hommes et des femmes qui vivent dans des contrées montagnardes au climat rude, tentant de comprendre des événements dramatiques : meurtres, disparitions…

    C’est un hêtre, très vieux, dans un village de montagne, en hiver, sous la neige et Marie Chazottes qui a entre 20 et 23 ans, disparaît sans laisser de trace. La peur s’installe dans le village mais le printemps arrive et l’auteur nous régale avec un déluge de vocabulaire toujours riche et précis.
    Lors de cette première disparition, nous sommes en 1843 mais, l’hiver suivant, c’est au tour de Bergues de disparaître. On ne s’en aperçoit que quatre ou cinq jours après et des hommes vont chercher les gendarmes à Clelles. Nous sommes dans le Trièves, entre Vercors et Dévoluy.
    Les gendarmes arrivent à cheval, dans la neige avec un certain Langlois qui prend les choses en main : « J’aime mieux, avait dit Langlois, me déranger vingt fois pour rien plutôt que de rater la fois qui compte. » Hélas, c’est au tour de Callas Delphin d’être « rayé de la surface du globe. » Au passage, l’auteur nous gratifie d’un portrait d’Anselmie, son épouse. Quel portrait ! « Corps incompréhensible dans des jupons, corsages, tournures, ceintures, qui le gigotent, le fagotent et l’entourloupent de tous les côtés à contresens ; tête de chèvre, des yeux de mammifère antédiluvien, une bouche en trait de scie et deux trous de narines tournés vers la pluie. »
    Plus tard, Langlois revient… en bourgeois, au Café de la route, chez Saucisse, mais Dorothée est morte. Celui que Giono appelle Frédéric II et qui a vu le meurtrier, suit cet homme dans la neige par monts et par vaux jusqu’à Chichiliane. Le mystère s’épaissit encore.
    Plus tard, Langlois revient au village en Commandant de louveterie, parle peu et mène une vie monacale, militaire. S’il est austère et cassant, son cheval est très sympa ! Entre en scène le procureur royal et « son ventre bas qu’il portait devant lui à pas comptés comme un tambour. » Il s’agit d’éliminer ce qu’on appelle les nuisibles…
    On parle d’ours au col du Rousset et dans la forêt de Lente et de loups un peu partout. Urbain Timothée de Saint-Baudille est nommé capitaine de louveterie. Il revient du Mexique avec quelques pesos et « Sa femme, plus âgée que lui, était une créole toujours belle et lente comme une après-midi de fin juin. » C’est Madame Tim. Il faudrait citer tellement de passages savoureux…
    Cette battue générale au loup dans le bois de Chalamont est un moment fort du livre qui se poursuit dans ces contrées montagneuses aux hivers très rudes. Les moments de vie se succèdent. Langlois veut se marier. Il a 56 ans et veut une femme de 30 ans. Avec Saucisse, ils prennent la patache jusqu’à Grenoble, mangent au restaurant place Grenette et trouvent Delphine qui fait l’affaire : une fille de Voiron ! « Ça n’est pas quelqu’un de rare ! »

    Seulement l’hiver revient et l’histoire, racontée par plusieurs narrateurs sans que certains épisodes soient solutionnés, se termine tragiquement. Jean Giono conclut en citant Blaise Pascal : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères. »

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2019/09/jean-giono-un-roi-sans-divertissement.html