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Henrik Ibsen

Henrik Ibsen
Apothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s'ennuie et à écrire deux drames historiques, 'Catilina' et 'Le tertre du guerrier'. Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques et artistiques alimentent son oeuvre :... Voir plus
Apothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s'ennuie et à écrire deux drames historiques, 'Catilina' et 'Le tertre du guerrier'. Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques et artistiques alimentent son oeuvre : 'Dame Inger d'Ostraat', 'La fête à Solhaug'... Le théâtre d'Oslo dont il devient directeur à son retour en Norvège fait faillite, il part alors en Europe et développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l'individualisme. Après ses pièces traditionnelles, il n'écrira plus que des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise et l'affrontement entre l'individu et la 'majorité compacte' : 'L'union des jeunes', Une maison de poupée', 'Le Canard sauvage', 'Hedda Gabler'... Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambigüe de l'auteur : s'il critique la morale traditionnelle et défend l'idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique 'ibsénien' réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable.

Avis sur cet auteur (2)

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    Couverture du livre « Hedda Gabler (NHB Classic Plays) » de Henrik Ibsen aux éditions Hern Nick Digital

    gaelle bonnet sur Hedda Gabler (NHB Classic Plays) de Henrik Ibsen

    une lecture surprenante !

    une lecture surprenante !

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    Couverture du livre « Une maison de poupée » de Henrik Ibsen aux éditions Actes Sud

    Lili-book'n'cook sur Une maison de poupée de Henrik Ibsen

    "Une littérature qui ne lance pas de débat, c'est une littérature qui est sur le point de perdre toute importance", Henrick Ibsen. Voilà matière à débuter ce billet... car vous l'aurez compris, aujourd'hui se place sous le signe d'un engagement : le combat féministe. Je vous vois déjà lever les...
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    "Une littérature qui ne lance pas de débat, c'est une littérature qui est sur le point de perdre toute importance", Henrick Ibsen. Voilà matière à débuter ce billet... car vous l'aurez compris, aujourd'hui se place sous le signe d'un engagement : le combat féministe. Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, marre de l'actualité et ces débats qui n'en finissent plus autour de la chose. Peut-être, mais Rome ne s'est pas faite en un jour et pour mettre en lumière ce sujet et mieux le comprendre, je vous propose de vous pencher sur une pièce de théâtre de 1879 pour le coup totalement contemporaine et subversive ! Intelligente et novatrice, elle dénonce non seulement la mascarade que peut être la vie conjugale, mais aussi le poids social des convenances. Mais alors de quoi ça parle ? 

    Norvège, 1870. Nora Helmer, honorable épouse et mère de deux enfants est heureuse. Avocat, son mari Torvald Helmer vient d'être promu directeur de banque. Au revoir les soucis financiers, bonjour à cette nouvelle vie pleine de promesses. Quelques jours avant noël, elle reçoit la visite surprise de Madame Linde, son amie d'enfance désormais veuve, fraîchement débarquée en ville. La discussion entre les deux femmes révèle la personnalité assez frivole de Nora sous les yeux et les oreilles d'une Madame Linde au caractère moral. Mais rapidement, la conversation tourne autour d'un voyage en Italie, effectué il y a huit ans au début de leur mariage. Comment ont-ils pu se permettre un tel voyage de plusieurs mois ? Pourquoi Nora dit-elle avoir "sauvé" son mari par ce voyage ? Qui leur a prêté cette somme d'argent ? Nora avoue alors à madame Linde la source officieuse du prêt, sans toutefois lui faire promettre de tenir le secret auprès de son mari... 

    Nora, femme volontaire, offre une joie de vivre permanente à son époux. Surnommée linotte, comme l'oiseau, ou petit écureuil, elle affiche une frivolité décomplexée comme cadeau domestique face à un mari gentil et bon, qui dirige tout de même la maisonnée. Parce qu'il ne faut pas déconner, l'homme de la maison est là pour ramener calme et discipline. Néanmoins, Torvald adore cette femme pleine de vie dont il entretient les enfantillages avec délectation. Oui, mais voilà, et si la légèreté de Nora cachait un secret ? En lui dissimulant l'origine du prêt contracté, Nora ne se ment-elle pas sur le bonheur familial ? 

    Au cours de cette lecture, j'ai encore plus pris conscience des nombreuses interdictions et restrictions concernant les femmes. Imaginez que vous ne possédez pas la clé de la boîte aux lettres, seul réservé aux époux. Imaginez que vous ne pouvez disposer de l'argent du ménage, tâche géré par les hommes. Bref, je ne vous apprends rien... Mais ce qui peut être plus étonnant encore, c'est la restriction mentale que Nora se fait d'elle-même et sur son rôle, pariant sur sa jeunesse et sur sa beauté.

    Avec un drame comme intrigue, Ibsen met en scène une galerie de personnages tirés de la petite bourgeoisie pour les confondre à la réalité du monde domestique. Loin du cliché du bourgeois drôle et dépassé, le dramaturge tisse une tension graduelle jusqu'au dénouement final évocateur et sans ambiguïté. L'auteur déforme alors le prisme familial de l'époque pour en faire un mensonge et ainsi détruire l'image du foyer chaleureux pour en faire un objet de fragilité.

    Pour thème, l'émancipation féminine, Ibsen marque un tournant dans le théâtre tout en reprenant ses codes. En suscitant la controverse, l'auteur ne s'imaginait pas donner un coup de pied dans la fourmilière et participer ainsi, à l'évolution des mentalités sclérosée par une certaine "moralité". Mais la principale question qui me vient à l'esprit à la lecture de cette pièce est : la passion apparente de Nora peut-il être le fantasme de la réciprocité des sentiments d'une femme envers son mari ? Pour la comprendre et y répondre, je vous laisse courir à votre médiathèque ou librairie (indépendante, toujours) la plus proche !

    En rééditant et complétant cette pièce actuelle par une postface du traducteur Eloi Recoing, la collection Babel offre un cadeau inestimable au lecteur, mais aussi au théâtre qui souffre parfois d'un défaut d'image poussiéreuse. Qui a dit que le théâtre n'était que perruque et rigolade ? 

    Je vous propose cette fois-ci un thé vert nommé Melondo, d'Origines Tea & Coffee et un bonbon miel (voir deux...). Bonne lecture !
    http://bookncook.over-blog.com/