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Denis Michelis

Denis Michelis
Denis Michelis est journaliste, écrivain et traducteur. Il vit à Paris. Le bon fils est son deuxième roman après La chance que tu as (Stock, 2014) qui a connu un écho important de la part de la critique et des libraires.

Avis sur cet auteur (10)

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    Couverture du livre « État d'ivresse » de Denis Michelis aux éditions Noir Sur Blanc

    Anne-Marie Lemoigne sur État d'ivresse de Denis Michelis

    Denis Michelis offre ici au lecteur le portrait sans concession d'une femme, journaliste pour une revue de psychologie , noyée dans l 'alcoolisme , vivant seule avec son fils adolescent .

    Une épave, en pleine décrépitude physique, ayant perdu toute dignité, plongée dans la solitude,...
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    Denis Michelis offre ici au lecteur le portrait sans concession d'une femme, journaliste pour une revue de psychologie , noyée dans l 'alcoolisme , vivant seule avec son fils adolescent .

    Une épave, en pleine décrépitude physique, ayant perdu toute dignité, plongée dans la solitude, cloîtrée dans sa maison devenue un capharnaüm, sortant seulement pour s'approvisionner en alcool.

    Le lecteur suit son monologue intérieur révélant un univers mental perturbé. Un discours qui se transforme parfois en dialogue avec sa conscience, qui l'interpelle, l'exhorte en vain à se ressaisir. Alternent états de léthargie et moments de flottement où cauchemars et réalité se mêlent et se brouillent. L'expression récurrente « fondu au noir » vient alors rompre brusquement le texte pour marquer l'inconscience.

    Les échanges avec autrui?
    Rares, ils lui renvoient une image de sa déchéance , de l'incompréhension face à son incapacité à se secouer et au dégoût qu'elle finit par susciter.
    Ses réactions alors ne font que révéler un déni de son état, une supplication, ou une promesse chimérique.

    L'aide qu'elle pourrait trouver dans certains services, elle la refuse.
    Ce dont elle a surtout besoin c'est d'amour.
    Celui d'un époux ? mais il a pris le large ….
    Celui de son fils, ? mais quand elle lui a demandé ce qu'il aimerait comme cadeau de Noël, il a répondu : une nouvelle mère …....
    Comment alors être aimée quand on ne suscite plus que de la répulsion ?

    Un voyage au bout de l'addiction à l'alcoolisme féminin dont on ne peut sortir indemne.
    Si l'état d'ivresse chez l'homme suscite souvent un regard apitoyé, cet état chez la femme atterre, interroge....... surtout quand on est soi-même un femme …....

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    Couverture du livre « État d'ivresse » de Denis Michelis aux éditions Noir Sur Blanc

    Mumu Dans le Bocage sur État d'ivresse de Denis Michelis

    On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas depuis quand, mais c’est un fait : elle boit….

    Elle boit, elle sombre, plus rien n’arrive à la sortir de cet état d’ébriété où elle s’enfonce de jour en jour. Personne, même pas Tristan, son fils de 17 ans, sa chair, son sang mais pas son alcool car...
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    On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas depuis quand, mais c’est un fait : elle boit….

    Elle boit, elle sombre, plus rien n’arrive à la sortir de cet état d’ébriété où elle s’enfonce de jour en jour. Personne, même pas Tristan, son fils de 17 ans, sa chair, son sang mais pas son alcool car l’alcool désormais prend le dessus sur tout : sa famille, son travail, ses voisins, son moi.

    Chaque journée n’est faite que de mensonges, de dissimulations, de petits arrangements avec soi et avec les autres pour boire, elle croit que personne ne sait ou ne voit alors que tous savent mais sont désarmés, impuissants ou ont peur. Elle se détruit, lentement mais sûrement. Elle perd l’amour que ses proches lui portent, elle n’a plus d’amis, elle risque de perdre son boulot et elle se perd également : les rares fois où elle se voit elle ne se reconnaît plus.

    Elle, elle a un job, c’est d’écrire des articles, chez elle, pour un magazine grand public mais comment écrire quand les mots se dérobent, quand les idées se font la belle, quand l’encre est alcool et transforme vos idées, vos mots et votre cerveau : tout se dilue et fonctionne au ralenti, les heures ne comptent plus, seul compte le moment où la flasque sera à portée de main et vous sauvera du naufrage.

    Elle, elle est seule, un mari en déplacement toute la semaine et qui est sur le point de de l’abandonner, un fils qui tente de la repêcher mais est à bout, il est l’enfant et ne veut pas devenir l’adulte de sa mère, il y a Célia, la voisine, qu’elle terrorise et qui est sur le point de craquer. Tout le monde est à bout mais elle tient bon la barre de son navire sans voir qu’il sombre.

    Elle, elle est seule et n’a pour compagnie que les quelques bouteilles dissimulées çà et là dans la maison. Heureusement elles sont là, elles la rassurent, elles sont le remède à tout, plus de problème, plus de soucis, elle flotte, vole, dort et perd toute notion du temps et de l’heure.

    C’est un court roman qui retrace une semaine de la vie d’une alcoolique, sa lente descente aux enfers car il s’agit bien d’enfer, le cheminement de cette femme qui semblait tout avoir pour être heureuse : une maison, un mari, un fils, une situation mais que rien n’arrive à sauver. Elle nous raconte, elle se raconte mais ce qu’elle ne voit pas c’est sa déchéance, le constat de ces journées inutiles, de ces journées de brouillard dont elle ne sort pratiquement jamais.

    Pas à pas, verre après verre, elle s’enferme dans des mensonges qu’elle seule croit, elle maîtrise la situation, mais à force de s’approcher du bord du précipice, ne va-t-elle pas basculer. Mais inconsciemment, n’est-ce-pas ce qu’elle cherche : se noyer, oublier, se donner la force de tenir encore, allez un petit dernier pour la route…..

    J’ai trouvé que Denis Michelis restituait parfaitement cet état d’ivresse, d’inconscience, de déni dans lesquels l’héroïne s’enferme. Cette soif inextinguible, ce goût pour l’alcool toujours plus , toujours plus fort, la peur du manque, les subterfuges pour s’en procurer, sans sentiment de se détruire, de détruire ceux qui vous entourent. C’est une drogue accessible, destructrice, silencieuse mais visible, c’est une plongée dans un enfer dont on ne ressort jamais indemne, ni pour celui qui boit ni pour ceux qui l’entourent.

    Au fil des jours le récit prend des allures d’une descente aux enfers, elle s’enfonce dans ses promesses de s’en sortir mais en a-t-elle la volonté ? Maîtrise-t-elle la situation ? Elle le pense, mais c’est un jeu dangereux. Dans les derniers chapitres le rythme ralentit, comme son cerveau qui s’embrume et l’apocalypse s’annonce :

    Et tes prévisions ont vu juste, la brume ne devrait pas tarder. Et s’en viendront des chevaux d’écume montés de leurs cavaliers blancs, et à la première occasion ils me feront sauter la tête avec leur faux (p163)

    Donner la parole à celle qui boit, vivre à son rythme, dans son ressenti sans chercher à expliquer le pourquoi, se plonger dans son quotidien, dans sa quête du « médicament » son anti-dépresseur à elle aux effets rapides et salvateurs qui lui donne la puissance et un pouvoir qu’elle n’a plus, Il lui permet une vision des choses, des autres et d’elle qui est faussée mais elle n’en a pas conscience. Elle vit dans son monde, à elle. Mais ce monde a ses limites, la famille s’épuise, se lasse, comprend que plus rien ne peut l’aider et parfois la fuite est nécessaire afin de ne pas sombrer soi-même.

    Tout cela l’auteur le restitue parfaitement, il nous fait boire la coupe jusqu’à la lie, jusqu’à la dernière goutte et nous ne demandons pas un dernier verre pour la route, car après un tel récit, on reste la gorge nouée, on ne peut rien avaler. Denis Michelis ne cherche pas à donner des réponses, c’est un témoignage d’une femme alcoolique, qui nous raconte une semaine de sa vie, qui ne voit pas pourquoi sa famille s’éloigne, pourquoi plus personne ne l’aide, qui sombre dans son Etat d’Ivresse.

    C’est du brut, c’est fort, ça brûle comme un alcool fort mais cela permet de mettre en lumière, une femme, qui peut être n’importe quelle femme qui boit, seule chez elle……

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    Couverture du livre « État d'ivresse » de Denis Michelis aux éditions Noir Sur Blanc

    Henri-Charles Dahlem sur État d'ivresse de Denis Michelis

    Elle est tombée dedans sans que l’on sache exactement pourquoi. Elle est maintenant pieds et poings liés, emprisonnée dans son addiction. Forte, irrépressible, même si elle ne veut pas se l’avouer: «Donne-moi une minute ou deux de réflexion et je nous sortirai de cette mauvaise passe » dit-elle...
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    Elle est tombée dedans sans que l’on sache exactement pourquoi. Elle est maintenant pieds et poings liés, emprisonnée dans son addiction. Forte, irrépressible, même si elle ne veut pas se l’avouer: «Donne-moi une minute ou deux de réflexion et je nous sortirai de cette mauvaise passe » dit-elle juchée sur son tabouret à la recherche de la bouteille de rhum dédié à la pâtisserie dans le placard de la cuisine. Le résultat de cette réflexion volontaire?
    Son fils Tristan la retrouve «avachie sur la table haute de la cuisine, devant une petite bouteille de rhum ambré La Martiniquaise, un sac de farine éventré à ses pieds et un rouleau à pâtisserie sur lequel il a manqué de sa casser la gueule.»
    Face aux dérives qui s’accumulent, elle reste d’abord fidèle à sa ligne de conduite. Elle nie et minimise, elle gère l’ingérable, elle ment à tous, mais d’abord à elle-même. Notamment quand elle affirme qu’elle voit quelqu’un, qu’elle veut s’en sortir, qu’elle va s’en sortir.
    Il va pourtant falloir très vite se rendre à l’évidence, la spirale infernale est enclenchée. Denis Michelis n’a du reste pas besoin de jouer les moralisateurs ou les donneurs de leçon, il suffit de constater. Comme le fait Celia, la voisine qui se désespère et qui en guise de remerciement va récolter des insultes. Celia qui accepte de lui confier sa voiture pour qu’elle puisse aller faire quelques courses. Elle va en profiter pour acheter quelques bouteilles, sans même se rendre compte qu’elle est partie en robe de chambre. Tristan lui rappelle par ailleurs qu’elle n’a plus le permis de conduire…
    Son mari, qui brille par son absence, entend tout de même la mettre en garde. Mais curieusement, elle ne se souvient pas avoir reçu ses messages.
    Arrive tout de même une lueur d’espoir dans ce tableau sombre, quelquefois drôle – mais c’est l’ironie du désespoir – et terriblement angoissant: «Sortir de cet enfer, telle est ma devise. M’échapper du labyrinthe dans lequel je me suis moi-même perdue.» Le détail qui tue suit toutefois cette déclaration. «Encore une gorgée».
    Entre mythomanie et délire, entre menaces et encouragements, ce roman a quelque chose d’implacable. Comme lorsque vous vous rendez compte que vous êtes dans des sables mouvants et que toute tentative pour vous en sortir n’aura pour conséquence de vous enfoncer encore davantage.
    https://urlz.fr/97ta

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    Couverture du livre « État d'ivresse » de Denis Michelis aux éditions Noir Sur Blanc

    Marlène G sur État d'ivresse de Denis Michelis

    J’ai assisté durant cette lecture au naufrage de cette femme alcoolique, rien ne la retient, même pas la présence et les attentes de son fils. Elle est embrumée du matin au soir dans les vapeurs d’alcool et n’a pas envie de s’en sortir. Pourquoi et comment elle en est arrivée là? J’ai souffert...
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    J’ai assisté durant cette lecture au naufrage de cette femme alcoolique, rien ne la retient, même pas la présence et les attentes de son fils. Elle est embrumée du matin au soir dans les vapeurs d’alcool et n’a pas envie de s’en sortir. Pourquoi et comment elle en est arrivée là? J’ai souffert en lisant ce livre, en apnée tout au long de ma lecture cherchant en vain à comprendre.Ce livre tellement bien écrit, si juste, si concret m’a permis d’arriver jusqu’au bout mais fatiguée.

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