Colette

Colette

Dernière enfant du couple formé par ces parents mythiques que sont devenus Sido (Sidonie Langlois) et le capitaine Colette, celle qui deviendra Colette a vécu une enfance heureuse dans un petit village de Bourgogne. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d'une nature fraternelle...

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Dernière enfant du couple formé par ces parents mythiques que sont devenus Sido (Sidonie Langlois) et le capitaine Colette, celle qui deviendra Colette a vécu une enfance heureuse dans un petit village de Bourgogne. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d'une nature fraternelle, elle rencontre adolescente Henry Gauthier-Villars, surnommé 'Willy', avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-Coligny. Willy, auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de collaborateurs. Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale. Vite saisi par les dons d'écriture de sa jeune épouse, Willy l'engage à écrire ses souvenirs d'école, qu'il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera Claudine à l'école, bientôt suivi d'une série de Claudine (La maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc.), dont les romans seront publiés sous le nom du seul Willy. Willy fut, entre autres, l'amant de Marie Louise Servat (dite Germaine), femme d'Émile Courtet, à qui il donna un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars. Jalouse, consternée de devoir être enfermée dans un rôle d'épouse bafouée, Colette se libère de plus en plus de cette tutelle, et, encouragée par Georges Wague, commence une carrière dans le music-hall (1906-1912), où elle présente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, puis au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et à Bataclan. Ce sont des années de scandale et de libération morale: elle divorce d'avec Willy en 1906 et connaît plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène. Mais, durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d'écrivain. Elle publie des ouvrages évoquant ces années: La vagabonde, L'envers du music-hall, En tournée, etc. Une attention de plus en plus précise à la justesse des mots, notamment lorsqu'ils sont chargés d'exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l'esprit et ceux de la femme sur l'homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture qui reste encore à saluer, tant, ici encore, la critique littéraire a manifesté son machisme.


Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909. Elle rencontre ensuite Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912 et qui l'engage à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, elle aura sa seule enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite «Bell-Gazou» ["beau gazouillis" en provençal]. À quarante ans, elle joue aussi un rôle d'initiatrice auprès du fils d'Henry, Bertrand de Jouvenel, dix-sept ans, expérience qui nourrira les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe. En ce qui concerne Chéri, il s'agit d'un fantasme qui est devenu réalité, puisqu'il est en 1920, mais dont l'idée datait de 1912, soit quelques années avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel. Le divorce sera prononcé en 1923. Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique L'Enfant et les sortilèges. Elle a été l'amie de la reine Elisabeth de Belgique, Marguerite Moreno et Natalie Barney et a eu quelques brouilles avec la célèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy.


En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. En 1953, elle est promue officier de la Légion d'honneur. L'écrivaine est au faîte de sa gloire et de son talent quand elle s'installe dans son appartement du Palais-Royal pour ne plus le quitter. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, Maurice Goudeket, son dernier mari, l'aidera à supporter son arthrose. Elle meurt le 3 août 1954. Malgré sa réputation sulfureuse et le refus, par l'Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise à Paris. Sa fille repose à ses côtés.


Avis (41)

  • Couverture du livre « La vagabonde » de Colette aux éditions Lgf

    Chantal LAFON sur La vagabonde de Colette

    Quand vous avez la littérature dans le sang...
    Ce week-end, une amie m'a demandé comment vas-tu, tout sourire je lui réponds : il y a longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien, je suis d'humeur vagabonde.
    La saynète se passait samedi, dimanche matin, au lever du jour, en buvant mon...
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    Quand vous avez la littérature dans le sang...
    Ce week-end, une amie m'a demandé comment vas-tu, tout sourire je lui réponds : il y a longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien, je suis d'humeur vagabonde.
    La saynète se passait samedi, dimanche matin, au lever du jour, en buvant mon premier café et en écoutant le premier chant des oiseaux ce mot vagabonde était toujours présent à mon esprit, et j'ai eu envie de relire "La vagabonde de Colette". Mais que nenni, ce livre n’était plus dans ma bibliothèque, l’après-midi même j’ai eu l’occasion d’acquérir l’œuvre complète en 3 volumes. Et c’est ainsi que voici la recension de ce délectable pèlerinage…
    Renée Nérée, le double de Colette, est une femme qui a dépassé la trentaine et qui a « mal tourné » entendez par-là qu’elle a divorcé en 1906, ce qui était rare et que pour vivre elle est devenue mime de music-hall. Cette femme qui écrivait n’écrit plus : « Or, depuis que je vis seule, il a fallu vivre d’abord, divorcer ensuite, et puis continuer à vivre…Tout cela demande une activité, un entêtement, incroyables… »
    Avant de se décider à franchir le pas de la séparation avec un homme qu’elle a aimé, et qui lui a fait subir trahison, tromperies, et bien d’autres affronts, elle avait sa place dans le beau monde, même si beaucoup préférait lui donner du « Madame Renée » plutôt que le nom de son mari. Il lui en a fallu du courage, et du renoncement, car les amis restent toujours du côté du Mâle.
    Elle a rompu avec son ancienne vie et quand, en ce mois de décembre, froid et humide, elle se retrouve seule elle se remonte le moral comme elle peut : « Le hasard, mon ami et mon maître, daignera bien encore une fois m’envoyer les génies de son désordonné royaume. Je n’ai plus foi qu’en lui, et moi. En lui surtout, qui me repêche lorsque je sombre, et me saisit, et me secoue, à la manière d’un chien sauveteur dont la dent, chaque fois, perce un peu ma peau… »
    Voilà que surgit un admirateur jeune et beau, riche, plein d’assurance, quelle tentation !
    Mais Renée a une vision nouvelle de la séduction, par le prisme des débris de son ancienne vie et l’exotisme de sa nouvelle vie d’artiste.
    « Quoi qu’il essaie, je lui réponds brièvement, ou bien j’adresse à Hamond la réponse destinée à mon amoureux… Ce mode de conversation indirecte donne à nos entretiens une lenteur, une fausse gaîté, inexprimables… »
    Mais va-t-elle renoncer à sa liberté toute neuve ?
    J’ai fait cette lecture avec à l’esprit le regard de Colette, ce regard si particulier qui étonne sur chaque photo.
    Eh oui, elle disait « il faut voir et non inventer » et ses écrits sont empreints de ce regard affranchi, surprenant, aigu, spontané.
    Son art du portrait humain ou animalier est admirable, j’ai adoré découvrir les dessous des milieux artistiques de l’entre-deux guerres. Les descriptions toute en finesse des états d’âme, des difficultés de chacun, de la fierté qu’ils mettent tous à cacher la misère et l’incertitude du lendemain, a course au cacheton… Les surnoms qu’elle donne sont désopilants.
    Elle sait d’un adjectif, d’un trait d’humour vous faire voir la gestuelle, la pause de chacun, avec tendresse ou cruauté.
    Son analyse de la situation des femmes est d’une actualité presque irréelle.
    Son écriture est tellement intemporelle, audacieuse et fine que sa narration ne semble pas dater de plus d’un siècle.
    Un roman d’une beauté sensuelle remarquable, un plaisir de lecture incomparable.
    Chantal Lafon-Litteratum Amor 24 avril 2018.

  • Couverture du livre « La maison de Claudine » de Colette aux éditions Lgf

    NORMAND Annabelle sur La maison de Claudine de Colette

    C'est un livre que j'ai adoré pendant mon adolescence, on se délecte de la plume de COLETTE où l'on découvre une jeunesse pleine de poésie. Ce livre m'a donné l'envie de découvrir la bibliographie de cette grande dame de la littérature. Elle décrit avec force les souvenirs de son enfance, dans...
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    C'est un livre que j'ai adoré pendant mon adolescence, on se délecte de la plume de COLETTE où l'on découvre une jeunesse pleine de poésie. Ce livre m'a donné l'envie de découvrir la bibliographie de cette grande dame de la littérature. Elle décrit avec force les souvenirs de son enfance, dans un style savoureux, riche et précis.

  • Couverture du livre « Sido » de Colette aux éditions Fayard

    NORMAND Annabelle sur Sido de Colette

    J'adore les romans de Colette, elle a une façon directe de s'adresser aux lecteurs. Dans cet ouvrage elle décrit une femme forte, sans préjugés mais avec un temperament violent. Un vrai régal!

    J'adore les romans de Colette, elle a une façon directe de s'adresser aux lecteurs. Dans cet ouvrage elle décrit une femme forte, sans préjugés mais avec un temperament violent. Un vrai régal!

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