Catherine Gucher

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Avis (19)

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    Couverture du livre « Et qu'importe la révolution ? » de Catherine Gucher aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Ghislaine DEGACHE sur Et qu'importe la révolution ? de Catherine Gucher

    Jeanne, 68 ans, vit retirée au Revest sur le haut plateau ardéchois. Originaire de la Creuse où toute jeune, elle a laissé ses parents et la ferme familiale pour le lycée et s'engager pleinement dans les jeunesses communistes, engagement qui la conduira jusqu'à Cuba durant l'été 1967, fêter la...
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    Jeanne, 68 ans, vit retirée au Revest sur le haut plateau ardéchois. Originaire de la Creuse où toute jeune, elle a laissé ses parents et la ferme familiale pour le lycée et s'engager pleinement dans les jeunesses communistes, engagement qui la conduira jusqu'à Cuba durant l'été 1967, fêter la Révolution et rencontrer Fidel.
    Lorsque ce 25 novembre 2016, elle apprend la disparition de Fidel Castro, El Commandante, à l'âge de quatre-vingt-dix ans et que retentit dans le poste " hasta la victoria siempre ", c'est pour elle comme un nouvel appel à la révolution, le besoin de repartir, avant qu'il ne soit trop tard.
    À quelques jours d'intervalle, lui est parvenue une lettre inespérée de Ruben, son ancien amour qui lors de son départ pour Cuba n'avait pas voulu la suivre, bien qu'épris de liberté, ne supportant pas le sang versé quelle qu'en soit la cause. Celui-ci, ancien réfugié espagnol qui a fui le franquisme avec sa grand-mère, arrivé à Argelès puis à Oran, Paris, vit maintenant à Cassis. Il est resté traumatisé par cette violence et est obnubilé par le sang. Dans sa lettre, il lui écrit son amour toujours vivace et lui propose de le rejoindre. À ce moment-là, elle sait que son départ ne saurait tarder. Elle décide de passer Noël au Revest avec ses amis Madeleine, Marcel, Paul, Justine et les autres ainsi qu'avec Manuel, ce fils qui s'était éloigné d'elle. Elle partira le 3 janvier.
    L'amour a survécu aux années et les convictions également.
    Dans ce roman, la description des paysages est magnifique et l'auteure nous fait respirer la nature à plein nez, que ce soit avec la burle sur le haut plateau de cette belle Ardèche sauvage ou avec l'air marin de Cassis et ses environs. Catherine Gucher réussit à nous faire ressentir la rudesse de l'hiver ardéchois que la solidarité permet de bien supporter et à nous faire déambuler avec Ruben dans les ruelles de Cassis. Dans les deux cas, Jeanne et Ruben ne sont pas seuls et les attentions qu'ils portent à leurs voisins ou amis nous touchent énormément. Cette solidarité qu'ils pratiquent vis à vis des autres et qui est leur vraie nature est touchante mais ne les empêche pas de ressasser le passé. Pour Ruben surtout, ce passé très traumatisant le hante et il ne parvient pas à oublier. Cette guerre d'Espagne pour lui et cette révolution cubaine pour elle sont les deux pivots du roman et l'union de ces deux êtres pourrait peut-être bien les aider à surpasser ces peurs et les apaiser.
    En entremêlant ces événements historiques au récit de la vie de ses personnages, Catherine Gucher nous livre un roman passionnant nous permettant de revenir et de réfléchir à ces luttes passées qui ont malmené des peuples et laissé des cicatrices et de vivre une magnifique histoire d'amour, d'amitié, de liberté où la nature est un personnage à part entière.
    J'ai été emportée dès le début du roman par ces personnages qui ont gardé toutes leurs convictions et leurs retrouvailles leur montreront que tout reste à vivre.
    Et qu'importe la révolution ? est un roman original, émouvant, politique, poétique, rythmé et aussi un beau roman d'amour que j'ai eu le très grand plaisir de lire grâce aux éditions Le mot et le reste et à Babelio lors d'une masse critique privilégiée. Je les remercie sincèrement.

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    Couverture du livre « Et qu'importe la révolution ? » de Catherine Gucher aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Evlyne Léraut sur Et qu'importe la révolution ? de Catherine Gucher

    Touchant, saisissant, « Et qu’importe la Révolution ? » est un roman à apprendre par cœur. Sa qualité première soulève un vent d’humilité et de fraternité. Sa beauté est vertu. On peut rester courber des heures devant l’harmonie de la trame. La puissance verbale, signifiante, affirme, sa...
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    Touchant, saisissant, « Et qu’importe la Révolution ? » est un roman à apprendre par cœur. Sa qualité première soulève un vent d’humilité et de fraternité. Sa beauté est vertu. On peut rester courber des heures devant l’harmonie de la trame. La puissance verbale, signifiante, affirme, sa dignité. L’envolée du sens, de la forme, du donnant, enclenche une histoire sentimentale, engagée, existentialiste. Catherine Gucher est douée. Elle sait, peint une œuvre généreuse, vivifiante dans une intimité hors norme. Ses personnages sont nos alliés, salvateurs combattants de cette intériorité dont il ne faut pas craindre l’ombre. « Jeanne sait que ce qui la sépare de son fils, une vision du monde, les voix des exilés, les dénonciations des militants des droits de l’homme. Elle comprend le refus du vieux monde, d’un ordre trop établi qui, ne laisse aucune place à ces trentenaires désabusé… » « Leurs regards ne se portent pas au même endroit. » Ce récit est la mappemonde des idéaux écartelés. Un chant grave et pur, l’ode, des amours vrais enracinés dans les différences et la constance du nostalgique. Ruben, l’ubiquité entre l’Espagne et les oppressions sous l’ère de Franco, l’Algérie l’accueillante et ses orangers altruistes, le sud de la France et ses douceurs chaleureuses. Jeanne qu’il aime en résilience d’un passé qui aurait pu joindre les mains de ces Héloïse et Abélard. L’éternel retour à flanc de montagne. « C’est dans la clarté qu’il retrouvera Jeanne, elle le reconnaîtra à l’odeur d’argousier qu’il porte sur sa peau lorsque l’ombre est absente. » Cette histoire est l’enivrant de l’existence. Ce qui se passe dans ce diapason où les regrets sont un solfège de lumière. Faut-t-il dire ici ce qui va advenir de ces êtres qui se retrouvent, gerbes de blé en regain dont ils ne veulent pas bouger un seul grain ? Ruben le cosmopolite, Jeanne la Cubaine. Taire le furtif, le délicat, le doigt glissant subrepticement sur un bras nu. Taire l’embrasement des retrouvailles. « Hasta la victoria sienne » « El pueblo unido jamàs serà vencido » « Ces mots sont ceux de Jeanne à jamais. » Jeanne, solennelle, libre va célébrer la liturgie du crépuscule de ses jours. Ouvrir les rideaux et quêter la splendeur du retour en soi. Ce récit publié par Les Editions « Le mot et le reste » trouve sa voie dans la ligne éditoriale si intuitive. Le mot : dire, le reste : assembler. « L’homme est toujours plus qu’il ne sait de lui-même et que les autres ne savent de lui. » A méditer. En lice pour le Prix Hors Concours 2019 Gaëlle Bohé , c’est une grande fierté, enrobée de chance.

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    Couverture du livre « Transcolorado » de Catherine Gucher aux éditions Gaia

    Madame Tapioca sur Transcolorado de Catherine Gucher

    Montez dans le Transcolorado.
    Le Transcolorado c'est le bus que prend quotidiennement Dan Mary Carvy pour aller jusqu'à l'arrêt des quatre montagnes.
    Elle prend le bus et puis elle rentre. C'est son voyage à elle, un voyage intérieur pour chasser les araignées qu'elle a dans la tête et qui...
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    Montez dans le Transcolorado.
    Le Transcolorado c'est le bus que prend quotidiennement Dan Mary Carvy pour aller jusqu'à l'arrêt des quatre montagnes.
    Elle prend le bus et puis elle rentre. C'est son voyage à elle, un voyage intérieur pour chasser les araignées qu'elle a dans la tête et qui s'agitent dès que les émotions deviennent trop forte. Elle se laisse bercer par l'autocar qui sillonne les grandes plaines. 
Jeune femme farouche et perturbée, abîmée par les épreuves, Dan vit seule depuis la mort de son père. Elle subsiste grâce à une mince pension, au glanage dans les champs et reste debout à coup de rasades de cafés-whiskys.
    Le bar, le bus, le glanage, le bar, la poste pour récupérer sa pension, le bar, le bus…..
    Tout semble immuable et pourtant elle a des envies d'ailleurs, Dan attend un changement et elle sait que quelqu'un va venir et s'arrêtera pour elle.
    Un jour comme un autre, Tommy, l'homme à la balafre, l'homme à la démarche d'indien, l'homme qui aime les pins Douglas entre dans le bar et entre dans sa vie.
    Le vacarme dans la tête de Dan va petit à petit disparaître mais le chemin de l'apaisement est encore long.

    Ce premier roman est un long monologue.
Dans les vastes paysages de l'Ouest américain, Dan se raconte dans un style épuré, teinté de nature writing.
    Le lecteur est projeté dans la tête de cette jeune femme et derrière chaque mot, les troubles de Dan se devinent tout comme l'espoir qui peine à émerger.
    Un livre hybride à mi chemin entre la littérature française et la littérature américaine, entre voyage intérieur et voyage dans les grandes plaines.
    C'est simple et très poétique.

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    Couverture du livre « Et qu'importe la révolution ? » de Catherine Gucher aux éditions Le Mot Et Le Reste

    GeorgesSmiley sur Et qu'importe la révolution ? de Catherine Gucher

    Ce petit roman devrait beaucoup plaire :
    Pour Jeanne, l’héroïne qui aime Fidel Castro, la Révolution et, comme le prétendait l’inénarrable Georges Marchais, le bilan globalement positif du communisme.
    Pour Ruben, l’orphelin rescapé de la guerre civile d’Espagne, amoureux transi de Jeanne qu’il...
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    Ce petit roman devrait beaucoup plaire :
    Pour Jeanne, l’héroïne qui aime Fidel Castro, la Révolution et, comme le prétendait l’inénarrable Georges Marchais, le bilan globalement positif du communisme.
    Pour Ruben, l’orphelin rescapé de la guerre civile d’Espagne, amoureux transi de Jeanne qu’il se décide enfin à recontacter, pour un dernier paso doble amoureux.
    Pour l’écriture soignée et suggestive. Par exemple la superbe description de Toussaint où éclatent les couleurs et résonnent les propos convenus sur les disparus. En deux pages, à peine plus loin, c’est le monde rural qui défile, les vieux qui surveillent, les garçons qui enfourchent leurs mobylettes bleu pâle, les parents, inquiets de la pérennité de la ferme, soupesant le galant, l’éloignant s’il ne convient pas, lui laissant le champ libre si on peut s’en accommoder; l’ennui, les rêves d’évasion, les premiers émois dans le foin, la remise des prix de fin d’année et le départ pour Guéret, pour la ville, pour l’aventure. « Le lycée Léon Blum et l’école d’éducateurs, l’adhésion aux jeunesses communistes : le monde s’ouvre. »
    Pour l’émotion suscitée par des personnages monolithiques, accablés d’avanies subies lors de tragiques pages d’histoires et pétris de bons sentiments. La guerre d’Espagne, la fuite d’un enfant à travers les Pyrénées, le camp de réfugiés d’Argelès, l’exil en Algérie, les enfants de républicains enlevés à leurs parents avant leur exécution, les militants du FLN mitraillés par l’OAS à Oran, les indignés de la Puerta del Sol, tous devraient tirer des larmes assez facilement même si, pour qui a lu Orwell, Dos Passos, Cercas ou Munoz Molina, l’histoire de la guerre d’Espagne, où aucun des camps n’avait le monopole des exactions, se révèle un peu plus complexe. Certains historiens iraient même jusqu’à murmurer que l’OAS n’avait pas non plus celui des attentats et des massacres.
    Dois-je avouer que je n’ai vraiment pas aimé cette lecture et son ton général, que ce personnage de soixante-huitarde de soixante-huit ans m’a prodigieusement agacé, que ses bons sentiments et ses lunettes roses « progressistes » m’ont considérablement irrité ?
    J’avais déjà sursauté avec « l’adhésion aux jeunesses communistes : le monde s’ouvre », enthousiasme de jeunesse, mais quand, cinquante ans plus tard, « perseverare diabolicum », elle porte le deuil de Fidel Castro « je me suis toujours sentie fière et heureuse d’avoir partagé son idéal. Crois-tu que j’étais folle ? », j’ai vraiment eu envie de lui répondre « oui ». Un personnage de cette nature est tout à fait envisageable, il a sa cohérence, il y en a en vrai, parait-il, là n’est pas le sujet. Il aurait pu être intéressant de le confronter à d’autres opinions ou à des situations l’amenant à se poser des questions. On croit que cela va venir lors de la visite de son fils, mais non, chacun campe sur ses positions, il s’en va, c’est bouclé en trois pages, basta ! Ce roman, encore une fois bien écrit, est malheureusement dépourvu de tout personnage présentant une vision différente, une opinion divergente, on reste dans l’entre-soi et c’est dérangeant, surtout quand on n’est pas de ce sérail.
    Je le quitte donc avec le sentiment pénible d’avoir lu quelque chose en rapport avec ce que Philip Roth fait dire à un des personnages de « J’ai épousé un communiste » :
    « Comment peut-on être artiste et renoncer à la nuance ? Mais comment peut-on être politicien et admettre la nuance ? Rendre la nuance, telle est la tâche de l'artiste. Sa tâche est de ne pas simplifier. Même quand on choisit d'écrire avec un maximum de simplicité, à la Hemingway, la tâche demeure de faire passer la nuance, d'élucider la complication, et d'impliquer la contradiction. Autrement, on produit de la propagande, sinon pour un parti politique, un mouvement politique, du moins une propagande imbécile en faveur de la vie elle-même – la vie telle qu'elle aimerait se voir mise en publicité. »
    Et pour en finir avec le romantisme de la Révolution, qui lui-aussi m’agace, citons Orwell : « Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. »
    Relisons Soljenitsyne.

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