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Anthony Passeron

Anthony Passeron

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Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « Les enfants endormis » de Anthony Passeron aux éditions Globe

    Karine H sur Les enfants endormis de Anthony Passeron

    Le livre s’ouvre avec l’évocation d’un voyage qu’a fait le père de l’auteur à Amsterdam, son voyage le plus lointain, pour aller y chercher son frère Désiré et le ramener dans leur village de l’arrière-pays niçois. « Ce gros con de Désiré ! »
    Celui dont le nom évoque tant de chagrins.
    Dans la...
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    Le livre s’ouvre avec l’évocation d’un voyage qu’a fait le père de l’auteur à Amsterdam, son voyage le plus lointain, pour aller y chercher son frère Désiré et le ramener dans leur village de l’arrière-pays niçois. « Ce gros con de Désiré ! »
    Celui dont le nom évoque tant de chagrins.
    Dans la famille, Désiré est le fils aîné d’Emile et de Louise, qui tiennent la boucherie du village. Ce sont des travailleurs acharnés, et Louise est attachée à la réputation des siens, elle qui, venant du Piémont, a connu les humiliations réservées aux immigrés.
    Désiré (est-il le fils préféré ?) sera interne au lycée à Nice, obtenant son baccalauréat, et décrochant un emploi chez le notaire du village, la consécration. Jacques, le cadet, travaillera avec ses parents dans la boucherie familiale.
    Un tableau idyllique. Sauf que.
    Sauf qu’après avoir arrosé la jeunesse citadine du littoral, les dealers trouvent en celle des vallées un nouveau débouché. Et les jeunes s’ennuient, dans leurs villages. Ils ne veulent pas vivre comme leurs parents, ils sont en quête d’autre chose, de quelque chose de plus excitant. Ce sera l’héroïne. Et les seringues qu’on s’échange. Nous sommes dans les années 80.

    Parallèlement au drame que va vivre sa famille, Anthony Passeron nous raconte l’histoire de la lutte contre le sida.
    Les premières observations perplexes des médecins face à des patients jeunes et apparemment en bonne santé, soudainement touchés par des formes particulières de pneumonies ou de cancers de la peau. L’hypothèse émise que cette maladie nouvelle serait due à un virus. Les recherches, longues et erratiques, pour identifier ce virus et son mode de fonctionnement. Les multiples tentatives pour aboutir à un traitement, entre espoirs et déceptions, controverses et débats.

    Car c’est bien le sida, qui va se fracasser contre Désiré, sa femme et sa fille. Contre Louise et Emile, et contre tous les autres. Qui va l’éprouver, malgré le déni, malgré la lutte.
    Et, le temps d’une lecture, nous faisons nous aussi partie de cette famille. Anthony Passeron a réussi ce qui est le plus beau en littérature : faire sortir le lecteur de lui-même.

    Les enfants endormis est un livre dur, bien-sûr. Mais c’est aussi, et surtout, un des plus beaux que j’aie lus en cette rentrée.

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    Couverture du livre « Les enfants endormis » de Anthony Passeron aux éditions Globe

    Passemoilelivre sur Les enfants endormis de Anthony Passeron

    Un récit doublement réussi, car il raconte la survenue dans les années 1980 d’une maladie nouvelle, le SIDA d’une façon intime, au cœur d’une famille et les différentes étapes de sa découverte de façon claire et compréhensible.
    L’alternance des chapitres sur l’évolution de la maladie dans le...
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    Un récit doublement réussi, car il raconte la survenue dans les années 1980 d’une maladie nouvelle, le SIDA d’une façon intime, au cœur d’une famille et les différentes étapes de sa découverte de façon claire et compréhensible.
    L’alternance des chapitres sur l’évolution de la maladie dans le monde et au sein de la famille permet de mesurer la surprise et la détresse des personnes contaminées et de leur entourage. Les aspects scientifiques sont évoqués avec un réel souci pédagogique et les aspects sociologiques au travers de l’expérience familiale avec tact, empathie, et solidarité des personnages. Une belle réussite.

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    Couverture du livre « Les enfants endormis » de Anthony Passeron aux éditions Globe

    Chantal YVENOU sur Les enfants endormis de Anthony Passeron

    Cela commence par les confidences laconiques d’un père taiseux, dont la colère rentrée se manifeste dans des propos aussi brefs que rageurs. S’il s’était déplacé jusqu’à Amsterdam, c’ était « pour aller chercher ce gros con de Désiré ». On apprendra peu à peu ce qui se cache derrière les paroles...
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    Cela commence par les confidences laconiques d’un père taiseux, dont la colère rentrée se manifeste dans des propos aussi brefs que rageurs. S’il s’était déplacé jusqu’à Amsterdam, c’ était « pour aller chercher ce gros con de Désiré ». On apprendra peu à peu ce qui se cache derrière les paroles sibyllines.

    Dans l’arrière-pays niçois, dans les années 80, la tradition prime sur l’aventure. La vie de labeur des ancêtres semble bien se transmettre sans déroger aux habitudes. Mais si le père du narrateur endosse le costume familial et fait carrière dans la boucherie paternelle, Désiré, l’oncle, semble promis à un avenir plus facile, par le biais d’études plus approfondies que son frère. Avec le bac, il décroche un poste dans une étude notariale. La famille est comblée. Jusqu’à ce que brutalement il plaque tout pour se rendre à Amsterdam. Le début d’une descente aux enfers, et d’une lutte vaine contre l’addiction.

    Les chapitres consacrés à l’histoire familiale altèrent avec une autre chronique : nous sommes au début des années 80, une mystérieuse maladie se répand rapidement dans des groupes de patients chez qui on retrouve des pratiques communes, l’homosexualité et l’injection de drogues, avec pour effet de les stigmatiser, et de retarder ainsi les travaux qui commencent à s’y intéresser.

    C’est passionnant. Par la qualité de la narration et l’art de la formule en ce qui concerne l’histoire personnelle de Désiré et de sa famille, mais aussi par la façon simple et pourtant bien documentée des années sida. Tout y es : les balbutiements de la recherche, limitée dans ses moyens, en raison du peu d’intérêt suscité par le sujet, de la part d’équipes qui n’y croient pas (quelques décennies plus tard, on aura, dans des circonstances proches, aussi nié l’évidence), la concurrence délétère dans la course à la découverte, les espoirs enfin.

    Les deux niveaux de narration s’accordent à merveille et renforce l’intérêt du lecteur. Le drame vécu aux fins fonds de l’arrière pays niçois se projette en miroir sur une affaire qui concerne la planète entière.

    Une très belle découverte de cette rentrée

    273 pages Globe 25 Août 2022

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    Couverture du livre « Les enfants endormis » de Anthony Passeron aux éditions Globe

    Marie Kirzy sur Les enfants endormis de Anthony Passeron

    « Sans doute que ça a commencé comme ça. Dans une commune qui décline lentement, au début des années 1980. Des gosses qu'on retrouve évanouis en pleine journée dans la rue. On a d'abord cru à des gueules de bois, des comas éthyliques ou des excès de joints. Rien de plus grave que chez leurs...
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    « Sans doute que ça a commencé comme ça. Dans une commune qui décline lentement, au début des années 1980. Des gosses qu'on retrouve évanouis en pleine journée dans la rue. On a d'abord cru à des gueules de bois, des comas éthyliques ou des excès de joints. Rien de plus grave que chez leurs aînés. Et puis on s'est rendu compte que cela n'avait rien à voir avec l'herbe ou l'alcool. Ces enfants endormis avaient les yeux révulsés, une manche relevée, une seringue plantée au creux du bras. Ils étaient particulièrement difficiles à réveiller. Les claques et les seaux d'eau froide ne suffisaient plus. On se mettait à plusieurs pour les porter jusque chez leurs parents qui comptaient sur la discrétion de chacun. »

    Un de ces enfants endormis, c'est Désiré, l'oncle de l'auteur, héroïnomane mort du sida en 1987, contaminé après un partage de seringue. Anthony Passeron n'en garde qu'un souvenir sepia très lointain que réactivent quelques bobines en Super 8. Une tragédie dont la famille s'est difficilement relevée. Son récit est une enquête familiale qui tente de rembobiner le fil d'une vie brisée presque occultée par l'omerta d'un clan soucieux de préserver respectabilité et notabilité dans une petite-ville de l'arrière-pays niçois. La vérité a été confisquée, entre déni et ignorance, Désiré étant officiellement décédé d'une embolie pulmonaire.

    « Ce livre est l'ultime tentative que quelque chose subsiste. Il mêle des souvenirs, des confessions incomplètes et des reconstitutions documentées. Il est le fruit de leur silence. J'ai voulu raconter ce que notre famille, comme tant d'autres, a traversé dans une solitude absolue. Mais comment poser mes mots sur leur histoire sans les en déposséder ? Comment parler à leur place sans que mon point de vue, mes obsessions ne supplantent les leurs ? Ces questions m'ont longtemps empêché de me mettre au travail. Jusqu'à ce que je prenne conscience qu'écrire, c'était la seule solution pour que l'histoire de mon oncle, l'histoire de ma famille, ne disparaissent avec eux, avec le village. Pour leur montrer que la vie de Désiré s'était inscrite dans le chaos du monde, un chaos de faits historiques, géographiques et sociaux. Et les aider à se défaire de la peine, à sortir de la solitude dans laquelle le chagrin et la honte les avaient plongés. »

    Pour inscrire l'histoire de Désiré dans le chaos du monde des années 1980, Anthony Passeron fait le choix pertinent d'une construction narrative alternant chapitres familiaux au plus près de l'intime et chapitres récapitulant l'histoire de lutte contre le sida. Ces derniers sont absolument passionnants, clairs, instructifs, relatant comme une course contre la montre la découverte du virus par les professeurs Montagnier, Barré-Sinoussi, Brun-Vézinet et Rozenbaum ( entre autres ), la bataille des brevets pour les traitements AZT puis bithérapie puis trithérapie entre laboratoires français et américains, relatant parfaitement les espoirs déçus et les petites victoires.

    Les chapitres familiaux incarnent L Histoire avec un ton remarquablement juste, infusé d'un souffle pudique qui laisse à affleurer une émotion bouleversante sans spectaculaire clignotant ni pathos voyeuriste. Les mots de l'auteur font ressentir de façon très sensible tous les chamboulements entraînés par le sida, maladie tabou, emprisonnée dans une vision morale, accolée à la notion d'un péché pour avoir eu des relations homosexuelles, s'être drogué par intraveineuse ou avoir une sexualité trop libre. Il y a des malades plus « coupables » que d'autres, et ceux du sida, même dans les hôpitaux où ils étaient soignés en fin de vie suscitaient le dégoût et peu de compassion, mis à l'écart.

    Même schéma dans les familles où la honte a tout submergé. le personnage de la mère de Désiré, Louise ( la grand-mère de l'auteur donc ) est très intéressant : elle pique des colères folles lorsqu'on lui dit que son fils est héroïnomane et séropositif, elle qui a si durement acquis une notabilité en épousant un fils de boucher, elle l'étrangère, l'Italienne qui a fui le fascisme et a été stigmatisée par la pauvreté et la xénophobie. Jamais l'auteur ne juge sa famille usée par le silence et le déni, toujours il enveloppe son récit d'empathie et d'humanité.

    Un superbe roman, important, qui offre une sépulture de mots à la fois digne et puissante à tous les Désirés du monde. On le quitte difficilement, terriblement émus.

Bibliographie de Anthony Passeron (1)

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