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"Trois jours dans la vie de Paul Cézanne", un court opus déjanté, riche de connexions à diverses époques

jeudi 03 septembre 2020

Au-delà de la littérature consensuelle et conformiste

"Trois jours dans la vie de Paul Cézanne", un court opus déjanté, riche de connexions à diverses époques

Trois jours dans la vie de Paul Cézanne de Mika Biermann aux éditions Anacharsis

 

Mireille B, un des membres de notre Cercle livresque nous le fait découvrir à travers sa chronique

 

Un être bourru à l’allure de clochard traîne chevalet, mallette de couleurs et pinceaux: Peintre Paul et son chien sonde dans la nature escarpée les reliefs et les ombres qu’il fixera sur la toile. Créature féminine au milieu de la garrigue, la Rotonde, sphinge énigmatique, blessée, « remue dans la poussière ». Homme de secours et femme trébuchante parviennent au Bois du Pissou où elle habite, accueillis par un géant mythique type Starkadr.

 

Le portrait de Paul Cézanne brossé par Mika Biermann montre un vieil homme solitaire, revêche, qui n’apprécie guère que son œuvre, rejetant son fils comme ses amis, entièrement centré sur la peinture, « maître de son dessin ».

 

La prouesse de l’écrivain ne réside pas tant dans l’art de présenter la personnalité singulière de l’artiste, pas plus que faire rêver le lecteur devant le spectre de la Saint-Victoire et autres paysages aux nuances ambrées, mais d’écrire un court opus déjanté, riche de connexions à diverses époques convoquant des personnages de l’Antiquité au 19ème siècle, pour offrir au final un véritable tableau de littérature impressionniste agrémenté d’une touche de fantastique.

 

Mika Biermann utilise beaucoup les figures de style telles comparaisons et métaphores qui donnent un air échevelé à certaines descriptions. « Les pinceaux attendent, voix de leur maître, dans leurs pots. Le chevalet a des airs de femme nue penchée par la fenêtre pour discuter avec le valet. La boîte de peinture, sangles pendantes, roupille ».

Il convoque d’autres artistes ou proches, le docteur Gachet, Van Gogh, Rembrandt « le couillon pleurnichard » à l’accent comparable à « un champ de fleurs labouré par un sanglier », Renoir

 

Amis (es) lecteurs (trices), vous l’aurez compris, ce livre, outre l’intérêt de m’avoir fait découvrir un écrivain, m’a permis de m’évader au-delà de la littérature consensuelle et conformisme que je recherche trop souvent, dans une histoire dramatico-ubuesque.

 

© Mireille B

 

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