Ce que tient ta main droite t'appartient

Couverture du livre « Ce que tient ta main droite t'appartient » de Pascal Manoukian aux éditions Don Quichotte

4.68

25 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Don Quichotte
  • EAN : 9782359495911
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, elle promènerait Isis dans les allées d'un square. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour, elle serait plus belle. Chaque jour, il serait plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au... Lire la suite

Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, elle promènerait Isis dans les allées d'un square. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour, elle serait plus belle. Chaque jour, il serait plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé...

Attablée à la terrasse d'un café parisien, Charlotte fête entre amis sa grossesse bien avancée. Karim, son compagnon, doit la rejoindre. Il ne la reverra pas. Car ce soir-là l'ont devancé Aurélien, sa kalachnikov et sa ceinture d'explosifs.
Le Kamikaze est un Français converti. Karim ne comprend pas comment ce dernier a pu transformer à ce point une religion qui ne lui a enseigné que paix et tolérance.
Cédant alors à ses envies de vengeance, Karim décide de rejoindre Daesh et de remonter jusqu'au recruteur des kamikazes étrangers. Il veut frapper l'État Islamique à la tête.
Il va tout connaître : le deep web, les rendez-vous secrets, l'extrême violence qui ravage la Syrie, le coeur du système de propagande de Daesh, en faire partie même, douter, parfois au contact d'autres engagés, des monstres mais aussi des jeunes gens qui ont fait le mauvais choix, pour de mauvaises raisons.
Beaucoup d'événements viendront ébranler son désir de vengeance. Le mènera-t-il jusqu'au bout ?

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  • 0.2

    Tout commence par une fusillade à la terrasse d'un café parisien. Il s'agit d'un attentat dans lequel Karim perdra sa jeune femme et leur futur enfant. Le terroriste n'est autre qu'un garçon qui a fréquenté les mêmes bancs d'école que lui il y a tout juste quelques années.
    Anéanti et désespéré, Karim a perdu le goût de vivre. Foutu pour foutu, il décide de se rendre en Syrie pour retrouver le commanditaire de l'attentat et venger sa femme. Il commence par "traîner" sur Facebook en se faisant passer pour un candidat au Djihad. Il ne met pas longtemps à se faire enrôler. Commence alors pour lui et quelques compagnons d'infortune, un voyage au bout de l'enfer.
    Pascal Manoukian nous conduits dans une ville sans cesse bombardée, dans les camps d'entrainement des combattants de Daech puis, comble de l'horreur, au coeur d'un monstrueux film de propagande. Cette partie du roman est extrêmement éprouvante.
    Aux côté de Karim, j'ai tremblé et blêmi, le coeur au bord des lèvres. Submergée par l'horreur et la tristesse, je ne parvenais pas à lire plus d'un à deux chapitres par soir et j'ai dû alterner cette lecture avec une autre, pour reprendre un peu de souffle.
    Pascal Manoukian connaît son sujet, il est reporter de guerre. Cette lecture a été une épreuve mais je ne la regrette pas. Elle m'a permis de mieux comprendre cette machine infernale et inhumaine qu'est Daesh et l'absolue nécessité pour la population de fuir la Syrie.
    A lire, même si ce n'est pas une partie de plaisir.

  • 0.2

    Ulysse et Orphée n’ont pas rencontré une telle horreur lorsqu’ils sont descendus aux Enfers. Ulysse va au royaume des morts pour parler à Tirésias, un devin de Thèbes, et obtenir des informations sur son retour à Ithaque. Orphée, lui, y va pour retrouver Eurydice et la ramener au monde des vivants. L’Enfer que va découvrir Karim n’est pas le royaume des morts de la mythologie grecque. C’est le royaume des vivants donnant la mort, un royaume qui n’attend pas que vous fassiez le chemin jusqu’à lui mais qui vient à vous, n’importe où, n’importe quand.

    Charlotte est sauvagement assassinée lors d’un attentat revendiqué par Daesh, alors qu’elle prenait un verre avec deux amies. Le terroriste a actionné ses explosifs juste à côté d’elle. Il ne reste presque plus rien de Charlotte et du bébé qu’elle attendait. En l’espace de quelques secondes, Karim perd sa femme et leur enfant. Charlotte et Karim avaient choisi deux prénoms : pour un garçon, Ulysse, le héros grec à l’origine du cheval de Troie ; pour une fille, Isis, la déesse égyptienne. Karim aimait moins Isis, qui rappelle l’acronyme anglais de l’État islamique : the Islamic State of Irak and Shama. Charlotte balayait d’un revers de la main cette remarque : elle préférait penser à la référence mythique.

    Karim sombre dans le désespoir. Alors, tel Ulysse qui entre chez les Troyens pour mieux les attaquer, Karim décide de rejoindre Daesh pour mieux atteindre ses dirigeants et se venger de la perte de sa femme et de son bébé. Karim est musulman, non par véritable conviction mais parce qu’il a été élevé dans ce culte. Il se sert de sa religion et de ses origines pour se faire remarquer par des recruteurs de l’État islamique. La facilité avec laquelle Karim parvient à entrer en contact avec un recruteur fait froid dans le dos. Et le voilà, en quelques jours, prêt à rejoindre la Syrie, en passant par la Belgique et la Turquie. Il fait ce voyage avec un couple et un enfant et avec une jeune femme qui va rencontrer son mari, un soldat de l’EI avec qui elle s’est mariée via Skype. Difficile de comprendre comment ils peuvent en arriver là. En évoquant les raisons de leur ralliement à Daesh, Pascal Manoukian parvient à mettre à jour les fractures de la société sans pour autant justifier leurs actes.

    Ancien reporter de guerre, l’auteur décrit avec beaucoup de détails une Syrie ravagée par les conflits. Avec Karim nous découvrons un pays et une population anéantis. Nous découvrons ces lieux où on peut mourir pour avoir posé le pied trop près d’une mine. Où les attaques sont habituelles. Les nouveaux combattants, bien que préparés, sont sous le choc. Mais ils sont aussi surpris par la réalité qui s’imposent à eux, bien loin du rêve vendu par Daesh. A la place c’est un cauchemar qui les attend, mais sans réveil possible. Karim, lui, manœuvre pour se faire une place et côtoyer les dirigeants. Il joue un jeu dangereux, et le retour en arrière n’est plus envisageable.

    Les médias nous confrontent tellement à des images insoutenables, qu’elles nous touchent sur l’instant mais sont vite remplacées par d’autres. A l’inverse, des textes comme Ce que tient ta main droite t’appartient s’ancrent en nous et ne s’oublient pas. Peut-être est-ce parce que nous créons nous-mêmes les images que les mots nous décrivent. Peut-être est-ce parce que nous sommes actifs lorsque nous lisons alors que face à un écran, les images se contentent de notre passivité. Toujours est-il que le roman de Pascal Manoukian est difficile parce qu’il est malheureusement d’actualité et parce qu’il touche notre sensibilité. Il retranscrit la violence : la violence de la haine, la violence verbale, la violence des actes. Une violence face à laquelle nous nous sentons démunis.

    Je n’ai pas pu lire ce roman d’une traite. J’ai dû le poser à plusieurs reprises pour réfléchir ou pour faire autre chose et me changer les idées. Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou pas, non plus si je le recommande ou non car il dépend de chacun de savoir s’il peut supporter une telle lecture. Une chose est sûre : il vous fera longuement réfléchir. Bien des jours après avoir terminé ma lecture, je ne sais toujours pas quoi penser du désir de vengeance personnelle de Karim.

  • 0.25

    Ce récit passionnant nous entraîne, sur un mode résolument brutal, voire choquant par moments, sur les chemins dangereux de la radicalisation et du djihad. Le parcours de Karim commence par la mort tragique, peu avant son mariage, de Charlotte à une terrasse de restaurant.

    Son enquête amène Karim à découvrir le commanditaire de l'attentat et il décide d'infiltrer le réseau de recrutement de Daesh pour tenter d'en supprimer le chef.

    La description, très précise, des méthodes permettant de se faire connaître des recruteurs, de communiquer en échappant aux contrôles et de voyager jusqu'en Syrie laisse à penser que l'auteur a suivi de très prés ces évènements.
    Arrivé sur place, on vit intensément l'insécurité qui s'abat sur les nouvelles recrues. Les différentes factions sont méfiantes les unes envers les autres et envers ceux qui les rejoignent. Les forces armées régulières syriennes attaquent sans répit et l'aviation russe fait régner la terreur.

    Karim est rapidement pris en charge par l'équipe de propagande de Daesh en raison de son métier de monteur-réalisateur pour la TV. A l'occasion du tournage d'un film de propagande, Daesh attaque et anéanti le village d'une minorité yézidie. Karim filme des scènes de massacre.

    La fin tragique de ce roman très réaliste et très bien documenté est totalement prévisible. L'auteur accomplit parfaitement son projet de dénonciation du détournement d'une religion à des fins de conquête du pouvoir, du territoire et de l'argent du pétrole.

    On pourrait seulement regretter que Pascal Manoukian ait éprouvé le besoin de croiser de manière peu crédible les trajectoires des différents protagonistes. Pourquoi faut-il qu'il intervienne pour tenter de protéger la femme de celui qui a provoqué la mort de sa fiancée Charlotte ? Pourquoi le kamikaze désespéré qui intervient en fin de récit se trouve-t-il être son compagnon de recrutement ? On peut relever, au long de l'histoire, nombre de "hasards" semblables qui n'apportent rien à ce roman et qui le rendent moins réaliste.


    Jean-Pierre du Club Lecture « Des livres et vous »

  • 0.25

    Basée sur des personnages forts aux identités complexes, l'histoire que construit pierre après pierre Pascal Mounoukian, questionne, expose, cherche des explications sans jamais prendre parti ou donner de leçons. L'auteur est un humaniste convaincu et cela se ressent profondément tout au long de cette aventure qui va amener le jeune protagoniste au coeur de la machine à tuer de DAESH par la seule volonté de trouver un sens à ce qui n'en a pas, pour tenter de comprendre l'inimaginable et expliquer pourquoi ce jeune garçon à côté de lui sur la photo de classe va basculer de l'autre côté du miroir alors que rien ne le laissait supposer.

    Ici et là, l'auteur se fait aussi témoin et porte parole lorsqu'il a aborde le triste sort des minorités yézidies occupant le "berceau de l'humanité".

    Les descriptions ultra réalistes de scènes chaos en Syrie, les métaphores saisissantes de la mise en oeuvre de l'idéologie de DAESH (la paille que l'on plonge dans le cerveau) et le style sobre et direct de l'auteur font de ce roman, un livre à la fois informatif et presque métaphorique en ce qui concerne les violences humaines visibles et invisibles. La tension narrative est très présente et le lecteur se trouve embarqué dans ce roman sans autre possibilité que d'atteindre la dernière page pour être libéré du suspense grandissant. Pascal Manoukian a l'intelligence des contre points, des rebondissements et achève son roman sur une note d'espoir. Ce roman évite beaucoup d'écueils et laisse une trace très profonde mais pas uniquement par la gravité qu'il choisit de souligner. En effet, il y a aussi des passages éclairs très lumineux et sensibles où l'humanité ressurgit et cela est salvateur pour le lecteur.

    Il est rare de trouver des romans sur des sujets d'actualité aussi sensibles si bien menés et documentés. Je salue l'engagement du journaliste, la plume du romancier et les valeurs de l'homme et je vous encourage à lire ce livre qui résonne si tristement juste au lendemain de la fusillade des Champs-Elysées.

    "La guerre fabrique des lâches ou des héros, et ceux qui la gagnent à la fin n'ont pas toujours les mains plus propres que ceux qui la perdent, mais la victoire absout leurs crimes et les transforme en actes de courage."

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/03/07/35012627.html

    Mais quelle claque ce roman ! S’il est d’une grande dureté, il est tellement nécessaire et si bien narré que ce roman mérite d’être lu par le plus grand nombre.

    J’avais déjà été bluffée par son premier roman Les échoués où il avait su peindre avec une grande justesse le sort des migrants des années 90 mais là, le traitement à chaud de cette bien triste et effrayante actualité prend encore plus aux tripes.

    Comme il sait si bien le faire, Pascal Manoukian, en fin observateur de notre monde, décrit avec une grande minutie les mécanismes de l’embrigadement et de la propagande de Daech. Certains passages font froid dans le dos tellement il est simple, dans notre monde hyper connecté mais aux nombreuses failles, à la fois de brouiller les pistes mais aussi de répandre avec facilité ces idées nauséabondes.

    Pour évoquer tout cela, Pascal Manoukian nous raconte l’histoire de Karim qui perd toute sa vie en une nuit. Désireux de se venger, il approche le monde de Daech et se laisse « embrigader ». Cette décision folle le conduit en Syrie où il découvre tout le système et d’autres Français embrigadés. Mais comment ne pas tomber dans la même violence que ces fous ?

    Si Pascal Manoukian livre des portraits saisissants des islamistes et des embrigadés, il n’hésite pas non plus à se faire le critique des médias, des réseaux sociaux, de tous les outils qui peuvent abrutir les gens et notamment les plus jeunes (au passage, un animateur TV en prend pour son grade à un moment du roman). J’ai beaucoup apprécié aussi le retour de personnages du premier roman dans cette histoire (et dont le sort ne s’est pas forcément arrangé…).

    Un livre à lire de toute urgence et qui confirme le grand talent de Pascal Manoukian !

  • 0.25

    Très bon roman ! L'histoire est terrifiante...Charlotte meurt dans un attentat, elle était enceinte. Karim, son compagnon, désespéré décide d'infiltrer Daesh.
    Grâce à ce roman, on arrive à comprendre comment se déroulent les recrutements, les phases d' endoctrinement qui amènent ces hommes et ces femmes à commettre l'impensable, l'insoutenable..Le plus terrible, c'est que l'on se rend compte de la folie des hommes et ses horreurs. C'est un roman fort, puissant et très réaliste.

  • 0.2

    Karim perd Charlotte, sa compagne enceinte d'une petite fille, dans un attentat commis par des djihadistes à la terrasse d'un café. Karim, effondré, décide de se faire lui-même passer pour un adepte de Daech afin d'aller en Syrie pour tuer le commanditaire de ce crime.
    Le livre de Pascal Manoukian est plus fort que ce simple résumé. Il nous plonge au milieu de l'enfer. On sent que cet écrivain s'est bien documenté pour écrire ce qui n'est qu'un roman mais qui est malheureusement d'actualité.
    Mais ce qui m'a vraiment plu dans ce livre c'est que l'auteur essaie de nous faire plonger au cœur de ces fanatiques, de leur quotidien, de leurs pensées, de leur perception du monde. Et là c'est l'horreur humaine. L'esprit, le libre-arbitre, n'existent plus. Toute conscience humaine a disparu. le dialogue semble impossible, comme une impasse. Et Karim, le héros, reste impuissant face à tout cela.
    Parfois l'auteur reprend le dessus et fait comprendre clairement tout le mal qu'il pense du système Daech. Et plus j'avançais dans ce livre plus la même question me taraudait: comment s'en sortir, aussi bien nous - en tant que cible - que eux en tant que victime suicidaire de leur propre nihilisme.
    C'est au final un livre fort, violent, au style assez vif, qui laisse un goût de fin du monde, pas vraiment réjouissant. Pourtant, Il fait partie de ces livres qu'il faut lire pour qu'au moins certains puissent se débarrasser d'éventuels fantasmes qui au final amènent au chaos.

  • 0.25

    En préparant mon avis hier, je ne pensais pas que l'actualité serait une nouvelle fois sinistre même si ce coup-ci il s'agit de nos voisins anglais.

    J'ai découvert Pascal Manoukian avec ce livre. J'avais vu passer son livre précédent "Les échoués", les avis sont très bons mais pour l'instant je n'ai pas eu l'occasion de le lire. Avec ce nouvel ouvrage, j'ai été comme aimantée...il fallait que je le lise, absolument ! Pour comprendre, pour étayer mes idées, pour peut-être retrouver un espoir !

    Pascal Manoukian est un homme habitué des guerres si on peut dire, il les vit en "observateur" pour décrire au monde ce qui se passe, donc ce livre promettait des arguments forts, des constats réalistes, durs...

    Dans ce roman on découvre plusieurs personnages et notamment celui que nous suivrons tout au long du récit, Karim. Il est fou amoureux de Charlotte et leurs projets de couple sont en route ! La vie est belle...

    Et puis survient, l'impensable. Survient cette douleur que personne ne souhaite vivre. Chacun vit ensuite avec et agit selon sa personnalité. Karim choisira de partir comprendre ce qui se passe dans la tête des gens...

    A plusieurs moments j'ai eu peur qu'il ne sache plus revenir en arrière dans ses pensées, ses actes. Et puis, j'ai compris ce qui l'animait...j'ai compris que lui aussi était prêt à aller au bout mais pas pour rien !

    C'est un récit poignant.

    Poignant car on ressent toutes les sensations. Pascal Manoukian ne mâche pas ses mots pour nous dire la réalité. Et à quoi bon utiliser des tournures plus douces pour dire l'indicible ? Nous sommes confrontés à un problème majeur dans notre monde actuel. On doit faire face ensemble et comprendre comment tourne cet Etat de malheur qui sème à grand pas sa mauvaise graine. Il faut protéger nos enfants de ces malheurs mais en tant qu'adulte nous ne devons plus nous voiler la face.

    J'ai été captivée par ce livre.

    Captivée car un auteur qui maîtrise parfaitement son sujet et qui dissèque lentement les rouages d'un système sans foi ni loi, un système qui déchire nos pays et qui veut restreindre la liberté des peuples.

    Lire ce roman est nécessaire.

    Nécessaire car il permet d'ouvrir encore un peu plus les yeux et donc de refuser encore et toujours cette soumission que l'on veut nous imposer. Les médias nous montrent ce qu'ils veulent et au travers de cette histoire, Pascal Manoukian, nous donne, j'en ai la conviction, une image nette et précise de ce que nous ne voudrions pas voir autrement. Il faut comprendre que cet Etat qui terrorise utilise nos faiblesses...il sait que nos cultures sont imprégnées des médias, que les réseaux sociaux sont incontournables et surtout que les images, les mots, les idées sont des outils efficace pour manipuler les populations.


    Mais nos peuples ont une arme pour se défendre : la culture !

  • 0.25

    Karim et Charlotte avaient tout pour être heureux. Charlotte portait le vie en elle, et il a suffi de quelques secondes pour que tout bascule. Un rendez-vous avec des copines pour fêter cette grossesse à la terrasse du "Zébu Blanc" à Paris. Aurélien et un comparse font irruption , une arme au poing, la fusillade éclate et ils se font sauter semant l'horreur.


    Karim perd tout et veut comprendre pourquoi.
    Karim est d'origine algérienne, musulman d'origine, il croit dans un islam de paix et de partage.
    Aurélien, l'un des terroristes était de son quartier, français de souche, il laisse une mère dévastée. Karim veut comprendre le chemin de la radicalisation et venger sa douce Charlotte.

    Il va passer de l'autre côté, il s'inscrit sur Facebook sous un faux profil et très vite il va être contacté et devenir un candidat au Djihad.

    Il entreprend le voyage en passant par Molenbeek, un quartier de Bruxelles où il rencontre ceux qui voyageront avec lui, Lila une jeune femme (15 ans) qui croit que le voyage est réversible, qu'elle va trouver là-bas des magasins à profusion, le paradis et celui qu'elle a épousé par internet, mais aussi Anthony et sa famille, Sarah et le petit Adam de 4 ans à qui il pense donner un monde meilleur. Tous ceux qui tombent dans le miroir aux alouettes.

    Ils traverseront la Turquie pour arriver en Syrie en plein coeur des bombardements face à la vraie réalité. Ils verront les camps d'entraînement où après un lavage de cerveau, ils seront près à tout , à devenir des bombes humaines, de vrais instruments de l' État Islamique dont la force est de ne pas compter ses victimes.

    Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, nous montre aussi la triste réalité d'Alep et des villes sujettes aux bombardements, le triste sort des minorités yézidies occupant le berceau de l'humanité.

    On entretient le peuple dans l'ignorance, bannissant les livres, la culture et la télévision.

    Daech trouve sa force dans nos faiblesses, dans les carences de notre société, dans les laissées pour compte, les désenchantés plus crédules, moins cultivés, désespérés.

    C'est glaçant, terrifiant, un style percutant , efficace, juste et tellement réaliste. Oh que ce livre suscite beaucoup de questions, de réflexions. Il devrait être en lecture obligatoire auprès de nos jeunes. Un récit qui m'a secouée, émue, un livre qui fait partie de ceux dont on ne sort pas indemne et qui va me poursuivre encore quelque temps. Un livre INDISPENSABLE car dans les médias on ne parle pas assez de ce qui se passe réellement là-bas, le mal n'est pas toujours là où on le pense.

    Merci Julie pour cette suggestion de lecture commune. Vous trouverez son billet ici


    C'est un immense ♥

    Les jolies phrases

    C'est simple, quand le désespoir est trop grand, il finit par rendre optimiste.

    Ici au moins, avait ajouté son père, ma misère n'a gêné personne. J'étais arabe, c'était normal.

    Aucun esprit sain ne peut imaginer la terreur qui règne sur les routes du désespoir, comme aucun esprit sain n'était capable d'imaginer l'horreur qui se dégageait des cheminées des camps. C'est le propre des bourreaux d'inventer des douleurs qui dépassent l'imagination. Ils peuvent ainsi assassiner les mains libres.

    C'est incroyable combien leurs deux religions peuvent être capables de beauté, quand elles s'entrelacent au lieu de se détruire.

    Le Coran, c'est le prolongement de la Bible et de la Torah, on y salue juifs et chrétiens. Ils sont considérés comme des peuples du Livre. Nous leur devons respect et protection. Tout musulman qui t'affirme le contraire ne mérite pas de mettre un pied dans ma mosquée.

    Elle n'est plus là, mais il reste des traces d'elle partout, comme ces ombres de disparus incrustées par la chaleur de l'explosion dans le béton d'Hiroshima.

    Trouver les frustrations, c'est s'ouvrir les portes les mieux verrouillées.

    Au septième jour, plus un homme n'est debout, aucune volonté n'a résisté, on leur a trépané la mémoire, les instructeurs n'ont plus qu'à y plonger les doigts pour les reprogrammer.

    L'inculture est le terreau de tous les fanatismes.

    La bonne vieille technique du coucou : squatter le nid d'un autre. Détourner au profit du mal toutes les inventions destinées à faire du bien.

    La vie est un goutte-à-goutte fragile. Elle s'égrène seconde par seconde. Un rien peut en arrêter le cours.

    Voilà ce qui arrive quand le progrès n'assure plus le bonheur. C'est la religion qui prend le dessus et on peut lui faire dire n'importe quoi.

    La force des barbares est d'utiliser les faiblesses de ceux qu'ils combattent. Il a suffi à Daech d'ouvrir Télé Z pour découvrir les nôtres.

    La guerre fabrique des lâches ou des héros, et ceux qui la gagnent à la fin n'ont pas toujours les mains plus propres que ceux qui la perdent, mais la victoire absout leurs crimes et les transforme en actes de courage.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/03/ce-que-tient-ta-main-droite-tappartient.html

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