Ce que tient ta main droite t'appartient

Couverture du livre « Ce que tient ta main droite t'appartient » de Pascal Manoukian aux éditions Don Quichotte

4.666666666

18 notes

  • Nombre de page : (non disponible)
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

" Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle... Lire la suite

" Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé... " Le miracle n'arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu'aux ruines d'Alep, au coeur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d'égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. Un voyage réaliste au pays mal connu de l'embrigadement et de toutes les violences. Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, a dirigé l'agence Capa. En 2013, il publie un récit, Le Diable au creux de la main, dûment salué par la critique. Son premier roman, Les Échoués (2015), a reçu un bel accueil auprès des lecteurs, des libraires et des médias.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Karim perd Charlotte, sa compagne enceinte d'une petite fille, dans un attentat commis par des djihadistes à la terrasse d'un café. Karim, effondré, décide de se faire lui-même passer pour un adepte de Daech afin d'aller en Syrie pour tuer le commanditaire de ce crime.
    Le livre de Pascal Manoukian est plus fort que ce simple résumé. Il nous plonge au milieu de l'enfer. On sent que cet écrivain s'est bien documenté pour écrire ce qui n'est qu'un roman mais qui est malheureusement d'actualité.
    Mais ce qui m'a vraiment plu dans ce livre c'est que l'auteur essaie de nous faire plonger au cœur de ces fanatiques, de leur quotidien, de leurs pensées, de leur perception du monde. Et là c'est l'horreur humaine. L'esprit, le libre-arbitre, n'existent plus. Toute conscience humaine a disparu. le dialogue semble impossible, comme une impasse. Et Karim, le héros, reste impuissant face à tout cela.
    Parfois l'auteur reprend le dessus et fait comprendre clairement tout le mal qu'il pense du système Daech. Et plus j'avançais dans ce livre plus la même question me taraudait: comment s'en sortir, aussi bien nous - en tant que cible - que eux en tant que victime suicidaire de leur propre nihilisme.
    C'est au final un livre fort, violent, au style assez vif, qui laisse un goût de fin du monde, pas vraiment réjouissant. Pourtant, Il fait partie de ces livres qu'il faut lire pour qu'au moins certains puissent se débarrasser d'éventuels fantasmes qui au final amènent au chaos.

  • 0.25

    En préparant mon avis hier, je ne pensais pas que l'actualité serait une nouvelle fois sinistre même si ce coup-ci il s'agit de nos voisins anglais.

    J'ai découvert Pascal Manoukian avec ce livre. J'avais vu passer son livre précédent "Les échoués", les avis sont très bons mais pour l'instant je n'ai pas eu l'occasion de le lire. Avec ce nouvel ouvrage, j'ai été comme aimantée...il fallait que je le lise, absolument ! Pour comprendre, pour étayer mes idées, pour peut-être retrouver un espoir !

    Pascal Manoukian est un homme habitué des guerres si on peut dire, il les vit en "observateur" pour décrire au monde ce qui se passe, donc ce livre promettait des arguments forts, des constats réalistes, durs...

    Dans ce roman on découvre plusieurs personnages et notamment celui que nous suivrons tout au long du récit, Karim. Il est fou amoureux de Charlotte et leurs projets de couple sont en route ! La vie est belle...

    Et puis survient, l'impensable. Survient cette douleur que personne ne souhaite vivre. Chacun vit ensuite avec et agit selon sa personnalité. Karim choisira de partir comprendre ce qui se passe dans la tête des gens...

    A plusieurs moments j'ai eu peur qu'il ne sache plus revenir en arrière dans ses pensées, ses actes. Et puis, j'ai compris ce qui l'animait...j'ai compris que lui aussi était prêt à aller au bout mais pas pour rien !

    C'est un récit poignant.

    Poignant car on ressent toutes les sensations. Pascal Manoukian ne mâche pas ses mots pour nous dire la réalité. Et à quoi bon utiliser des tournures plus douces pour dire l'indicible ? Nous sommes confrontés à un problème majeur dans notre monde actuel. On doit faire face ensemble et comprendre comment tourne cet Etat de malheur qui sème à grand pas sa mauvaise graine. Il faut protéger nos enfants de ces malheurs mais en tant qu'adulte nous ne devons plus nous voiler la face.

    J'ai été captivée par ce livre.

    Captivée car un auteur qui maîtrise parfaitement son sujet et qui dissèque lentement les rouages d'un système sans foi ni loi, un système qui déchire nos pays et qui veut restreindre la liberté des peuples.

    Lire ce roman est nécessaire.

    Nécessaire car il permet d'ouvrir encore un peu plus les yeux et donc de refuser encore et toujours cette soumission que l'on veut nous imposer. Les médias nous montrent ce qu'ils veulent et au travers de cette histoire, Pascal Manoukian, nous donne, j'en ai la conviction, une image nette et précise de ce que nous ne voudrions pas voir autrement. Il faut comprendre que cet Etat qui terrorise utilise nos faiblesses...il sait que nos cultures sont imprégnées des médias, que les réseaux sociaux sont incontournables et surtout que les images, les mots, les idées sont des outils efficace pour manipuler les populations.


    Mais nos peuples ont une arme pour se défendre : la culture !

  • 0.25

    Karim et Charlotte avaient tout pour être heureux. Charlotte portait le vie en elle, et il a suffi de quelques secondes pour que tout bascule. Un rendez-vous avec des copines pour fêter cette grossesse à la terrasse du "Zébu Blanc" à Paris. Aurélien et un comparse font irruption , une arme au poing, la fusillade éclate et ils se font sauter semant l'horreur.


    Karim perd tout et veut comprendre pourquoi.
    Karim est d'origine algérienne, musulman d'origine, il croit dans un islam de paix et de partage.
    Aurélien, l'un des terroristes était de son quartier, français de souche, il laisse une mère dévastée. Karim veut comprendre le chemin de la radicalisation et venger sa douce Charlotte.

    Il va passer de l'autre côté, il s'inscrit sur Facebook sous un faux profil et très vite il va être contacté et devenir un candidat au Djihad.

    Il entreprend le voyage en passant par Molenbeek, un quartier de Bruxelles où il rencontre ceux qui voyageront avec lui, Lila une jeune femme (15 ans) qui croit que le voyage est réversible, qu'elle va trouver là-bas des magasins à profusion, le paradis et celui qu'elle a épousé par internet, mais aussi Anthony et sa famille, Sarah et le petit Adam de 4 ans à qui il pense donner un monde meilleur. Tous ceux qui tombent dans le miroir aux alouettes.

    Ils traverseront la Turquie pour arriver en Syrie en plein coeur des bombardements face à la vraie réalité. Ils verront les camps d'entraînement où après un lavage de cerveau, ils seront près à tout , à devenir des bombes humaines, de vrais instruments de l' État Islamique dont la force est de ne pas compter ses victimes.

    Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, nous montre aussi la triste réalité d'Alep et des villes sujettes aux bombardements, le triste sort des minorités yézidies occupant le berceau de l'humanité.

    On entretient le peuple dans l'ignorance, bannissant les livres, la culture et la télévision.

    Daech trouve sa force dans nos faiblesses, dans les carences de notre société, dans les laissées pour compte, les désenchantés plus crédules, moins cultivés, désespérés.

    C'est glaçant, terrifiant, un style percutant , efficace, juste et tellement réaliste. Oh que ce livre suscite beaucoup de questions, de réflexions. Il devrait être en lecture obligatoire auprès de nos jeunes. Un récit qui m'a secouée, émue, un livre qui fait partie de ceux dont on ne sort pas indemne et qui va me poursuivre encore quelque temps. Un livre INDISPENSABLE car dans les médias on ne parle pas assez de ce qui se passe réellement là-bas, le mal n'est pas toujours là où on le pense.

    Merci Julie pour cette suggestion de lecture commune. Vous trouverez son billet ici


    C'est un immense ♥

    Les jolies phrases

    C'est simple, quand le désespoir est trop grand, il finit par rendre optimiste.

    Ici au moins, avait ajouté son père, ma misère n'a gêné personne. J'étais arabe, c'était normal.

    Aucun esprit sain ne peut imaginer la terreur qui règne sur les routes du désespoir, comme aucun esprit sain n'était capable d'imaginer l'horreur qui se dégageait des cheminées des camps. C'est le propre des bourreaux d'inventer des douleurs qui dépassent l'imagination. Ils peuvent ainsi assassiner les mains libres.

    C'est incroyable combien leurs deux religions peuvent être capables de beauté, quand elles s'entrelacent au lieu de se détruire.

    Le Coran, c'est le prolongement de la Bible et de la Torah, on y salue juifs et chrétiens. Ils sont considérés comme des peuples du Livre. Nous leur devons respect et protection. Tout musulman qui t'affirme le contraire ne mérite pas de mettre un pied dans ma mosquée.

    Elle n'est plus là, mais il reste des traces d'elle partout, comme ces ombres de disparus incrustées par la chaleur de l'explosion dans le béton d'Hiroshima.

    Trouver les frustrations, c'est s'ouvrir les portes les mieux verrouillées.

    Au septième jour, plus un homme n'est debout, aucune volonté n'a résisté, on leur a trépané la mémoire, les instructeurs n'ont plus qu'à y plonger les doigts pour les reprogrammer.

    L'inculture est le terreau de tous les fanatismes.

    La bonne vieille technique du coucou : squatter le nid d'un autre. Détourner au profit du mal toutes les inventions destinées à faire du bien.

    La vie est un goutte-à-goutte fragile. Elle s'égrène seconde par seconde. Un rien peut en arrêter le cours.

    Voilà ce qui arrive quand le progrès n'assure plus le bonheur. C'est la religion qui prend le dessus et on peut lui faire dire n'importe quoi.

    La force des barbares est d'utiliser les faiblesses de ceux qu'ils combattent. Il a suffi à Daech d'ouvrir Télé Z pour découvrir les nôtres.

    La guerre fabrique des lâches ou des héros, et ceux qui la gagnent à la fin n'ont pas toujours les mains plus propres que ceux qui la perdent, mais la victoire absout leurs crimes et les transforme en actes de courage.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/03/ce-que-tient-ta-main-droite-tappartient.html

  • 0.2

    Karim est heureux, il s'apprête à être papa dans quelques mois. Sa compagne Charlotte est enceinte d'une petite fille qui fera leur bonheur, ils en ont la certitude. Alors qu'elle prend l'apéritif avec deux amies dans un bar parisien, Charlotte est victime d'un attentat terroriste perpétré par un jeune français de retour de Syrie.

    Bien évidemment, Karim est effondré, d'autant plus lorsqu'il apprend que celui qui a tué Charlotte fut un de ces proches il y a plusieurs années. Il a besoin de comprendre le geste de ce fanatique et de venger Charlotte. En l'espace de quelques jours seulement, il prend la décision de partir pour la Syrie, rejoindre les rangs de Daech, et de se venger.

    Voici une lecture passionnante et addictive. La chute funeste de Charlotte entraîne son compagnon dans une quête morbide, celle de la vengeance. Il en perd tout sens commun puisqu'elle le mène droit dans le chaos syrien, parmi les ruines et les cadavres. Mais il endure tout cela pour Charlotte. La narration est très dynamique, c'est un mélange de nombreux dialogues et de phases d'action que l'on pourrait aisément voir adaptés au cinéma. On ne s'ennuie à aucun moment et cette lecture devient rapidement un page-turner.

    Néanmoins, et bien que j'ai réellement pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, je lui ai trouvé plusieurs défauts qui m'empêchent d'en faire un coup de coeur. J'ai tout d'abord des difficultés à croire en la capacité d'un homme de se relever d'un tel deuil aussi rapidement et de se servir aussi "facilement" de sa colère pour prendre une décision si radicale. Certes, je comprends parfaitement à quel point il est facile pour un jeune de trouver des moyens matériels pour se rendre en Syrie. Néanmoins, je n'ai pas compris comment Karim trouvait les ressources au fond de lui pour le faire. Portée par le dynamisme de cette lecture, j'ai toutefois accepté ce postulat.

    Je reproche surtout à ce roman son angle très journalistique et peu littéraire. En l'ouvrant, je pensais y lire l'histoire d'individus embrigadés par Daech et ainsi avoir un point de vue très personnel. Or, Pascal Manoukian donne des raisons sociologiques à ces départs pour la Syrie. Ces facteurs sociologiques sont justes et bien amenés mais en se contentant de les mentionner, Pascal Manoukian ne fait qu'effleurer ce que je recherche dans la littérature. Plutôt que d'expliquer le départ de ces jeunes par une colère liée à la misère économique par exemple, j'aurais voulu qu'il laisse exprimer cette frustration et cette colère, pour essayer de la rendre accessible.

    Toutefois, je recommande la lecture de ce roman car on y sent la patte d'un journaliste très bien informé et qui sait parfaitement de quoi il parle lorsqu'il écrit des scènes de chaos aussi réalistes.

  • 0.25

    Lorsque j’ai beaucoup aimé un premier roman, l’angoisse m’étreint à l’idée de découvrir le deuxième. C’est sans doute la raison pour laquelle "Ce que tient ta main droite t’appartient" attendait sur une étagère depuis le jour de sa sortie – et de son achat – en librairie.

    Allais-je retrouver l’empathie avec laquelle Pascal Manoukian parlait de ses "échoués" ? Allais-je retrouver l’absence de jugement, le recul avec lesquels il décrivait leur vie, les chagrins, les difficultés ? Allais-je retrouver son don d’observation, sa manière bien à lui de décrypter les faits, d’analyser les situations ?

    La réponse est OUI, et plus encore. Cette fois, c’est dans les coulisses de DAESH qu’il nous emmène. Karim, jeune musulman, vient de perdre sa compagne, victime d’un attentat. Ce soir-là, elle fêtait sa grossesse dans un bar, avec ses amies. Lui, s’était rendu à la mosquée pour discuter avec l’imam du baptême œcuménique qu’ils envisageaient pour leur bébé. Il devait ensuite la rejoindre. Oui, mais voilà… à quoi tient la vie, un RER bloqué et il arrive trop tard.

    Et, sans Charlotte, sans Isis, la petite fille à venir, la vie c’est le chagrin, la douleur, l’enfer, la mort lente qui mènent à l’esprit de vengeance… surtout lorsqu’il découvre que l’auteur de cette tuerie – Aurélien, un converti – était un copain de CM2... la suite je vous laisse la découvrir.

    Il fallait tout le talent d’écrivain de Pascal Manoukian, sa belle écriture, ses connaissances du terrain, de l’Histoire des différents pays cités, ses qualités de "documentariste", son absence de parti pris pour nous faire pénétrer le réalisme de la situation. Il regarde, décrit, analyse cette radicalisation, il essaie d’en comprendre les ressorts – de nous les faire comprendre – sans jamais juger, émettre une critique. Ce récit est une véritable plongée au cœur d’un système destructeur, d’une machine à tromper, broyer, tuer. Il nous amène à réfléchir à notre propre culpabilité, à ouvrir nos yeux, nos cœurs. Il nous emmène loin dans l’horreur… Chanchal, l’un de ses "Echoués", vendeur de fleurs ambulant qui, des rives du Brahmapoutre à celles de la Seine a subi mille souffrances avant de trouver l’amour d’Iman arrivée de Somalie puis de tomber au milieu de ses roses, soufflé par machine à tuer d’un kamikaze. A quoi tient la vie… Pourtant, toujours plein d’humanité, l’auteur termine sur une note d’espoir : la décision finale d’un homme de ne pas devenir comme les autres, de ne pas laisser la vengeance s’imposer…

    Ce récit m’a plus touchée que le précédent, peut-être parce qu’encore plus actuel. Si j’enseignais encore, je crois que j’aimerais l’étudier avec mes élèves, leur faire toucher du doigt ce que l’obscurantisme a de dangereux, combien il est indispensable de réfléchir, de comprendre, d’écouter, de partager, de dialoguer et de ne pas se laisser abuser par de beaux parleurs.

  • 0.25

    Un gros coup de coeur, j'avais découvert cet auteur l'année dernière avec Les Echoués que j'avais adoré. Cette fois l'auteur nous plonge au coeur de l'enfer de Daech. Un livre coup de poing... à lire absolument.

  • 0.2

    Pour Karim et Charlotte, le bonheur semblait parfait. L’amour les unit malgré les différences, un enfant doit agrandir prochainement leur famille. Mais un soir, leurs vies basculent pour toujours dans l’horreur. Charlotte, accompagnée de ses amies, se trouve au Zébu Blanc, un bar parisien théâtre d’un attentat sanglant. Elle n’y survivra pas. Mû par un puissant désir de vengeance, Karim met tout en œuvre pour infiltrer un réseau de terroristes, au cœur même de l’État islamique. Commence alors pour lui un enfer qui le mènera jusqu’en Syrie, sur les traces du responsable de l’embrigadement d’Aurélien, celui qui a assassiné sa femme et son enfant. Sur son chemin, il rencontre des hommes et des femmes, crédules, qui ont tout abandonné de leur vie occidentale pour la (fausse) promesse d’un bonheur ultime en terre musulmane…

    Dans ce roman, la fiction vient servir avec justesse et précision une vérité très en prise avec notre société contemporaine. On découvre comment des personnes comme vous et moi, que l’on croise à chaque coin de rue, décident de tout quitter au nom de croyances injectées insidieusement dans leur esprit par des « recruteurs », via Internet, depuis la Syrie. Le terrain semble malheureusement déjà propice, et habilement repéré par ces recruteurs, qui exercent une manipulation sur des esprits déjà formatés par les médias, les émissions abrutissantes, comme le dénonce subtilement mais fermement Pascal Manoukian tout au long de son roman.

    Rien n’est épargné au lecteur. L’omniscience du narrateur nous plonge au cœur des motivations qui ont poussé Aurélien, mais aussi Anthony, Sarah et leur fils Adam, sans oublier Lila, une adolescente en rupture avec sa famille, à tout quitter pour aller en Syrie. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le lecteur parcourt avec stupeur les lignes décrivant méthodiquement les stratégies de recrutement et de formation (ô combien sournoises et cruelles) des futurs combattants, mais aussi la réalité du quotidien des habitants syriens. Le contraste entre promesses et réalité est plus que percutant…

    Comme dans son précédent roman, certaines scènes sont glaçantes de réalité, décrites froidement, avec tant de méticulosité dans les mots choisis que le lecteur ne peut être qu’instantanément saisi d’effroi. On en oublierait presque qu’on est ici dans une fiction, tant la problématique du terrorisme est tristement d’actualité dans notre monde moderne… Quand on sait que Pascal Manoukian est reporter de guerre, on comprend mieux d’où l’auteur tient toutes ces informations et ce récit qui nous apparaît alors si documenté.

    C’est donc un récit détaillé, comme dans un reportage, savamment mis en scène par le biais de personnages plus vrais que nature, que vous trouverez ici. Ce livre est riche, dense, complexe, désarmant. Les pages s’enchaînent à un rythme haletant, et pris dans ce tourbillon infernal, à l’image de Karim, il vous sera difficile de vous défaire de ce roman, même une fois refermé… Il y a des livres qui marquent votre existence, grâce au talent d’un auteur, mais pas seulement. Le nouveau roman de Pascal Manoukian, est, selon moi, indéniablement de ceux-là…

  • 0.25

    « L’inculture est le terreau de tous les fanatismes ».
    Karim et Charlotte sont heureux et amoureux. Elle va donner naissance à leur premier enfant, une petite fille qu’ils ont décidé de prénommer Isis.
    Ce soir-là, Karim doit se rendre à la mosquée, pour accompagner ses parents (et ce bien que ses convictions religieuses soient depuis longtemps éteintes) , pendant que Charlotte doit rejoindre ses amies pour fêter sa grossesse …
    Tout ce bonheur bascule soudain, sous les balles d’un terroriste, tout comme ce fut le cas le 13 novembre 2015, à Paris.
    Karim décide alors de prendre le chemin de la Syrie, dans le but de se venger, de prendre la vie de celui qui a ôté celle de la femme qu’il aimait, de celui qui manipule, via les réseaux sociaux et internet, les gamins à la dérive, les paumés, les faibles, les désespérés, promettant un Eldorado, une vie luxueuse et heureuse, la plénitude, la richesse et la sérénité.
    Que dire de plus ? Rien ! Si ce n’est que lire ce roman-là est une nécessité absolue !
    J’ai mis une semaine pour le lire, tant sa puissance est phénomènale, tant j’étais en apnée, les larmes aux yeux et la gorge nouée… C’est un uppercut en plein cœur, un séisme, mais quel bonheur aussi ! La plume de Pascal Manoukian est sensibilité, acuité, véracité.
    Ce livre est le fruit de cinq mois d’enquête, de recherches sur internet. Il est un cri. Voilà, il est un cri !
    « Al-Qaïda vivait à l'âge des cavernes dans les grottes de Tora Bora, Daech vit du buzz et des réseaux. »
    Pascal Manoukian m’avait déjà subjuguée avec « Les échoués » en 2015. Il m’a ébranlée en profondeur. Charlotte et Karim m’accompagnent, tout comme j’espère les avoir accompagnés au fil de ces pages âpres, dures.
    Un énorme coup de cœur pour commencer l’année 2017, une énorme claque aussi, une interrogation sur le pouvoir des réseaux sociaux, la puissance d’internet. Un roman sur le deuil, la vengeance, la guerre, l’embrigadement…Une réflexion sur le martyre de certaines populations assassinées sous le regard de la communauté internationale, un indispensable chemin de 286 pages.
    Lisez-le !
    « Je ne tiens pas debout
    Le ciel coule sur mes mains
    Ça ne tient pas debout
    Sous mes pieds le ciel revient »

  • 0.25

    Tous ceux qui ont lu Les échoués, fantastique et essentiel premier roman de Pascal Manoukian attendaient forcément celui-ci avec impatience. Une pointe d'inquiétude aussi, après une telle émotion, c'est normal. C'est peut-être pour cela que l'auteur a pris soin de placer deux têtes connues dans les premières pages, deux personnages des échoués, comme un petit signe de connivence, comme pour signaler qu'on ne s'est pas trompé, qu'on va bien retrouver ici les éléments qui nous ont fait vibrer, qu'on va bien repartir pour un voyage marquant, inoubliable.

    Et marquant, c'est peu de le dire. Car si pour Les échoués, Pascal Manoukian avait pris soin de positionner son intrigue dans les années 90, un recul nécessaire pour peut-être mieux faire écho aux drames actuels, Ce que tient ta main droite t'appartient vous arrive en plein front, directement, sans filtre. Pas de recul cette fois-ci. On est dans l'actualité chaude, celle qui nous colle au corps depuis deux ans, celle de l'état d'urgence, du danger terroriste au coin de chaque rue, des chaînes d'infos en continu, de l'escalade dans la violence. Mais c'est bien le même auteur qui est à la manoeuvre. L'observateur de terrain, journaliste, reporter, photographe. Habile à décortiquer l'information au-delà des images et à rendre un contexte, une situation plus compréhensibles par la grâce de ficelles romanesques bien réfléchies et une dose d'empathie qui est sa marque de fabrique.

    Ce que tient ta main droite t'appartient met donc en scène un drame qu'on n'a aucune peine à imaginer. Une jeune femme, Charlotte est victime d'une attaque terroriste alors qu'elle dînait en terrasse avec deux amies dans un bistrot parisien. Dévasté, son compagnon, Karim doit faire le deuil de sa future femme et de leur future fille qui n'a pas eu le temps de voir le jour. Comment admettre et surtout comprendre l'incompréhensible ? Lui le musulman athée, futur gendre d'une famille orthodoxe, français et laïc avant tout va recevoir un dernier choc. Le terroriste ne lui est pas inconnu. Il s'appelle Aurélien, ils étaient à l'école ensemble il y a longtemps. Un converti, comme des centaines d'autres, radicalisé, ayant embrassé une cause comme la dernière des aventures d'un siècle qui se cherche encore un sens. Karim décide de remonter la piste. A son tour il se laisse recruter, embarque pour la Turquie via la Belgique avant de passer en Syrie... Comprendre, voir, savoir et puis, pourquoi pas, se venger ?

    Aux côtés de Karim, le voyage est terrifiant. Le mécanisme d'embrigadement, ces jeunes qui partent comme s'ils embarquaient pour le Club Med, les passeurs, les réalités d'un terrain en guerre, l'escalade de la violence toujours... et surtout, la mécanique implacable de la communication, arme stratégique au service du recrutement et de la terreur. Monteur-réalisateur pour la TV, Karim est une pièce intéressante pour la cellule média de l'état islamique. Ce qu'il découvre dans les coulisses de la réalisation des films de propagande a de quoi faire dresser les poils dans les chaumières.

    Pascal Manoukian est journaliste et le regard qu'il pose sur l'utilisation des media et notamment des réseaux sociaux, sur la surenchère au sensationnel, sur la manipulation des esprits fait de ce livre un témoignage exceptionnel sur la mécanique d'un "état" sans foi ni loi qui sait parfaitement utiliser les outils qui permettent d'influencer des cerveaux crédules, naïfs, prêts à croire ceux qui leur expliquent que là-bas, ils auront tout, "tout ce que tient ta main droite t'appartient".

    Il m'a fallu plusieurs semaines pour totalement digérer et assimiler le propos de ce livre qui donne à réfléchir bien plus que de longs discours ou reportages télévisés. Au-delà du drame lui-même et des épisodes de notre histoire récente qu'il revisite sans fard, il donne à voir une terrible réalité et surtout la difficulté pour les états à combattre ces tentacules terroristes qui s'infiltrent dans la moindre brèche. Encore une fois, Pascal Manoukian livre un roman aussi fort que didactique. Un roman qui est une nouvelle pierre à une oeuvre littéraire remarquable et surtout très cohérente. Car tout est lié. Le monde est notre terrain de jeu, il serait temps que nous l'admettions et que nous joignions nos forces pour combattre ce qui doit l'être, sans se tromper de cible. Merci Pascal Manoukian de nous le rappeler avec autant de force.

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