Anima

Couverture du livre « Anima » de Wajdi Mouawad aux éditions Actes Sud

4.285714285

7 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330052966
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
  • Nombre de page : 448
  • Collection : Babel
  • Genre : Fiction (poche) : romans, théâtre, poésie, humour...
Résumé:

Sa femme a été assassinée et violée. Wahhch se lance sur les traces du meurtrier, un Indien mohawk qui profane les plaies ouvertes dans le ventre de ses victimes. De cette poursuite du monstre, les animaux sauvages ou domestiques sont les témoins, se relayant pour prendre en charge la... Lire la suite

Sa femme a été assassinée et violée. Wahhch se lance sur les traces du meurtrier, un Indien mohawk qui profane les plaies ouvertes dans le ventre de ses victimes. De cette poursuite du monstre, les animaux sauvages ou domestiques sont les témoins, se relayant pour prendre en charge la narration. Une fascinante geste initiatique polyphonique et animiste.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Auteur de pièces de théâtre, metteur en scène et comédien libano-canadien qui a vécu aussi en France, Wajdi Mouawad, avec "Anima", a livré un second roman extra - ordinaire, mêlant la vie animale à l’activité humaine, faisant vivre au plus juste les instants les plus dramatiques comme les plus anodins de la vie courante.

    C’est le chat de la maison qui ouvre le récit, à Montréal, en nous présentant Wahhch Debch découvrant sa femme assassinée de la manière la plus horrible qui soit, lorsqu’il rentre à son domicile. Léonie était enceinte et nous allons suivre une quête infernale permettant d’aller au bout de l’horreur et de révéler des secrets profondément enfouis.
    Chaque en-tête de chapitre annonce, en latin, le nom de l’animal qui va être témoin ou parfois acteur de ce qui se passe. Si le chien qui peut être parfois sécurisant ou très menaçant, revient très souvent, l’auteur donne la parole à des oiseaux, un poisson dans son aquarium, un écureuil, un rat, une fourmi très curieuse, une mouffette terrible, une araignée dans un bar : « Il était sa propre proie, son propre piège. » Beaucoup d’autres animaux entrent en scène et se révèlent de très fins observateurs de l’espèce humaine. Souvent, le lecteur se demande comment Wajdi Mouawad peut décrire aussi bien ce que réalise un animal, un insecte. C’est à chaque fois savoureux et bouleversant.
    Toujours à la poursuite de l’assassin de sa femme, Wahhch arrive dans une réserve indienne et tout se complique : « Moi, je voudrais tellement être quelqu’un d’autre qui aurait vécu autre chose et qui serait en ce moment ailleurs. » Il se confie ainsi à un âne : « Il s’adresse à moi sans s’inquiéter de l’abîme qui nous sépare. »
    Maintenant aux États-Unis, Wahhch vit des moments très difficiles mais l’auteur est capable de faire raconter par un corbeau sa façon de dévorer un raton-laveur percuté par une voiture… Ressort aussi cette loi de l’intégration nord-américaine où il faut « apprendre à l’Indien à avoir honte de sa tribu et de sa terre. »
    Les équidés ont un rôle important dans l’histoire de Wahhch et une scène psychédélique décrit tous ces chevaux libérés d’une bétaillère et semant la panique sur une autoroute. Une exposition, à Carthage (Missouri) fait remonter à la surface le massacre de Chatila, au Liban, le 17 septembre 1982 : « La mort de Léonie, dans sa monstruosité, a ouvert une brèche d’où ont surgi des visages et je ne parviens pas à savoir si ces visages relèvent du souvenir ou du délire. »

    Tout se termine avec Homo sapiens sapiens. Aubert Chagnon, médecin coroner à Montréal chargé de l’enquête sur l’assassinat de Léonie conclut un ouvrage que l’auteur a mis dix ans à écrire avec un résultat à nul autre pareil.

  • 0.25

    Au Québec, un homme au nom imprononçable veut absolument retrouver le meurtrier de sa femme afin d'évacuer la folie qui le menace. S'ensuit une poursuite violente et implacable dans une réserve indienne sous les yeux imperturbables des animaux témoins de ces événements.
    Envoûtant et singulier, voici ce qui caractérise Anima : à partir d'un meurtre abject, Wajdi Mouawad pour évoquer le coté noir des hommes, fait parler les bêtes témoins de leurs actes monstrueux.
    Dans une langue magnifique qui dissèque le moindre brin d'herbe ou une fourmi transportant un grain égaré, une langue qui charrie la colère et la violence humaines, l'auteur livre ici un roman très puissant et original, dont s'abstiendront cependant les âmes sensibles... !
    Les amis des animaux seront contents de voir leur sagesse reconnue au détriment de la folie des hommes !
    Hypnotisant !

  • 0.05

    Voici un livre que je suis très heureuse de refermer et que je ne conserverai pas dans ma bibliothèque.

    Je l'avais acheté sur le conseil d'une libraire, dont j'aime habituellement les choix, et qui y voyait pourtant le meilleur livre de 2012.

    Pourquoi tant de détails dans la cruauté et le sanguinolent ?

    Je n'ai pas davantage aimé le caractère rogue et outrecuidant de l'appellation de chapitres par les noms en latin des animaux qui décrivent l'histoire, appellation que l'on ne comprend que plus tard, à moins que vous ne soyez biologiste, comme pour souligner que l'auteur, lui, sait.

    Les animaux sont meilleurs que les hommes ? Bah moi, je retiens que beaucoup d'êtres humains valent très certainement la peine d'être connus et que leur fréquentation élève ce que nous sommes, à notre petit échelon.

    Non, j'aurais du mal à trouver un élément positif qui me ferait écrire : "bon cela d'accord c'était pas mal".

    Comme c'est un livre encensé, ami lecteur, lis quand même les premières pages pour savoir si tu poursuivras ton chemin au travers de ces pages. C'est le seul conseil que je puis donner.

  • 0.25

    Comment parler d’un tel monument. J’ai pris un coup de poing dans l’âme à le lire.
    De retour à la maison, Wahhch retrouve sa femme morte, poignardée, la dépouille profanée d’une ignoble façon et c’est un doux euphémisme. Fou de douleur, Wahhch part à la recherche de son meurtrier, non pour le tuer mais pour le voir et être certain qu’il n’était pas, lui-même, le monstre. « Cet homme-là, si cela avait pu dépendre de sa volonté, aurait préféré confier sa raison à la démence au lieu d’être mesuré dans sa douleur comme il l’était » raconte le grand corbeau
    Les animaux seront les grands témoins de cette fuite en avant et, tout à tour, se relaieront pour raconter l’histoire. Cette figure de style, ces voix hors champ servent de soupape de décompression tant, à certains moments, le livre côtoie l’insoutenable.

    Dans les premier et second actes, le titre des chapitres, en latin, est celui de l’animal témoin. Nous croiserons toute une gente ailée, des insectes, des animaux domestiques, sauvages, nocturnes…. Au 3ème, les titres sont ceux des villes traversées ou celles qui sont importantes pour son histoire. Ces villes ont des consonances connues : Oran, Jerusalem, Thebes, Cairo… Il y a là une inversion car c’est un dialogue à deux voix, celle de Wahhch et celle du canis lupus lupus, ce loup devenu chien, qui l’a sauvé d’une mort certaine et de l’enfer. En effet, il va retrouver les témoins de sa prime enfance. Il y a un parallèle entre son sauvetage par le loup-chien et ce qui a déterminé le reste de sa vie.
    Dans ce livre, nous passons de la guerre de sécession au martyr de Sabra et Chatila, des réserves indiennes à la Palestine, au Liban. Il faudra à Wahhch Debch traverser les Etats-Unis pour découvrir ce qui le hante, pour fermer les vannes des souvenirs, des questions et, surtout, comprendre. Il y trouvera des êtres immondes et violents, mais également des personnages qui le feront avancer, qui le soutiendront physiquement et moralement.

    Wahhch Debch est parti à la recherche de son Anima. Il y a sûrement perdu une partie de son âme, mais il a trouvé la vérité. La route de cette vérité se termine à Animas, petit village au sud du Nouveau-Mexique pour mieux repartir vers d’autres territoires.

    A certains moments, je ne pouvais plus quitter ce livre et, à d’autres, un ressort me sortait de ma chaise longue tant il fallait que je marche pour digérer ce que je venais de lire.

    C’est vraiment une belle œuvre. « Le fleuve glissait dans son vêtement de khôl, la glace en plaques cadenassait sa puissance. Il était dans sa lenteur et nous dans sa fraîcheur » nous dit le goéland poète. Des phrases belles comme celle-ci, il y en a beaucoup dans ce livre que j’ai aimé car quelle écriture ! C’est un livre dur, quelque fois cruel mais jamais voyeur.

    J’avais aimé sa pièce de théâtre « Rêves » jouée, entre autres, par Coline. Dans ce livre, il y a toujours l’urgence, la violence, la réalité, le surréalisme, le fait de passer par des « voix off », mais multiplié par 100 donnent une telle force dans l’écriture. Oui vraiment un gros coup de cœur.
    Je ne suis pas certaine d’avoir réussi à vous parler convenablement de ce livre tant tout se bouscule en moi, mais je vous le recommande chaudement.

  • 0

    Rares sont les livres qui arrivent encore à me faire découvrir de nouvelles façons de lire. C'est le cas avec ce magnifique roman de Wadji Mouawad qui rompt totalement avec notre manière de lire habituelle, linéaire et focale. Ici les points de narration sont multiples et nous donnent l'impression de "bouger" autour et dans le récit, qui plus est d'une façon chaque fois différente. Tour de force littéraire qui nous donne à voir le déroulement de l'intrigue à travers les yeux, les antennes ou autres organes sensoriels d'un animal différent à chaque chapitre. Ce livre inclassable est à la fois drame psychologique, enquête policière, récit d'aventure, étude sociologique, le tout nimbé d'une poésie aérienne que n'empêche pas le côté cru et parfois violent du récit.
    Impossible de décrocher de ce livre avant d'en connaitre la fin, on le referme avec l'impression d'avoir fait une expérience inédite de lecture. Vraiment, vraiment à conseiller!

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