Ah ! ça ira...

Couverture du livre « Ah ! ça ira... » de Denis Lachaud aux éditions Actes Sud

3.5

10 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330053604
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 432
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Sur le bord du trottoir, dans la fraîcheur de l'aube, il attend. Près de lui ses compagnons d'armes, visage fermé, silencieux. Dans un instant ces hommes seront des assassins, des terroristes, ils vont agir sans le moindre état d'âme. Ils sont entraînés à cela, repérés pour cette... Lire la suite

Sur le bord du trottoir, dans la fraîcheur de l'aube, il attend. Près de lui ses compagnons d'armes, visage fermé, silencieux. Dans un instant ces hommes seront des assassins, des terroristes, ils vont agir sans le moindre état d'âme. Ils sont entraînés à cela, repérés pour cette capacité de se placer instantanément en état de guerre.
Vingt-et-un ans plus tard, Antoine sort de prison. Sa fille Rosa n'a pas trente ans, celle qui, pour une large mesure, l'a maintenu en vie pendant tout ce temps, cette présence, cette ultime raison d'être malgré l'enfermement, l'attend ce jour-là. Et pourtant, un père terroriste : quel silence, quelle inquiétante fragilité a-t-elle pu, a-t-elle dû surmonter pour traverser cette impossibilité.
Nous sommes en 2037, Paris est une ville où il est devenu impossible de se loger, la faillite sociale est infernale, la rébellion gronde, l'insécurité et l'inégalité sont innommables mais le temps de la révolte ne passe plus par la violence. Lointaines pour la génération de Rosa, ces idées de libération armée sont en quelque sorte périmées : les actions terroristes, les endoctrinements idéologiques n'ont plus de sens, plus de poids, et la démocratie telle que l'a connue le monde du xxe siècle a fait long feu. Il faut maintenant changer le monde, le changer vraiment.
En quelques jours une nuée de tentes s'installe dans le jardin Marcel Proust situé aux abords du palais de l'Élysée. Un jeune homme brisé par l'injustice administrative se donne la mort publiquement, des milliers de personnes se mobilisent, au-delà des banlieues, enfermées derrière les murs du Grand Paris, les étrangers émigrés sont retenus mais la rumeur s'infiltre, dans toutes les langues. L'information circule de bouche à oreille, les réseaux sociaux rassemblent et convoquent en chacun la citoyenneté nécessaire au présent.
Le temps de l'engagement est venu, celui du passage à l'acte citoyen. Enfin, le mouvement advient.

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Les derniers avis

  • 0.15

    « Ah ! Ça ira… » est un roman qui nous projette en 2037. Un futur pas si lointain dans lequel on s’imagine très facilement. Tout ce qui se déroule parait possible. On oublie que l’on est plus « aujourd’hui ». Des détails nous rappellent que l’on a fait un saut dans le temps en montrant l’importance accrue du numérique :
    - les voitures sont téléguidées dès qu’elles entrent sur l’autoroute, les distances de sécurité sont ainsi respectées et « le Central de régulation de la vitesse des véhicules a détecté la carte grise et scanné à distance la carte d’identité de chaque passager. » (p 133),
    - les écrans sont omniprésents, pas de journal en papier mais des tablettes sur le comptoir des bars par exemple.
    Pour en venir à « l’histoire » (Histoire ?) : on commence le roman aux côtés d’un homme Antoine, appartenant à un groupe révolutionnaire qui commet un assassinat. Il va être incarcéré pendant vingt et un an. Quand il sort de prison en 2037, « il doit réapprendre la vie ». Il reprend progressivement ses repères surtout grâce à sa fille qui ne l’a d’ailleurs presque pas connu. Petit à petit, l’intrigue va évoluer et concerner un groupe plus large de personnages au sein duquel il jouera un rôle mais dans lequel il n’aura plus le premier.
    La construction de ce roman est intéressante par fait que l’on découvre les personnages au fur et à mesure. Au début, on a l’impression que ce ne sont que des sortes de « figurants » et au fil de l’avancement, ils ont une réelle importance. En fait, les personnages font leur apparition petit à petit. Ceux qui occupent le devant de la scène dans la première partie du roman ne sont pas ceux qui l’occuperont à la fin. C’est le cas d’Ahmed par exemple. A la page 20, un court récit de cinq lignes s’intercale entre deux chapitres pour nous annoncer sa naissance. A ce moment de l’histoire, on ne fait aucun lien avec le récit qui nous porte. A la page 54, à nouveau cinq lignes nous en disent un tout petit peu plus sur lui. Au fil du roman, des pages de ce type s’égrènent ; on se demande quel rôle va incomber à Ahmed jusqu’au moment où son destin croise celui des protagonistes principaux et où il va alors tenir un « vrai rôle ».
    Le titre « Ah ! Ça ira… » nous met sur la piste du thème révolutionnaire. Page 137, un résumé des causes de cette révolution qui couve est présenté : « 20 ans de tensions sociales, de crises qui se succèdent, l’Etat s’est désengagé de tout au profit du privé, enrichissement des riches, appauvrissement des pauvres, comme partout, les progrès informatiques ont dévoré la classe moyenne, précarité généralisée, chacun s’emploie à survivre ». Que de sujets d’actualité ! A cela, on peut ajouter l’immigration vers l’Europe et le sort réservé aux migrants ; le problème de la cherté des logements même pour ceux qui ont un travail. Voilà les ingrédients de ce roman réussi.

    Vous pouvez aussi me lire là :
    https://cahiersvarisetplumenacre.wordpress.com/2016/01/14/ah-ca-ira-denis-lachaud/

  • 0.1

    De la manière de mener « La Révolution « à travers le temps, voilà en résumé l'idée essentielle de ce roman au demeurant attractif et de lecture facile.
    Antoine, surnommé Saint Just et quelques comparses prennent en otage et tuent le président de la République.
    Trente ans plus tard,en 2037, Antoine, sorti de prison, réapprend difficilement à vivre, mais surtout retrouve sa fille Rosa, devenue une jeune femme presqu'intimidante pour lui. Rosa a bien des idées révolutionnaires mais cherche le moyen de les mettre en action, et elle y parviendra sans violences. Son copain, lui , voudrait jouer dans la cour des grands, et n'en a certes pas l'envergure , ce qui lui coutera très cher.
    Antoine avec Ahmed, son voisin observent tout cela avec nostalgie, il s'y mêlerait bien malgré le bracelet électronique.
    L'occupation des Champs Elysées est assez folklo quand même ; les différentes strates de la société sont montrées par D. Lachaud avec une telle prévisibilité , que parfois, elles prêtent à sourire , les clichés ne manquent pas : le maton a forcément la nuque épaisse , le flic le regard canin , j'en passe …
    Il faut recommander ce roman aux lecteurs qui croient au « Royaume d'utopie », il est vrai qu'on peut toujours rêver.

  • 0.2

    "On ne change pas le monde avec des idées". D'accord, mais avec quoi alors ? A quoi ressemblerait la révolution de nos jours, cette révolution dont tout le monde parle et que d'aucuns appellent de leurs vœux ? La révolution du 21ème siècle aurait-elle encore quelque chose à voir avec celle de 1789 ? Quel contenu pour ce mot si souvent brandi comme une menace aux contours imprécis ? Denis Lachaud pose la question avec ce roman enthousiasmant et terriblement juste, bizarrement passé inaperçu (ou presque) dans l'embouteillage de la rentrée littéraire.

    La révolution, Antoine y a cru. Au point d'intégrer le groupe Ventôse et de participer, sous le nom de Saint-Just, à l'enlèvement et à l'assassinat du Président de la République en 2016. Sans que cette action ne change quoi que ce soit à la société ou aux modes de gouvernance. Arrêté et condamné à perpétuité, Antoine est libéré au bout de 21 ans, en 2037. Sa fille Rosa (baptisée ainsi en l'honneur de Rosa Luxembourg..) est désormais une jeune femme d'un peu moins de 30 ans et le seul lien qui lui a permis d'être rattaché à l'extérieur. Une fois dehors, il lui faut se remettre à niveau. Rien n'a vraiment changé, tout est simplement pire, exactement comme on l'imaginait en 2016 en se demandant ce que deviendrait le monde dans vingt ans si on ne faisait rien... Les inégalités se sont renforcées, les gouvernements de gauche et de droite se sont succédé en alternance sans régler le moindre problème. Seule bonne nouvelle, le Front National a disparu, incapable de convaincre qui que ce soit. L'Europe est une vieille puissance dépassée par la Chine, l'Inde et le Brésil qui dominent économiquement le monde. Elle a dû régler le problème des migrations de masse accentuées par l'exclusion de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne. Dans toute l'Europe du Nord, les ZeST, Zones de Séjours Temporaires regroupent tous ces migrants et permettent leur exploitation en tant que main d’œuvre sous payée et corvéable à merci. En 2037, les jeunes n'en peuvent plus d'être confrontés à d'insolubles problèmes de précarité et de logement. En digne fille de son père, Rosa aussi veut changer le monde et va donc prendre la tête d'une initiative. Loin des actions violentes, le peuple va s'appuyer sur les réseaux sociaux, sur le pouvoir de l'information et sur celui du collectif pour se lever et dire non. Avec l'aide active d'Antoine qui "ne pourra pas couler de vieux jours paisibles et indifférents, comme il s'y préparait activement. On ne saurait, sans dommage, tenter d'être quelqu'un d'autre que soi".

    Simple fiction ou anticipation ? Une chose est sûre, l'état du monde que nous décrit Denis Lachaud à l'horizon des vingt prochaines années est tout à fait crédible car il s'appuie sur une réalité que nous connaissons bien et il se contente de pousser le curseur du cynisme de la classe dirigeante au maximum de ses possibilités. Pour aboutir à une sorte de résignation d'une population qui ne croit plus aux discours ni aux idéologies, tout occupée qu'elle est à tenter de vivre correctement. Antoine qui a eu le temps de réfléchir au cours de son emprisonnement sait pourquoi son groupe n'a abouti à aucun résultat. "Nous avons commis une erreur grossière. Nous nous sommes attaqués aux dominants. Or ce sont les dominés qui perpétuent le système". Il faut donc que le peuple se libère de la domination qu'on lui impose en le convainquant qu'il n'y a pas d'autre choix possible. Il lui faut accepter le risque de la nouveauté et de l'inconnu...

    Ce roman a le pouvoir de vous captiver autant que de vous faire réfléchir. A l'état du monde, à la société dans laquelle vous voulez vivre, aux moyens de se faire entendre. Loin du mode d'emploi à l'usage de l'apprenti révolutionnaire, il utilise les ressorts de la fiction pour mieux pointer le rôle de chaque homme dans son destin personnel autant que dans le destin du collectif. Aussi utile que régénérant.

  • Lechoixdeslibraires.com

    Le titre ne ment pas, il est bien question de révolution, une vraie, adaptée au monde d'aujourd'hui. L'histoire débute aujourd'hui et évolue dans un futur réaliste. La beauté des personnages au milieu du chaos ambiant est pleine d'espoir.

  • Lechoixdeslibraires.com

    Le titre ne ment pas, il est bien question de révolution, une vraie, adaptée au monde d'aujourd'hui. L'histoire débute aujourd'hui et évolue dans un futur réaliste. La beauté des personnages au milieu du chaos ambiant est pleine d'espoir.

  • 0.2

    « Ah! ça ira » est un livre bien ficelé, rapide et assez jubilatoire sur notre monde en 2037. Un monde, une France qui semble avoir perdu ses gènes démocratiques quant à sa devise liberté, égalité, fraternité elle bat sérieusement de l’aile. Face à une société hyper sécuritaire à l’américaine où tout le monde est fiché, « scanable » et localisable grâce à des puces électroniques ou des drones, où les voitures roulent toutes à la même vitesse où les sans papiers réfugiés vivent dans des ZeST, Zones de non droit à l’intérieure desquelles les entreprises viennent chercher une main d’œuvre docile à bas coût, où se loger dans les grandes villes est devenus un luxe de riche, il n’y a plus guère que la résistance active et/ou la révolte pour s’en sortir et garder sa dignité ce que font tous les personnages du livre chacun à leur façon. Rosa la fille d’ Antoine Saint-Just qui il y a 20 ans a voulut changer le monde par la violence comme en son temps les brigades rouges, choisit de camper à deux pas de l’Élysée, Antoine le père et Ahmed le marchand de fruits amoureux créent des blogs contestataires sur internet.

    On pense à la Révolution tunisienne, au mouvement des Don Quichotte, aux indignés et aux zadistes… À la fin du livre la convergence et l’effet d’entraînement de toutes ces initiatives sur les citoyens laisse entrevoir que la révolte pourrait cette fois ci prendre et le monde, notre monde changer, mais de quelle manière?
    Le livre ne va pas plus loin et nous laisse sur notre fin et notre faim.
    Mais on le sait un autre monde (meilleur) est possible.

  • 0.1

    Dans son roman, l'auteur met en parallèle une action d'insurrection qui a lieu dans les années 2010, et une révolte qui se tient vingt ans plus tard, en suivant le personnage d'Antoine, qui a fait partie du groupuscule responsable, dans le cadre de la première action, de l'enlèvement du président de la République, et sa fille Rosa, qui se retrouve propulsée à la tête du mouvement formé alors qu'elle est étudiante.
    Des réflexions intéressantes sur les tentatives du peuple pour se faire entendre dans une société où la politique est aux mains d'une élite corrompue et ultra capitaliste.
    Certains passages m'ont paru un peu longs, c'est ma réserve principale.

    Ma critique complète est ici : http://viederomanthe.blogspot.fr/2015/10/ah-ca-ira-denis-lachaud.html

  • 0

    Par un calme matin parisien, un groupe armé enlève le président de la république. Ils se disent révolutionnaires, se font appelés Saint-Just, Robespierre ou Marat. Ils refusent le système en place et militent pour un monde plus juste. Au bout d'une semaine, ils exécutent le président et l'abandonnent dans le coffre d'une voiture. Si leurs idées ont pu convaincre un temps les français de se rallier à leur cause, avec cet assassinat, ils perdent la sympathie du public. Et Saint-Just, de son vrai nom Antoine Léon, a aussi perdu sa famille. Chloé n'a pas supporté ses mensonges et sa dissimulation, elle l'a chassé de leur appartement sans que jamais il n'avoue son appartenance au réseau Ventôse. De fait, il est aussi séparé de sa fille Rosa. Un an après les faits, alors qu'il va chercher Rosa, il est arrêté par les forces de l'ordre. Jugé, il est condamné à perpétuité et placé en QHS. Il restera vingt ans en prison. Quand il sort, en 2037, Rosa l'attend. Professeure dans un collège, elle vit en colocation avec Rufus, son ami de toujours. Pour Antoine, il s'agit de s'adapter et de se reconstruire...

    Anticipation, dystopie, utopie ? Les spécialistes sauront, le lecteur lambda n'a que faire des catégorisations. Ah ! ça ira est avant tout un roman profondément humaniste, réaliste et moderne. Fort de ses personnages attachants, ce récit raconte un futur proche peu reluisant mais très plausible qui surfe sur les événements d'aujourd'hui : crises économique et énergétique, afflux massif de migrants, abandon des banlieues et montée en puissance des ''indignés''. L'engagement, au coeur du roman, marqué dans le passé par des actions violentes, s'est déplacé vers des actes citoyens, plus pacifistes, relayés par les réseaux sociaux. L'avenir vu par Denis LACHAUD est plutôt morose, voire anxyogène, et pourtant son roman est plein d'optimisme, porteur d'un message de solidarité, d'espoir. La société peut changer si le peuple reprend la main ! L'idée peut sembler naïve mais elle fait son chemin ici et maintenant, en Espagne, en Grèce et pourquoi pas en France... Une nouvelle forme de démocratie est en marche. Ah ! ça ira vibre de cet élan citoyen, de tous ces possibles à explorer. Un roman dans l'air du temps, terriblement attachant et entraînant. Un coup de coeur !

  • 0.25

    [Chronique]

    « Ah ! Ca ira… » enfin peut être pas tant que ça. Antoine offre un regard critique sur sa société des années 2010 et avec son groupe contestataire décide d’enlever le Président de la République. Quelle contestation plus forte que de s’attaquer à celui qui représente tout ce qu’il déteste, l’objet de toutes ses critiques. Selon lui et ses camarades, les politiques au pouvoir plongent la France dans une crise économique dont elle ne se relèvera pas. Et le pire arrive…
    Après 21 ans de détention, Antoine sort de prison. Ces longues années il les a utilisé à des fins personnelles : physiques et spirituelles. Le monde extérieur lui était interdit, il a donc décidé de ne pas se tenir informé de ce qui s’y passait. Le seul contact qu’il s’autorisait était avec sa fille qui, malgré son jeune âge lors de son enfermement, lui a rendu visite tout au long de ces années. C’est donc avec elle que nous suivons la libération d’Antoine, elle qui l’aide à revenir progressivement dans la vie, dans la société…. Mais Antoine n’est pas au bout de ses surprises quant à l’état de la France qu’il retrouve après tant d’années… Ses pires craintes semblent être devenues réalité… Ce contre quoi il militait est arrivé….
    A travers ce roman choc, Denis Lachaud nous expose une vision futuriste de notre pays qui enchaine les crises économiques. Les gouvernements successifs n’ont fait qu’empirer les choses et à travers les yeux d’Antoine, coupé de la société pendant plus de 20 ans, nous découvrons les différents impacts de ces crises à répétition.
    J’ai particulièrement apprécié la méthode utilisé par l’auteur pour dénoncer. Il n’a pas simplement mis en avant les points de négation qu’il récence autour de lui. Avec un beau travail romancé, il a su donner de l’émotion à son lectorat grâce au personnage d’Antoine. Avec sa réinsertion dans la société, nous le suivons et partageons avec lui ses joies mais surtout ses peines quand il découvre cette France qui n’est plus la sienne, que le changement lui a rendu complètement étrangère. Une souffrance que le lecteur ressent tout au long de sa lecture grâce à une écriture subtile, des mots choisis pour leur impact, des descriptions précises.
    En parallèle de ce chaos, l’émotion vient également de ce lien parental entre Antoine et sa fille. Malgré une séparation très tôt dans la vie de la jeune fille, père et fille s’apprivoisent doucement sous nos yeux. La fierté d’Antoine emplit le roman quand il découvre qu’elle a hérité du même caractère contestataire que lui. Emotion assurée.
    Alors que je pensais lire un énième livre de critique de la société et de nos politiques, j’ai été agréablement surpris de plonger dans un roman à la construction intéressante et prenante. L’auteur a réussi à transmettre son message subtilement, ce qu’il le rend d’autant plus efficace. Un roman aussi inquiétant qu’émouvant.



    [Avis des 100 pages]
    Quel début des plus prometteur que celui de "Ah ! Ca ira..". L'auteur nous plonge immédiatement dans une action que le lecteur comprendra petit à petit, au fil des informations dispersées dans les chapitres.
    De surprises en découvertes, nous suivons Antoine dans ses choix de vie, la manière dont il défend ses idées, coûte que coûte, la décision qui va changer le reste de sa vie.
    La parole est également donnée à sa femme, la manière dont elle perçoit les actes de son mari.
    Un roman très intimiste à l'action déroutante... je me répète : prometteur !!

  • 0.2

    Les écrivains censés capter de l'air du temps, sont des êtres sensibles et surtout capables de mettre en forme des éléments de nos quotidiens en les insérant dans des récits que nous lisons avec passion ...quand ils sont réussis.
    La politique, le malaise économique actuel, les migrants qui fuient leur pays en guerre ou agenouillé par les banques, cette pression libérale qui laisse sur le bord de la route de plus en plus de monde pour le profit de quelques uns, sont des territoires romanesques dans lesquels peu d'écrivains s'aventurent ou en font le thème principal d'un récit.
    Denis Lachaud empoigne avec "Ah ! Ca ira..." cette réalité pour nous proposer une fiction inspirée, lucide, humaine et qui se lit comme un polar.
    En 2015, Antoine, est un type lambda, marié avec Chloé, père d'une petite fille menant une vie simple si ce n'était quelques déplacements professionnels. Sous ces allures banales, il est juste membre d'un groupuscule qui enlèvera le président de la république française. Après l'avoir humilié médiatiquement en le filmant torse nu et en jogging, le groupe abattra le chef de l'état, créant un événement sans précédent pour des médias aimant la surchauffe. Arrestation, procès, Antoine écopera d'une détention à perpétuité, de laquelle, pour tenue exemplaire, il sortira au bout de 21 ans, muni d'un bracelet électronique.
    Nous sommes en 2037. La France a un peu changé... en pire. Drones, caméras, tablettes, portables sophistiqués, tout le monde espionne tout le monde et les migrants sont parqués dans des banlieues autrefois sordides mais dorénavant entourées de hauts murs pour que personne ne s'échappe....
    C'est dans cet univers de plus en plus clivé, qu'Antoine retrouvera sa fille Rosa ( comme Rosa Luxemburg) et que naîtra un début de mouvement social où les violences finalement inutiles d'hier seront remplacées par une solidarité de tous les instants.
    Après Michel Houellebecq avec " Soumission", un deuxième écrivain essaie de nous envoyer dans un futur proche. Mais là où Houellebecq s'attardait à décrire un islam s'installant en France, Lachaud lui, synthétise toute une réalité sociale, politique et économique pour créer un roman aussi passionnant qu'haletant.
    Pour le lecteur, ce livre est un régal. Emporté par une écriture combinant à merveille simplicité et fluidité mais ne cédant jamais à la facilité, le récit, mené tambour battant, s'attache à suivre des personnages attachants mais tout aussi complexes que la situation dans laquelle la France est plongée dans ce 2037 bien sombre. On sent la patte de quelqu'un pour qui la vie ne se résume pas à n'être qu'un simple observateur de nos dérives, mais un auteur qui n'a pas peur de s'engager, de partager sa vision du monde et qui sait mieux que quiconque titiller le lecteur là où ça dérange un peu. En lisant " Ah! Ca ira..." , vous prendrez le risque d'être en empathie avec un assassin, vous subirez le quotidien d'un sans papier dans des zones infâmes, vous vous interrogerez sur la toute puissance des images dans des médias qui évitent l'analyse ou de l'utilité d'une action violente pour arriver à faire bouger les choses. J'aurai juste un regret sur la dernière partie du livre qui laisse un peu de côté le personnage d'Antoine au profit de sa fille. Ce passage de relais générationnel, aussi nécessaire qu'enthousiasmant, m'a toutefois laissé comme un petit goût d'inachevé.
    Mais ce qui m'a vraiment accroché, c'est ce regard empreint d'une grande humanité. Dès la deuxième phrase du livre, le ton est donné. Antoine, le héros, habillé de noir, s'apprête à kidnapper le président de la République. Il guette au coin d'une rue et Denis Lachaud écrit : " Le dos de ses poings serrés frotte le satin des poches de son blouson, cherche la douceur." C'est cette douceur que l'on peut espérer en chacun de nous qui est un des fils souterrains de ce roman. Elle est palpable dans toutes les pages, chaque personnage y tend comme il peut dans la rudesse des jours et des situations. Elle prend la forme de la caresse du vent sur le corps nu d'Antoine en forêt de Fontainebleau, de la presque quiétude d'un transformateur électrique pour Ekaterini la réfugiée grecque ou plus simplement par l'envie de Rosa de caresser la peau d'Ahmed. Il y a pas mal d'utopies dans ce roman mais celle-ci est certainement une de celles vers laquelle tout le monde pourrait tendre.
    " Ah ! Ca ira..." est un bien joli roman sur notre monde mal en point mais qui propose quelques pistes pour essayer de changer le cours des choses. Ambitieux sans forfanterie, romanesque mais exigeant, c'est le livre parfait pour redonner un coup de fouet à cette rentrée qui s'annonce bien morose. Même si le propos reste pas vraiment optimiste, il a le mérite de remettre l'humain au coeur du processus. Les personnages, ces femmes et ces hommes de bonne volonté, seront peut être les héros annonciateurs d'un renouveau plus solidaire mais très certainement des êtres de papier qui me poursuivront longtemps.

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