Yann Queffelec

Yann Queffelec
C'est pour impressionner sa mère que Yann Queffélec (né à Paris en 1949) commence à écrire à l'âge de sept ans, un art dont il apprend les rudiments en lisant en secret les manuscrits du romancier Henri Queffélec, son père. En 1978, il décide de se consacrer à l'écriture après une rencontre avec ... Voir plus
C'est pour impressionner sa mère que Yann Queffélec (né à Paris en 1949) commence à écrire à l'âge de sept ans, un art dont il apprend les rudiments en lisant en secret les manuscrits du romancier Henri Queffélec, son père. En 1978, il décide de se consacrer à l'écriture après une rencontre avec l'éditrice Françoise Verny à Belle-Île. En 1985, il reçoit le prix Goncourt pour Les Noces barbares, traduit dans 35 pays. Il est l'auteur de nombreux livres, dont Prends garde au loup, Ma première femme, L'amour est fou ou encore Le Plus Heureux des hommes, Tabarly (L'Archipel, 2008) et, plus récemment, Le Piano de ma mère (l'Archipel, 2009 ; Archipoche, 2010), Dictionnaire amoureux de la Bretagne (Plon, 2013) et On l'appelait Bugaled Breizh (Le Rocher-L'Archipel, 2014).

Avis (40)

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    Couverture du livre « Demain est une autre nuit » de Yann Queffelec aux éditions Calmann-levy

    Gérald LO sur Demain est une autre nuit de Yann Queffelec

    rente neuf ans, c’est le temps qui aura fallu à deux frères pour se retrouver. Un sms, un malheureux sms, qui va faire venir le grand frère au chevet du petit frère, à l’hôpital. De cette rencontre qui dure la nuit va en sortir une sorte de procès contre le passé, ce que l’un attendait de...
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    rente neuf ans, c’est le temps qui aura fallu à deux frères pour se retrouver. Un sms, un malheureux sms, qui va faire venir le grand frère au chevet du petit frère, à l’hôpital. De cette rencontre qui dure la nuit va en sortir une sorte de procès contre le passé, ce que l’un attendait de l’autre, de la vie.

    Le récit est celui de la nostalgie mal dégrossie, de la rancœur, et peut-être même du dégoût de soi, de son comportement, de son inactivité, son absence de motivation. Les deux frères se confrontent l’un dans son lit d’hôpital, ou de gisant, l’autre somnolant à ses côtés. L’un et l’autre s’accusant tour à tour. Mais que faire de ces retrouvailles presque quarante ans après. En réalité, pourquoi se retrouver. Sauf à reprendre sa vie à l’instant de la séparation.

    Le roman est agaçant dans son esprit. C’est irritant et sans intérêt. C’est mielleux et bouffi de sentiments à l’eau de rose. La nostalgie est pompeuse. Nous lisons deux frères accrochés comme une moule sur le rocher de leur vingt ans, sans avoir l’impression d’avoir décollé à un moment ou à un autre, sur fonds de reproche. Le comportement est finalement synonyme d’une tristesse infinie, une pathologie de la nostalgie pauvre et une bassesse intellectuelle.

    En revanche, l’écriture vous fait avaler ce roman aussi vite que vous l’oublierez. Le style est vraiment magnifique, dommage qu’il soit utilisé à mauvais escient pour le coup.

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    Couverture du livre « Demain est une autre nuit » de Yann Queffelec aux éditions Calmann-levy

    sylvie MOYERE sur Demain est une autre nuit de Yann Queffelec

    Yann Quéffelec est l'auteur de nombreux romans ,essais et même d'un recueil de poèmes.Il publie dés 1981.Il a reçu le prix Goncourt en 1985 pour les noces Barbares.Il décrit souvent des personnages passionnés en mal d'amour.

    C'est un homme qui a gardé de fortes attaches en Bretagne étant...
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    Yann Quéffelec est l'auteur de nombreux romans ,essais et même d'un recueil de poèmes.Il publie dés 1981.Il a reçu le prix Goncourt en 1985 pour les noces Barbares.Il décrit souvent des personnages passionnés en mal d'amour.

    C'est un homme qui a gardé de fortes attaches en Bretagne étant marin et un grand amoureux de la mer.Et cela se ressent dans ses écrits comme dans ce roman où il utilise beaucoup de mots ,de termes et d'expressions ayant un rapport avec la mer.Il parle alors du "rafiot du 6ème","Tonnerre de Brest""la tempête "aussi est omniprésente et un autre exemple cette très belle phrase: les années passent usant les souvenirs tels des galets au fond de l'eau.En fait on en retrouve tout le long de son récit.Car "demain est une autre nuit " est bien un récit et comme le dit l'auteur dans sa préface ici le destin est déjà passé et il souhaite accoster sans heurts les "autrefois" encore à vif de cette histoire.

    Il va donc nous raconter ses retrouvailles compliquées avec son frère qui lui a envoyé un SMS de l'hôpital pour lui dire qu'il était urgent qu'ils se voient.(ceci après 39 ans de silence radio entre eux.)On va donc être le spectateur de cette réunion de famille un peu étrange et assister à un règlement de comptes au fur et à mesure que les souvenirs refont surface.Et comme nous le dit très bien Y.Quéffelec :On a chacun son meilleur des mondes, son jardin des supplices et les mêmes souvenirs n'existent pas.La mémoire est une horloge sans aiguille elle dépasse le temps qu'elle vit et revit sans cesse et ça ne veut pas dire qu'elle se trompe.Il faut bien le reconnaitre au sein d'une famille chacun se forge ses propres souvenirs et souvent on a l'impression de ne pas avoir vécu la même chose.Là est donc le thème principal de cette histoire.

    Nous allons donc suivre leur joute verbale qui va durée une nuit entière.Le livre est donc décomposé en petits chapitres qui nous égrainent les heures de cette nuit si particulière et plus on se rapproche du petit matin et plus leurs idées sont de moins en moins claires.Ils se mettent à divaguer . Cela devient décousu ,sans queue ni tête et je dois reconnaitre que je n'ai pas tout compris même si parfois il cherche à faire de l'humour qui se rapproche plus de l'ironie voir de la moquerie.

    Ce livre m'a quand même laissé un peu dubitative car je ne suis pas rentrée dans ce délire et pendant tout le roman je me suis demandée où l'auteur voulait en venir même si il y a une petite explication à la fin .(C'est trop farfelu pour moi.)
    Donc un peu déçue par ce récit qui part trop dans tous les sens et cela ne m'a pas forcément captivé.Il se lit malgré tout rapidement et heureusement.

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    Couverture du livre « Demain est une autre nuit » de Yann Queffelec aux éditions Calmann-levy

    Bill sur Demain est une autre nuit de Yann Queffelec

    Je n'avais pas lu de roman de Yann Queffelec depuis une bonne quinzaine d'années,et je me souvenais les avoir bien aimés, alors, quand La Fondation Orange m'a proposé d'en recevoir un dans le cadre du Cercle Livresque, j'ai sauté sur l'occasion.

    Bien mal m'en a pris !

    Il y avait très...
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    Je n'avais pas lu de roman de Yann Queffelec depuis une bonne quinzaine d'années,et je me souvenais les avoir bien aimés, alors, quand La Fondation Orange m'a proposé d'en recevoir un dans le cadre du Cercle Livresque, j'ai sauté sur l'occasion.

    Bien mal m'en a pris !

    Il y avait très longtemps que j'avais pris aussi peu de plaisir à la lecture d'un roman et à me demander si je n'allais pas l'abandonner en route ...

    Mais je m'étais engagée, j'ai persisté ... et rien n'est cependant venu démentir cette première impression !

    Appelé au chevet de son frère hospitalisé par un texto inquiétant, le narrateur - l'auteur - le rejoint chambre 49 d'un hôpital parisien. Ils ne se sont pas vus depuis trente ans suite à une dispute / divergence de vues ...

    Pendant cette longue nuit, ils vont évoquer leurs enfances, le passé familial, les relations à leurs parents.

    Bien évidemment, ils n'ont pas vécu la même chose et le regard qu'ils portent sur les événements majeurs de leurs années d'enfance et d'adolescence sont extrêmement divergentes ...

    Mais la narration sous forme de dialogue, m'est devenue rapidement assez insupportable : un discours geignard, une double auto-analyse qui s'éternise et qui dure 192 pages c'est long, bien trop long !

    Par ailleurs, je n'ai pas compris l'intérêt de ce livre ; du linge sale familial lavé en place publique ... sans le buzz des Moix !

    Dommage !

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    Couverture du livre « Naissance d'un Goncourt » de Yann Queffelec aux éditions Calmann-levy

    Denis Arnoud sur Naissance d'un Goncourt de Yann Queffelec

    À quoi tient le destin ?



    Yann Queffélec a vingt-huit ans quand il décide d’embarquer avec deux amis pour un tour du monde à la voile au départ de Groix. Après soixante-douze heures de navigation, les ennuis s’accumulent. Panne moteur. Qui dit plus de moteur, dit plus d’électricité donc...
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    À quoi tient le destin ?



    Yann Queffélec a vingt-huit ans quand il décide d’embarquer avec deux amis pour un tour du monde à la voile au départ de Groix. Après soixante-douze heures de navigation, les ennuis s’accumulent. Panne moteur. Qui dit plus de moteur, dit plus d’électricité donc plus d’instruments. Cap sur La Corogne pour réparation. C’est alors que la tempête se lève. Le voilier est balloté, chahuté. Enfin la terre. Pas celle qui était prévue, Belle-Ile. À une quarantaine de kilomètres à vol d’oiseau de Groix. Le bateau atterrit plus qu’il n’accoste sur le quai. Alors qu’il est en train de l’amarrer, on tape sur l’épaule Yann. Une voix sortant de la brume lui dit : « Toi, chéri, tu as une gueule d’écrivain ».



    Cette voix, c’est celle de Françoise Verny, éditrice qui fait la pluie et le beau temps dans le milieu littéraire des années quatre-vingt. Après avoir travaillé chez Grasset, elle officie maintenant chez Gallimard. Rendez-vous est pris le lendemain soir pour un dîner.



    Lors de ce dîner surréaliste, Yann finit par promettre des pages à Françoise. Car oui, Yann écrit. Rien de probant jusque là, des romans inachevés, des bribes de textes éparses. Maintenant, il faut qu’il se mette sérieusement au travail.



    « On a tellement de choses à se dire, Françoise et moi, et c’est moi qui les dis toutes, qui parle jusqu’au matin, promets des pages et des pages, un roman qui touche à son point final, un roman sur… Un roman sur quoi ? Je n’en sais rien, moi. C’est le roman qui dit ce qu’il est, pas l’auteur. L’auteur se contente de l’écrire ou d’affirmer qu’il l’écrit jour et nuit, sur son bateau, dans les estuaires et dans les îles, qu’il en voit le bout. »



    Naissance d’un Goncourt nous raconte la rencontre de Yann Queffélec avec Françoise Verny, une rencontre qui va changer son destin. Qui va en faire un prix Goncourt.



    L’auteur nous narre avec une tendresse pleine d’espièglerie sa collaboration avec cette femme hors du commun. Une femme tout en excès, à la fois ogresse et maman abusive. Elle sera avec lui jusqu’au bout, jusqu’au Grall, jusqu’au Goncourt. Elle le poussera, l’acculera dans ses retranchements, le harcèlera patiemment. Car il lui en faudra de la patience pour obtenir le meilleur de Yann.



    « Alors c’est qui, Françoise Verny . C’est la maman des auteurs, pardi. Une indésirable maman. Chacun la sienne. Elle n’aime pas trop l’idée : « Pas une maman, chéri : une mère maquerelle ! Une patronne de bordel ! » (Quoi de plus bordélique qu’une âme d’écrivain.) Mère maquerelle ou maman pour écrivains en souffrance, elle sait dire « je t’aime » à ceux qui travaillent dur, retravaillent, se dépassent en écrivant. Ce « je t’aime, chéri » nous traverse la peau. Mais elle, Françoise, qui lui dit : « Je t’aime, chérie » ? Personne. La solitude. »



    Yann se plonge dans le travail, dans la solitude de l’écrivain. Une solitude égayée par ses dîners homériques chez Françoise. Des soirées qui se transforment souvent en bombardements de nourriture et objets divers quand l’éditrice, imbibée de whisky entre dans l’une de ses prodigieuses colères.



    Yann Queffélec nous parle de son travail d’écrivain. De ses romans qui le hantent, de ses personnages qui lui parlent, ne le laissent pas en repos. Il nous raconte ses doutes et ses espoirs, son anxiété quand il remet ses pages à Françoise. Quelle va être sa réaction ? Va-t-elle aimer ? Son roman est-il bon ?



    « Je suis d’autant plus malheureux, mortifié, que moi aussi, depuis un an, je vis un miracle de solitude, la nuit, en tête à tête avec La Bête noire, un roman qui me prend toute ma vie, toute ma voix. Je m’endors : il parle, il se moque de moi, il revient sur ce qu’il a dit, il me trouve bien lâche de fermer les yeux, de me reposer. Est-ce qu’il se repose, lui ? Est-ce que la littérature a sommeil ? Est-ce que la tragédie peut se permettre de distraire, une seconde sur le cours des choses, et remettre au lendemain ce qui promet d’être un crime, pas un suicide, non non, trop facile ! Un suicide , oui , s’il on veut, pour la concierge, la police, le toubib, un suicide à l’usure, doux comme un adieu. »



    Naissance d’un Goncourt retrace avec beaucoup de verve et d’autodérision le parcours de l'écrivain de ses débuts balbutiants à l’obtention du prix Goncourt. C’est aussi et surtout un hommage plein de tendresse et de drôlerie à Françoise Verny, la femme qui l’a porté sur les fonts baptismaux de la littérature. Une femme qui, l’auteur en est convaincu, lui a été envoyé par sa propre mère décédée quand il avait dix-huit ans. Un récit que je recommande à tous les passionnés de littérature, à ceux qui veulent en savoir plus sur le métier d’écrivain. Quelle belle plume que celle de Yann Queffélec. Je me suis régalé.