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Romain Slocombe

Romain Slocombe
Photographe, cinéaste, peintre, illustrateur, traducteur et écrivain, Romain Slocombe réconcilie depuis plus de trente-cinq ans le roman noir, l'avant-garde artistique et l'univers underground de la contre-culture américaine et japonaise. Son intérêt pour la question de la violence, y compris sou... Voir plus
Photographe, cinéaste, peintre, illustrateur, traducteur et écrivain, Romain Slocombe réconcilie depuis plus de trente-cinq ans le roman noir, l'avant-garde artistique et l'univers underground de la contre-culture américaine et japonaise. Son intérêt pour la question de la violence, y compris sous la forme ultime de la torture, dans le cadre intime ou historique, a ceci d'unique qu'elle ne sombre jamais dans la morbidité. C'est avec une sérénité parfaite et un humour élégant, très british, que Romain Slocombe aime aborder des sujets graves en créant des univers minutieusement extraits de son imagination sans limite. Il s'offre le paradoxe d'une écriture documentée et de sujets très contemporains, notamment ceux de la fascination du féminin, du rapport entre image et écrit, de la proximité de la civilisation occidentale ou japonaise et du monstrueux. Sa tétralogie La Crucifixion en jaune, publiée chez Gallimard, a rencontré un grand succès critique et public, et les expositions de ses ½uvres photographiques l'ont fait connaître dans le monde entier. Auteur de polars accompli (Envoyez la fracture, Mortelle résidence) et spécialiste incontesté de l'imagerie japonaise, sa longue collaboration avec Roland Jaccard (culminant avec Sugar Babies et Suite viennoise) a mis en lumière sa singularité dans le panorama littéraire français. Éclectique savant dans une époque qui ne connaît que les dilettantes zappeurs, il peut fièrement revendiquer ses héritages, de Topor à Huysmans en passant par Chesterton ou Jack O'Connell. En quarante ans de travail, il s'est forgé une place à part dans les meilleures maisons d'édition françaises : Gallimard, Fayard, les Presses Universitaires de France.

Articles en lien avec Romain Slocombe (1)

Avis sur cet auteur (50)

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    Couverture du livre « La débacle » de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont

    Michel Gardin sur La débacle de Romain Slocombe

    La débâcle de Romain Slocombe
    De Romain Slocombe, je connaissais Monsieur le Commandant, première station avant l'abattoir et les Léon Sadorski, lorsqu'à la bibliothèque de mon village est arrivé La débâcle de Romain Slocombe.
    En 7 jours du 10 juin au 17 juin 1940, la France, voit le...
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    La débâcle de Romain Slocombe
    De Romain Slocombe, je connaissais Monsieur le Commandant, première station avant l'abattoir et les Léon Sadorski, lorsqu'à la bibliothèque de mon village est arrivé La débâcle de Romain Slocombe.
    En 7 jours du 10 juin au 17 juin 1940, la France, voit le gouvernement fuir la Capitale, Pétain capituler « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur »  sur les routes des milliers de personnes condamnées pour beaucoup à une mort atroce. Romain Slocombe, nous entraînent dans cette fuite en avant des familles vivant à Paris et partant loin en campagne en raison de l'avance des Allemands en territoire Français. Juin 1940, c'est la débâcle, terme particulièrement bien choisi. Les livres d'histoire relatant ces événements rappellent que : « l'Allemagne en mai 1940, lance une grande offensive contre la Belgique, la Hollande et la France. L'armée française en quelques jours est en déroute. » C'est l'exode, la pagaille et les populations fuient l 'avancée Allemande.
    A la lecture de ce livre, nous sommes au cœur de cette débâcle au milieu des civils jetés sur les routes encombrées. Sous la violence des attaques aériennes des Stukas, des bombardements, des colonnes militaires qui se replient sous l'injonction d'ordres de soumission. Avec une plume toujours acérée Romain Slocombe, fait revivre des destins individuels ou la peur, la résignation, l'espoir et la collaboration se conjuguent. Nous suivons particulièrement la famille Perret. Paul avocat bien placé dans les instances gouvernementales, Marie-Louise son épouse, qui a bord de son automobile, une magnifique Studebaker, part rejoindre les membres de leur famille à quelques heures de Paris en ayant entassé dans leur véhicule, objets personnels, bijouterie, argenterie, victuailles, le chien, et leur bonne et posé sur le toit de cette magnifique Studebaker un matelas. Sur la route les péripéties ne vont pas manquer avec la crainte de tomber en panne de carburant, les voitures arrêtées, celle qui sont stationnées sur les bords des routes les charrettes à chevaux, les brouettes, les vélos, et toutes ces personnes hommes âgés femmes et enfants marchant droit devant. C'est alors qu'au cours de ce roman les destins vont être intimement liés. Alors que la mort vrombi dans le ciel, la mitraille et les bombes sèment la mort au sol et dévaste les corps meurtris par les explosions. Les descriptions de Romain Slocombe, démontre une étude attentive des différents documents consultés notamment en terme de traumatologie de guerre. Dans cette débâcle, Jacqueline Perret qui vient d'avoir 14 ans, mais qui en paraît 16 ouvre alors ses yeux jusque-là innocents sur un autre monde peuplé de violences, d'émotions et de relations fugitives. Lucien soldat déserteur se lance à la recherche de sa fiancée Hortense, qui elle même court à la recherche de Lucien évacué par en train militaire ayant été blessé. Chemin faisant nous rencontrerons des Français, qui profitant de la débâcle s'enrichissent en vendant, une bouteille d'eau, un fauteuil pour dormir, ou à prix d'or quelques litres d'essence soutiré dans les véhicules abandonnés par les soldats. Ces soldats, sans chef, sans ordre, partent eux aussi droit devant eux dans l'espoir de se regrouper et être en mesure de mener une contre offensive. Les blessés graves militaires dans les ambulances sont laissés sans soin, et ceux qui meurent enterrer à la va-vite sur le bord des chemins.
    Les détails et les les lieux sont si criants de vérité et crédibles que l'on aurait presque l'intention d'abandonner ce romain pour ce plonger dans la liste d' ouvrages et de documents consultés par Romain Slocombe, pas moins de 7 pages de référence. L'idée de rechercher les lieux ou se sont passés les événements décrits, comme par exemple le massacre des soldats Sénégalais et d'Afrique du Nord par des soldats de la Werhrmacht drogué à la pervitine, puissante méthamphétamine. Un conseil n'en faite rien ! C'est à la fin de ce livre que j'ai pris connaissance de la notre de Romain Scolombe, en début de cet ouvrage. «  Ce roman comme le mot le signifie est une œuvre d'invention et ses protagonistes principaux sont imaginaires. En revanche les événements militaires, politiques qu'il relate sont réels parfois dans le plus petit détail. Les noms, grades des officiers , numéros d'unités, mouvements de troupes durant la bataille de France, lieux et date des bombardements, conditions météorologiques sont vrais. Par contre, les noms des villages ou de l'hôtel sont du domaine de la fiction. Quant aux massacres et exécutions sommaires de tirailleurs africains par l'armée allemande ils ont bien eu lieu mais sur d'autres communes que celles-citées.
    La débâcle de Romain Slocombe est un livre fort que je vous recommande vivement. Vous le lirez comme moi, en état d'urgence en étant au cœur de tous ces moments décrits avec beaucoup de réalisme. Bien à vous !

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    Couverture du livre « L'affaire Léon Sadorski » de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont

    Al Dub sur L'affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe

    Dans L’affaire Léon Sadorski, ne cherchez pas le suspense, il est quasiment inexistant en tout cas il n’en est pas sa qualité première. L’enquête que mène l’inspecteur Sadorski n’est en effet que prétexte pour Romain Slocombe, l’auteur de ce polar d’un genre très différent, à nous faire visiter...
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    Dans L’affaire Léon Sadorski, ne cherchez pas le suspense, il est quasiment inexistant en tout cas il n’en est pas sa qualité première. L’enquête que mène l’inspecteur Sadorski n’est en effet que prétexte pour Romain Slocombe, l’auteur de ce polar d’un genre très différent, à nous faire visiter ce qu’était la police française sous Vichy, particulièrement la police parisienne.

    On ne saurait trop à cet égard remercier Slocombe pour son extraordinaire travail de recherche et pour le rendu qu’il nous offre. Exemple, l’interrogatoire p. 341 saisissant de réalisme, de même le passage de Sadorki en chambre froide un peu plus loin.

    À l’inverse on croit beaucoup moins à l’échange entre Sadorski et deux lycéennes p. 379 lors duquel on a surtout l’impression que l’auteur cherche à nous éblouir des connaissances de l’époque qu’il a compilées. C’est là, la limite de son œuvre. À force de vouloir nous convaincre de son travail en amont, il nous perd parfois dans des détails inutiles. Autre exemple : bottin en mains, Slocombe donne des tas d’adresses, de noms, dates et lieux de naissance sur des personnages qui n’ont par ailleurs aucune existence dans son roman. Idem pour des détails en pagaille sur Paris, sur les véhicules d’époque… Tout cela nuit un peu à la qualité globale d’un livre qui aurait pu être « excellent » mais qui n’est que « bon »… ce qui est déjà beaucoup.

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    Couverture du livre « La gestapo Sadorski » de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont

    jeanmid sur La gestapo Sadorski de Romain Slocombe

    Opportuniste , manipulateur , pervers , lâche, affabulateur : voici quelques unes des qualités de l'Inspecteur Principal Adjoint Sadorski qui lui ont permis de naviguer à son aise tel un poisson dans l'eau dans les arcanes de la collaboration active .
    Mais l'IPA est un personnage complexe qui...
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    Opportuniste , manipulateur , pervers , lâche, affabulateur : voici quelques unes des qualités de l'Inspecteur Principal Adjoint Sadorski qui lui ont permis de naviguer à son aise tel un poisson dans l'eau dans les arcanes de la collaboration active .
    Mais l'IPA est un personnage complexe qui fait la chasse aux juifs mais en abrite une chez lui en toute illégalité : la jeune Julie enceinte ...de lui , et ce avec la complicité involontaire de sa femme Yvette . La pauvre Yvette , à qui il fait avaler les pires couleuvres , n'a aucune idée de la faiblesse de son compagnon envers la gent féminine . Pourvu qu'elles soient jeunes et jolies , Sadorski ne peut s'empêcher de fantasmer sur elles avec l'objectif qu'elles atterrissent dans son lit au plus vite . C'est le cas ici de la jeune Jacqueline Perret , 18 ans , qui pour avoir falsifié une carte d'identité , va tomber dans ses filets , malgré la situation de son père qui travaille pour l'industrie cinématographique allemande .
    En cet automne 1943 , alors que les alliés ont envahi l'Italie , que les nazis se replient devant les troupes soviétiques sur le Front Est , les actes terroristes se multiplient à Paris et en région parisienne . Sadorski se voit alors confier une mission par les SS : débusquer les activités du FTP MOI , ces brigades des partisans multi ethniques et multi nationaux qui sèment le trouble parmi les forces occupantes . Il entre de plein pied dans la Gestapo , franchissant ainsi un nouveau palier dans l'infamie collaborationniste .
    Mais le roi du coup tordu a peut être le pouvoir absolu de nuire , il n'est pour autant pas à l'abri de possible représailles .

    Toujours aussi bien documenté , n'oubliant aucun petit détail typique de cette époque révolue , qu'il soit matériel ou artistique , ce quatrième tome des aventures de l'IPA Sadorski , nous plonge dans cette période noire de l'Histoire de France où la collaboration semble atteindre son apogée . Alors que les signaux d'une potentielle défaite des forces de l'Axe s'accroissent chaque jour , les services de police français qui coopèrent avec les allemands semblent de plus en plus virulents avec les juifs , avec les forces résistantes ou tout simplement avec quelque voix contestataire . Comme si une course à la cruauté , à l'abjection était lancée . Comme si du côté du pouvoir collabo il fallait accélérer le mouvement en volume et en intensité ; être plus méchant que les nazis eux-mêmes . C'est en tout cas ces policiers français zélés que l'on voit ici à la manœuvre , sans filtre , lors d'interrogatoires sanglants , arrivant même à écœurer un Sadorski qui en a pourtant vu d'autres . Un Léon Sadorski ici sur tous les fronts : la séduction féminine - qu'elle soit innocente ou prostituée - , la protection de sa “filleule” juive enceinte , sur la piste d'un magot providentiel , aux basques des résistants communistes dans son équipe de gestapistes français et tentant de développer son réseau SS . Une activité intense pour notre salaud préféré , dont certains soubresauts romantiques , quelques remords qui remontent par moment à la surface , arriveraient presque à lui obtenir nos circonstances atténuantes lors de son futur jugement .

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    Couverture du livre « Sadorski et l'ange du péché » de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont

    Michel Gardin sur Sadorski et l'ange du péché de Romain Slocombe

    Sadorski et l'ange du péché de Romain Slocombe
    Ayant découvert l'auteur Romain Slocombe par la lecture de Première station avant l'abattoir puis Monsieur le commandant, j'ai découvert en bibliothèque le personnage de Sadorski, dans le cadre de Sadorski et l'ange du péché.
    Léon Sadorski,...
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    Sadorski et l'ange du péché de Romain Slocombe
    Ayant découvert l'auteur Romain Slocombe par la lecture de Première station avant l'abattoir puis Monsieur le commandant, j'ai découvert en bibliothèque le personnage de Sadorski, dans le cadre de Sadorski et l'ange du péché.
    Léon Sadorski, inspecteur affecté à la 3ème section des Renseignements généraux et des jeux, chef du Rayon juif est un individu que vous n'oublierez pas . Un ignoble salaud de la pire espèce comme o ceux et celles qui dans cette époque troublée de notre histoire commune de la seconde guerre mondiale ont été enfantés par la monstrueuse idéologie nazi. Nous sommes à Paris en mars 1943. une femme qui a franchi la ligne de démarcation avec de faux papiers est arrêtée par des inspecteurs corrompus des renseignements généraux sous le prétexte fallacieux de trafic de métaux précieux. Sadorski, est un chasseur de juif, de résistants, particulièrement bien noté par ses supérieurs aux regards des nombreuses têtes rapportées. C'est aussi un homme qui avec son épouse Yvette, cache une jeune fille Julie, dont les parents ont été envoyés par convoi spécial à l' Est.
    Dans cette première partie de ce roman l'on assiste avec force de détail à la traque des juifs, aux interrogatoires sordides de policiers français, qui sous couvert d'une carte tricolore s'autorisent les pires exactions, les crimes, par l'appât du gain, la luxure, l'ignominie adepte du viol et de la torture.
    C'est alors que Sadorski, va être confronté à d'autres salopards plus retords que lui, fanatiques, trafiquants au marché noir, officier allemand.
    Une lettre anonyme d'adultère le conduit de la bourgeoisie qui s'arrange avec l'occupant, aux plateaux de cinéma ou une jeune actrice demi-juive est figurante dans le film l' ange du péché de Robert Bresson. Sa trajectoire de chasseur de tête s'en trouve bouleversée après une nuit passée avec elle, alors que son homme Corse est encore en prison.
    Dans ce même moment, Sadorski prend conscience que les déportations des juifs et des résistants vers l'Est inconnu, les conduits inexorablement vers la mort. Il l'apprendra de la bouche même d'un officier Allemand rencontré l'année précédente. Sadorski chasseur de tête de juif, totalement indifférents aux sorts des hommes et des femmes torturés dans les locaux de sa brigade spéciale ( des descriptions insoutenables ) ou de ceux qui sont internés sur des indices et propos fallacieux où diverses autres raisons au camp de Drancy tenu par les gendarmes, ne reste pas insensible à l'existence dorée des trafiquants et du monde du spectacle tant qu'il y trouve son compte.
    Tout en suivant pas à pas ses enquêtes confronté à ses instincts primaires Sadorski sent le vent tourner. Qu'il est peut temps de redorer son insigne de policier en vue d'un prochain jugement qui mettrait sans nul doute à vue ses complaisances avec les Allemands.
    C'est ainsi qu'il va être amené à assassiner un officier Allemand qui en s'approchant trop près de Julie, risquait de l'incriminer en protégeant une juive à son domicile. Par cette action, il supprimait l'officier trop curieux et pouvait le cas échéant revendiquer la mort de celui-ci.
    Romain Slocombe dans ce récit particulièrement bien documenté, pas moins de 19 pages de biographie, donne un éclairage particulièrement sombre de notre histoire, rythmée par le rationnement, la recherche du profit, les interdictions, les délations, les exécutions, dans une population qui continue de vivre comme si rien n'était. L' épisode relatée du bombardement de l'hippodrome de Long-champ est particulièrement significatif de l'ambiance régnante , alors que les morts et les blessés ne sont pas encore relevés, les chevaux s'élancent de nouveau sur la piste.  «  Un vrombissement sourd emplit progressivement le ciel, étouffe les bruits de galop sur la piste, la clameur du public.Une escadrille de chasseurs bombardiers Focke-Wulf 190 A survole l'hippodrome , vire effectue un second passage avant de prendre la direction de Boulogne Billancourt les ateliers de l'île Seguin dont les fonderies sont frappés de plein fouet... Les pur-sang franchissent la ligne d'arrivée. On annonce Tornado vainqueur... » On reste abasourdi lorsque l'on lit en biographie, que cela s'est réellement passé !
    Que va devenir Sadorski, qui semble être rattrapé par un nouvel inspecteur ? Il sait que le pire désormais s'approche, celui de sa fin sous le couteau de la veuve «  mais comment se demande t il Julie et Yvette vont se débrouiller, s'il a foutu la petite enceinte ! ».
    Sadorski va-t-il enfin répondre un jour de ses actes ? La question posée reste à ce jour entière.