Florence Dupre La Tour

Florence Dupre La Tour

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Avis (4)

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    Couverture du livre « Cruelle » de Florence Dupre La Tour aux éditions Dargaud

    Dominique Sudre sur Cruelle de Florence Dupre La Tour

    De Paris à Buenos Aires, de la Champagne-Ardenne à Lyon, les années d’enfance de l’auteure sont portées par un réalisme en teinte sombre, comme ses dessins.
    Les animaux se succèdent, cochon d’inde, poulet, oie, cochon, chien, et la cruauté des enfants est sans limite. Mais en contre point,...
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    De Paris à Buenos Aires, de la Champagne-Ardenne à Lyon, les années d’enfance de l’auteure sont portées par un réalisme en teinte sombre, comme ses dessins.
    Les animaux se succèdent, cochon d’inde, poulet, oie, cochon, chien, et la cruauté des enfants est sans limite. Mais en contre point, celle des parents, des fermiers, des adultes, ne l’est pas moins. Du petit cochon qu’on adule à celui qu’on abat, du lapin tout doux à celui qu’on dépèce et qu’on mange, de l’oie en poussin à celle sur la table du dîner, du petit chien tout mignon qu’on adopte et qu’on caresse, au vieux chien qui "pue" un peu, que plus personne ne veut sortir le soir, et qu’on fait piquer, la frontière entre la cruauté enfantine gratuite et celle des adultes et de la vie est bien mince.
    Assez déstabilisée dans un premier temps par le thème abordé, et par ces dessins essentiellement en dégradés de noirs, blancs, gris, j’avoue que la réflexion est bien plus profonde que ce que l’on peut penser de prime abord. L’histoire est ponctuée de questionnements sur la place de la femme, l’égalité, les traditions, la famille, le respect de l’autre, et bien d’autres choses à découvrir entre les lignes et les dessins.

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    Couverture du livre « Cruelle » de Florence Dupre La Tour aux éditions Dargaud

    Manika sur Cruelle de Florence Dupre La Tour

    Nous voilà avec cet album du coté sombre de la force enfantine ! Le plein pouvoir de vie et de mort que les enfants s'accordent avec jouissance, un plaisir qu'il faut quand même un peu caché pour ne pas paraitre trop CRUELLE !

    Accidents ou réelles volontés de tuer, entre les deux nous...
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    Nous voilà avec cet album du coté sombre de la force enfantine ! Le plein pouvoir de vie et de mort que les enfants s'accordent avec jouissance, un plaisir qu'il faut quand même un peu caché pour ne pas paraitre trop CRUELLE !

    Accidents ou réelles volontés de tuer, entre les deux nous vacillons mais quel effroi lorsque l'enfant se rend compte de la cruauté du monde des adultes.

    Un album surprenant par le sujet traité mais aussi par sa chute !

    Un mot quand même sur les illustrations en teinte de gris aux traits rapides et nerveux, ce n'est pas ce que je préfère mais il y a des adeptes.
    7/10

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    Couverture du livre « Cruelle » de Florence Dupre La Tour aux éditions Dargaud

    PIERRE DARRACQ sur Cruelle de Florence Dupre La Tour

    Regardez la couverture vraiment réussie de cet album ! Elle donne la même impression qu'à la lecture. Un peu en trompe l'oeil avec cette tête d'oie/fenêtre, elle révèle une petite fille fort mécontente, coincée entre deux éléments rouges. On ne sait trop si c'est elle qui a tranché la tête du...
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    Regardez la couverture vraiment réussie de cet album ! Elle donne la même impression qu'à la lecture. Un peu en trompe l'oeil avec cette tête d'oie/fenêtre, elle révèle une petite fille fort mécontente, coincée entre deux éléments rouges. On ne sait trop si c'est elle qui a tranché la tête du volatile ou si le même volatile va s'écraser sur elle. En tous les cas un climat de violence s'annonce au futur lecteur.
    Cette petite fille, c'est Florence Dupré La Tour, l'auteure. Elle a des faux airs de Mafalda, cousine argentine qui a du bercer sa jeunesse. Elle vit avec ses parents, catholiques très pratiquants et ses soeurs. La famille se complétera au fil des ans avec d'autres naissances mais surtout avec l'apport d'animaux divers et variés qui, entre les les mains de la narratrice, périront les uns après les autres. Morts violentes, souvent, victimes de maladresse ou de négligences, voire de la cruauté de la petite fille, les animaux seront enfouis dans des boîtes de chaussure au fond du jardin, lors d'enterrements aux consonances religieuses.
    Vous vous souvenez sans doute de l'épisode des poissons rouges dans "Les malheurs de Sophie". Tant mieux, parce qu'ici c'est la même chose mais puissance mille. C'est une succession macabre de petites bêtes innocentes qui seront les victimes d'une petite fille dont on se demande tout le temps durant la lecture qu'elle est la part exacte d'innocence enfantine ou de réelle cruauté. On sait bien que le monde merveilleux de l'enfance n'est qu'une vision gnangnan pour adultes en quête de tranquillité, mais ici, le lecteur est mis à rude épreuve, malmené par une narration bannissant d'édulcorer le moindre agissement funeste tout en restant sautillante comme une petite fille enjouée. Cette ambivalence, très inconfortable mais sacrément accrocheuse, donne un ton très inhabituel à ce roman graphique. Les illustrations, jouant avec bonheur dans des tons de gris assez tendres et variant finement les formats au gré des épisodes, concourent à maintenir le malaise jusqu'à un final encore plus glaçant.
    "Cruelle", en plus d'être un album totalement maîtrisé et passionnant, prouve avec brio, que les femmes en bande dessinée existent bel et bien quoiqu'en disent les organisateurs du festival d'Angoulême. Elles ont leur mot à dire, le disent avec force et talent, et Florence Dupré La tour en est un de ces voix que l'on suivra désormais avec un intérêt certain.
    Pour moi c'est 10/10 !

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    Couverture du livre « Cigish ; le maître du je » de Florence Dupre La Tour aux éditions Ankama

    Marie Florence Gaultier sur Cigish ; le maître du je de Florence Dupre La Tour

    Voici une BD complètement atypique, au centre de laquelle le jeu est un des maîtres mots. de Florence Dupré la Tour, j'avais apprécié le personnage Capucin qui m'avait sacrément étonnée, aussi lorsque j'ai découvert sa dernière BD en librairie, je n'ai pas hésité à l'acheter, même si je n'y...
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    Voici une BD complètement atypique, au centre de laquelle le jeu est un des maîtres mots. de Florence Dupré la Tour, j'avais apprécié le personnage Capucin qui m'avait sacrément étonnée, aussi lorsque j'ai découvert sa dernière BD en librairie, je n'ai pas hésité à l'acheter, même si je n'y connais pas grand chose en jeu de rôle, lequel jeu est au centre de la BD. L'éditeur Ankama a mis beaucoup de soin dans la présentation de l'objet : un format propice au roman graphique (16,4 x 22,4 cm), une couverture magnifique, un papier très agréable au toucher. Et une BD idéale à lire en vacances vu le nombre de pages (304) et le contenu.

    En feuilletant la BD, je découvre que le livre est en fait « une compilation des notes parues sur le blog de l'auteure » (c'est à dire ici mais en regardant de plus près, je vois que les planches ne sont pas exactement celles de l'album, il y a eu des cases retouchées, en tout cas, vous pouvez avoir accès à environ la moitié du livre). Et qui dit blog, dit commentaires : certains figurent donc à la fin des saynètes qui composent les 5 parties dont voici les titres : I : Une réunion de famille / II : Fruits puants du Web / III : Peur sur Cigish / IV: Petits et grands joueurs / V le ventre du net.

    Lire des commentaires après quelques planches, c'est un peu troublant au début, puis très vite on attend ces petits textes avec impatience : certains sont tordants, d'autres insultants, sous couvert d'anonymat bien souvent (j'ai apprécié les pseudos loufoques). L'auteur ne se contente pas de citer ces commentaires, elle les intègre dans son récit ! le dispositif reflète bien les dérives du Web (ici piégés dans une BD !), qui sont d'ailleurs une des pistes de réflexion de l'auteure.

    Ceci dit, Florence Dupré la Tour est une sacré manipulatrice : en jouant Cigish, le personnage de jeu de rôle qu'elle incarnait avec passion auparavant, elle joue avec nos nerfs, car le dit Cigish est plutôt du type malfaisant. Je dois dire que j'ai été plusieurs fois carrément interdite par les péripéties du livre (comme avec Capucin finalement). J'ai retrouvé la provocation, doublée d'un humour particulier, dans ce livre incroyable qui traite tout à tour et simultanément de l'Internet, de la religion (catholique), du monde de la BD en général (les auteurs, les éditeurs, les critiques, les lecteurs, les vendeurs de dédicaces), à travers la vie d'une jeune femme séparée avec deux enfants…

    Les dessins sont particuliers, certains ne semblent pas toujours très bien dessinés tandis que d'autres sont carrément géniaux (encore un signe d'ambivalence de l'auteure, comme si elle hésitait toujours entre le beau et le laid, le bien et le mal) : il suffit de considérer la couverture de la BD pour comprendre qu'elle est capable du meilleur comme du pire ! Une chose étonnante que l'on constate tout au long de la BD, son personnage est presque toujours dessiné avec les grimaces de Cigish, ce nain nécromancien du Mordor, ce qui ne l'avantage pas ! Belle preuve d'auto flagellation…

    Pour conclure, Cigish ou le maître du je est un drôle d'album, très original, dans lequel Florence Dupré la Tour ose tout : devenir une autre, sous couvert de jeu de rôle, rejeter une partie de son identité, se couvrir de honte, jouer avec le mal, renaître de ses cendres… Cela pourrait être lassant, puéril, fatiguant, usant. C'est tout cela à la fois et bien plus encore : passionnant, énervant, choquant, amusant, délirant !

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