• 0.1

    http://contemplerlesvivants.blogspot.fr/2016/12/roman-des-etudiants-quatrieme-lecture.html

    "La guerre, sans qu'on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n'ai pas pu. J'étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais."


    Le narrateur du roman, Gaby, est un petit garçon d'une dizaine d'années. Né d'une mère Rwandaise (qui a fui son pays il y a bien longtemps) et d'un père Français, il vit au Burundi avec ses parents et sa petite sœur Ana. Les guerres civiles, les coups d'état, les ethnies, Gaby ignore ce que signifient tous ces termes : il fait partie des privilégiés, habite dans une grande maison, entouré de domestiques.
    Au loin, il entend les échos de la guerre au Rwanda, sans vraiment s'en préoccuper. Pourtant, il a connu son oncle Alphonse, frère de sa mère, un ingénieur qui lui a appris les mathématiques avant de s'engager pour le front et de se faire tuer au Rwanda. FPR, réfugiés, guerre, autant de mots que connaît Gaby sans vraiment leur donner de sens. Sa vie, à lui, c'est l'école française de Bujumbura, ses copains Armand, Gino et "les jumeaux", leurs retrouvailles dans un vieux Combi Volkswagen, sa correspondante française, Laure, dont il tombe secrètement amoureux.
    Le roman s'ouvre sur ce que l'enfant appelle "le début de la fin du bonheur" : il s'agit de la séparation de ses parents. Première fêlure dans une enfance heureuse, qui signe la fin de l'innocence pour Gaby.
    Mais ce n'est que le commencement de la "fin du bonheur" : pour la première fois, des élections ont lieu au Burundi, signant la fin du parti unique Uprona, et le peuple vote alors pour le Frodebu, grand rival de l'Uprona. Mais la victoire est de courte durée : quelque temps plus tard, un coup d'état met le pays à feu et à sang. C'est le début d'une période de guerre, des massacres font rage dans les villages. Dans la capitale naissent des phénomènes appelés "villes mortes" : certains jours, il est décrété une interdiction de sortir. Les forces de l'ordre se chargent de circuler dans la ville et de punir les récalcitrants à coups de pierre. L'ambiance entre les habitants change, et la cordialité se change en un mélange de peur et de haine ; la guerre des ethnies Hutu/Tutsi reprend.


    "J'ai beau retourner mes souvenirs dans tous les sens, je ne parviens pas à me rappeler clairement l'instant où nous avons décidé de ne plus nous contenter de partager le peu que nous avions et de cesser d'avoir confiance, de voir l'autre comme un danger, de créer une frontière invisible avec le monde extérieur en faisant de notre quartier une forteresse et de notre impasse un enclos.
    Je me demande encore quand, les copains et moi, nous avons commencé à avoir peur."


    Plus tard, à l'occasion d'une séjour au Rwanda avec sa mère, Gaby rencontre sa tante Eusébie et ses cousins. On célèbre le mariage de son oncle Pacifique, qui s'est lui aussi-engagé dans la résistance rwandaise et se retrouve à précipiter son mariage d'une part à cause de l'instabilité politique, d'autre part car sa compagne est enceinte.
    Gaby découvre alors pour la première fois la situation de ce pays : des militaires encadrent les rues, le racisme est omniprésent. Il est prévu que ses cousins et la femme de Pacifique viennent se réfugier au Burundi lors des vacances de Pâques. Seulement, la situation dans ce pays ne cesse de se dégrader, et la petite famille ne gagnera jamais le Burundi...

    Au Burundi, les amis de Gaby -ceux qui ne sont pas partis, à l'image des jumeaux qui ont regagné l'Europe- commencent à parler en terme de résistance, d'armes, d'ennemis. La situation politique échauffe leurs esprits, et ils se sentent investis de la mission de protéger leur impasse contre les Hutu.
    Gaby, qui ne se retrouve pas dans ces pensées belliqueuses, se tourne vers la littérature, qu'il découvre par hasard chez une vieille voisine grecque et qui va être la révélation de sa vie. Cependant, le monde autour de lui change, et Gaby, partagé entre sa loyauté envers ses amis et ses valeurs, va être amené à quitter définitivement les rivages de l'enfance, d'une façon particulièrement cruelle et tragique.


    "L'image de leur innocence, de toutes les innocences de ce monde qui se débattaient à marcher au bord des gouffres. Et j'avais pitié pour elles, pour moi, pour la pureté gâchée par la peur dévorante qui transforme tout en méchanceté, en haine, en mort."


    Ainsi, Petit pays nous emmène loin, dans ce pays d'Afrique que l'on connaît beaucoup moins bien que son voisin, le Rwanda.
    Les premiers chapitres nous plongent dans l'enfance heureuse, idéalisée, que vit le petit Gaby, et dont l'adulte (qui ouvre le roman) est toujours nostalgique.
    Gaby apparaît dès le début comme un personnage à la croisée entre plusieurs cultures (rwandaises, burundaise, française), qui a du mal à définir son identité. Petit pays se révèle ainsi très actuel dans la question du déracinement, de l'appartenance à un pays ou à une ethnie.
    Mais ce roman aborde principalement le thème de l'enfance et du passage à l'âge adulte. Plusieurs rites de passage, à l'image de l'épisode du vélo volé qui fait prendre conscience à Gaby de ses privilèges, semblent ainsi jalonner le roman et aider Gaby à grandir. Seulement, le coup d'Etat puis la guerre civile perturbent l'épanouissement des enfants en les forçant à grandir plus vite et à prendre les armes comme des adultes, se trouvant des ennemis sans bien comprendre les causes de cette bataille.
    Mais pour Gaby, le temps de la guerre est aussi celui de sa découverte de la culture et de son ouverture vers d'autres horizons. Le meilleur et le pire vont donc cohabiter en lui, comme les cultures s'y mélangent. L'adulte qu'il est ensuite devenu revient ainsi sur les pas de l'enfant, espérant pouvoir se rassembler.


    "Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j'ai compris que je l'étais de mon enfance. Ce qui me parait bien plus cruel encore. "


    Je n'avais entendu que du bien de Petit pays : que ce soit dans les médias ou sur les blogs, on ne tarissait pas d'éloge sur ce premier roman.
    Mais, est-ce l'effet de matraquage, ou de trop grands espoirs placés dans le livre ? J'ai été déçue. J'étais extrêmement impatiente de lire ce livre, et finalement, l'émotion ne m'a pas vraiment atteinte.
    L'histoire est touchante et enrichissante, mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages et à partir dans ce pays avec eux, malgré les descriptions de Gaël Faye.
    L'écriture à hauteur d'enfant ne m'a pas convaincue, malgré de beaux passages sur l'absurdité d'une telle guerre civile (je repense aux dialogues du début, lorsque l'enfant interroge son père sur les raisons de la guerre qui oppose Hutu et Tutsi et que celui-ci, à court de réponse, finit par avouer que les deux ethnies se font la guerre "parce qu'[elles] n'ont pas le même nez") ou le regard porté sur l'inaction des organismes mondiaux comme l'ONU.
    J'ai été plus sensible à la dernière partie du livre, lorsque la guerre débute vraiment au Burundi, et que les enfants apparaissent clairement comme les premières victimes, emportés dans un tourbillon de violence qui les dépasse.
    Cependant, je n'ai à aucun moment été transportée au point de ne plus lâcher le livre.
    Bien sûr, je reconnais les qualités de Petit pays et sa nécessité, et je suis contente qu'un premier roman si sincère reçoivent des prix, mais sans doute que j'attendais trop de cette lecture, et le charme n'a pas opéré !

  • 0.25

    Quelle stupidité cette notion de races humaines comme le prologue de "Petit pays" le démontre si simplement ! Encore bien vivace dans beaucoup de cerveaux, elle est cause de tant de souffrances, de haine, de massacres inutiles qu’il faudra bien un jour finir par s’en débarrasser.

    À sa manière et avec beaucoup de talent, Gaël Faye y contribue dans un premier roman fort réussi et justement récompensé par le Prix Goncourt des Lycéens. Gabriel est le narrateur d’une histoire qui emprunte beaucoup au vécu de l’auteur mais, comme il l’a précisé, ce n’est pas une autobiographie.
    Le retour au pays obsède Gabriel et il oppose le réel des images à la vérité. Ses souvenirs remontent et il raconte son père, petit Français du Jura accomplissant son service civil en Afrique et qui épouse Maman, si belle. « Aimer. Vivre. Rire. Exister. » Ils sont trop jeunes dans ce Burundi voisin du Rwanda, le pays de Maman, où, déjà, on se déchire.
    La visite chez Jacques, au Zaïre où ils font bombance, est éloquente avec les propos racistes qu’entendent Gabriel (10 ans) et sa sœur Ana (7 ans). Jacques affirme : « Je suis plus Zaïrois que les nègres » et affuble Évariste, son cuisinier de noms de singes…
    Les épisodes se succèdent avec le vol de son vélo tout neuf et cet égoïsme que Gaby regrette… trop tard. Le chapitre sur les jumeaux revenant de chez leur grand-mère, à la campagne où ils ont été circoncis par surprise fait sourire contrairement au comportement de son père qui, après avoir payé les soins de Prothé, son cuisinier, retient l’argent sur ses prochains salaires…
    À l’école française de Bujumbura, Gabriel correspond avec Laure, en France, et ses lettres sont justes et émouvantes. Les liens avec la famille maternelle restée au Rwanda sont maintenus. Hélas, la guerre y fait rage. Gaby et ses copains ne peuvent ignorer ce qui se passe même s’ils adorent chiper les mangues des voisins.
    Le 1er juin 1993, les Burundais votent pour la première fois et donnent la victoire au Frodebu, victoire que l’armée et l’ancien président semblent accepter. L’embellie ne dure pas : « Nous ne le savions pas encore mais l’heure du brasier venait de sonner, la nuit allait lâcher sa horde de hyènes et de lycaons. »
    Le nouveau président est assassiné et la folie meurtrière est lancée. Au Rwanda où il se rend en famille pour un mariage, les massacres à venir sont annoncés par Radio 106 FM lorsque l’animateur déclare : « Les cafards doivent périr. » Un barrage militaire ajoute une tension extrême. Sa mère, dotée d’un passeport français, se fait traiter de « femelle serpent ! » et on lui demande de saluer bien bas « notre ami tonton Mitterrand ! »
    Après l’accident d’avion tuant les présidents rwandais et burundais, tante Eusébie raconte : « Partout dans le pays, les Tutsi étaient systématiquement et méthodiquement massacrés, liquidés, éliminés. » L’auteur ajoute : « Chaque jour, la liste des morts s’allonge, le Rwanda était devenu un immense terrain de chasse dans lequel le Tutsi était le gibier. » La mère de Gabriel voyait disparaître son peuple et ne pouvait rien faire…

    Décrivant le comportement de ses copains, Gaby montre comment l’engrenage de la violence gagne chaque jour jusqu’au moment où il faut tout laisser pour ne revenir que vingt ans plus tard dans un pays où tant de blessures ne peuvent se refermer et Gaby confie : « Je tangue entre deux rives… »

  • 0.25

    Lettre à Gaby.

    Tu sais, Gaby, d’habitude, quand je lis un livre et que je l’aime, je le chronique. J’en dis tout le bien que j’en pense, j’essaie de communiquer mon enthousiasme, mes émotions, mes frissons. C’est ce que je fais d’habitude.


    J’ai terminé ton Petit pays, ton grand roman. Je suis restée un long moment dans le hamac, les yeux perdus dans le vert des cocotiers qui se découpent dans le ciel bleu nickel, et je suis partie vers toi, le gamin du petit pays.

    Les adultes ne savent pas, ils oublient, que l’enfance est construite sur tout un tas de petites choses sans importance. Un enfant ne se demande pas pourquoi il est né là et pas ailleurs. Il ne se demande pas si c’est bien ou mal d’avoir une maman rwandaise, un père français, s’il a plus ou moins de chance que d’autres enfants. Un enfant joue avec ses copains, ceux des maisons près de chez lui, il se fabrique de l’insouciance avec trois fois rien, quelques bêtises pas bien méchantes, des rires, il se goinfre de mangues chipées dans les jardins et donc bien meilleures, il construit sans le savoir un patchwork d’images de tous les jours, avec le goût et l’odeur des choses, de ces choses qui ne s’oublient pas.

    Gaby, dans ce petit pays qui est le tien, tu n’avais pas de racines. Tu es la bouture de deux plantes qui se sont croisées, aimées et tu as été planté là, avec ta petite soeur, au Burundi. Tu y as pris racine. En face, pas loin, c’était le pays de ta mère : le Rwanda, qu’elle a été obligée de quitter quand elle était petite.

    Les guerres pour rien n’en finissent pas de fabriquer des exilés. On te parle de tutsis et de hutus, on te dit que ta maman est tutsi parce qu’elle a un nez fin et une longue silhouette élégante, et que c’est pas de chance d’être tutsi.

    Tu ne comprends rien à la guerre. Et puis la guerre, c’était avant, là-bas, de l’autre côté.

    Mais les hommes qui font la guerre ne sont jamais rassasiés et dans ton joli patchwork coloré, ils vont y coller des morceaux d’horreur, histoire de saccager l’enfance, l’insouciance, de briser des familles, de massacrer, d’arracher, de séparer.

    Et de faire de toi, Gaby, un exilé.

    "Cet après-midi-là, pour la première fois de ma vie, je suis entré dans la réalité profonde de ce pays. J’ai découvert l’antagonisme hutu et tutsi, infranchissable ligne de démarcation qui obligeait chacun à être d’un camp ou d’un autre. Ce camp, tel un prénom qu’on attribue à un enfant, on naissait avec, et il nous poursuivait à jamais. Hutu ou tutsi. C’était soit l’un soit l’autre. Pile ou face. Comme un aveugle qui recouvre la vue, j’ai alors commencé à comprendre les gestes et les regards, les non-dits et les manières qui m’échappaient depuis toujours.

    La guerre, sans qu’on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais."

    J’ai quitté le hamac pour t’écrire ces quelques mots, pour te dire – c’est pas grand chose -que je pense à toi, petit Gaby devenu grand, devenu très grand parce que tu as su te souvenir de ton regard d’enfant, de tout ce qui était beau et de ce que les adultes en ont fait.

    Si tu croises Gaël, dis lui qu’il m’a fait sourire, pleurer, réfléchir, dis lui que ses mots ne me quitteront pas et que de mon petit pays, sur un autre continent, je le serre dans mes bras.

  • 0.2

    Ce roman très bien écrit nous raconte de façon simple et touchante sans rentrer dans le mélodrame le génocide du Rwanda et l'impact au Burundi. L'auteur raconte les faits de son regard d'enfant jusqu'aux impacts que cela à put avoir sur sa vie d'adulte. C'est très beau et poignant.

  • 0.2

    Un roman que j'ai apprécié lire, malgré une histoire difficile, un passé dont on ne parle pas assez. Des guerres ethniques qui ont décimé des peuples entiers.

  • 0.25

    Une écriture d’une simplicité percutante, tranchante et poétique. Faye nous fait ressentir tour à tour le goût des mangues, les chaudes soirées, l’amitié, mais aussi l’incompréhension, la peur, l’injustice et la douleur.
    Une très belle réussite et un auteur à suivre de très près !

  • 0.2

    Le chanteur franco-rwandais Gaël Faye signe avec Petit pays un magnifique premier roman. L’histoire, partiellement autobiographique, se déroule au Burundi entre 1992 et 1995. Gabriel, un jeune enfant d’une dizaine d’années, mène une vie heureuse entre son père français, sa mère rwandaise et sa bande d’amis, dans une impasse paisible d’un quartier d’expatriés de Bujumbura, la capitale du pays. Progressivement, il va assister au bouleversement de son cadre de vie avec la séparation de ses parents, la dislocation de son groupe d’amis et surtout les premières secousses de la guerre civile rwandaise.

    Alors que son « Petit pays » se déchire dans une guerre fratricide sanglante, Gabriel est le spectateur impuissant de la transformation des individus, et de ses proches, face à la violence. Perdant peu à peu son insouciance d’enfant et faisant preuve d’une grande lucidité, il tente de mettre la guerre à distance pour s’en protéger, avant que celle-ci ne contraigne sa famille à l’exil.

    A propos de son départ du Burundi, Gaël Faye écrit : « J’ai laissé le porte grande ouverte derrière moi et je suis parti, sans me retourner ». Ce roman, qui était l’un des quatre finalistes pour le Prix Goncourt 2016, lui permet de revenir avec éloquence et sensibilité, sur cette histoire douloureuse.

  • 0.2

    L’enfance a des saveurs de paradis perdu, pourtant, ce paradis peut devenir un enfer…
    Gaby vivait heureux avec sa sœur et ses parents, sa bande de copains dans son petit pays, le Burundi. En 1993, le parti qui était au pouvoir depuis l’indépendance du pays perd. La fête démocratique tourne court lorsque l’avion, dans lequel les présidents du Burundi et du Rwanda sont à bord, explose en vol. La haine se déverse à nouveau entre les tutsis et les hutus.
    Gaël Faye signe un très beau roman sur l’enfance et l’innocence perdue. Il restitue ce climat de tensions, de rancœurs et cette folie qui va emporter la population de son pays sans jamais nous livrer en détail l’horreur du génocide.

  • 0.25

    En juin 1993, le Burundi connaît les premières élections démocratiques mais en octobre de la même année, le coup d’État militaire enclenche des massacres ethniques. La grand-mère, à Kigali : « Nous avons peu de chances de nous en sortir, cette fois-ci. Ils nous haïssent trop. Ils veulent en finir une bonne fois pour toute. Cela fait trente ans qu’ils parlent de nous supprimer. C’est l’heure pour eux de mettre leur projet à exécution. Il n’y a plus de pitié dans leurs cœurs. Nous sommes déjà sous terre. Nous serons les derniers Tutsi. Après nous, je vous en supplie, inventez un nouveau pays. » (p. 161).
    Ce n’est pas facile pour un enfant de 12 ans de comprendre les enjeux politiques et économiques d’un pays, surtout lorsque ses parents l’ont toujours laissé dans l’ignorance pour qu’il ait une enfance heureuse et innocente. Mais l’horreur va s’abattre sur le peuple Tutsi qui vit au Rwanda, au Zaïre et au Burundi. Pour Gaby, l’enfance dans l’impasse où il vit et où il vole des mangues avec ses copains est terminée… Bien sûr j’ai su le massacre des Tutsis par les Hutus, mais c’était en 1993, j’étais amoureuse, j’étais en vacances, je n’y avais pas porté attention plus que ça… Et puis, ce roman, Petit pays, j’ai commencé à le lire un peu à reculons tellement j’en avais entendu parler (je me méfie des livres que tout le monde adore !) mais il m’a happée, il m’a emmenée dans ce cadre paradisiaque, la nature, les paysages, malheureusement il y a les humains, les humains avec leur folie, leur haine, leur violence… Et il m’a finalement arrachée des larmes car Petit pays est un premier roman impressionnant de maturité – plus ou moins autobiographique – qui mérite vraiment tout le bien que les lecteurs en ont dit et les prix qu’il a reçus ! (Prix du roman Fnac, en lice pour le Prix Goncourt mais finalement Goncourt des lycéens, Prix du premier roman et Prix du roman des étudiants France Culture Télérama). J’ai particulièrement apprécié la relation avec une voisine, madame Economopoulos, une vieille dame, exilée grecque, qui l’initie à la lecture en lui prêtant des livres. Dites, vous ne trouvez pas qu’il y a une petite ressemblance entre Gaël Faye et Stromae (lui, c’est mère rwandaise et père belge) ? La phrase que je veux retenir : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. » (p. 185).
    https://pativore.wordpress.com/2016/12/29/petit-pays-de-gael-faye/

  • 0.25

    Le récit débute par une alternance de chapitres en italique et en police normale.
    L’italique, c’est Gaby aujourd’hui, jeune homme déraciné qui ne trouve pas sa place et qui n’a qu’une envie : replonger dans ses années d’enfance idéalisées.
    La police normale, c’est Gaby enfant qui raconte ses journées loin des préoccupations des adultes qui vont le rattraper.
    Les mots sont bien choisis, les phrases claquent et ces passages en italique sont absolument magnifiques !
    Je note rarement des citations, mais là, on ne peut que relire plusieurs fois ces phrases qui disent tout en quelques mots (que je mets à la fin de mon billet).
    Et puis les mots se font plus classiques pour raconter les jours heureux et on se plonge dans cette enfance au goût de mangues qui va se terminer si brutalement.

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