Petit pays

Couverture du livre « Petit pays » de Gael Faye aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.4

70 notes

  • Nombre de page : 216
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un... Lire la suite

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d'Afrique brutalement malmené par l'Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l'envahit, l'imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français...
« J'ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l'après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d'orages... J'ai écrit ce roman pour crier à l'univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exilés, de réfugiés, d'immigrés, de migrants. » Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d'un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d'un drame que l'auteur connaît bien, un premier roman d'une ampleur exceptionnelle, parcouru d'ombres et de lumière, de tragique et d'humour, de personnages qui, tous à leur manière, tentent désespérément de survivre à la tragédie.

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  • 0.25

    Le récit débute par une alternance de chapitres en italique et en police normale.
    L’italique, c’est Gaby aujourd’hui, jeune homme déraciné qui ne trouve pas sa place et qui n’a qu’une envie : replonger dans ses années d’enfance idéalisées.
    La police normale, c’est Gaby enfant qui raconte ses journées loin des préoccupations des adultes qui vont le rattraper.
    Les mots sont bien choisis, les phrases claquent et ces passages en italique sont absolument magnifiques !
    Je note rarement des citations, mais là, on ne peut que relire plusieurs fois ces phrases qui disent tout en quelques mots (que je mets à la fin de mon billet).
    Et puis les mots se font plus classiques pour raconter les jours heureux et on se plonge dans cette enfance au goût de mangues qui va se terminer si brutalement.

  • 0.2

    En lisant ce livre, j’ai plongé au cœur d’un continent et d’un pays dont je connais finalement peu de choses, j’ai goûté comme Gabriel, aux rues chaudes de Kigali tantôt charmée, tant saisie par la stupeur et l’effroi, j’ai vécu le temps des pages à tourner dans cette ville où se mêlent d’abord la légèreté et l’allégresse puis l’horreur et la haine. Toutes les émotions sont là, prêtes à bondir et vous surprendre. Gaël Faye vous laisse un moment de répit en vous plongeant dans cette enfance heureuse du petit Gabriel le temps de vous installer confortablement dans cet univers pour mieux vous infliger la gifle monumentale de l’Histoire. L’écriture elle-même se laisse gagner par cette dualité. D’abord fluide, douce et apaisante, elle se gorge ensuite de la violence des hommes, du sang des victimes, des larmes des survivants. Un roman qui prend une intensité folle au fil des pages et qui marquera assurément ses lecteurs.

    Une réussite qui a le goût des très belles premières fois. Bravo Gaël Faye.

    Chronique complète: https://aumilieudeslivres.wordpress.com/2016/09/10/petit-pays-gael-faye/

  • 0.25

    J'ai pris une claque à la lecture de ce roman. Nous, dans notre petite vie bien tranquille, à l'abri de tout, on ne se rend pas compte de ce que subissent les peuples aux alentours.
    J'avais 20 ans lors de ce génocide, je ne m'imaginais pas la frayeur, l'horreur qu'ont vécu ces populations.
    Ce livre est tout simplement bouleversant et devrait passer entre toutes les mains, et principalement, sans faire de politique, dans celles de l'extrême droite.

  • 0.15

    Récit saisissant et style agréable.
    Guerres et exils encore beaucoup trop d'actualité, malheureusement ...

  • 0.2

    Quand on le commence, on ne peut plus s arrêter ! Gabriel est extrêmement attachant et nous raconte sa vie avec beaucoup d'émotion et de pudeur. Il sait nous faire rire sourire et pleurer .
    Très bon moment de lecture !!!

  • 0.25

    Gaby est un enfant au début des années 1990. Il vit au Burundi avec sa jeune soeur Ana et ses parents. Son père est français et sa mère est d’origine rwandaise. Il raconte son quotidien d’enfant dans l’impasse du quartier résidentiel dans lequel il vit à Bujumbura. Il a la chance d’être métis et d’avoir un père français, ce qui lui permet d’avoir un certain niveau de vie et d’être scolarisé dans un établissement français.

    « Le bonheur, ça t’évite de réfléchir. »
    Il est donc loin des problèmes des enfants burundis et rwandais mais se rend compte des changements qui sont en train de s’opérer : on parle de plus en plus des différences entre Hutu et Tutsi autour de lui.

    » – Alors…pourquoi se font-ils la guerre ?

    – Parce qu’ils n’ont pas le même nez. »

    « Pendant la projection de Cyrano de Bergerac, on a même entendu un élève dire : « Regardez, c’est un Tusti, avec son nez ». »
    Autour de lui, des proches partent au Rwanda pour faire la guerre. Néanmoins, Gaby cherche à tout prix à repousser cette nouvelle réalité qu’est la guerre. Il refuse de grandir et veut continuer à vivre heureux et loin des problèmes politiques au fond de son impasse de Bujumbura. Il se réfugie dans son enfance, qu’il ne veut pas quitter. Lorsqu’il se rend compte qu’il ne peut éviter de grandir, son échappatoire devient la lecture.

    « Grâce à mes lectures, j’avais aboli les limites de l’impasse, je respirais à nouveau, le monde s’étendait plus loin, au-delà des clôtures qui nous recroquevillaient sur nous-mêmes et sur nos peurs. »

    « Dans mon lit, au fond de mes histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière. »
    Sa réalité, c’est la mésentente qui s’installe entre ses parents. Sa mère sent le malheur arriver et n’a de cesse de réclamer à son père de partir pour la France. La situation politique dégénère au même moment que celui où sa mère a quitté le domicile familial : Gaby et Ana doivent alors affronter un quotidien de plus en plus violent sans leur mère et avec un père très absent.

    Avec des mots d’adulte, Gaby raconte ses souvenirs d’une enfance heureuse. Il fait ressurgir des souvenir d’abord naïfs, puis de plus en plus réalistes et durs. La naïveté du regard d’enfant qu’il porte sur la montée de la haine au Burundi la rend d’autant plus absurde et incensée. Il concilie la narration d’une enfance douce et stoppée brutalement avec celle tragique d’un génocide. Pour cela, il utilise à la fois la voix de Gaby et celle de sa mère. Il distille des touches d’espoir dans ce roman si dur et violent, qui raconte à la fois l’histoire des morts et des vivants.

    Petit pays est un très beau et très triste roman qui a le mérite de ne pas sombrer dans un pathos trop lourd alors qu’il aurait été facile de se contenter de faire pleurer le lecteur à chaudes larmes. Gaël Faye offre justesse et équilibre à son roman grâce au personnage de Gaby.

  • 0.2

    Un roman autobiographique très beau et une belle plume. J'ai appris beaucoup de choses en le lisant. Il fait aussi passé par beaucoup d'émotions

  • 0.25

    Ce roman est une révélation ! L'écriture de Gaël Faye est incroyable, en le lisant écrire semble si simple. Un de mes gros coups de cœur de la rentrée littéraire !

  • 0.2

    J’ai découvert ce livre dans le cadre des « 68 premières fois » pour la sélection liée à la rentrée littéraire de septembre. La couverture attire l’œil car elle est sobre et mystérieuse à la fois.


    J’ai découvert un petit garçon qui vit dans un pays loin de la France. Il a des racines françaises de par son père mais il vit imprégné de la culture du Burundi. Au-delà de la lecture j’ai donc mis les pieds dans un pays totalement inconnu mais que Gaël Faye sait nous décrire avec brio. L’impression d’y être nous étonne par moments.

    L’enfance de Gabriel va prendre un tournant dramatique. Il verra ses parents se séparer et surtout, fait encore plus tragique, la guerre va commencer à s’installer et avec elle son lot de malheurs. Gabriel va continuer d’évoluer un peu dans ce pays qui devient pour lui comme un étranger. Il ne sait plus quelle est son identité, il cherche ses repères, il veut se raccrocher à une réalité qui n’existe plus. Malgré ce qui se passe autour de lui, Gabriel continue de nous parler avec ce regard d’enfant, parfois triste, parfois joyeux, parfois naïf, parfois tellement lucide.

    Petit pays est un livre à lire car il donne à réfléchir. On ne peut rester insensible à Gabriel ni à ses amis, ni à sa famille, ni à son pays. J’ai ressenti l’émotion que Gaël Faye a mis dans ses pages, j’ai ressenti de l’impuissance face à cette violence décrite, j’ai ressenti de la compassion pour la maman de Gabriel.



    L’auteur utilise la narration du point de vue d’un enfant et je pense que cela donne une dimension particulière à l’histoire. Cet épisode de l’Histoire mondiale est assez méconnu pour les jeunes générations et pourtant là aussi nous devons conserver un devoir de mémoire.

    C’est un roman qui a beaucoup de qualités, une belle écriture, une belle sensibilité et un sujet très intéressant malgré la tristesse qui peut s’en dégager.

    Ce livre a obtenu plusieurs prix littéraires mérités et notamment celui du Goncourt des lycéens.

    Je vous le recommande !

  • 0.25

    Une petite pépite, j'ai vraiment adoré, j'ai imaginé chaque personnage, chaque lieu et senti toutes les odeurs. Je suis totalement bluffée par la maîtrise de l'auteur, il est arrivé à me faire voyager, vibrer, avec cette galerie de personnages de partout, de milieux sociaux différents. C'est un roman bouleversant où l'histoire d'un enfant rencontre la grande Histoire. J'ai aimé le point de vue d'un enfant sur la guerre et le monde des adultes en général, l'innocence et la pertinence avec laquelle il analyse les faits. Le pays c'est le Burundi, c'est aussi celui de l'auteur, ce qui nous amène à nous questionner sur la part autobiographique de ce roman, mais aussi le Rwanda. Il raconte l'enfance, l'insouciance, la cohabitation entre les natifs et les autres et on est littéralement happé par chacune de ses phrases, chaque mot, on est au Burundi, on fait partie de cette petite bande de jeunes puis tout commence à se dégrader et la sérénité fait place à la terreur, l'horreur, l'indicible. L'auteur a eu l'intelligence de ne pas faire un livre à charge, il n'est pas là pour accuser, pour condamner, ni même charger les faits se suffisent à eux-mêmes on ne peut qu'être horrifié, en colère, désolée et dégoûtée.

    C'est un livre coup de poing qui rend compte du ressenti de l'auteur sur cette guerre civile horrible, ce crime contre l'humanité odieux. Il arrive à nous faire ressentir son étonnement, son incompréhension face à la barbarie humaine dans un pays où, oui, bien sûr, tout n'était pas parfait, il y avait des tensions et des divisions, mais que rien ne destinait à sombrer si profondément, sans espoir de retour dans ce gouffre macabre. J'ai beaucoup ri dans la première partie du livre et j'ai beaucoup pleuré dans la seconde partie. L'auteur n'a rien laissé au hasard. Là où certains romans au chapitre de qualité inégale, dans Petit pays tout est bien écrit de la première à la dernière ligne. J'ai refermé le livre comme vidée, pantoise, le coeur au bord des larmes et beaucoup de tristesse pour l'humanité. Quand comprendrons-nous que nous appartenons tous à une seule et même espèce et que nos différences sont autant d'atouts et de ponts entre nous ? Des messages forts, beaucoup de sobriété dans la façon de raconter, une claque émotionnelle.

    Il y a de la puissance, de la beauté et de l'intelligence dans la manière d'écrire de Gaël Faye, c'est assurément un grand écrivain. Ce livre ne laissera personne indifférent. Les différents prix obtenus sont amplement mérités et je lui souhaite une grande carrière d'écrivain.

    VERDICT

    Une claque émotionnelle, un livre qui devrait être lu par tous et même en classe. Je ne serais pas surprise de le voir adapté au cinéma. Un bijou tant par l'écriture que par l'histoire relatée. À mettre entre toutes les mains.

    https://revezlivres.wordpress.com/2017/01/21/petit-pays-gael-faye/

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