Petit pays

Couverture du livre « Petit pays » de Gael Faye aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.382716049

81 notes

  • Nombre de page : 216
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien... Lire la suite

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d'Afrique brutalement malmené par l'Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l'envahit, l'imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français...
« J'ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l'après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d'orages... J'ai écrit ce roman pour crier à l'univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exilés, de réfugiés, d'immigrés, de migrants. » Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d'un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d'un drame que l'auteur connaît bien, un premier roman d'une ampleur exceptionnelle, parcouru d'ombres et de lumière, de tragique et d'humour, de personnages qui, tous à leur manière, tentent désespérément de survivre à la tragédie.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Ce roman très bien écrit nous raconte de façon simple et touchante sans rentrer dans le mélodrame le génocide du Rwanda et l'impact au Burundi. L'auteur raconte les faits de son regard d'enfant jusqu'aux impacts que cela à put avoir sur sa vie d'adulte. C'est très beau et poignant.

  • 0.2

    Un roman que j'ai apprécié lire, malgré une histoire difficile, un passé dont on ne parle pas assez. Des guerres ethniques qui ont décimé des peuples entiers.

  • 0.25

    Une écriture d’une simplicité percutante, tranchante et poétique. Faye nous fait ressentir tour à tour le goût des mangues, les chaudes soirées, l’amitié, mais aussi l’incompréhension, la peur, l’injustice et la douleur.
    Une très belle réussite et un auteur à suivre de très près !

  • 0.2

    Le chanteur franco-rwandais Gaël Faye signe avec Petit pays un magnifique premier roman. L’histoire, partiellement autobiographique, se déroule au Burundi entre 1992 et 1995. Gabriel, un jeune enfant d’une dizaine d’années, mène une vie heureuse entre son père français, sa mère rwandaise et sa bande d’amis, dans une impasse paisible d’un quartier d’expatriés de Bujumbura, la capitale du pays. Progressivement, il va assister au bouleversement de son cadre de vie avec la séparation de ses parents, la dislocation de son groupe d’amis et surtout les premières secousses de la guerre civile rwandaise.

    Alors que son « Petit pays » se déchire dans une guerre fratricide sanglante, Gabriel est le spectateur impuissant de la transformation des individus, et de ses proches, face à la violence. Perdant peu à peu son insouciance d’enfant et faisant preuve d’une grande lucidité, il tente de mettre la guerre à distance pour s’en protéger, avant que celle-ci ne contraigne sa famille à l’exil.

    A propos de son départ du Burundi, Gaël Faye écrit : « J’ai laissé le porte grande ouverte derrière moi et je suis parti, sans me retourner ». Ce roman, qui était l’un des quatre finalistes pour le Prix Goncourt 2016, lui permet de revenir avec éloquence et sensibilité, sur cette histoire douloureuse.

  • 0.2

    L’enfance a des saveurs de paradis perdu, pourtant, ce paradis peut devenir un enfer…
    Gaby vivait heureux avec sa sœur et ses parents, sa bande de copains dans son petit pays, le Burundi. En 1993, le parti qui était au pouvoir depuis l’indépendance du pays perd. La fête démocratique tourne court lorsque l’avion, dans lequel les présidents du Burundi et du Rwanda sont à bord, explose en vol. La haine se déverse à nouveau entre les tutsis et les hutus.
    Gaël Faye signe un très beau roman sur l’enfance et l’innocence perdue. Il restitue ce climat de tensions, de rancœurs et cette folie qui va emporter la population de son pays sans jamais nous livrer en détail l’horreur du génocide.

  • 0.25

    En juin 1993, le Burundi connaît les premières élections démocratiques mais en octobre de la même année, le coup d’État militaire enclenche des massacres ethniques. La grand-mère, à Kigali : « Nous avons peu de chances de nous en sortir, cette fois-ci. Ils nous haïssent trop. Ils veulent en finir une bonne fois pour toute. Cela fait trente ans qu’ils parlent de nous supprimer. C’est l’heure pour eux de mettre leur projet à exécution. Il n’y a plus de pitié dans leurs cœurs. Nous sommes déjà sous terre. Nous serons les derniers Tutsi. Après nous, je vous en supplie, inventez un nouveau pays. » (p. 161).
    Ce n’est pas facile pour un enfant de 12 ans de comprendre les enjeux politiques et économiques d’un pays, surtout lorsque ses parents l’ont toujours laissé dans l’ignorance pour qu’il ait une enfance heureuse et innocente. Mais l’horreur va s’abattre sur le peuple Tutsi qui vit au Rwanda, au Zaïre et au Burundi. Pour Gaby, l’enfance dans l’impasse où il vit et où il vole des mangues avec ses copains est terminée… Bien sûr j’ai su le massacre des Tutsis par les Hutus, mais c’était en 1993, j’étais amoureuse, j’étais en vacances, je n’y avais pas porté attention plus que ça… Et puis, ce roman, Petit pays, j’ai commencé à le lire un peu à reculons tellement j’en avais entendu parler (je me méfie des livres que tout le monde adore !) mais il m’a happée, il m’a emmenée dans ce cadre paradisiaque, la nature, les paysages, malheureusement il y a les humains, les humains avec leur folie, leur haine, leur violence… Et il m’a finalement arrachée des larmes car Petit pays est un premier roman impressionnant de maturité – plus ou moins autobiographique – qui mérite vraiment tout le bien que les lecteurs en ont dit et les prix qu’il a reçus ! (Prix du roman Fnac, en lice pour le Prix Goncourt mais finalement Goncourt des lycéens, Prix du premier roman et Prix du roman des étudiants France Culture Télérama). J’ai particulièrement apprécié la relation avec une voisine, madame Economopoulos, une vieille dame, exilée grecque, qui l’initie à la lecture en lui prêtant des livres. Dites, vous ne trouvez pas qu’il y a une petite ressemblance entre Gaël Faye et Stromae (lui, c’est mère rwandaise et père belge) ? La phrase que je veux retenir : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. » (p. 185).
    https://pativore.wordpress.com/2016/12/29/petit-pays-de-gael-faye/

  • 0.25

    Le récit débute par une alternance de chapitres en italique et en police normale.
    L’italique, c’est Gaby aujourd’hui, jeune homme déraciné qui ne trouve pas sa place et qui n’a qu’une envie : replonger dans ses années d’enfance idéalisées.
    La police normale, c’est Gaby enfant qui raconte ses journées loin des préoccupations des adultes qui vont le rattraper.
    Les mots sont bien choisis, les phrases claquent et ces passages en italique sont absolument magnifiques !
    Je note rarement des citations, mais là, on ne peut que relire plusieurs fois ces phrases qui disent tout en quelques mots (que je mets à la fin de mon billet).
    Et puis les mots se font plus classiques pour raconter les jours heureux et on se plonge dans cette enfance au goût de mangues qui va se terminer si brutalement.

  • 0.2

    En lisant ce livre, j’ai plongé au cœur d’un continent et d’un pays dont je connais finalement peu de choses, j’ai goûté comme Gabriel, aux rues chaudes de Kigali tantôt charmée, tant saisie par la stupeur et l’effroi, j’ai vécu le temps des pages à tourner dans cette ville où se mêlent d’abord la légèreté et l’allégresse puis l’horreur et la haine. Toutes les émotions sont là, prêtes à bondir et vous surprendre. Gaël Faye vous laisse un moment de répit en vous plongeant dans cette enfance heureuse du petit Gabriel le temps de vous installer confortablement dans cet univers pour mieux vous infliger la gifle monumentale de l’Histoire. L’écriture elle-même se laisse gagner par cette dualité. D’abord fluide, douce et apaisante, elle se gorge ensuite de la violence des hommes, du sang des victimes, des larmes des survivants. Un roman qui prend une intensité folle au fil des pages et qui marquera assurément ses lecteurs.

    Une réussite qui a le goût des très belles premières fois. Bravo Gaël Faye.

    Chronique complète: https://aumilieudeslivres.wordpress.com/2016/09/10/petit-pays-gael-faye/

  • 0.25

    J'ai pris une claque à la lecture de ce roman. Nous, dans notre petite vie bien tranquille, à l'abri de tout, on ne se rend pas compte de ce que subissent les peuples aux alentours.
    J'avais 20 ans lors de ce génocide, je ne m'imaginais pas la frayeur, l'horreur qu'ont vécu ces populations.
    Ce livre est tout simplement bouleversant et devrait passer entre toutes les mains, et principalement, sans faire de politique, dans celles de l'extrême droite.

  • 0.15

    Récit saisissant et style agréable.
    Guerres et exils encore beaucoup trop d'actualité, malheureusement ...

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