Marx et la poupée

Couverture du livre « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi aux éditions Le Nouvel Attila

4.52

25 notes

  • Nombre de page : 202
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte... Lire la suite

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants pauvres de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan sans cesse en opposition avec le français, qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, comme rempart, comme moyen de socialisation, et même comme arme de séduction massive. 

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  • 0.25

    « Un homme est assis seul, dans une cellule. Il tient dans une main une pierre, de l’autre une aiguille à coudre. Il creuse la pierre avec la pointe de l’aiguille.... Il grave un nom , une manière de dire qu’il pense à elle, ce bébé qui n’a que quelques jours et la vie devant soi ».

    Maryam Madjidi n’est encore qu’une enfant, lorsqu’avec ses parents, elle quitte son pays, l’Iran. Elle ne comprend pas le pourquoi de cet exil, cette déchirure, cet abandon de tout ce qui faisait sa vie de petite fille, les jouets qu’il faut donner, et les livres qu’il faut enterrer.

    « Marx et la poupée » est le récit d’un déracinement, d’un enracinement dans un pays (la France) dont les codes, la langue, les odeurs sont totalement inconnus.

    Maryam conte plus qu’elle ne raconte. Elle conte l’adieu, l’exil dans sa vérité nue,le poing levé et le poing qui s’ouvre.

    « Ouvre le poing et ne détruis pas ce que tu tiens à peine dans ta main »

    Elle conte la souffrance, la peur, la mémoire endormie et réveillée. Celle qui sauve de l’oubli.

    Elle chante la Perse, la poésie, Omar Khâyam et Hâfez.

    Elle peint la vie, la mort, la peur, le sublime, une étoile filante.

    Elle raconte les trois naissances qui ont été nécessaires à la réconciliation entre la persane et la française.

    J’ai été totalement emportée par ce roman tissé par la grâce, la lumière, et l’indubitable talent de Maryam Madjidi.

    J’ai été bouleversée par le destin de cette famille, par le lien entre l’enfant et ses parents, par cette grand-mère aux « mains ridées, aux veines saillantes », symbole de la libération et de la liberté d’Etre Soi.

    La mémoire qui sommeille en chacun de nous, les racines auxquelles on ne peut échapper, la transmission intergénérationnelle, et bien sûr la dénonciation de la dictature en Iran, sont les principaux ingrédients de ce roman aux accents autobiographiques, aux senteurs de thé noir et de panir-é-Tabriz, aux intonations de farsi, aux douces sonorités poétiques.

    « Marx et la poupée » est un livre lumineux, à l’écriture puissante.

    Il a reçu le prix Goncourt du Premier Roman 2017, ainsi que le le 13e prix Ouest-France Etonnants voyageurs.

    Je remercie lecteurs.com pour cette lecture inoubliable, découverte dans le cadre des 30 romans sélectionnés pour le prix Orange du Livre.

    Merci aux Editions le Nouvel Attila et à Maryam pour les émotions, les émotions, les sourires, les rires, et les yeux qui piquent !

    « Je suis une guirlande de mots accrochée à un arbre qu’un enfant montre du doigt »

  • 0.25

    Ni roman, ni récit, ni journal et tout à la fois, la poésie en plus, parfois le conte. Lu d'une traite (ou presque) et par moment à voix haute pour en profiter encore plus. Un petit livre sur l'exil, le rapport à la langue (maternelle ou non), à la culture, à la famille... A ne pas manquer !

  • 0.25

    Marx et la poupée, c'est l'histoire d'une famille iranienne. Tout commence en 1980. Elle vit à Téhéran. C'est la révolution. La femme a 20 ans. Elle est enceinte de 7 mois. Elle décide de prendre part à la manifestation qui gronde dans la rue. Rien ne peut l'arrêter. Elle se retrouve pourtant dans les murs de l'Université, découvre sous ses yeux le viol d'une jeune fille. Elle prend peur. Poursuivie elle-même, elle se retrouve devant une fenêtre et décide de sauter, du 2ème étage !

    Voilà, vous vous retrouvez de plein fouet parachuté(e) dans un pays qui vit une révolution aux côtés de cette femme. Peu importe son avenir personnel, celui de son bébé, ce qui la guide à l'instant présent, c'est d'être là, de militer pour la liberté des femmes.

    Poussée à s'exiler, cette famille va arriver à Paris en France. Là commence une toute nouvelle vie.

    J'ai été profondément sensible à l'itinéraire de cette famille, peut-être le même que tous ces migrants qui quittent aujourd'hui un pays en guerre, qui ont tout perdu et qui doivent se reconstruire dans un pays dont ils ne connaissent rien.

    C'est un livre hors catégorie, tantôt roman, tantôt autobiographie, parfois un conte. Il navigue entre tous les registres littéraires pour notre plus grand plaisir !

    Il est lauréat du Prix Goncourt du Premier Roman 2017.

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/05/marx-et-la-poupee-de-maryam-madjidi.html

  • 0.2

    Comment devenir française et comment rester iranienne. Un dilemme qui court tout au long de la vie de Maryam Madjidi. Avant que de naître, elle a failli périr. Sa mère, enceinte, pour ne pas tomber dans les griffes de gardiens de la révolution, saute par une fenêtre du second étage. Les deux seront sauves.
    « Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant ».
    Cela n’arrête pas le couple versé côté communisme, de continuer à publier et distribuer des tracts, jusqu’à les cacher dans les couches-culottes de Maryam. Elle servait de boîte à lettres.
    Un jour, pourtant, il a bien fallu partir, s’exiler. Avant, ses parents enjoignent Maryam à donner ses jouets, dont une fameuse poupée, à ses voisins, d’où le titre Marx et la poupée.
    - Pourquoi je dois donner mes jouets ?
    - Parce qu’on ne peut pas les emporter avec nous là-bas.
    - Mais je veux pas.
    - Ecoute, c’est beau de donner, tu comprends ?
    - Non, je suis obligée de donner, c’est pas la même chose. Je veux pas !

    Pas facile d’expliquer le communisme, le partage à une fillette qui ne veut pas se séparer de son petit monde. Elle les enterre comme ses parents enterrent les livres interdits (Marx, Makarebki, Che Guevara)
    L’exil l’amène en France retrouver son père. La séance à l’aéroport est aux petits oignons.
    La chute dans ce pays inconnu est rude, les croissants n’ont pas le goût du lavâsh, le camembert sent les chaussettes. La petite fille est complètement perdue lors de sa première journée de classe. Personne ne lui explique. L’angoisse la pousse à se sauver, sortir de l’école. Elle ne parle toujours pas, s’abreuve de français, écoute, digère… ne dit rien jusqu’au jour où elle accouche de la langue française et déserte le farsi.
    Soudain c’est sorti : j’ai enfanté mon français. Je me suis mise à parler en français sans m’arrêter avec un enthousiasme et une vitesse fulgurants.
    Adulte, elle séduira les hommes en jouant l’orientale, leur récitant des poèmes persans. Ils tomberont dans ses bras.
    « Je module ma voix, je mets mon costume de femme persane, je secoue mes voiles et, sous les feux de ses yeux déjà conquis : je lui récite Omar Khayyâm. Je commence toujours en persan et je donne ensuite la traduction française. »

    A la faveur de sa thèse, elle réapprend le persan, se réapproprie la langue qui l’a vue naître. Ce sera sa troisième naissance et son premier retour en Iran.
    « C’était le premier voyage, le premier retour à la terre-mère, la première descente vers l’origine. Une descente ou une chute, je ne sais pas. J’ai failli perdre la tête, j’ai glissé sur mon identité et je suis tombée. »
    Sa vie sera faite de ces allers-retours avec son passeport français.
    « Il y eu aussi le soulagement d’un autre retour : le retour en France et le sentiment de m’y sentir un peu chez moi malgré tout. L’Iran, dépouillé de mes fantasmes et de mes idéalisations, était de plus en plus difficile à supporter. Je n’ai jamais idéalisé la France. »


    Mais toujours l’Iran m’appelle, voix en sourdine, présence derrière mon dos, il me tapote l’épaule pour me rappeler à lui. Par devoir, par culpabilité, par peur de ne plus revoir les vieux, par rituel, par amour peut-être aussi, je me sens poussée à y retourner régulièrement.

    Souvenirs éparpillés restitués dans cette autofiction éclatée, où elle raconte une vie, une famille dispersée par l’exil, mais toujours avec deux soutiens, le persan et sa grand-mère.
    Un très bon premier livre à la fois tendre, triste, drôle, original d’une très belle plume, qui se lit d’une seule traite : un petit bonheur de lecture.
    Livre lu dans le cadre des 68 Premières fois


    « Je suis une guirlande de mots accrochée à un arbre qu'un enfant montre du doigt
    « Alors il se passa quelque chose d'étrange : elle avala sa langue. Elle ferma les yeux et elle engloutit sa langue maternelle qui glissa au fond de son ventre, bien à l'abri, au fond d'elle, comme dans le coin le plus reculé d'une grotte ».

  • 0.25

    Ed Le nouvel Attila
    <3
    Attention, coup de cœur !!
    La lecture d’un roman, c’est la rencontre d’un auteur et d’un lecteur par le biais de mots, de phrases, de blancs. Ce livre, je l’ai fait mien. J’ai tout aimé dans ce texte à la fois récit, contes, poèmes.
    J’ai aimé les personnages, leurs destins qui m’ont bouleversée. J’ai aimé le traitement des thèmes de l’exil, de la langue perdue, de la langue conquise, de la fidélité aux siens et à soi.
    J’ai aimé l’écriture précise, tantôt lyrique, tantôt percutante.
    Ce récit autobiographique nous raconte la vie de Maryam, née en Iran de militants communistes, grandie dans la France de l’exil. Il nous raconte la peur, la solitude, le besoin de se trouver une place.
    Trois parties pour dire la naissance en Iran, le « il était une fois » originel ; une autre pour dire l’exil en France, la volonté de se faire une place, la culpabilité de la trahison, et enfin une troisième pour dire le « il était une fois » de la renaissance dans la réconciliation et l’apaisement.
    Un livre pour rendre hommage à ceux qui ont traversé la vie de Maryam, qui l’ont accompagnée : ses parents, bien sûr, militants convaincus et que la vie épuisera ; sa grand-mère, attentive, aimante, le phare qui éclairera sa vie aux pires moments ; les hommes de sa famille à Téhéran, victimes de la répression, emprisonnés, broyés, alors qu’ils étaient tellement généreux. Et à beaucoup d’autres : une copine solaire, les femmes iraniennes qui résistent, le chauffeur de taxi qui récite des poèmes…
    Ecrire pour faire fleurir ce qu’il y a de beau chez l’autre, le faire revivre.
    Un livre qui raconte, mais aussi un livre qui fait réfléchir en pointant la complexité de l’exil, l’enferment des préjugés simplistes ou simplificateurs.
    Un livre qui enchante comme un poème d’Omar Khayyam (relu à cette occasion), comme un conte des Mille et une nuits. Mais aussi comme un poème, comme un conte de Maryam Madjidi.
    Au final, un livre que j’ai relu complètement pour écrire cet avis, et que j’aime tellement que j’ai envie de me taire pour le faire résonner longtemps…

  • 0.15

    L’auteur, Maryam, nous raconte sa vie d’exilée iranienne en France et ses déchirures.
    Ce qui m’a plu dans ce livre c’est la description par l’auteur de sa vie d’exilée, venue enfant en France, et ballotée entre son pays d’adoption et celui de ses racines, l’Iran. On la sent à fleur de peau, à se chercher son identité.
    La construction du livre m’a moins plu. J’avais parfois l’impression de lire une suite d’anecdotes ce qui me donnait l’impression qu’elle survolait son sujet. La distance qu’elle prend parfois avec son enfance en usant du « elle » au lieu du « je » a aussi renforcé le sentiment d’avoir un livre un peu décousu.
    Cependant, la dernière partie du livre qui m’a vraiment plu : son rapport à langue persane et son retour à Téhéran, 17 ans après m'ont plus marqué que les pages précédentes.
    Au final un livre qui m’a certes plu mais qui m’a laissé sur ma faim alors que le talent littéraire est indéniable.

  • 0.2

    Dans le cadre des68premièresfois, l’année dernière, nous avions eu la chance de découvrir deux beaux premiers romans sur l’exil et cette déchirure racontée des yeux d’enfants. J’avais été emballée, comme de nombreux lecteurs, par « petit pays » de Gaël Faye et émue à la lecture de « désorientale » de Negar Djavadi. Cette année, j’ai à nouveau découvert une pépite : « Marx et la poupée » est un texte poétique touchant et l’auteure nous entraîne avec beaucoup de brio et humanité dans ses questionnements face à la vie, face à l’exil. De belles pages poétiques jalonnent ce texte qui est à la fois, une autobiographie, un recueil de poèmes. J’ai dévoré et apprécié ce livre et ai aimé la franchise de l’auteur : franchise quand elle nous parle de ses pensées intimes, pensées de petite fille, d’adolescente, de jeune femme : elle ne se moque jamais de ses personnages. Ce n’est bien sûr pas facile pour une petite fille quand ses parents se déclarent communistes et qu’ils sont contre le droit de propriété, ils tentent de lui expliquer, elle si fière de ses jouets qu’il faut qu’elle accepte de les redistribuer. J’avais déjà aimé une histoire un peu semblable dans « le jour où les skateboards seront gratuits" de Saïd Sayrafiezadeh. J’ai aussi aimé sa façon de nous raconter que quelquefois les poèmes persans peuvent permettre d’attirer de beaux garçons, eh oui le mythe de la belle princesse persane !! J’ai aimé aussi humer dans ses pages les odeurs de la cuisine persane mais aussi celles des croissants de nos boulangeries parisiennes ! Un texte hommage aussi aux différences, à la liberté, à la difficulté de faire des choix. De belles pages aussi sur la grand-mère, qui apparaît comme un songe sur les bancs des squares parisiens et qui devient réelle quand l’auteure retourne en Iran, après 17 ans d’exil. De beaux portraits d’être humains qui ont fait des choix de vie difficile. L’exil est un choix jamais anodin, bien sûr qu’une double culture est une richesse mais ce sont aussi des déchirures. Un texte poétique qui apporte beaucoup de baume au cœur et qui rejoint les textes déjà appréciés de Marjane Satrapi et son beau « Persopolis ». Un texte superbe et qui fait beaucoup de bien dans le climat si particulier que nous vivons actuellement. On nous assaille de chiffres sur d'éventuels migrants qui pourraient venir "envahir" l'Europe mais cela fait beaucoup de bien aussi de ne pas oublier que derrière ses chiffres il y a un être humain.

  • 0.2

    un livre construit de façon originale. Maryam est une petite fille née en Iran et essaie de trouver sa place dans le pays qui l'a vu naître et dans celui où elle vit mais malgré ses efforts, elle a l'impression d'être une étrangère où qu'elle soit. Un livre émouvant.

  • 0.25

    Marx et la Poupée de Maryam Madjidi
    « Marx et la poupée » est un roman autobiographique qui fait parler une enfant iranienne de sa vie utérine jusqu’en 2014.Une fille parle à sa mère dès sa vie utérine. Le début du livre est sobre et violent : une jeune étudiante iranienne, enceinte, décide de participer aux manifestations contre le pouvoir. Témoin de scènes insoutenables, elle ne peut que sauter par la fenêtre pour échapper aux coups portés avec des bâtons cloutés. « Ange sans ailes, ma folle irresponsable, ma douce assassine, à cet instant-là, tu as creusé un trou en moi dans lequel toutes les angoisses de ma vie future prendront racine ».
    Le fœtus et la future grand-mère maintiennent en vie la mère.
    Cette enfant, Maryam, narre toutes les souffrances, les incompréhensions, les questionnements, les humiliations, les révoltes, et les combats d’une enfant née dans un pays totalitaire avec des parents révolutionnaires, puis exilée en France. Elle raconte ses atermoiements, ses allers-retours entre sa culture d’origine et sa nouvelle culture française. Elle nous dit aussi l’acceptation de certaines situations qui finissent par s’insinuer dans son esprit et son âme.
    Dès sa naissance, elle fût au service de la politique, tout au moins ses couches, où l’on cachait les tracts et documents tendancieux. Elle dût donner tous ses jouets aux enfants pauvres du quartier au nom du communisme.
    Elle nous raconte l’emprisonnement de son oncle, Saman, absent pour la 1èrefois à son anniversaire, emprisonné à 19 ans à cause de tracts et arme. Il y restera 8 ans.
    Et puis, il y eu la mort d’Abbas, « Le jeune révolutionnaire, le grand amoureux de la vie », fusillé en prison.
    Elle nous raconte les souffrances et implications de ses parents dans la révolution, son père qui va enterrer les prisonniers politiques jetés dans une fosse commune. Sa mère qui ne sera jamais une femme normale pour aller au marché et échanger quelques mots et plaisanteries……..Toujours la lutte et les idées. Puis, un jour, l’étau se resserre et la peur s’installe………. « Apparaissent des fissures sur l’édifice de l’engagement ».

    En 1986, son père décide de préparer un exil en France. Sa mère résiste et part sous la contrainte familiale retrouver son mari.
    Les débuts à Paris et le déclin du père…d’abord tôlier-peintre, puis calligraphe, puis fumeur d’opium, en fond de toile, la révolution qu’il a abandonnées, et puis cette nationalité française qui le rend « blédard » comme les autres………et puis, l’apaisement dans la construction d’une maison de campagne à 2 heures de Paris, avec son jardin potager.
    En 2003, Maryam a 23 ans. Elle décide de retourner à Téhéran. Elle y apprend les soirées « Miami party » condamnées par L’état, puis les codes des jeunes pour pouvoir se rencontrer et s’aimer comme ils l’entendent. Elle évoque l’interrogatoire qu’elle subit avec son cousin car ils se promenaient dans la même voiture. Ils durent prouver leur lien familial.
    En 2009, son père repart à Téhéran pour quelques jours. Il assiste à une Manifestation contre les élections. Il « voit des hommes en moto, des machettes à la main, fendre la foule et frapper tout ce qui bouge »…Il a 59 ans, il a peur, il regarde pour témoigner et c’est tout ce qu’il peut faire »
    Quant à Maryam, elle fait plusieurs voyages à Téhéran. Elle finit par accepter sa double culture. Elle retrouve sa langue à l’université et décide de faire une recherche en littérature comparée entre 2 poètes persans.
    La structure du roman est celle de la vie de Maryam. En effet, sa vie, déstructurée, animée par la fuite et la peur, posée de part et d’autre, réfugiée dans la discrétion, apporte au livre son organisation au niveau temporel et géographique. On part de Téhéran, on fuit Téhéran, on s’installe sur Paris, on s’échappe à Pékin, ou à Istanbul, on passe d’une décennie à une autre pour évoquer certains souvenirs ou pour témoigner. La narratrice, ainsi, laisse notre conscience en éveil. Sa famille est en exil à Paris, elle a la nationalité française, mais la tyrannie de l’islam continue en Iran.
    C’est un livre profond sur l’exil, la nostalgie de son pays mais aussi la difficulté à se construire dans une double culture. C’est un témoignage tendre, émouvant et essentiel car il est très important de faire savoir ce qu’il en est sous d’autres cieux.

  • 0.15

    Maryam a eu un parcours de vie que l’on pourrait qualifier de particulier. Elle a failli ne pas naître en raison du saut volontaire de sa mère du 2ème étage d’un immeuble, saut dû à sa fuite face à des agresseurs « du pouvoir ». Ensuite elle a été instrumantalisée par ses parents dans leur lutte contre le pouvoir Khomeiny, elle passait de couple en couple car ses couches servaient au transport de tracts. A l’âge de 6 ans, elle part avec sa mère pour la France rejoindre son père exilé politique. Dès lors ce sera une recherche perpétuelle d’identité entre cette double culture, iranienne de naissance et française par les choix de vie de ses parents.
    L’écriture de ce roman restranscrit très bien le va et vient entre ces deux cultures et la complexité de trouver sa place quand on a u pied dans deux mondes bien différents.
    Mais il ne m’a pas convaincue car il m’a semblé être, non pas une copie, mais une émanation « des enfants de Jacaranda » de Sahar Delijani.
    Néanmoins il a le mérite de soulever la question de l’intégration « forcée » subie par les immigrés, question cruciale et cruellement d’actualité.

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