Marx et la poupée

Couverture du livre « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi aux éditions Le Nouvel Attila

4.611111111

18 notes

  • Nombre de page : 202
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille,... Lire la suite

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants pauvres de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan sans cesse en opposition avec le français, qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, comme rempart, comme moyen de socialisation, et même comme arme de séduction massive. 

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  • 0.2

    Dans le cadre des68premièresfois, l’année dernière, nous avions eu la chance de découvrir deux beaux premiers romans sur l’exil et cette déchirure racontée des yeux d’enfants. J’avais été emballée, comme de nombreux lecteurs, par « petit pays » de Gaël Faye et émue à la lecture de « désorientale » de Negar Djavadi. Cette année, j’ai à nouveau découvert une pépite : « Marx et la poupée » est un texte poétique touchant et l’auteure nous entraîne avec beaucoup de brio et humanité dans ses questionnements face à la vie, face à l’exil. De belles pages poétiques jalonnent ce texte qui est à la fois, une autobiographie, un recueil de poèmes. J’ai dévoré et apprécié ce livre et ai aimé la franchise de l’auteur : franchise quand elle nous parle de ses pensées intimes, pensées de petite fille, d’adolescente, de jeune femme : elle ne se moque jamais de ses personnages. Ce n’est bien sûr pas facile pour une petite fille quand ses parents se déclarent communistes et qu’ils sont contre le droit de propriété, ils tentent de lui expliquer, elle si fière de ses jouets qu’il faut qu’elle accepte de les redistribuer. J’avais déjà aimé une histoire un peu semblable dans « le jour où les skateboards seront gratuits" de Saïd Sayrafiezadeh. J’ai aussi aimé sa façon de nous raconter que quelquefois les poèmes persans peuvent permettre d’attirer de beaux garçons, eh oui le mythe de la belle princesse persane !! J’ai aimé aussi humer dans ses pages les odeurs de la cuisine persane mais aussi celles des croissants de nos boulangeries parisiennes ! Un texte hommage aussi aux différences, à la liberté, à la difficulté de faire des choix. De belles pages aussi sur la grand-mère, qui apparaît comme un songe sur les bancs des squares parisiens et qui devient réelle quand l’auteure retourne en Iran, après 17 ans d’exil. De beaux portraits d’être humains qui ont fait des choix de vie difficile. L’exil est un choix jamais anodin, bien sûr qu’une double culture est une richesse mais ce sont aussi des déchirures. Un texte poétique qui apporte beaucoup de baume au cœur et qui rejoint les textes déjà appréciés de Marjane Satrapi et son beau « Persopolis ». Un texte superbe et qui fait beaucoup de bien dans le climat si particulier que nous vivons actuellement. On nous assaille de chiffres sur d'éventuels migrants qui pourraient venir "envahir" l'Europe mais cela fait beaucoup de bien aussi de ne pas oublier que derrière ses chiffres il y a un être humain.

  • 0.2

    un livre construit de façon originale. Maryam est une petite fille née en Iran et essaie de trouver sa place dans le pays qui l'a vu naître et dans celui où elle vit mais malgré ses efforts, elle a l'impression d'être une étrangère où qu'elle soit. Un livre émouvant.

  • 0.25

    Marx et la Poupée de Maryam Madjidi
    « Marx et la poupée » est un roman autobiographique qui fait parler une enfant iranienne de sa vie utérine jusqu’en 2014.Une fille parle à sa mère dès sa vie utérine. Le début du livre est sobre et violent : une jeune étudiante iranienne, enceinte, décide de participer aux manifestations contre le pouvoir. Témoin de scènes insoutenables, elle ne peut que sauter par la fenêtre pour échapper aux coups portés avec des bâtons cloutés. « Ange sans ailes, ma folle irresponsable, ma douce assassine, à cet instant-là, tu as creusé un trou en moi dans lequel toutes les angoisses de ma vie future prendront racine ».
    Le fœtus et la future grand-mère maintiennent en vie la mère.
    Cette enfant, Maryam, narre toutes les souffrances, les incompréhensions, les questionnements, les humiliations, les révoltes, et les combats d’une enfant née dans un pays totalitaire avec des parents révolutionnaires, puis exilée en France. Elle raconte ses atermoiements, ses allers-retours entre sa culture d’origine et sa nouvelle culture française. Elle nous dit aussi l’acceptation de certaines situations qui finissent par s’insinuer dans son esprit et son âme.
    Dès sa naissance, elle fût au service de la politique, tout au moins ses couches, où l’on cachait les tracts et documents tendancieux. Elle dût donner tous ses jouets aux enfants pauvres du quartier au nom du communisme.
    Elle nous raconte l’emprisonnement de son oncle, Saman, absent pour la 1èrefois à son anniversaire, emprisonné à 19 ans à cause de tracts et arme. Il y restera 8 ans.
    Et puis, il y eu la mort d’Abbas, « Le jeune révolutionnaire, le grand amoureux de la vie », fusillé en prison.
    Elle nous raconte les souffrances et implications de ses parents dans la révolution, son père qui va enterrer les prisonniers politiques jetés dans une fosse commune. Sa mère qui ne sera jamais une femme normale pour aller au marché et échanger quelques mots et plaisanteries……..Toujours la lutte et les idées. Puis, un jour, l’étau se resserre et la peur s’installe………. « Apparaissent des fissures sur l’édifice de l’engagement ».

    En 1986, son père décide de préparer un exil en France. Sa mère résiste et part sous la contrainte familiale retrouver son mari.
    Les débuts à Paris et le déclin du père…d’abord tôlier-peintre, puis calligraphe, puis fumeur d’opium, en fond de toile, la révolution qu’il a abandonnées, et puis cette nationalité française qui le rend « blédard » comme les autres………et puis, l’apaisement dans la construction d’une maison de campagne à 2 heures de Paris, avec son jardin potager.
    En 2003, Maryam a 23 ans. Elle décide de retourner à Téhéran. Elle y apprend les soirées « Miami party » condamnées par L’état, puis les codes des jeunes pour pouvoir se rencontrer et s’aimer comme ils l’entendent. Elle évoque l’interrogatoire qu’elle subit avec son cousin car ils se promenaient dans la même voiture. Ils durent prouver leur lien familial.
    En 2009, son père repart à Téhéran pour quelques jours. Il assiste à une Manifestation contre les élections. Il « voit des hommes en moto, des machettes à la main, fendre la foule et frapper tout ce qui bouge »…Il a 59 ans, il a peur, il regarde pour témoigner et c’est tout ce qu’il peut faire »
    Quant à Maryam, elle fait plusieurs voyages à Téhéran. Elle finit par accepter sa double culture. Elle retrouve sa langue à l’université et décide de faire une recherche en littérature comparée entre 2 poètes persans.
    La structure du roman est celle de la vie de Maryam. En effet, sa vie, déstructurée, animée par la fuite et la peur, posée de part et d’autre, réfugiée dans la discrétion, apporte au livre son organisation au niveau temporel et géographique. On part de Téhéran, on fuit Téhéran, on s’installe sur Paris, on s’échappe à Pékin, ou à Istanbul, on passe d’une décennie à une autre pour évoquer certains souvenirs ou pour témoigner. La narratrice, ainsi, laisse notre conscience en éveil. Sa famille est en exil à Paris, elle a la nationalité française, mais la tyrannie de l’islam continue en Iran.
    C’est un livre profond sur l’exil, la nostalgie de son pays mais aussi la difficulté à se construire dans une double culture. C’est un témoignage tendre, émouvant et essentiel car il est très important de faire savoir ce qu’il en est sous d’autres cieux.

  • 0.15

    Maryam a eu un parcours de vie que l’on pourrait qualifier de particulier. Elle a failli ne pas naître en raison du saut volontaire de sa mère du 2ème étage d’un immeuble, saut dû à sa fuite face à des agresseurs « du pouvoir ». Ensuite elle a été instrumantalisée par ses parents dans leur lutte contre le pouvoir Khomeiny, elle passait de couple en couple car ses couches servaient au transport de tracts. A l’âge de 6 ans, elle part avec sa mère pour la France rejoindre son père exilé politique. Dès lors ce sera une recherche perpétuelle d’identité entre cette double culture, iranienne de naissance et française par les choix de vie de ses parents.
    L’écriture de ce roman restranscrit très bien le va et vient entre ces deux cultures et la complexité de trouver sa place quand on a u pied dans deux mondes bien différents.
    Mais il ne m’a pas convaincue car il m’a semblé être, non pas une copie, mais une émanation « des enfants de Jacaranda » de Sahar Delijani.
    Néanmoins il a le mérite de soulever la question de l’intégration « forcée » subie par les immigrés, question cruciale et cruellement d’actualité.

  • 0.2

    La double culture, est-ce une chance ? L’auteure répond clairement non et nous décrit les difficultés, pour une enfant de 8 ans, d’être arrachée à sa terre natale pour la France dont elle ne connaît rien.

    Tout n’était pas rose dans son pays : ses parents, fervents communistes, l’obligeaient à donner ses jouets à d’autres enfants. Des amis de ses parents, certains ont disparu dans les geôles du pouvoir.

    Voulant s’intégrer en France, elle refuse de parler, de lire et d’écrire le persan. Mais un voyage en Iran pour retrouver sa famille bouleverse ses repères.

    S’agit-il d’un roman ? Plutôt de fragments de vies mis parfois en poésie.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des parents qui, avant de fuir en exil, enterrent dans le jardin les oeuvres de Marx et des grands penseurs communistes.

    http://alexmotamots.fr/marx-et-la-poupee-maryam-madjidi/

  • 0.25

    Quelle langue! Quelle poésie! C'est beau, c'est un régal à lire, relire, à écouter la musicalité de certains passages, à déguster ce petit bijou de littérature!
    "Marx et la poupée" c'est un travail sur les souvenirs, sur la mémoire, sur les racines et sur l'exil. Entre Paris et Téhéran, Maryam Madjidi nous entraîne dans un tourbillon de souvenirs qui s'entrechoquent, de petits paragraphes en extraits de poèmes, d'une révolution à un exil, et d'une petite fille à une femme. C'est plein de petites histoires, de petites bulles d'anecdotes, de pleurs et de rires.
    L'auteure n'a que 6 ans lorsque ses parents décident de quitter Téhéran pour Paris suite à la révolution iranienne. Elle décrit par petites touches sa découverte de la langue, de la nourriture, son refus de parler/manger pendant un temps, ses dessins macabres et son oubli du persan. Le personnage de la grand-mère est important, qui apparaît et disparaît, mémoire vivante de son pays d'origine, qu'elle cherche et repousse selon les moments. Le livre est divisé en trois grands chapitres (première, deuxième et troisième naissance) qui sont autant d'étapes que l'écrivaine évoquent quand à sa relation à l'exil et à ses racines. La langue, incontestablement, est ce qui la guide, cette langue oubliée qui revient. Plusieurs extraits à ce sujet sont très émouvants, je pense à celui-ci par exemple :

    "Un étrange bruit attire son attention. C'est le bruit d'une canne qui frappe le pavé. Elle tourne la tête et voit une vieille femme avancer vers elle. Elle a le visage recouvert mais un parfum familier et rassurant se dégage d'elle. Elle s'assoit près d'elle sur le banc.
    - Je te l'avais dit : tu reviendras vers moi. Tu es revenue à présent.
    - Vous êtes qui ?
    - Tu ne me reconnais pas? Je suis ta langue maternelle. Je t'ai attendue tout ce temps."

    On est à plusieurs reprises dans la fable, comme l'indiquent certains titres comme "il était une fois". Dans cet entrelacs de souvenirs parfois difficiles, le réel est sublimé par ces passages où le conte prend le dessus. L'ensemble est très poétique et infiniment réussi.

  • 0.25

    Si vous cherchez un jour une définition du mot «littérature», alors sortez votre exemplaire de Marx et la poupée, car ce livre doit figurer dans la bibliothèque de tout honnête homme. Pour le résumer, il suffit d’une phrase: c’est l’histoire d’une famille iranienne contrainte à l’exil et qui doit s’inventer une nouvelle vie en France. Mais ce qui fait sa force, c’est qu’en le refermant, il vous restera des images fortes, des épisodes inoubliables, des émotions intenses. Bref, ce qui constitue l’épine dorsale de la bonne littérature.
    L’un de ces épisodes marquants arrive dès les premières pages. Nous sommes en 1980 à Téhéran et la narratrice n’est pas encore née. Ella même failli ne pas naître car sa mère, enceinte, se retrouver au cœur de la répression qui a suivi l’arrivée des ayatollahs, pourchassée par les gardiens de la révolution. « Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant, le dos courbé ; ses longs bras squelettiques veulent lui arracher son enfant ; sa bouche édentée s’approche de la jeune femme enceinte pour l’engloutir. »
    Elle finira par s’en sortir et accoucher, mais ni elle, ni sa famille ne voudront renoncer à leur liberté. La maison familiale, dans le quartier de Tehranpars sert aux réunions politiques clandestines. On y discute de Marx et d’une autre révolution, on parle de liberté. Vu par les yeux de la petite fille qui grandit dans cette ambiance, ce monde d’adultes est absurde. On y cache les tracts dans des couches-culottes, on enterre les livres signés Marx, Lénine, Che Guevarra dans le jardin ou on met en prison des gens dont les cheveux volent au vent. L’oncle Saman, qui a pris l’habitude de lui offrir une Golé Maryam, la belle fleur qui embellit son jour d’anniversaire, ne viendra pas. Il a été arrêté porteur de tracts et jeté en prison à Evin.
    C’est là qu’un détenu passe son temps devant la télévision, regardant un stupide dessin animé. On se dit que l’intellectuel est en train de perdre la raison avant qu’il n’explique qu’il écoute la voix de son épouse, chargée de doubler l’un des personnages.
    La répression est de plus en plus forte. Les participants à des fêtes privées sont impitoyablement poursuivis. Il est temps de songer à fuir. Les jouets sont répartis entre les enfants pauvres du quartier, achevant de briser le moral de la petite fille : «Je me sentais si seule au monde. J’étais convaincue que je vivais avec deux monstres qui me déposséderaient de tout.»
    La vocation littéraire de l’auteur – double de la narratrice – date sans doute de ce moment où elle a dû monter dans un avion partant vers la France en laissant derrière elle sa grand-mère chérie et son pays natal : « Je voudrais semer des histoires dans les oreilles de tous les êtres. Je veux que ça fleurisse, qu’il en sorte des fleurs embaumantes à la place de toutes les fleurs manquantes, absentes, de toutes les Golé Maryam qui auraient dû être offertes et qui n’ont pas pu l’être. »
    Si dans les chapitres suivants il n’est pas question de violence ou de répression, la tension ne faiblit pas pour autant. Car Maryam Madjidi dit la souffrance née de l’exil. Elle raconte, par exemple, comment son père doit subvenir aux besoins des famille en acceptant tous les petits boulots qui se présentent. Pour cela, elle nous raconte comment les mains de son pères changent. Grâce à un Iranien d’origine turque, il est d’abord tôlier-peintre dans un garage, avant que ce dernier ne ferme. Au chômage, ses mains devaient trouver quelque chose d’autre rapidement. Elles vont alors devoir travailler le bois, le béton, les briques, le ciment, le gravier, la peinture, les tuiles, la moquette, les enduits, le carrelage. « Puis un jour ses mains ont commencé à moins travailler, elles étaient fatiguées, ridées et craquelées par endroits. Il y avait aussi la marque d’innombrables blessures laissées par la matière et l’outil. La peau était devenue aussi dure que du cuir. »
    Il passera alors à la calligraphie, dessinant de belles lettres persanes et cherchera dans l’opium de quoi soulager son vague à l’âme.
    Sa fille ne va guère mieux. Elle ne retrouve pas les saveurs de son enfance, la musique de la langue de son pays. Elle va refuser de manger, refuser de parler. Fort heureusement pour elle, l’arrivée d’un couple de réfugiés iraniens et leur fille Shirin va lui permettre de retrouver le moral. Avec cette compagne de jeux joyeuse et pleine de vie, elle trouvera la complice qui lui permettra de trouver une place dans cette société parisienne. Comme un bouchon de champagne qui explose, elle accepte de lâcher les mots qu’elle a patiemment appris, sans toutefois vouloir les dire. « Les mots se pressaient pour sortir, impatients qu’ils étaient, ça fusait dans le petit studio, ils volaient, ils dansaient, ils butaient contre les meubles, ils s’élançaient de ma bouche comme des flèches et touchaient le plafond et les murs, ils virevoltaient eux-mêmes, soulagés d’être enfin libérés de ma bulle intérieure, enchantés de pouvoir enfin communiquer avec les autres. Tout l’espace était rempli de mes mots français. » http://urlz.fr/52NC
    N’allez toutefois pas croire que ce premier roman si sensible devient alors une ode à l’intégration. Tout au contraire, il est question de rentrer au pays, de retrouver les parfums qui manquent tant à la famille, les amis et les proches qui souffrent en silence. Une image de plus suffit à faire voler en éclats ce rêve. En voyant sa petite fille faire du vélo en short et débardeur, son père comprend que ce retour est impossible : « On ne peut pas partir. Je ne peux pas lui enlever cette liberté si innocente. »
    Il faudra attendre 2003 pour que la jeune femme retourne à Téhéran. Mais ne pourra pas y rester car son passeport ne suffit pas à faire d’elle… une iranienne.
    Voilà sans doute le plus authentique des témoignages sur la condition des migrants. Ici foin de considérations politiques ou économiques. C’est le cœur, la chair, les sens qui parlent. C’est poignant, ironique, vrai. C’est de la grande littérature.

    • Dominique JOUANNE le 30/03/2017 à 21h11

      Merci pour cet avis. Attirée par la culture iranienne, je lirai ce livre qui remporte un succès certain auprès des lecteurs, bien que j'ai eu l'occasion de rencontrer l'auteur lors d'un débat au salon du livre où elle est apparue grande gueule, égocentrique, intransigeante, catégorique dans ses opinions, prétentieuse... L'interviewer a été obligé de lui retirer le micro pour pouvoir entendre les autres auteurs aux opinions contraires concernant l'état de réfugié. Elle ne m'a pas plu du tout... mais je lirai son livre.

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  • 0.25

    C'est effectivement un récit magnifique plébiscité par les lecteurs du site et pour cause !
    Taillé dans l'émotion pure ,l'auteure nous témoigne, sans arrêt sur le fil d"un yoyo entre passé et présent ,douleur et force vive, son impressionnante ferveur contradictoire face à l'exil .
    Toute la beauté textuelle évidente et sensible parfois tragique imprègne chaque paragraphe comme la douceur du miel sur un gâteau savoureux . On est hypnotisé par la finesse des propos et la justesse des impressions et on oscille avec cette petite fille (qui grandit devant nous) comme sur une balançoire allant superbement entre deux nations : L'Iran et la France ,une qu'elle a quitté et une autre qui "la cueille" .

    Heureux comme vous êtes ceux qui ne l'ont pas lu puisqu'ils ont une chance insolente : celle de pouvoir le découvrir !!

  • 0.25

    Voilà un nouveau roman qui marque ! Maryam Madjidi nous raconte son enfance d’exilée, ses douleurs, ses rancœurs et ses années de doutes sur cette binationalité qu’elle n’a pas choisie. Ce livre est très actuel même si l’histoire a commencé il y a 30 ans. L’intégration à l’école, les migrants, ..., tous ces sujets évoqués par les candidats aux présidentielles et qui divisent la France sont évoqués de façon simple et très poétique. Je garderai un très bon souvenir de ce livre et regarder le passage de l’auteure à la grande librairie maintenant que je l’ai lu ! Merci les filles des 68 pour cette découverte.

  • 0.25

    Un patchwork... Oui. Un somptueux patchwork, c'est la première image qui me reste en mémoire après la lecture du premier roman de Maryam Madjidi. Roman ? Pas roman ? Quelle importance ? Pour moi, "Marx et la poupée" plonge ses racines dans l'origine du mot "texte" : une "chose tissée, tramée" et l'image du patchwork ou de la tapisserie prend alors une puissance inouïe. Souvenirs, courtes fables, contes, portraits, poèmes... s'esquissent, se déploient et appellent d'autres images, tissées entre elles par les fils dorés des langues. La langue originelle, le persan, et celle de l'exil, ce français né d'un silence où s'engloutissent l'enfance et les liens familiaux, procèdent par vagues douces et violentes, se superposant parfois, luttant souvent, et se juxtaposant enfin en épaisseurs fertiles. C'est si beau que l'envie m'a prise de lire à haute voix, de faire résonner haut et clair ces strates de chagrin, de peur, de nostalgie et de déracinement.

    Déracinée. Il y a dans ce mot toute la violence de l'arrachement à tout ce qui a nourri et fait croître, à la tendresse d'une grand-mère et à la complicité avec un oncle. Il y a la maison qu'on abandonne à jamais, les jouets que l'on est contraint de donner, la sensation de tomber inexorablement au creux d'un cauchemar où l'inconnu ne peut être que funeste. L'exil est cet arrachement brutal à un lieu, à des proches aimés, à une langue, à une mémoire commune. Maryam Madjidi exprime toute la douleur qui en résulte pour une petite fille de 6 ans. Avec un humour tendre, qui voile de pudeur cette souffrance brûlante, qui la met à distance pour évacuer toute possibilité de pathos, elle raconte ces moments à la fois dévastateurs et fondateurs. Car les racines mises à nu le temps du déchirement sont artificiellement implantées dans un autre terreau, pas forcément accueillant, un terreau étranger où l'étrange est d'être persan.

    On l'oublie bien trop souvent mais une langue ce n'est pas seulement un vocabulaire qu'il suffit d'apprendre et de référer aux choses réelles, ce n'est pas seulement une syntaxe et une conjugaison. Une langue c'est aussi (surtout ?) le vecteur d'une culture et d'un imaginaire collectifs, formés d'images mentales, de catégories intellectuelles, psychologiques et affectives, d'une connivence entre mode de vie et constructions langagières. Comment le vécu antérieur d'un enfant, d'un adulte peut-il assimiler et accommoder cet ensemble qui ne paraît cohérent qu'à ceux dont les générations successives en ont fait la langue maternelle ? Faut-il que ce soit forcément au prix de l'oubli, de la relégation de tout ce qui fait une vie commencée ailleurs ? S'intégrer à une culture, dans une société, est-il forcément le corollaire de désintégrer la culture d'origine ? Le roman de Maryam Madjidi soulève avec une force bouleversante chacune de ces questions-pièges, de ces questions-pierres en les plaçant au niveau de l'enfant blessée qu'elle fut probablement et de l'adulte recomposée qu'elle est sans doute.

    Oui un patchwork coloré, chatoyant, qui tisse étroitement langues, cultures, espoirs, émotions, rêves et chants. Une étoffe fabuleuse qui épouse les pleins et les déliés d'une vie trois fois naissante. Un roman magnifique qu'il faut lire et relire et relire encore jusqu'à s'en imprégner pour le porter toujours.

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