Il reste la poussière

Couverture du livre « Il reste la poussière » de Sandrine Collette aux éditions Denoel

4.272727272

22 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Denoel
  • EAN : 9782207132562
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 304
  • Collection : Sueurs froides
  • Genre : Policier / Thriller grand format
Résumé:

Un huis-clos oppressant : une mère, ses quatre fils, au fin fond de la Patagonie Argentine, plateaux de la Patagonie. Une steppe infinie, balayée par des vents glacés. C'est là que Rafael, dix ans, grandit dans une famille haineuse. Sa mère s'est endurcie autour d'un secret qu'elle a su... Lire la suite

Un huis-clos oppressant : une mère, ses quatre fils, au fin fond de la Patagonie Argentine, plateaux de la Patagonie. Une steppe infinie, balayée par des vents glacés. C'est là que Rafael, dix ans, grandit dans une famille haineuse. Sa mère s'est endurcie autour d'un secret qu'elle a su garder mais qui l'a dévorée de l'intérieur : une nuit, elle a tué leur ivrogne de père et a coulé son cadavre dans les marais. Depuis, elle fait croire que son mari les a abandonnés, et mène son maigre élevage de moutons et de boeufs d'une main inflexible, écrasant ses quatre garçons de sa dureté et de son indifférence. Mais depuis, aussi, les aînés détestent leur plus jeune frère, né après la disparition du père, et en ont fait la cible de leurs jeux brutaux. Alors Rafael, seul au monde, ne vit que pour son cheval et son chien. Voilà longtemps qu'il a compris combien il était inutile de quémander ailleurs un geste d'affection.
Dans ce monde qui meurt, car les petits élevages sont peu à peu remplacés par d'immenses domaines, la révolte est impossible. Et pourtant, un jour, le jour le plus sauvage et le plus douloureux de la vie de Rafael, quelque chose va changer. Le jeune garçon parviendra-t-il à faire sauter l'étau de terreur et de violence qui le condamne à cette famille ?
Avec ce roman sombre, planté dans une nature hostile et sublime, Sandrine Collette explore les relations familiales impossibles, et la rédemption, ou non, d'un petit garçon qui a gardé son humanité.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Brûlant, comme de la poussière dans les yeux. Un véritable coup de cœur, pour cette auteure découverte à l'occasion de l'événement Les Quais du Polar à Lyon, à la fin du mois.

    Les chapitres s'articulent autour des différents personnages qui composent la famille de Rafael, le petit dernier de la fratrie déchirée, celui autour duquel l'intrigue tourne. La violence est partout, dans les mots, dans les coups, dans le travail, même dans ce qui devrait être de l'amour. Les sourires sont absents. Très vite, Sandrine Collette me renvoie la même émotion que Luis Sepulveda : son écriture décrit à la perfection l'univers noir et cruel qui sert de scène à sa narration.

    Les paysages sauvages pourraient être sublimes, parfois on cherche à le contempler, mais très vite, la brutalité revient, nous rappelle à l'ordre. L'argent manque, l'alcool foisonne. Déjà plus froissée qu'une boule de papier, la famille continue de se déchirer. Et puis, il y a une énième attaque, puis un oubli, qui implique un voyage pour Rafael : ce qu'il va découvrir va bien au-delà de ce qu'il était parti chercher, et semble bien sonner le glas de sa funeste destinée. Et pourtant, parfois, le destin si noir se colore d'une discrète touche de lumière, blanche comme de la laine.

    Au fur et à mesure que les failles s'agrandissent, que la poussière enveloppe Rafael et sa famille d'une pellicule incolore, le roman progresse, sombre et glacial. Dévoré en quelques heures, ce roman s'illustre par sa subtilité et la force de sa narration.

  • 0.2

    Impressionnant ! c'est le mot qui me vient à l'esprit pour évoquer le roman de Sandrine Collette. Quatre frères, une mère et les espaces immenses de la Patagonie. Une mère ? Un personnage minéral, comme sculpté dans la roche aride qui entoure le domaine, qui a pour ses fils la même considération qu'un maquignon pour des chevaux. Ses fils ? Mauro et Joaquin, les jumeaux , violents, impitoyables, aussi durs à la tâche que vides d'émotions ; Steban, rendu presque mutique par le secret sanglant qu'il partage avec la mère. Et Rafael, le cadet, petit poucet perdu entre les mains des ogres de sa famille et qui rêve d'autre chose. Tous les éléments de la tragédie sont en place et la narration nous porte dans cet univers d'extrêmes, où les passions couvent longuement avant d'exploser. L'écriture laisse toute la place aux sensations les plus primitives, les plus vitales, estompant sentiments et émotions, si bien que personnages et paysages semblent partager la même âpreté sauvage. Et pourtant les personnages ne sont pas monolithiques et laissent entrevoir les blessures autour desquelles il a bien fallu qu'ils se construisent, tant bien que mal. C'est aussi toute la subtilité du récit que de parvenir à susciter la compassion vis-à-vis de ces êtres qui finalement semblent intemporels. Un roman qui m'a stupéfiée par l'univers qu'il construit et par l'écriture qui le porte !

  • 0.2

    Cette année encore, j'ai fait de belles découvertes littéraires.
    J'ai même rencontré et échangé pour la première fois avec certains auteurs. Parmi eux, Sandrine Collette qui m'a gentiment dédicacé son dernier opus, Il reste la poussière.
    Je me suis donc embarqué pour la Patagonie, région sud-américaine située entre le sud de l'Argentine et le sud du Chili. Au milieu de nulle part, la mère élève seule ses 4 fils, les jumeaux Mauro et Joaquin, Esteban et le petit, Rafael.
    Un coin perdu qu'a déserté le père, disparu un soir, abandonnant sa famille.
    Ici, tout est sec, la terre comme le cœur des gens.
    Pas de place pour les sentiments, les enfants triment, du matin au soir, pour essayer de survivre, quand la mère ne va pas tout dilapider dans les jeux ou l'alcool. Une vie de misère et de violences quotidiennes.
    Sandrine Collette nous la fait cracher la poussière, avec ses personnages. On souffre avec eux, on s’enivre, on courbe le dos, on espère des jours meilleurs.
    C'est lent, c'est rude. C'est là qu'elle est forte Sandrine. Le lecteur est tour à tour dans la peau des protagonistes. Elle ne le tient pas à distance, il est dans le récit, et comme le petit Rafael, il s'accroche...
    Jusqu'à la fin, on se prend à espérer. Et du lourd secret que porte, comme un fardeau, l'un des enfants, jusqu'au dernier rebondissement, on est tenu en haleine.
    Assurément, Sandrine, nous sommes appelés à nous revoir. Dans quel coin du monde cette fois ?

  • 0.15

    Dans ce livre l auteure nous présente une situation de vie familiale dans un décors de désolation totale. La vie à la ferme dans la pampa dans une athmosphere de misère
    l intrigue me semble longue avec des scènes difficiles dans un contexte aride et dur.
    Toutefois l aventure bien que malheureuse finit par une vision qui libère le personnage principal de cette intrigue.
    Livre à lire mais qui peut paraitre un peu gloque ,le suspens est moins franc que dans ses derniers ouvrages. La pesanteur de ces vies blessées peut nous braquer.

  • 0.25

    Dans un décor de désolation, au coeur de la pampa patagonienne, Rafael, dernier d'une fratrie menée d'une main de fer par une femme que la vie n'a pas épargnée, est le souffre-douleur de ses frères. Ici, un enfant ne vaut pas plus qu'une pièce de bétail (et ne sent d'ailleurs pas meilleur !) et la tendresse maternelle semble définitivement absente de la vie de ses quatre garçons dont le père a disparu un jour dans des conditions mystérieuses. Le mutisme de l'un des frères pourrait y trouver son origine.
    Isolés du reste du monde, les quatre frères ne connaissent rien du monde autour et s'en accommodent, abrutis de travail.
    Soudain, quand la mère perd l'un des jumeaux au poker, leur vie bascule ...
    Sombre, noir à souhait, ce polar confirme le talent de l'auteur pour les ambiances qui révèlent la nature profonde des hommes, dévoilent leur brutalité et tout le paradoxe de ce roman tient dans sa faculté à nous offrir un huis-clos étouffant dans un décor immense où la nature, à perte de vue, domine l'espace et les hommes !
    Le rythme est rapide, la narration précise et efficace, restituant une ambiance familiale sordide, menant droit au désastre. Finalement, la nature, sauvage et aride, semble encore plus tendre que les personnages, tous tendus dans une même violence, fascinants dans leur cruauté. Aucun d'entre eux n'inspire une réelle empathie pourtant, on comprend leurs peurs et leurs failles, la nécessité d'être fort face à l'adversité.

  • 0.1

    J’ai voulu lire ce livre parce que j’ai entendu parler de l’auteure Sandrine Colette et l’on m’en a dit que du bien.
    Il reste la poussière n’est pas son premier roman, mais c’est le premier que je lis.
    J’ai était déçue parce que je ne pensais pas que je mettrais autant de temps pour lire ce livre. La raison : je n’ai pas réussi à rentrer dans l’histoire.

    Ce roman raconte l'histoire d’une famille, que l’on pourrait qualifier de fermier qui vit dans le far-West. Ce n’est pas simple de vivre dans cette famille parce que personne ne s’aime mais tout le monde vit ensemble. Chacun souhaite la mort de l’autre.
    Ce que j’ai trouvé intéressant c’est qu’à presque chaque chapitre nous sommes dans la tête d’un des membres de la famille : la mère, qui justifie le dégout qu’elle a pour ses enfants, l’envie parfois de les voir mort et la certitude qu’ils lui doivent tout. Mauro ou Joaquin les frères jumeaux, « le débile » que ses frères appellent ainsi parce qu’il ne parle plus depuis qu’il a vu sa mère emmener le cadavre de son père et fait croire que celui-ci s’est enfui. Et enfin Rafael, le petit dernier, maltraité par les jumeaux, et lui qui rêve de les voir mort.

    Pour moi les 100 premières pages sont une description de la vie de chaque personnage pour amener l’élément déclencheur du récit. Et 100 pages pour ça, c’est long !
    Et puis le moment arrive où Rafael doit partir de la maison pour rechercher des chevaux qui se sont enfui par sa faute (il essuyait une raclé de son frère)
    Il se met en quête des chevaux et prend finalement goût à cette liberté. Mais sur le chemin qui le mène aux chevaux, il va faire une étrange découverte qui va le ralentir et lui prendre plusieurs semaines pour rentrer à la maison. Cette rencontre aura bien évidemment un impact sur la fin du récit. Tout au long du roman je me suis inventée des scénarios, imaginant ce qui arriverait aux personnages, et rien de ce que j’avais envie qu’il se passe n’est arrivé. Bon point pour l’auteure : son histoire n’est pas prévisible.
    Mais je suis quand même déçue : tout ça pour ça. Une nouvelle aurait suffi.
    Même si je suis déçue par l’histoire qui ne m’a pas transcendé plus que ça, je ne peux nier la qualité littéraire du roman. Heureusement que ce livre est bien écrit, la psychologie de chaque personnage y est admirablement bien développée et l’on arrive même à compatir pour les plus méchants d’entre eux.

  • 0.25

    Wouah, quel roman ! Difficile de tourner la dernière page sans ressentir une émotion forte, plus que forte, quelque chose de rare après une lecture, le sentiment d'avoir été happée par les mots, les odeurs, les couleurs, les cris, les espaces infinis. Un texte magnifique, âpre, dur, sans concession. Le style de Sandrine Collette est là, bien présent, reconnaissable entre cent et toujours aussi puissant. Un grand bravo et l'envie de se replonger dans les précédents romans de l'auteur, déjà lus mais que je souhaite aujourd'hui reprendre, l'un après l'autre.

    "Il reste la poussière" aurait mérité sa place dans le cadre du Prix Orange du livre.

  • 0.15

    Un livre bien différent de précédents. Il y a moins d'action, l'horreur est plus psychologique mais les personnages sont bien décrits. La nature elle aussi est hostile : les grands espaces arides et difficiles à vivre, la dureté de la vie à ferme avec la tonde des moutons et le mariage des bovins.

    Une vie dure qui marque les personnages, les enferme dans un profond silence et où les coups et les regards haineux sont les seuls moyens de communication.

    Une petite parenthèse à la poursuite de chevaux avalés permet d'alléger le propos et fait découvrir une autre vie de liberté et de presque bonheur. Mais ce n'est qu'une parenthèse, léger rayon de soleil dans ma noirceur de cette poussière.

  • 0.25

    Patagonie, les gros fermiers ont poussé les petits vers des lieux arides. C’est là que vit la mère et ses quatre fils dans une ferme en ruine. Le père, selon la rumeur, est parti ailleurs ou il est mort. La mère, avare en tout, passe sa journée à beugler ses ordres. Elle les déteste, si elle avait su, les aurait noyés à la naissance, s’est caparaçonnée pour survivre. Eux, ils sont quatre, les jumeaux, le demeuré, et Rafael. Il a un prénom d’ange, mais les trois autres lui font vivre un enfer sur terre. Ils ne l’ont jamais accepté. La mère se tait, laisse faire et lui sait qu’il ne peut attendre d’affection ailleurs qu’auprès des animaux. Pourtant, ils restent ensemble, soudés par la haine, le travail, la ferme. Pourtant « la mère est la femme sacrée », jusqu’au jour où elle fait sa virée mensuelle, perd au jeu l’un des jumeaux. Il doit partir chez un gros éleveur. Alors, tout se dérègle. L’équilibre est rompu, puis se délite complètement lorsque Rafael, qui espérait tout arranger, revient avec un sac en cuir.
    Roman noir, western, ce livre m’a fait penser à « Avaler du sable » d’Antonio Xerxenesky, aridité, sable, vent… et à Faulkner pour la misère, la violence, le désespoir. Aux grands espaces répond le huis clos que l’auteur a installé dans la ferme sans espoir. L’écriture de Sandrine Collette est sèche, nerveuse, précise, sent la rage, la peur, la haine, le désespoir, le suint… puis folâtre, caresse lorsqu’elle raconte le voyage de Rafael (le seul à être humain), les paysages verdoyants, l’onde claire, la liberté, la tranquillité.

  • 0.15

    Argentine, plateaux de la Patagonie, steppe immense, austère et rude...Décor de western et écriture au cordeau.
    Ce roman, oppressant au plus haut point, alterne les points de vue des personnages au même rythme que les chapitres. La galerie de portraits est saisissante et s'accorde avec ce tableau noir et fataliste. La steppe, personnage à part entière, omniprésente, façonne et conditionne les vies. La mère et ses quatre enfants sont noyés sous l'indifférence, elle écrasant ses fils de son mépris et de sa dureté, eux soumis à cette noirceur implacable. Seules la haine et la violence animent cette famille déchirée et fielleuse.
    Choral, ce roman est aussi celui des grands espaces en même temps que, paradoxalement, il nous immerge dans un huis-clos étouffant.
    L'écriture de Sandrine Collette est parfaitement maîtrisée, d'une grande richesse et précision, ponctuée de scènes profondément sensibles et poétiques.
    Amour et innocence n'ont pas leur place ici, le destin semble tout tracé, sans échappatoire ni issue de secours d'aucune sorte. Cette intrigue, dans cette atmosphère si sombre et oppressante, provoque un malaise permanent. "Ces gens-là" vivent chichement, écrasés par l'aridité du cadre et des cœurs.
    C'est une lecture à la fois âpre, dure et captivante.
    Classé parmi les polars, ce roman noir noir noir est avant tout un huis-clos familial de haine et de rancœur.

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