à la table des hommes

Couverture du livre « à la table des hommes » de Sylvie Germain aux éditions Albin Michel

4.125

8 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226322739
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 346
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Son obscure naissance au coeur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et... Lire la suite

Son obscure naissance au coeur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine.
À la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus, c'est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d'un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.

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  • 0.2

    Ce conte philosophique explore le Mythe de l’enfant sauvage, du passage du savoir, du rapport de l’homme à l’animalité et l’inverse. Qui est Babel, cet enfant nu sortant de la forêt toujours suivi d’une corneille, celui à qui la forme humaine fut transmise ? Un ennemi, un de l’autre camp ? Car le pays est en guerre, une guerre sale, fratricide, sans limite. Une femme, Ghirzal, l’accepte, l’apprivoise. Passé cette première étape, Yelmat, Rufus, Octave, Lucius, Zelda... lui transmettent le, leur, savoir. A la mort de Didou, sa corneille, sa mémoire, son alter ego, il tombe en syncope. Des sensations, des images, des bribes de son passé lui reviennent qui l’emplissent, le nourrissent pour vivre et manger à la table des hommes.
    Afin de devenir complètement humain, Babel sait qu’il doit dépasser le stade flair-sensation pour le langage parlé, l’écriture. Ses mentors lui ouvrent les portes, sans pour autant sacrifier son besoin de nature, ni sa communication avec les animaux.
    Beaucoup de références bibliques dans ce conte philosophique qui devient pamphlet lorsque Sylvie Germain parle des dignitaires religieux, de la vache folle ou de la liberté. Babel se fout de connaître ses origines, n’a pas besoin du soutien d’une quelconque religion. A l’instar des héros de Jean-Jacques Rousseau, la nature, les animaux comblent sa spiritualité.
    Babel l’enfant sauvage apprendra la vie, saura rester pur, grâce à ses passeurs de savoir, malgré les horreurs dont il est témoin ou victime pour devenir Abel. Une histoire à la limite du fantastique, fantastiquement ciselée, précise.

  • 0.25

    La lecture des livres de Sylvie Germain est toujours, pour moi, une expérience intime qui agit en profondeur, dans le coeur et dans l'esprit. Je retrouve dans son univers des questions, des émotions, des situations qui apparaissent dans une étrange familiarité avec mon propre monde. Quelque chose de l'ordre de l'indicible.
    "A la table des hommes" n'a pas fait exception à la règle car ce roman brasse le temps, les époques, les gens, les genres, l'actualité et le passé.
    Dès le début le merveilleux surgit du réalisme d'une scène de guerre. Nourri au sein d'une femme, un porcelet devient Babel, enfant sauvage dont la seule amie est une corneille. Dans un pays où la guerre n'est qu'endormie, il fait l'apprentissage des humains et de leur langage. Devenu Abel, il apprend les éclats de rire, l'insoumission et la tendresse, auprès de Clovis et Rufus. Né de la barbarie, Abel avance en prenant le meilleur de l'humain et lorsque la barbarie surgit à nouveau il fait front avec ce qu'il a construit : la certitude d'avoir aimé et d'avoir été aimé, "la joie d'avoir reçu cette part d'amour et d'amitié".
    C'est un roman d'humanité que nous offre Sylvie Germain, de cette humanité qui sait donner et aimer autant que blesser et haïr. Intemporelle mais marquée du sceau de l'actualité la plus effroyable, l'histoire se tient à la lisière du merveilleux, piochant des images dans les textes fondateurs pour en faire émerger de nouvelles visions. L'écriture ample, ondoyante, possède une extraordinaire puissance d'évocation et sait nourrir la réflexion sans jamais se montrer didactique.
    Un roman qui m'a submergée d'émotions !

  • 0.25

    Quelle idée de commencer un roman avec pour personnage principal un cochon ? Je craignais un peu cette entrée en matière, mais heureusement, cela ne dure pas, le cochon se transformant vite en homme (cet aspect quelque peu fantastique du roman m’a étonné, mais après tout, pourquoi pas).

    Ce point de départ explique que le personnage principal, Babel, perçoive le monde en couleurs et en senteurs. Un roman très olfactif et colorés, donc.

    Mais là où l’auteure m’a conquise, c’est en utilisant un vocabulaire très précis, un langage soutenu pour nous parler des bassesses des hommes. Sa langue nous projette littéralement dans les hautes sphères pour nous raconter combien les hommes sont terre à terre et violents.

    J’ai aimé le passage sur le Prix Nobel Piotr Kapitsa qui a fait le calcul du lieu de résidence de Dieu, soit à environ neuf années-lumières de la Terre.

    Il est également fait référence aux portraits du Fayoum, comme dans le roman-fleuve de Mathias Enard.

    Une auteure à part dans les lettres françaises.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la corneille se perchant sur les épaules de Babel, compagnon fidèle avec qui il communique.

    Une citation :

    « Et il a raconté la façon dont le physicien avait procédé pour évaluer la distance à laquelle ledit Dieu avait planté son trône céleste. Kapista s’était basé sur le lancement de prières émises en 1905, vers la fin de la guerre russo-japonaise, par des popes pleins de ferveur patriotique et leurs ouailles les plus dévotes. Dans leur appel, ils adjuraient Dieu de châtier leurs ennemis. La réponse était arrivée dix-huit ans plus tard, en 1943, sous la forme d’un violent séisme qui avait frappé une partie de l’île centrale du Japon(…). Les prières voyageant certainement comme les photons à la vitesse de la lumière dans le vide intersidéral, soit 300 000 kilomètres à la seconde, et l’accusé de réception de la part de Dieu idem, Kapista avait pu ainsi élaboré son calcul. » (p.194)

    http://alexmotamots.fr/?p=1783

  • 0.2

    Magnifique roman sous forme de conte fantastique ou se croisent le destin d'une corneille et d'un enfant sauvage né cochon, élevé par un humain, recueilli par une daine et renaissant humain.
    A travers une nature sauvage faite de forêts, refuge préféré de ce petit homme, nous le suivrons à travers son parcours si complexe ou il doit tout apprendre.
    Ce roman à l'écriture si magnifique fera un texte si addictif ou se mêlera à la fois le monde animal et la violence humaine, la haine de certains de ces êtres qui basculera jusqu’à la folie meurtrière qui sera sans nous rappeler malheureusement la réalité de certains événements récents ou le droit de penser, la liberté d'expression peut en déranger certains au point de non retour.
    Sylvie Germain mélange a merveille le monde animal et le monde de la nature pour nous servir une fable fabuleuse, poétique et philosophique à la fois.
    Étrange littérature à découvrir à la hauteur de Magnus que l'auteure nous avait écrit en 2005.
    Un formidable voyage d'évasion accompagné d'une corneille...

  • 0.2

    En novembre 2013, j'étais passée complètement à côté de Petites scènes capitales, trouvant le roman à la fois trop intimiste et peu touchant, trop académique du point de vue de la langue.
    Cette fois, je me suis laissée séduire (pour mon plus grand plaisir) par cette histoire peu ordinaire ! Pas loin du coup de cœur !!

    Dans un pays en guerre, en un lieu et une époque indéterminés, Babel le porcelet, soudainement transformé en jeune garçon, est recueilli par une communauté d'où les hommes sont absents. Il apprend le langage, la sociabilité, l'amitié. Sylvie Germain, dans un grand roman à la prose quasi lyrique, évoque notre animalité grâce à un roman-fable à la limite du fantastique.
    L'apocalypse est pour demain
    L'histoire de Babel-Abel est avant tout un récit d'initiation au parfum philosophique : dans un monde cruel, apocalyptique, quel est le devenir de l'homme ? Quel héritage peut-on recevoir d'hommes et de femmes déchus, traumatisés par la guerre et comment survivre au milieu de la barbarie ? Douloureux apprentissage que celui de cet enfant sauvage, lié à la nature, profondément innocent puisque sans vécu, sans éducation, fortement marqué par son animalité et qui tente de gagner son humanité par une volonté de survie hors du commun.
    Un souffle d'espoir
    Le roman, servi par une narration majestueuse, au style riche, évoque certes la cruauté sans limite des hommes, leur violence, mais entrouvre d'autres perspectives sur la condition humaine, laissant entrevoir un peu d'espoir au milieu des ombres, révélant par moments toute la générosité et la beauté du monde. Entre conte fabuleux et réalisme, Sylvie Germain nous donne à réfléchir sur nos existences, sur les grandes questions du monde contemporain (conflits, terrorisme, fanatisme religieux, liberté d'expression...) et sur notre rapport à la nature. A la table des hommes est une histoire universelle à la fois sombre et porteuse d'espoir.

  • 0.25

    Je tombe toujours sous le charme de l’esprit, des ambiances, des mots de Sylvie Germain.
    Ici, dans un village en guerre, un porcelet est l’unique rescapé d’un bombardement, avec une jeune femme qui mourra peu après. D’errance en errance, il se retrouve près d’un jeune adolescent dans lequel il se transforme. S’ensuit son apprentissage de la vie humaine. Le voilà à la table des hommes.
    Cette histoire débute sur la guerre, mais même la paix retrouvée, elle restera en toile de fond. Par son absurdité, par le rôle de prédateur de l’homme envers l’homme, envers les animaux. Comme une violence inéluctable.
    Encore une fois, par la beauté du langage et des mots, avec une écriture comme une poésie de brume, Sylvie Germain fait passer un message fort dans une histoire forte.
    Que de beaux passages, comme cette amitié entre le jeune Babel, devenu Abel, et la corneille Doudi.
    Un livre à la situation de départ étrange qui poursuit sa résonance plusieurs jours après sa lecture.

  • 0.15

    un conte philosophique, qui mêle avec prouesse le mythe de l'enfant sauvage et celui de la métamorphose.

  • 0.15

    http://alombredunoyer.com/2016/01/26/a-la-table-des-hommes-sylvie-germain/

    A la table des hommes, dernier livre de Sylvie Germain, est un conte fantastique et philosophique contemporain dénonçant la violence des hommes.

    « Quand le péril s’éloigne, le galop ralentit, le corps retrouve son ardeur, le monde son attrait, la vie son innocence, la liberté sa saveur »

    Babel est un porcelet, seul survivant avec une femme, de la guerre. Babel a perdu sa mère truie et la femme a perdu son enfant. Elle va donc considérer Babel comme son enfant, l’allaiter avant d’elle-même disparaitre… Babel perdra donc deux mères avant de renaitre sous forme humaine suite à sa rencontre avec un jeune homme blessé.

    « Il ignore où il va ; comment le saurait-il ? Il ignore tout autant où il est, ce qu’il est, ce qu’il fait. Il avance dans un monde soudain frappé d’extrême étrangeté »

    Par la suite, le « jeune homme-animal atypique », si différent des autres, lui qui n’est « ni beau, ni laid », lui qui ne sait parler, va attirer compassion et protection, mais également être confronté à la violence des hommes (il sera notamment souffre-douleur). Il devra voyager pour fuir avec Yelnat, un vieux clown sauvage et trouve refuge chez deux frères, Clovis et Rufus.

    Après avoir étudié les dictionnaires, il deviendra Abel et sera mieux intégré dans la vie des hommes, sans pour autant s’y sentir à son aise. Quoiqu’il arrive, l’homme est toujours dévastateur. Il n’aura véritablement qu’une seule amie, sa corneille Doudi.

    « Mais dans le même instant, la pensée de Doudi lui revient en force et son absence lui fait l’effet d’une morsure. La compagnie de la corneille, et celle des bêtes qu’il croisait, parfois côtoyait dans la forêt, lui manquent d’un coup terriblement. Jamais, auprès d’elles, il n’a connu l’angoisse, la méfiance, la déception ou la solitude, si l’une est hostile, agressive, la menace est manifeste, si l’une se laisse approcher, amadouer, son innocuité est réelle, elles ne feignent pas, ne trichent pas. Jamais surtout il n’a souffert de ne pas partager à égalité leurs langages faits de sons, de chants, de cris, ce qu’il en entendait en en devinait lui suffisait. Avec les humains, rien de tel, tout est toujours compliqué, équivoque et souvent inquiétant »

    En bon scientifique, je suis pragmatique et aime bien tout ce qui est carré. Je ne suis par conséquent pas « fan » de fantastique, et cette lecture me le confirme. Si j’ai bien aimé la première moitié du livre (la première partie est très intéressante, l’auteur sait parfaitement poser le sujet de son roman et captiver le lecteur), j’ai eu beaucoup plus de mal avec la suite. Je me suis même détaché petit à petit et suis malheureusement resté à distance des personnages, exception faite de Babel/Abel.

    Ce n’est pourtant pas à cause de l’écriture de Sylvie Germain : elle est tout simplement sublime. Pas toujours abordable du fait de l’utilisation de mots rares et d’un style riche, ampoulé, très littéraire qui oblige le lecteur à des efforts de compréhension, elle est belle, poétique, relativement fluide dans l’ensemble…

    « Il pousse plus loin ses incursions dans le bois, le groin frémissant au ras du sol, sans cesse à l’affut de quelque nourriture. Il fouit la terre amollie par la pluie, déterre des racines de plantes, exhume des vers, des larves, avale pêle-mêle des végétaux spongieux, des feuilles moussues, des insectes, il se désaltère à des flaques d’eau. Vers le soir, peu rassasié, il revient vers ce qui lui tient lieu de soue. »

    Elle est également très descriptive et imagée.

    « C’est un bâtiment rectangulaire, aux murs en torchis soutenus par des poutres. Sa toiture de tuiles est rongée par le lierre et la mousse, maculée de fientes blanchâtres, elle se confond avec les feuillages des arbres alentour. Ce vieux lavoir laissé à l’abandon pendant des décennies et qui menace ruine a repris depuis peu du service. »

    Elle est enfin piquante et acerbe quand il s’agit de dénoncer (et condamner) l’orgueil des hommes. Citons notamment le traitement de l’épisode de la vache folle.

    « Admirable subterfuge de l’homme putassier : mettre ses crimes à la charge de ses victimes ! Les animaux exterminés par millions ont en effet été désignés comme responsables de l’épidémie survenue, coupables de l’empoisonnement même qu’ils avaient subi. Et ce sont les vaches infectées qui ont été traitées de folles, taxées de démence dangereuse, tandis que les hommes contaminés pour avoir mangé de leur viande viciée ont reçu une qualification plus noble, celle d’une maladie portant les noms de deux neurologues : Creutzfeldt et Jakob. Aux bêtes, l’insanité, l’abrutissement et le soupçon de dangerosité. Aux hommes l’intelligence, le savoir, la science, le sérieux. »

    Au moyen de cette fable moderne aux accents philosophiques, l’auteur présente et dénonce un monde violent, irrespectueux où les hommes font régner la cruauté et la violence, se combattent et s’entretuent. C’est relativement noir mais pas entièrement pessimiste. On y trouve par endroit beauté, générosité, entraide et bonté. Même si je n’ai pas totalement accroché, cela reste intéressant et je ne doute pas que cet ouvrage trouvera son public.

    3/5

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