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Suprême soviète

Couverture du livre « Suprême soviète » de Olga Schmitt aux éditions Le Pas D'oiseau
Résumé:

« Suprême Soviète » raconte avec drôlerie et pincement au coeur l'histoire d'un exil dix ans avant la chute du Mur d'un pays qui bientôt n'existera plus, l'Union soviétique. Exil vers un pays qui n'existe encore que dans les rêves de la narratrice, la France.

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« Suprême Soviète » raconte avec drôlerie et pincement au coeur l'histoire d'un exil dix ans avant la chute du Mur d'un pays qui bientôt n'existera plus, l'Union soviétique. Exil vers un pays qui n'existe encore que dans les rêves de la narratrice, la France.

Olga a 14 ans et vit à Moscou avec sa grand-mère aviatrice, sacrée Héroïne du peuple pour avoir combattu les nazis, quand sa mère, célèbre comédienne de théâtre, et son père adoptif, artiste banni dont le nom circule comme un mot de passe auprès des happy few, sont priés de quitter leur patrie en qualité d'« a-soviétiques ».
Un témoignage précieux où Arthur Miller, Cartier-Bresson, Fellini, Aragon, croisent la crème de l'intelligentsia russe dans les cuisines enfumées des appartements communautaires.
Et une plongée tragi-comique dans le quotidien pas si lointain d'un monde désormais disparu, avant un voyage en aller simple vers la liberté.
La liberté, vraiment ?

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Avis (1)

  • J’étais prise d’une sacrée hésitation avant de céder à la tentation de lire ce roman : le résumé me tentait énormément mais je n’osais pas franchir le pas. Et je me suis laissée tenter, sans regret. Le récit est précédé d’une courte préface d’Emmanuel Carrère, ce qui je l’avoue m’a conforté dans...
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    J’étais prise d’une sacrée hésitation avant de céder à la tentation de lire ce roman : le résumé me tentait énormément mais je n’osais pas franchir le pas. Et je me suis laissée tenter, sans regret. Le récit est précédé d’une courte préface d’Emmanuel Carrère, ce qui je l’avoue m’a conforté dans mon choix. Je ne connaissais pas Olga Schmitt, j’ai par conséquent fait quelques recherches. Née à Moscou, elle exerce la profession aujourd’hui d’agent d’artiste. Je ne sais pas si elle l’est elle-même, artiste, en tout cas elle baigne dans le monde depuis sa naissance, issue d’un père metteur en scène, d’une mère actrice, et dotée d’un beau-père peintre, elle a incontestablement héritée d’une sensibilité artistique sûre. Dans le monde de l’art et de la théâtralisation elle est née, et elle y est restée. Preuve en est la première de couverture.

    Mais ce titre… Suprême Soviète, à quoi fait-il donc référence ? Si j’en crois Wikipédia, elle constituait la plus institution législative en Union Soviétique, de composition bicamérale, aux membres élus au suffrage universel direct. Son rôle constituait à enregistrer l’enregistrement des lois décidées par de plus hautes instances. De par sa constitution bicéphale, je dirais qu’Olga Schmitt rend un vibrant hommage au duo de femmes que représentaient Lidia et Alla, les têtes pensantes et agissantes de cette belle et solide famille qu’elles formaient. Ou peut-être à elle-même. Encore une fois, si l’on tient compte de la première de couverture.

    Et cette grand-mère aviatrice, Lidia. Surtout cette grand-mère, cette Babouchka, celle qui porte cette âme russe, mais aussi la figure maternelle, le rocher sous lequel Olga, enfant, se protège. Ce qui fait la richesse de ce récit, c’est aussi la richesse de la famille d’Olga, telle des Matriochkas, une grand-mère incroyable, une compagne fidèle, une mère aimante mais enfermée dans sa vie d’artiste et un beau-père asovietique, Oleg Tselkov véritable icône artistique. L’exil s’est vécu en famille, tout comme les treize premières années de sa vie aussi, pas dans le schéma habituel certes, mais entourée d’affection.

    La précision des détails révèlent l’empreinte indélébile que ces années soviétiques ont laissé dans la mémoire de la femme désormais française par adoption qu’elle est devenue. Des souvenirs vifs, encore brûlants, qui ‘n’ont attendus qu’elle prenne sa plume pour reprendre vie. Quand je me retourne sur moi, les souvenirs de mon enfance s’estompent de plus en plus et je serais bien incapable de leur rendre vie selon le soin et la fidélité dont elle a fait preuve.

    Ce qui est plaisant dans le récit d’Olga Schmitt, c’est cet optimisme inflexible, parfois teinté de raillerie, sur la vie qu’elle a menée à l’est. Malgré la dureté d’une vie plutôt ascétique, elle ne cède jamais à l’apitoiement, avec l’esprit combatif qui est le sien, tout juste discerne-t-on cette pointe de rancœur vis-à-vis de son père, qui n’a jamais vraiment pris la peine de nouer une relation avec sa fille. Et lorsqu’on s’attarde sur la première de couverture, sur ce visage pétillant de vie et de joie, il semble que cela concorde bien à la personnalité d’Olga Schmitt, héritière du sens de la famille, du combat et de la ténacité de sa grand-mère comme de l’âme un peu bohème, de théâtralisation de sa mère.

    J’ai immédiatement été surprise, très agréablement, par l’écriture très expressive de l’auteure qui se replonge dans son passé profondément enfoui à l’est. Une écriture toujours juste sur cette enfance soviétique, que dans ses bons comme ses mauvais côtés, elle se complait à recréer. Olga Schmitt est une écrivaine, sans aucun doute. Elle a le style et sans nul doute elle a le pouvoir créatif qui va avec. Ces treize années donnent, il me semble, un reflet assez précis, et passionnant, de cette vie soviétique moscovite, sans dramatisation ni atténuation de la gravité de leur situation, des instants de vie ubuesques, de ce sentiment latent, incessant et angoissant de danger, de cette autorité suprême qui peut décider de leur sort à chaque instant. Olga Schmitt a le don pour reconstituer et raconter les anecdotes, je pense notamment à la scène des artistes avec Brejnev, qui ont parsemé sa vie, ce qui donne du sel au récit, et restitue avec talent les caractères à cette lignée de femmes hors du commun. Et plus que tout encore l’incohérence d’un régime capable de rejeter à bras le corps ses membres décorés qui se sont battus pour lui pendant la Grande Guerre Patriotique.

    C’est dommage car, à mes yeux, la couverture, un peu trop tape-à-l’œil, ne rend vraiment pas hommage au texte contenu entre ses deux rabats. Esthétiquement parlant, j’imagine que la pâleur éclatante du visage renvoie à celle de son pays de naissance. Mais peu importe, Voilà un coup de cœur totalement inattendu, c’est un récit sans fausse note, très instructif et terriblement addictif, j’aurais aimé qu’il compte une ou deux centaines de pages en plus. Au bas mot.

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