L'été des charognes

Couverture du livre « L'été des charognes » de Simon Johannin aux éditions Allia

4.55

40 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Allia
  • EAN : 9791030405842
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans une langue radicale, ironique et espiègle, Simon Johannin ressuscite son enfance, sorte d'été éternel, avec ses rudes besognes et ses jeux cruels. Les règlements de compte, l'alcoolisme, l'abattage du cochon ou la découpe des agneaux rythment ce récit bouleversant, où la tendresse et la... Lire la suite

Dans une langue radicale, ironique et espiègle, Simon Johannin ressuscite son enfance, sorte d'été éternel, avec ses rudes besognes et ses jeux cruels. Les règlements de compte, l'alcoolisme, l'abattage du cochon ou la découpe des agneaux rythment ce récit bouleversant, où la tendresse et la camaraderie le disputent à la rage et à la véhémence.
Les gosses qui grandissent à La Fourrière, hameau égaré en montagne, n'ont qu'à bien se tenir pour éviter les roustes paternelles. Et les évitent rarement. L'auteur inflige, lui, une violente correction à la langue. Cet été-là, c'est toute une vie condensée, où le passage à l'adolescence ne sera pas sans heurts. Ces personnages aux prénoms bibliques - Simon est toujours flanqué de son copain Jonas - sont les héros d'une parabole.

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Les derniers avis

  • 0.25

    L histoire a l air cruelle mais passionnante a découvrir , la réalité , mais je pense qu' il faut s accrocher et decouvrir toutes ses choses que l on ne connaît pas pour moi c est une découverte intéressante et sûrement passionnante a voir

  • 0.15

    Il n'y a aucun doute, L'été des charognes porte bien son titre ! Bon, vous ne vous apprêtez pas à passer à table ? Non ? Très bien, alors, on y va.
    Allez, je dirais, dans les cinquante premières pages, vous passez… de la lapidation d'un chien à la dégustation du fromage aux asticots (gentil hein, mais attendez un peu pour voir), à la description des cadavres de quarante-six brebis qui pourrissent au soleil et dans lesquelles les gamins jouent à se pousser (eh oui, l'équarrisseur ne peut venir avant deux semaines…), un extrait pour voir ? Allez, courage : « … il y en a un en trébuchant qui est tombé sur les brebis mortes. Les bras en avant sur le tas gluant, il a fallu qu'on le tire par le col de sa chemise pour le sortir de là tellement les corps s'étaient mélangés en un amas de pourriture grasse, où il pouvait pas s'appuyer pour sortir et s'enfonçait un peu plus à chaque essai. Nous on hurlait de rire tellement c'était drôle qu'il soit recouvert de cette chose pire que de la merde, et puis quand il s'est approché les moins accrochés ont vomi. Il en avait partout presque jusque dans la bouche, plein ses bouclettes blondes du jus marron dégueulasse et des asticots collés sur les mains, même pour la pêche, on les aurait pas pris ceux-là. »
    Ça va ? Vous êtes toujours là ?
    Continuons !
    Ensuite, on assiste à l'enterrement de Didi une femme chez qui les gamins allaient regarder la TV. Elle a laissé un cochon, qu'il faut manger et donc qu'il faut tuer… scène suivante, je vous le donne en mille : la mort du cochon (je vous en fais grâce), puis, c'est le tour des agneaux qu'il faut tuer… on passe au labo, une petite pièce de la bergerie…
    Et là, on arrive à la page 50 et soudain, le rythme un peu éprouvant se calme, on souffle, je dirais presque, on respire…
    L'été des charognes est un récit d'enfance puis d'adolescence : dans une campagne loin de tout, des gens très pauvres vivent plus ou moins coupés du monde. Ils élèvent des bêtes, les mangent, en vendent quelques-unes : « J'ai grandi à La Fourrière, c'est le nom du bout de goudron qui finit en patte d'oie pleine de boue dans la forêt et meurt un peu plus loin après les premiers arbres. La Fourrière, c'est nulle part. Le père, il s'est mis là parce qu'il dit qu'au moins, à part ceux qui ont quelque chose à faire ici personne ne l'emmerde en passant sous ses fenêtres. Il y a trois maisons, la mienne, celle de Jonas et sa famille et celle de la grosse conne qui a écrasé mon chat, celle à qui il était le chien qu'on a défoncé avec les pierres et qui vient que de temps en temps pour faire ses patates et pour faire chier. »
    Les gamins s'amusent comme ils peuvent, c'est la misère : on boit, on se bagarre, les mômes ramènent les parents en voiture les soirs de beuverie, puis, un jour, ils quittent le pays pour aller voir ailleurs si ce n'est pas mieux.
    Finalement, ils traînent partout où ils vont la mouise de leur enfance, ne trouvent pas de travail, se droguent, se battent, errent sans but et se perdent ...
    J'ai aimé ce texte, la cruauté qu'il met en scène, la violence qu'il nous lance à la figure, la brutalité qui nous assomme à chaque phrase, chaque mot.
    L'écriture est puissante, crue, âpre, poétique aussi. C'est sombre à souhait, terrible, désespéré et beau à la fois. Il y a du Céline et du Del Amo de Règne animal dans L'été des charognes.
    Cependant, j'ai trouvé que les premières pages « en faisaient trop » : on passe sur un rythme effréné d'une scène insoutenable à l'autre et l'on entend l'auteur nous dire : attention, en voilà une autre, tenez-vous bien, encore une « grande scène » ! C'est un peu forcé, démonstratif donc artificiel et, il faut bien le dire, on sature très vite.
    Attention, ces scènes, en elles-mêmes, sont fortes, puissantes : pas de doute, on y est, on les voit, on les sent (!), mais le problème, encore une fois, c'est le rythme. Trop serré. La narration perd de sa crédibilité, on décroche un peu. On a presque l'impression de lire des « morceaux choisis », une espèce d'anthologie de la cruauté. J'aurais préféré connaître davantage les personnages, leurs rapports entre eux, leur quotidien ... sans forcément qu'il y ait de l'hémoglobine.
    La seconde partie qui évoque l'adolescence du narrateur à travers son errance urbaine dans les brumes de l'alcool et de la drogue est plus posée. On reprend son souffle, même si l'on reste dans un univers glauque et halluciné. L'écriture se fait plus poétique, les phrases s'allongent. Deux livres en un donc.
    Simon Johannin, jeune auteur de 23 ans, promet.
    Je retiens son nom et lirai à coup sûr son prochain roman.
    Car il a du talent, c'est certain !

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.2

    L'Ete des Charognes, c'est la narration d'un homme qui se replonge dans ses souvenirs d'enfance, alors qu'il vivait dans un endroit reculé de la France où la pauvreté est bien présente et les loisirs assez restreints. Malgré la dureté de la vie de l'époque (on n'est pas sûr de manger tous les soirs à sa fin, on élève des animaux pour vivre, on les tue, pour vendre leur viande, sans émoi devant les enfants désabusés, qui servent parfois de chaperon à leurs parents, en les raccompagnant en voiture les soirs de beuverie), c'est pourtant un regard plein de tendresse et de nostalgie que semble poser le narrateur en repensant à cette partie de sa vie.

    Ce qui est brillant dans cette narration, c'est que le jeune auteur qu'est Simon Johannin réussit le tour de force de nous faire ressentir toutes les émotions qui traversent le narrateur, grâce à une écriture, certes brute, et âpre, mais qui happe le lecteur dès les premières lignes entamées. Et ceci notamment grâce à un réalisme du récit (à tel point qu'on peut se demander si celui-ci n'est pas autobiographique - ce qui ne semble pourtant pas être le cas).

    Il faut cependant reconnaître que les dernières petites parties du récit (les cinquante dernières pages), quand le narrateur est devenu un jeune adolescent, sont moins intéressantes, ou tout du moins beaucoup moins fortes (ou alors il aurait fallu les mettre en début du livre ce qui aurait permis de renforcer encore l'impact de la partie "enfance").

    Mais, dans tous les cas, c'est une très belle réussite pour un premier livre, un des livres les plus captivants du début de l'année qui laisse avec l'envie de découvrir rapidement le prochain roman de l'auteur.

  • 0.2

    C'est puissant ,sanguin "véreux" mais honnête !
    Les phrases sont "choc" les mots sont claquants . On est parfois secoué par le style qui dit les choses sans assaisonnement et on peine parfois à reprendre son souffle après certains détails . Je pense que l'auteur aura deux styles de lecteurs : les pour et les contre ;..il n'y aura pas d'entre deux !
    Au départ le titre ne nous ment pas et annonce la couleur ...voir l'odeur si on s'en approche bien et l'ironie parfois surprenante et talentueuse arrondit certains angles ....qui nous griffent quand même .
    On est dans de la lecture vive et brûlante mais qui peut choquer parfois sous bien des aspects rugueux de cette campagne qu'on imagine sans concession et sans volonté de séduction .

  • 0.1

    Il est toujours difficile pour moi de parler d’un roman dont l’univers ne m’a touché. Celui de Simon Johannin en fait parti. Roman noir et dur, à l’oralité revendiquée, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style même, les ruptures syntaxiques ont eu raison de ma volonté à achever le roman.

    avis complet sur https://lectures2benedicte.com/2017/05/21/simon-johannin-lete-des-charognes-prixorangedulivre2017/

  • 0.25

    L'été des charognes est une expérience littéraire avant tout sensorielle. Simon Johannin y dépeint une violence frontale et un malaise suffocant qui parfois laissent passer quelques rayons de lumière (souvent blafarde) et n'excluent pas des moments de légèreté, de poésie et même d'humour.
    Brutal, intransigeant, hypnotique.

  • 0.25

    Poignant, poétique, une première lecture d un trait, puis une deuxième pour apprécier la musique.

  • 0.25

    C'est un premier roman qui claque, qui dérange et pourtant si touchant d'humanité.
    Dans une langue sonore, visuelle et si intensément libre, Simon Johannin met à mal nos souvenirs de la campagne bucolique et fleurie. A La Fourrière ça pue, ça boit, c'est sale, c'est bestial mais la vie est là. Et presque à chaque page, un éclair de poésie. ‘‘Le soleil s’est lézardé par fragments de petites lumières orange en touchant les premières cimes, sous les feuilles des hêtres ça nous faisait presque des peaux de léopard pendant qu’on regardait le feu droit dans les flammes, puis la lumière est morte et tout le monde est parti.’’

  • 0.1

    Ce texte ne laisse pas indifférent. Si l'on sort de la comtesse de Ségur, la secousse sera optimale. Si l'on est un jeune urbain n'ayant jamais attrapé un poulet pour en faire son repas de dimanche, on sera peut être épaté. Pour d'autres, comme moi, ayant passé ma jeunesse à la campagne ( et dans les livres ), on sera sans doute plus circonspect face à ce récit. Quel est le projet de ce roman ? En mettre plein la vue avec une surenchère de laideur ? Poser des mots sur une certaine fascination pour la crasse et la violence paysanne ? Je n'arrive pas à savoir. L'ensemble m'apparaît plus comme une sorte d'exercice de style un peu vain, parfois un peu gratuit, pas toujours cohérent. Cependant, on ne peut faire l'impasse sur le style de ce premier roman. Nul doute que Simon Johannin en possède un, capable de créer un univers, une atmosphère, mêler un brin d'innocence avec l'horreur, s'envoler vers un beau lyrisme halluciné lorsque le héros tombe dans la drogue. Mais tout ça pour nous dire quoi au juste ? La rudesse de la vie au fin fond des régions ? Désacraliser le monde soi-disant merveilleux de l'enfance ? Je ne suis pas convaincu, ni épaté d'ailleurs.
    "L'été des charognes", même assez brillamment écrit, n'est pas arrivé à me passionner. Cet univers qui se veut répulsif n'arrive pas à décoller réellement, préférant patauger dans sa fange et sa noirceur sans en faire ressentir le but exact.

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