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L'amour propre

Couverture du livre « L'amour propre » de Olivier Auroy aux éditions Intervalles
Résumé:

Au salon de massage de luxe de M. Victor, rue de Courcelles, entre les mains habiles de Waan, les hommes s'abandonnent.
Eux n'ont d'yeux que pour sa beauté métisse. Elle a apprivoisé depuis longtemps leurs regards prédateurs. Comparée aux autres filles qui peuplent ce gynécée d'exception, à... Voir plus

Au salon de massage de luxe de M. Victor, rue de Courcelles, entre les mains habiles de Waan, les hommes s'abandonnent.
Eux n'ont d'yeux que pour sa beauté métisse. Elle a apprivoisé depuis longtemps leurs regards prédateurs. Comparée aux autres filles qui peuplent ce gynécée d'exception, à Katia ou Leïla par exemple, Waan semble jouir d'un statut de favorite auprès de M. Victor. Est-ce parce qu'il l'a vue grandir ?
Depuis qu'elle est devenue orpheline, Waan est reconnaissante envers M. Victor, un ancien associé de son père, de lui avoir évité la fin tragique de la plupart des filles de sa condition en Thaïlande.
Mais toute protection a un prix, que M. Victor n'oublie pas de réclamer entre deux symphonies. Et si l'écrin somptueux dans lequel elle pratique aujourd'hui n'a rien à voir avec les arrière-cours miséreuses de Chiang Rai, depuis quelques semaines Waan ressent une inquiétude diffuse.
Il y a ce ministre pressant qui la harcèle de questions, et ce reporter dont elle attend les visites avec davantage d'impatience qu'elle ne veut bien l'admettre, elle qui n'a jamais rien ressenti pour un client. Elle qui se méfie des hommes, de leurs mensonges et de leurs désirs impérieux.
Il y a surtout les silences de M. Victor, qui semblent dissimuler le passé et l'enfance de Waan derrière des tentures aussi opaques que celles du salon.
Waan rêve alors de tout changer. Ne plus masser le corps des hommes. Ne plus entendre ces mêmes mélopées dans le boudoir de M. Victor. Mais a-t-on toujours le choix ?

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Avis (6)

  • Waan. Née en Thaïlande, d'un père français et d'une mère thaïlandaise, la jeune femme, orpheline, est arrivée en France, il y a plusieurs années. Après avoir traversé de nombreuses épreuves et galères, l'eurasienne a été recueillie par un ami de son père, M. Victor.

    Waan est désormais...
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    Waan. Née en Thaïlande, d'un père français et d'une mère thaïlandaise, la jeune femme, orpheline, est arrivée en France, il y a plusieurs années. Après avoir traversé de nombreuses épreuves et galères, l'eurasienne a été recueillie par un ami de son père, M. Victor.

    Waan est désormais masseuse dans le salon parisien très sélect de M. Victor. Elle mène une vie solitaire, dans cet hôtel particulier de la rue de Courcelles. Les règles du salon sont drastiques, les sorties personnelles ne doivent pas dépasser deux heures. Ses seules fréquentations sont Leïla et Katia, les deux autres masseuses et Paul Le serveur du café où elle a ses habitudes matinales. Une vie en semi-liberté. Une liberté surveillée.

    Chaque journée passe au rythme des massages dans les chambres rouge, bleue ou verte attribuée par Mme Zhou en fonction du client. Après le travail, elle rejoint sa chambre située à un autre étage de l'immeuble.

    Olivier Auroy nous entraîne dans le huis-clos de ce salon de massage. Il explore le passé de Waan, son enfance. le jour où tout a basculé. L'incipit du roman est tranchant, le ton est donné. Aucun répit pour lecteur, on entre directement dans le vif du sujet.

    "Aussi loin que Waan se souvienne, les hommes étaient toujours entrés en elle par effraction. le premier avait été l'oncle Sin. Elle venait d'avoir treize ans."

    La couverture sombre représente bien l'atmosphère glaçante et écrasante qui est présente du début à la fin du roman. L'ambiance feutrée des chambres est absolument oppressante. Il se dégage une grande solitude et de la détresse dans les portraits de ces trois femmes. Désarroi bien dissimulé derrière les murs et les rideaux des salles de massages. Que se passe-t-il derrière les portes fermées de chaque chambre ? Quelles sont les limites à ne pas franchir pour les clients comme pour les masseuses ?

    Dans cette réalité invisible du reste du monde, le comportement des hommes est abject, la femme est seulement un objet de désir et un moyen de l'assouvir. Business. Domination. Tout semble prétexte à la possession. Pour flatter son ego et sentir un homme puissant. Mais dominer ne veut pas dire que l'on maîtrise la situation.

    "Elle le savait, oui. Les hommes, aussi influents soient-ils, s'évertuaient à ne pas accepter la crudité des faits. dans la chambre de massage, ils étaient nus, vulnérables, orphelins de leurs privilèges et de leurs décorations. C'est elle qui détenait le pouvoir absolu."

    Mais L'Amour propre c'est bien plus que cela, c'est l'histoire de femmes qui n'ont parfois pas le choix pour sauver leur peau. Des femmes qui ont laissé une grande misère derrière elles pour rejoindre un dénuement plus doré, plus acceptable peut-être sur le papier. Dans l'espoir d'être enfin libre. de survivre. de vivre.

    "Je voulais être libre, sans attache, sans responsabilité, sans maître. Je me suis fait des illusions. On a toujours un maître, il prend toutes les formes, celle d'un patron, celle d'une famille, celle de l'argent et dans mon cas, celle de l'actualité qui conditionne mon existence. le secret, c'est d'avoir plusieurs maîtres et de ne jamais laisser l'un d'eux prendre le dessus."

    L'écriture d'Olivier Auroy est fluide, et percutante. Ses mots ne laissent pas indifférents. Je me suis sentie spectatrice impuissante tout le long de ma lecture. Certains passages m'ont complètement bouleversée. Et si je me suis sentie très souvent mal à l'aise, j'ai tourné les pages, enchaîné les chapitres, pour savoir. Je voulais tout savoir de Waan. Je me suis profondément attachée à cette femme si sensible et discrète, à qui la vie ne fait aucun présent. Et qui pourtant possède un grand instinct de survie et d'envie de vivre pleinement.

    L'Amour propre, c'est un roman noir, qui dissèque la face cachée et énigmatique des salons de massage privés, qui explore la cruauté des hommes face à des femmes que la vie n'a pas épargnées. Mais ce livre c'est surtout celui de l'espoir, de s'en sortir, de s'en aller vers un monde meilleur et juste. de se défaire de son destin de misère.

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  • Pénétrer l'univers mystérieux des salons de massage.

    Sujet audacieux. Que se passe-t-il réellement derrière les portes closes. Quelle est la part de fantasme populaire ? Quelle réalité se cache dans ses arrières chambres du bien-être ?

    Portraits de femmes aux destins régis par le désir des...
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    Pénétrer l'univers mystérieux des salons de massage.

    Sujet audacieux. Que se passe-t-il réellement derrière les portes closes. Quelle est la part de fantasme populaire ? Quelle réalité se cache dans ses arrières chambres du bien-être ?

    Portraits de femmes aux destins régis par le désir des hommes.

    Très très bien écrit. Une vraie belle découverte pour moi. Un écrivain, un vrai !

    Olivier Auroy raconte le parcours de Waan. de la Thailande à Paris. Massage. Prostitution, la ligne est dangereuse. Réelle ?

    L'écriture est précise, forte. Elle saisit son lecteur et l'emporte à la suite de Waan face aux hommes. On a parfois mal au coeur pour elle, face à ces brutes. Face à ses désillusions. On tourne les pages, fébrilement, pour connaître la suite.

    L'auteur arrive à nous faire pénétrer une intimité, un univers feutré. On a, à chaque instant, l'impression d'être dans un coin de la pièce, témoin privilégié de l'existence de Waan tant l'écrivain s'applique à restituer son univers.

    Le sujet pourrait entraîner la lecture dans des rivages douteux. Il n'en est rien. Olivier Auroy s'applique à ne pas être vulgaire, à déranger sans renforts de scabreux. Une réalité ressort. Vraiment.

    A la lisière des genres, j'aime cette façon d'écrire à la fois un thriller, un roman d'apprentissage, un portrait de notre drôle d'époque, à travers les frontières et les genres.

    Véritable hymne à la femme, ce livre mérite la lumière. Il passionne, enflamme, révolte et intrigue. Comme le font les livres aboutis, réfléchis, où chaque mot est à sa place. Pour créer une histoire, un récit, des personnages vivants, tellement cohérents.

    Je découvre Olivier Auroy.

    Un roman sensible et passionnant de bout en bout. Un véritable hymne à la femme où l'homme peut être bien triste, bien trivial. Bien décevant.

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  • A peine entamé, j'ai vite compris que j'avais entre les mains un excellent roman, très prenant, difficile à lâcher.
    Sur la quatrième de couverture, il est qualifié de thriller. Oui, mais pas seulement. C'est une histoire de femme. Que ce soit dans un salon de massage huppé à Paris, ou dans une...
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    A peine entamé, j'ai vite compris que j'avais entre les mains un excellent roman, très prenant, difficile à lâcher.
    Sur la quatrième de couverture, il est qualifié de thriller. Oui, mais pas seulement. C'est une histoire de femme. Que ce soit dans un salon de massage huppé à Paris, ou dans une arrière-cour miteuse en Thaïlande, les femmes qui travaillent là ont-elles réellement le choix?
    Une plongée en eaux troubles, avec la rigueur d'un documentaire, la tension d'un polar. Une ébauche d'histoire d'amour...mais quand on a été abusée, manipulée, utilisée par les hommes presque toute sa vie, peut-on encore croire en l'amour, en un amour propre? "Aussi loin que Waan se souvienne, les hommes étaient toujours entrés en elle par effraction." La première phrase du roman, glaçante, donne le ton.
    La condition de la femme asservie au plaisir de l'homme, voilà ce que dénonce ce roman que j'ai dévoré en deux soirées. Il m'a emmené très loin, complètement subjuguée par cette histoire servie par une plume élégante, précise, efficace ... J'ai aimé le personnage de Waan, admiré sa dignité, sa fierté, vibré d'espoir en même temps qu'elle...
    Vous aurez compris combien j'ai aimé ce roman. Lisez-le, je vous garantis un sacré dépaysement !

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  • Très bien écrit et haletant, 'l'amour propre'' est avant tout l'histoire d'une femme ballottée par son destin entre la Thailande et Paris. Une autre approche du massage... Ce livre est un véritable ''turn pages'' . J'ai adoré

    Très bien écrit et haletant, 'l'amour propre'' est avant tout l'histoire d'une femme ballottée par son destin entre la Thailande et Paris. Une autre approche du massage... Ce livre est un véritable ''turn pages'' . J'ai adoré

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  • On entre de plein fouet dans ce roman et bien malheureux serait celui -ou celle- qui ne parviendrait pas à s'intéresser à icelui, car il passerait à côté d'un roman noir étonnant, original et captivant pour ne pas dire envoûtant, de bout en bout. Envoûtant sans doute par le lieu central, le...
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    On entre de plein fouet dans ce roman et bien malheureux serait celui -ou celle- qui ne parviendrait pas à s'intéresser à icelui, car il passerait à côté d'un roman noir étonnant, original et captivant pour ne pas dire envoûtant, de bout en bout. Envoûtant sans doute par le lieu central, le salon de massage. Le travail de Leïla la Marocaine, Katia la Russe et Waan la Franco-Thaïlandaise est minutieusement décrit et concourt pour beaucoup dans la sensualité, l'ambiance très particulière, ouatée mais aussi dure notamment lorsque le désir des hommes est abordé. Ceux qui avec arrogance et suffisance méprisent les masseuses et s'attendent à des extras sexuels. Ceux qui, pourtant pas très attirants sentent que le pouvoir qu'ils exercent dans la société les rend désirables, alors que les trois jeunes femmes ne voient que des corps. L'écriture d'Olivier Auroy est fine, délicate, directe ; s'il sait décrire les corps, les massages sensuellement ou cliniquement, il sait aussi dire les violences que ces femmes ont subies, psychiques, physiques.

    Rendu à la moitié du volume, soit environ à la page 130, je me suis fait la réflexion que je n'étais pas vraiment dans un thriller, que l'histoire avançait doucement, mais en fait, c'est juste que j'étais déjà totalement en empathie avec Waan et que son histoire m'habitait au point de ne pas m'apercevoir que la tension montait irrémédiablement. L'autre raison pour laquelle je me sentais bien dans ce roman, c'est l'ambiance que je décrivais plus haut et les personnages d'Olivier Auroy, très fouillés, les trois masseuses du salon de M. Victor notamment. Chacune d'elle a des raisons de se retrouver à exercer ce job dans des conditions de soumission et de "semi-captivité". De très belles pages leurs sont dédiées, elles-mêmes parfois violentes, dures, mais aussi pleines de tendresse, d'amour et de respect. Et encore ont-elles eu un peu de chance, elles auraient pu se retrouver dans des réseaux de prostitution sans doute encore plus mal loties que dans ce salon.

    La force de ce roman est d'allier "l'univers clos et énigmatique des salons de massage" (4ème de couverture) à une intrigue policière beaucoup plus terre à terre et de nous faire voyager entre la France et la Thaïlande. Je sors de ce roman chamboulé, nul doute que me resteront longtemps en tête Waan et ses collègues, mais aussi tout ce que j'ai pu lire sur les conditions de vie des femmes en Thaïlande (notamment les très jeunes), des femmes dans certains salons de massage attirant des hommes de pouvoir, des femmes en général soumises au désir des hommes et à leur violence.

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  • « Aussi loin que Waan se souvienne, les hommes étaient toujours entrés en elle par effraction. Le premier avait été l’once Sin. Elle venait d’avoir treize ans. »
    Ainsi commence ce roman.
    Un début qui interpelle, qui percute. Le ton est donné.
    Suivent des pages intenses qui questionnent et...
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    « Aussi loin que Waan se souvienne, les hommes étaient toujours entrés en elle par effraction. Le premier avait été l’once Sin. Elle venait d’avoir treize ans. »
    Ainsi commence ce roman.
    Un début qui interpelle, qui percute. Le ton est donné.
    Suivent des pages intenses qui questionnent et donnent une folle envie de continuer pour savoir, pour comprendre.
    De page en page, de lieu en lieu, d’année en année, la vie de Waan se déroule.
    De Chiang RaÏ en Thaïlande à Paris, cette jeune et belle eurasienne se retrouve dans le salon de massage de Mr Victor, un associé de son père qui était vendeur de rubis.
    Et de nouvelles questions fusent entraînant cette avidité à continuer la lecture.
    Chaque personnage a sa place privilégiée.
    Chaque endroit est parfaitement décrit. C’est tellement visuel qu’on a l’impression d’être là, de voir de nos yeux.
    Une première partie très réussie qui met en place les personnages et les lieux.

    Puis à partir du salon de massage parisien où exercent Waan, Leïla et Katia, se pose la question de la prostitution. Pourquoi ? Comment en arrive-t-on là ?
    Tout en ne dissimulant rien de la prostitution, rien de vulgaire ou de trivial n’apparaît.
    C’est un véritable plaidoyer pour les femmes victimes des hommes qui les exploitent sexuellement. Prostitution en général tourisme sexuel en particulier.
    La limite est infime entre masseuse et masseuse/prostituée.
    La progression des chapitres suivants est sans faille.
    Quand se dévoile la véritable personnalité de MrVictor, ça devient une véritable enquête policière.

    Avec une documentation sérieuse, un vocabulaire choisi, une construction très cohérente, une imagination débordante, une grande sensibilité, Olivier Auroy nous offre un superbe roman dont on regrette qu’il se termine déjà. On en aurait bien repris quelques pages.

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